France: La Communauté des Béatitudes reconnaît la gravité des délits de certains de ses membres
Honte et regrets
Paris, 17 novembre 2011 (Apic) La Communauté des Béatitudes reconnaît, dans un long communiqué, la gravité des délits de certains de ses anciens membres. Elle entend «assumer toutes ses responsabilités devant l’étalage public de ces délits». Elle exprime sa douleur, ses regrets et sa honte, rapporte l’Agence France presse (AFP).
«Des actes très graves ont été commis, par lesquels des enfants et adolescents ont été irrémédiablement blessés» reconnaissent, dans un communiqué, le dominicain Henry Donneaud, commissaire pontifical des Béatitudes et le conseil général de la Communauté.
Trois membres des Béatitudes, occupant des postes importants, ont été accusés de dérives graves. L’un d’eux, proche du fondateur, s’est lui-même accusé, en 2008, de nombreux actes pédophiles commis dans les années 1980-1990. Son procès s’ouvrira le 30 novembre, devant le tribunal correctionnel de Rodez.
La deuxième personne concernée n’est autre que le fondateur de la communauté, Ephraïm. Selon le communiqué, il a manqué à «son devoir d’état en matière sexuelle, en particulier avec des sœurs» des Béatitudes, profitant de son «prestige de fondateur» pour justifier «ces graves entorses à la morale évangélique». Le communiqué précise qu’»un cas concerne même une jeune fille mineure».Plus grave encore, «ces justifications erronées d’actes délictueux ont pu faire école dans le cercle de ses proches».
Secrets de famille
Si ces faits n’ont jamais fait l’objet de plainte, ils ont «trop longtemps été gardés secrets dans un petit cercle». Ephraïm a renoncé en 1996 à toute participation au gouvernement de la Communauté et, depuis 2008, il n’en est plus membre. Il a été relevé de son ministère diaconal. Ses actuelles activités dans les Landes laissent la Communauté plus que perplexe.
Le beau-frère du fondateur, modérateur général de la Communauté de 1985 à 1992, a aussi été relevé de son ministère diaconal, suite aux plaintes déposées contre lui. Le communiqué le déclare «coupable de faits moralement graves».
Les Béatitudes demandent «pardon aux personnes qui ont eu à subir de sa part des comportements abusifs dans l’exercice de l’autorité et de l’accompagnement spirituel».
Le communiqué souligne la volonté de la Communauté de poursuivre «un processus, non seulement de clarification et d’assainissement, mais de restructuration en profondeur et de refondation». (apic/afp/lc/js)