JMJ: le patriarche de Lisbonne se réjouit d’une «génération 2023»
«L’encouragement et la pression des mouvements de jeunesse ont été décisifs», a expliqué le cardinal Manuel Clemente le 31 juillet 2023, lors d’une conférence organisée dans le Centre de presse situé dans le centre de Lisbonne. En revenant sur la genèse des JMJ de Lisbonne, le cardinal portugais a souligné la prise de responsabilité des jeunes. Il a également assuré de l’engagement de l’Église contre les abus, un sujet particulièrement brûlant au Portugal, où le rapport publié par une commission indépendante en février dernier a mis en lumière l’ampleur du phénomène.
A Lisbonne, Cyprien Viet et Isabella de Carvalho, I.MEDIA
Revenant sur l’origine de la candidature, le patriarche de Lisbonne a expliqué qu’il avait envoyé en 2017 une lettre au pape François afin de proposer sa ville comme hôte des JMJ. La pandémie a provoqué un report d’un an de ce rassemblement, mais elle a permis de donner plus de temps pour l’organisation, qui s’est faite en bonne intelligence avec les autorités politiques nationales et municipales.
« Je dois dire que, indépendamment des couleurs politiques, tout le monde a été agréable et enthousiaste quant à l’organisation des JMJ », a assuré le cardinal Clemente, dans ce pays qui voit cohabiter un président de la droite conservatrice avec un gouvernement très marqué à gauche.
Mobilisation des jeunes
Le patriarche de Lisbonne a souligné l’enthousiasme et la mobilisation des jeunes, perceptibles notamment lors du pèlerinage de la croix des JMJ. « C’était quelque chose de surprenant qui a dépassé nos attentes », a-t-il expliqué, relevant que sept jeunes portugais sur dix se disent catholiques.
Le Père Filipe Diniz, responsable du parcours de la croix des JMJ et de la phase diocésaine des JMJ, a expliqué que la croix a circulé en Angola – autre grand pays lusophone -, en Pologne et en Espagne avant de rejoindre le Portugal, où son parcours, dans 17 diocèses du pays, a suscité de « grands moments de joie » parmi les jeunes et parmi la population générale.
« Je suis sûr que cette expérience de militantisme, de service, d’engagement, de tant de milliers de jeunes et de tant d’autres personnes dans les préparatifs durera », a expliqué le cardinal Clemente. Il a expliqué que cela crée « une génération, la ›génération 2023’, composée de dizaines de milliers de jeunes qui ont travaillé pour préparer ces JMJ et ont acquis une manière d’être dans la société, une manière d’être dans la vie ».
Poursuite de l’engagement contre les abus
Interrogé sur les scandales d’abus sur mineurs qui ont affecté l’Église au Portugal, le cardinal Clemente a souligné l’engagement de l’Église, notamment au niveau des structures d’aide psychologique. Les manifestations contre les abus sont normales « dans une société démocratique et libre », a-t-il répondu, précisant qu’elles n’empêcheraient pas les JMJ de se dérouler et l’Église de poursuivre son travail.
Un mémorial sera notamment érigé à la mémoire des victimes, a-t-il rappelé. Il n’a pas donné de précision sur le nombre de victimes que le pape François rencontrera, compte tenu de la discrétion requise pour ce temps qui n’est pas inscrit dans l’agenda officiel de ce voyage apostolique du pontife.
Par ailleurs vivement interpellé par un journaliste brésilien critiquant l’Église catholique comme étant « blanche et raciste », le cardinal Clemente à répondu en expliquant que les paroisses de son diocèse offrent au contraire de belles expérience de « coexistence interculturelle », notamment avec une forte implication de personnes d’origine africaine, nombreuses parmi les catéchistes.
Il a souligné la nuance entre multiculturalisme et interculturalité, se sentant plus à l’aise avec la deuxième notion, traduisant l’idée que « des personnes d’origines différentes » puissent vivre une réelle expérience de « partage », une idée également au centre des JMJ.