Le dialogue interreligieux est un outil indispensable pour la construction de la paix: tel était l'axe du service interreligieux organisé le 28 janvier 2020 en l’église Saint-Nicolas-de-Flüe, à Genève, à l’initiative du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) et de la mission permanente de l’ONU à Genève.
Le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot,
président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, était présent
à cette cérémonie organisée pour la Journée Mondiale de la Paix 2020. Il a
exhorté à trouver "une nouvelle façon d'habiter la maison commune"
afin que la paix puisse naître.
La paix selon le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot
Introduit par Mgr Ivan Jurkovic,
observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies à
Genève, le service interreligieux a été marqué par des interventions de
représentants du judaïsme, du bouddhisme, du protestantisme, de l’orthodoxie et
de l’islam en Suisse.
Hôte d'honneur, le cardinal Miguel Angel
Ayuso Guixot a présenté le Message du pape François pour la 53e
Journée mondiale de la paix,
intitulé "La paix, un chemin d’espérance: dialogue, réconciliation et
conversion".
Le président du Conseil pontifical pour
le dialogue interreligieux a remarqué la différence entre la recherche de la
paix comme unité personnelle et intérieure, et "l’aspiration à la paix
comme vision politique et sociale des institutions et des sociétés, civiles ou
religieuses", tout en soulignant que ces deux aspirations à la paix ne
sont pas sans lien.
"L’arsenal pervers de la violence"
"Comme le fait le pape, il nous
faut hélas constater que notre monde, à la fois puissant et fragile,
quelquefois fraternel et souvent injuste, rarement solidaire et plus souvent
prévaricateur, engendre la tentation d’un pessimisme destructeur, quand ce
n’est pas la suprématie de l’arsenal pervers de la violence", a reconnu le
cardinal espagnol.
Face à cette réalité douloureuse, le
cardinal, qui fut missionnaire en Egypte et au Soudan puis professeur d’islamologie
à Khartoum, au Caire et à Rome, a initié un moment de méditation et de prière. "Le
privilège de la prière, pour nombre des diverses religions représentées ici ce
soir, s’accompagne du respect sacré pour la dignité de chaque femme et de
chaque homme qui est la base des droits fondamentaux de la personne humaine".
La prière, "seule 'arme' dont nous disposons"
Avec les croyants d’autres religions, il
est vertueux de procéder à un "échange de dons" pour comprendre que
les différentes traditions religieuses peuvent s’enrichir mutuellement, sans
rien renier de leur identité respective.
"Nous, en tant que responsables
religieux, n’hésitons pas déployer la seule 'arme' dont nous disposons pour
rappeler que la paix, dans son cortège solidaire et fraternel, reste le socle
sur lequel devrait reposer la vie des hommes et des femmes de notre temps.
Voici donc ce soir, à travers un acte conjoint d’intériorité, que se manifeste
ce 'savoir-faire' de ceux qui, chaque jour, chaque semaine, dans leurs
synagogues, leurs temples, leurs églises et leurs mosquées, vénèrent le Dieu
unique, dans la diversité et l’unité. Non, Dieu n’a pas disparu du cœur des
hommes et des femmes de ce temps!"
Dieu n’a pas disparu du cœur des hommes
Le cardinal Ayuso a conclu en citant
l’invocation de Clément de Rome, le 4e pape de l’Eglise catholique, qui a régné
de 92 à 99: "Laissons donc là les soucis vains et inutiles, rangeons-nous
à la glorieuse et vénérable règle de notre tradition. […] Adhérons à ceux qui
cultivent pieusement la paix non à ceux qui feignent de la vouloir. […] Revenons
en hâte vers le but de la paix qui nous a été proposé dès le commencement; les
yeux fixés sur le Père et le Créateur de l'univers, attachons-nous à ses
présents magnifiques et incomparables nés de la paix et à ses bienfaits. Contemplons Dieu par la pensée; considérons
des yeux de l'âme sa volonté pleine de patience; réfléchissons à combien il est
bon envers toute sa création !"
"A la suite du pape Clément et
aujourd’hui avec le pape François, nous sommes appelés à dire 'une nouvelle
manière d’habiter la maison commune' pour qu’en contemplant la générosité du
Créateur et son infinie sagesse, jaillisse enfin la paix", a conclu le
président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
En conclusion du service interreligieux
consacré à la paix, Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de LGF, a lu la
prière de saint François d’Assise. (cath.ch/vaticannews/be)