L'archevêque d'Accra, au Ghana, Mgr John Bonaventure Kwofie, a adressé au président Nana Akufo-Addo, une pétition contre l’exploitation minière illégale dans le pays appelée «Galamsey», à l’issue d’une marche de protestation.
La manifestation, qui a eu lieu le 11 octobre, était organisée conjointement par l'archidiocèse d’Accra et la Conférence des supérieurs majeurs du Ghana. Elle a enregistré une forte mobilisation des communautés religieuses et organisations non gouvernementales ainsi que des militants écologistes. Les manifestants portant des pancartes appelant à mettre fin aux activités minières illégales, ont parcouru les principales artères de la capitale.
La «Marche de prière environnementale contre Galamsey » et avait pour but de mettre en lumière les dommages graves et durables causés par l'exploitation minière illégale. «Cette initiative reflète notre engagement civil, communautaire et religieux envers notre pays et son écosystème qui est en train d’être détruit», a indiqué l’archevêque, dans un message à ses diocésains.
En l’absence du chef de l’Etat, Akufo Addo, en déplacement à l’étranger, la pétition a été remise à son chef de cabinet- adjoint Adumua-Bossman. Il a félicité l'archidiocèse pour le caractère pacifique de la marche et appelé d'autres groupes à l'imiter.
Un manque de volonté politique
Le Galamsey est une pratique traditionnelle de recherche de l’or qui se faisait manuellement, avec des outils rudimentaires, tels que les pioches et les tamis. Mais, depuis le début des années 2000, elle s’est modernisée, avec l’arrivée en grand nombre, de chercheurs d’or chinois, selon l’ONG de défense de l’environnement Mongabay.
Ces migrants chinois ont introduit une exploitation minière mécanique, avec des pelleteuses, pompes à eau, bulldozers, a dénoncé pour sa part, le journal Sustainibility. Ces méthodes mécaniques sont encore plus dangereuse pour la nature. Elles détruisent les forêts, car en creusant en profondeur pour recherche de l’or, ils déstructurent l’écosystème, les composants et fertilisants qui nourrissent la terre. « C’est une destruction méchante et cupide de nos ressources forestières », a fustigé en septembre Mgr Mathew Kwesi Gyamfi, président de la Conférence des évêques du pays (GBC). La GBC avait dénoncé « la corruption, la complicité des dirigeants politiques et le manque de volonté politique » qui permettent au phénomène Galmasey de prospérer. (cath.ch/ibc/mp)