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    Jean Vanier, décédé en 2019, avait fondé la communauté de l'Arche © Betrand Desprez / Agence VU/KEYSTONE

    Jean Vanier a commis des abus sexuels

    Jean Vanier, fondateur de l'Arche, a commis des abus sexuels sur des femmes majeures, a révélé le 22 février 2020 la communauté, suite à une enquête interne lancée en juin 2019. Le théologien canadien, décédé en mai 2019, aurait également passé sous silence les abus commis par le prêtre dominicain Thomas Philippe, co-fondateur de l'Arche.

    Lors de la présentation de l'enquête à la presse, les responsables de la communauté de l'Arche ont confirmé que leur fondateur avait entretenu pendant des années des relations sexuelles sous emprise avec des femmes majeures et non handicapées. Il usait de son ascendant au sein de l’accompagnement spirituel et d’un discours mystique dévoyé pour obtenir leur consentement.

    Le fondateur de l'Arche, une communauté consacrée au

    bien-être des personnes en situation de handicap, aurait ainsi partagé, dès les

    années 1950, "certaines des pratiques sexuelles dont le Père Thomas Philippe

    était l’initiateur", a indiqué Pierre Jacquand, responsable de l’Arche en France.

    Des actes sexuels ont d'abord été commis avec "des femmes qui se décrivent

    comme consentantes", qui participèrent à des titres divers aux débuts de

    l’Arche.

    Mystique dévoyée

    Par la suite, Jean Vanier, qui ne prononça jamais de vœux ni

    ne prit d’engagement formel au célibat, aurait reproduit avec d’autres femmes

    certaines des théories et pratiques déviantes de son maître spirituel, Thomas

    Philippe, initiant avec elles des relations sexuelles cette fois manipulatrices.

    Des abus sexuels sous "emprise psychologique et spirituelle", dont

    certaines femmes ont gardé de profondes blessures.

    Si l’Arche s’est gardée de qualifier juridiquement les

    faits, l’enquête a conclu que "l’activité sexuelle a été exercée sous la

    contrainte ou a eu lieu dans des conditions coercitives", ce dont Jean

    Vanier était conscient.

    Jean Vanier recourait à des justifications mystiques pour obtenir le consentement des femmes et leur demandait le secret. "Il disait : ‘Ce n’est pas nous, c’est Marie et Jésus. Tu es choisie, tu es spéciale, c’est un secret’", rapporte l’une d’elles. "C’est Jésus qui t’aime à travers moi", expliquait-il à une autre. Une autre encore rapporte s’être tournée vers le Père Thomas Philippe – qui fut l’aumônier de l’Arche - pour lui "demander son avis". "Je voulais parler de notre secret avec Jean Vanier", écrit-elle. Mais celui-ci l’a lui aussi agressée sexuellement, "avec les mêmes mots pour dire que j’étais spéciale et que tout cela parlait de Jésus et de Marie".

    Un "réseau" de perversion

    Jean Vanier était informé dès les années 1950 - contrairement à ce qu’il a affirmé jusqu’à sa mort - des abus sexuels commis par le Père Thomas Philippe (1905-1993), pour lesquels ce dernier avait été condamné par l’Église en 1956. Les révélations sur le Père Philippe ont refait surface en 2014, suite aux témoignages de plusieurs victimes. Les pratiques perverses du dominicain français, qu'il partageait avec son frère Marie-Dominique Philippe, ont été mises à jour dans un reportage d'Arte sur les agressions sexuelles commises contre des religieuses, diffusé en 2019.

    Sidération

    Lors de la conférence de presse, Pierre Jacquand, membre de

    l'Arche depuis 22 ans, a fait part de sa "sidération" à propos de ces

    révélations sur Jean Vanier, face à "l’écart vertigineux entre l’homme

    qu’on connaissait et tout ce qu’on découvre de son existence".

    "Jean Vanier a beaucoup apporté sur le regard du

    handicap, ce qui a suscité le respect et parfois l’admiration: Comment

    pouvait-il unifier tout cela dans son existence?", s'est interrogé Mgr

    Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France

    (CEF), dans un communiqué. "Sa mort ne permet pas de le savoir, poursuit

    l'archevêque de Reims. Il va falloir mener un travail interdisciplinaire

    important pour comprendre ce qu’était sa personnalité". Le texte indique

    que la CEF s’associera volontiers à la conférence des religieux et religieuses

    en France (Corref), à la Province de France de l’Ordre dominicain et à la

    congrégation des Frères de Saint-Jean pour poursuivre le travail d’élucidation

    nécessaire à propos du Père Thomas Philippe. (cath.ch/cx/rz)

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