L’archevêque Emil Paul Tscherrig rejoint Mgr Pierre Bürcher
Islande: Deux prélats originaires du Haut-Valais envoyés en mission aux confins de l’Europe
Jacques Berset, agence Apic
Reykjavik, 29 janvier 2008 (Apic) Alors qu’il n’a pas encore effectué ses traditionnels 100 premiers jours comme évêque du diocèse de Reykjavik, en Islande, Mgr Pierre Bürcher est rejoint dans sa mission pastorale aux confins de l’Europe, à la limite du cercle polaire arctique, par un autre prélat originaire du Haut-Valais. Le pape a en effet nommé ce week-end l’archevêque Emil Paul Tscherrig nonce apostolique en Scandinavie.
Le nouveau nonce – qui était jusqu’à maintenant en poste en Corée du Sud et en Mongolie – est désormais en charge des diasporas catholiques de Suède, du Danemark, de Finlande, d’Islande et de Norvège. Mgr Tscherrig résidera à Djursholm, dans la banlieue de Stockholm, en Suède.
«En fait, nous serons trois évêques ’Suisses’, dont deux originaires du Haut-Valais, envoyés en pays de mission», plaisante Mgr Bürcher, car l’évêque de Stockholm, Mgr Anders Arborelius, est né au Tessin. La Scandinavie, de tradition luthérienne, est effectivement un pays de diaspora pour les catholiques, souvent d’origine étrangère.
En Islande, confie à l’Apic Mgr Bürcher, sur les 8’000 catholiques déclarés (sur une population totale de quelque 300’000 habitants), on compte un quart d’origine islandaise, la grande majorité étant composée d’immigrés – Polonais, Philippins, Lituaniens, Portugais, etc. «Les catholiques sur cette île trois fois plus grande que la Belgique sont très cosmopolites. Nos catholiques travaillent comme pêcheurs en haute mer, ils sont occupés aux cultures maraîchères hors sol, dans des serres, ou sont employés dans les usines fabriquant l’aluminium. Ce sont des communautés pleines de vitalité et très jeunes: l’an dernier, on a eu dans nos 7 paroisses 156 baptêmes pour seulement 16 décès!»
Si l’Eglise catholique compte quelque 8’000 catholiques «déclarés» – pour ceux-ci l’Etat verse 60 euros par an! -, il y aurait encore une bonne dizaine de milliers de catholiques «non déclarés». Pour Mgr Bürcher, l’Etat islandais ne fait pas grand-chose pour les informer afin qu’ils se déclarent. Aussi les fidèles qui viennent à la messe le dimanche sont-ils sollicités pour contacter les immigrants afin qu’ils s’annoncent comme catholiques auprès de l’Etat.
Une grande diversité pastorale
Le nouvel évêque de Reykjavik se réjouit de découvrir une telle diversité pastorale: «Pour moi, c’est vraiment un cadeau de découvrir cette réalité nouvelle!»
Pour paraphraser les Vaudois, il se dit «déçu en bien» de sa nouvelle vie, mais il est tout de même un peu surpris: pour se rendre dans la paroisse la plus éloignée, à l’Est de l’île, il lui faudrait pas moins de 12 heures de voiture! Alors, sur des routes verglacées, il vaut mieux prendre l’avion, quand la tempête n’empêche pas tout trafic aérien. Le 15 décembre dernier, lors de son installation dans son nouveau ministère, seuls 2 évêques sur la douzaine annoncée ont pu participer à la cérémonie. Les autres n’ont pu arriver, l’aéroport étant fermé à cause des intempéries.
«Quand je suis arrivé, les jours n’avaient que 4 heures de lumière, mais maintenant l’obscurité recule, et nous en sommes déjà à 5 heures. D’autre part, le temps change très vite, c’est comme en haute montagne, un moment le soleil et l’instant d’après la bourrasque de neige».
Plongé dans cette nouvelle réalité, Mgr Bürcher s’est mis à étudier sérieusement l’islandais, qui n’est pas une langue facile. Pour le moment, il célèbre la messe notamment en anglais.
Pour servir une minorité catholique si diversifiée, l’Eglise utilise l’islandais, évidemment, mais également l’anglais, le latin, le polonais, l’allemand, le français et l’italien. Dans la nuit polaire, Mgr Bürcher se réjouit de rencontrer un compatriote, le nouveau nonce apostolique, qu’il connaît déjà. Mais Mgr Tscherrig, qui doit présenter ses lettres de créances dans tous les pays scandinaves où il est accrédité, ne devrait pas venir en Islande avant plusieurs mois. Et il résidera en Suède, à des heures d’avion de Reykjavik. JB
Encadré
Mgr Bürcher, spécialiste des Eglises catholiques du Moyen-Orient
Mgr Bürcher, originaire de Fieschertal, dans le Haut-Valais, est né le 20 décembre 1945 à Fiesch. Il fait son école primaire en Suisse romande, à Nyon, où sa famille s’est installée. Après des études gymnasiales au Collège St-Louis, à Genève, il passe sa maturité au Collège d’Einsiedeln en 1966. Après le cursus au Grand Séminaire diocésain et des études à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg, il obtient sa licence de théologie en 1971.
Ordonné prêtre à Genève le 27 mars 1971, il travaille en paroisse pendant 18 ans avant de devenir directeur du Grand Séminaire à Villars-sur-Glâne pendant 5 ans. Il est nommé évêque auxiliaire de LGF par le pape Jean Paul II le 3 février 1994, et ordonné évêque le 12 mars de la même année. Ce spécialiste des Eglises catholiques du Moyen-Orient, notamment des Eglises de Terre Sainte, est membre de la Congrégation romaine pour les Eglises orientales. Il s’est notamment rendu plus de septante fois en Terre Sainte. JB
Encadré
Mgr Emil Paul Tscherrig était nonce en Corée du Sud et en Mongolie
Mgr Emil Paul Tscherrig est originaire d’Ems dans le Haut-Valais. Le nouveau nonce en Scandinavie est né le 3 février 1947 à Unterems. Il a été ordonné prêtre le 11 avril 1974. Entré au service du Saint-Siège en 1978, il a travaillé successivement en Ouganda, en Corée et au Bengladesh. Avant d’être nommé archevêque et nonce apostolique au Burundi, il a occupé le poste de responsable de l’organisation des voyages du pape de 1985 à 1996. Il a été ordonné évêque le 27 juin 1996 à Rome par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. Depuis le printemps 2004, il était nonce apostolique en Corée du Sud et en Mongolie. JB
Encadré
L’Eglise catholique en Islande
Le diocèse de Reykjavik est grand comme deux fois et demi la Suisse. Il comprend l’ensemble de l’île d’une superficie de 103’000 km2, avec près de 300’000 habitants dont moins de 10’000 catholiques «déclarés», disséminés sur tout le territoire de l’Islande. La première évangélisation de l’Islande remonte à la fin du 10e siècle.
Actuellement l’Islande, «terre de glace et de feu», avec ses innombrables geysers et ses glaciers, est le pays du nord de l’Europe qui comprend proportionnellement le plus grand nombre de catholiques. L’Eglise catholique en Islande est dynamique et en pleine croissance. L’événement marquant l’histoire récente du diocèse de Reykjavik est la visite du pape Jean Paul II en 1989. (apic/be)