La statue de saint Grégoire de Narek dans les jardins du Vatican est le symbole de “l’œcuménisme“ du sang, a affirmé l’ambassadeur d’Arménie près le Saint-Siège, Mikayel Minassyan, au site américain Catholic News Agency le 6 avril 2018.
Lors de l'inauguration le 5 avril, le pontife était entouré du président arménien Serzh Sargsian, de Karekine II, catholicos de tous les Arméniens, d’Aram Ier, catholicos de Cilicie en audience au Vatican – tous deux orthodoxes - ainsi que du patriarche arménien catholique, Mgr Grégoire Ghabroyan-Pierre XX.C’est un geste “très important“ pour le peuple arménien, “première nation chrétienne“, mais aussi pour tous les chrétiens du Moyen-Orient, a remarqué Mikayel Minassyan. Car saint Grégoire de Narek est pour lui “l’auteur de la constitution spirituelle“ de l’Arménie.Mystique du 10e siècle, proclamé saint à la fois par l’Eglise arménienne – orthodoxe et autocéphale – ainsi que par l’Eglise catholique, il est aussi un des docteurs de l’Eglise à caractère “œcuménique“, a estimé le diplomate. Le pape François lui a conféré le titre de 36e docteur de l’Eglise en 2015. Saint Grégoire de Narek est fêté le 9 octobre dans l’Eglise arménienne, le 27 février dans l’Eglise latine.Saint Grégoire de Narek est ainsi un “pont entre deux mondes“ : Est et Ouest, catholique et arménien, a poursuivi l’ambassadeur. Il est encore le symbole de la culture et de la pensée arménienne, qui subsiste malgré tout, de “notre sang […] versé pour la foi chrétienne“. Le monastère de Narek, où vivait saint Grégoire, a été détruit durant le premier génocide du 20e siècle, tout comme son tombeau.Ce génocide a fait entre 600'000 et 1,5 million de morts parmi les Arméniens de l'Empire ottoman, entre avril 1915 et juillet 1916, voire jusqu'en 1923. (cath.ch/imedia/ap/pp)