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    Mgr Georges Bacouni, archevêque grec-catholique de Beyrouth, a laissé la liberté de choix pour la communion © Jacques Berset

    Communion dans la main: fronde des maronites traditionalistes libanais

    Alors que la pandémie du coronavirus Covid-19 cause ses premiers décès au Liban et malgré les injonctions de la hiérarchie de l'Eglise maronite, les fidèles du courant  traditionaliste rejettent catégoriquement la communion dans la main. L'évêque de Sarba réclame leur mise au pas.

    Mgr Paul Rouhana, évêque de l'éparchie de Joubbé,

    Sarba et Jounieh des Maronites, a vivement dénoncé le fait que "cette

    mesure préventive simple (…) puisse provoquer un si grand désordre et serve de

    bannière à un groupe d’opposants à son application comprenant des religieux et

    des laïcs menant campagne au nom de la défense du dogme et de la pureté de la

    foi".

    Une mesure obligatoire

    "Je renouvelle donc l’assurance du caractère

    obligatoire de cette mesure qui ne supporte aucune exception sous aucun

    prétexte, tant qu’il n’existe pas un vaccin contre ce virus. La rendre

    facultative, c’est faire échec aux mesures préventives qui l’ont rendue

    nécessaire", poursuit Mgr Paul Rouhana, cité par L'Orient-Le Jour.

    Dans son édition du mardi 17 mars 2020, le quotidien

    libanais francophone rapporte que l’Eglise

    maronite se heurte à un courant fondamentaliste hostile à la communion dans la

    main. Chez les grecs-catholiques, la

    communion dans la main a été autorisée, mais est restée facultative.

    "Contraire à la vraie foi" ?

    Les précautions et mesures de confinement contre la

    propagation de l’épidémie de coronavirus se heurtent à des habitudes bien

    ancrées au sein des Eglises du Liban. La décision de l’Eglise maronite de

    rendre obligatoire la communion dans la main, prise le 4 mars, a surpris les

    fidèles, qui s’y sont adaptés, et parfois résignés, en la prenant pour ce

    qu’elle est, une mesure provisoire, en attendant la fin de l’épidémie.

    Toutefois, rapporte L'Orient-Le Jour, la décision a été énergiquement rejetée par un

    courant traditionaliste qui l’a condamnée comme "contraire à la vraie foi".

    Liberté de choix à l’archevêché grec-catholique de Beyrouth

    Certaines paroisses – mais pas toutes – ont réglé le problème en suspendant toutes les messes et toutes les activités de groupe, comme les chorales, excursions, soirées, kermesses, expositions et concours. A l’archevêché grec-catholique melkite de Beyrouth, deux files de fidèles se sont formées, dimanche 15 mars, au moment de la communion, l’archevêque Georges Bacouni ayant laissé aux communiants la liberté de choix entre la communion traditionnelle et la communion dans la main.

    "La plupart des fidèles ont choisi de communier

    comme ils en ont l’habitude", a déclaré l’archevêque au quotidien

    libanais. Les gestes liturgiques, comme celui d’embrasser l’Evangile ou les

    icônes, ainsi que le salut de paix, ont été omis et les fidèles ont tenté le

    plus possible de garder entre eux une certaine distance.

    Suite à l'esclandre du 8 mars à la paroisse maronite de St-Nicolas à Ajaltoun, dans le district du Kesrouan, au Mont-Liban – la messe a dû être interrompue, des fidèles refusant de recevoir l’hostie dans la main - l’évêque maronite de Jbeil a rappelé aux traditionalistes que la communion dans la main "n’est pas chose nouvelle, mais plutôt la plus ancienne coutume de l’Eglise". Mgr Michel Aoun a demandé que la communion dans la main soit acceptée dans un esprit d’obéissance.

    Pratique redécouverte lors du Concile Vatican II

    C’est la redécouverte de textes patristiques, lors du Concile

    Vatican II, qui a conduit les pères du Concile à faire revivre cet antique mode

    de communion dans l’Eglise occidentale, a insisté l’évêque de Jbeil. "Nous

    demandons à nos fils fidèles d’adhérer à cette mesure (…) d’autant plus qu’elle

    repose sur une base théologique confirmée ainsi que sur nos traditions

    maronites".

    Mgr Paul Rouhana a, de son côté, fait part de son inquiétude de voir quelques prêtres et laïcs, "en particulier ceux qui gravitent dans l’orbite du Mouvement sacerdotal marial (MSM, fondé par Don Stefano Gobbi, un prêtre italien, en 1972), faire publiquement circuler des textes affirmant que la communion dans la main est en son essence contraire à la foi véritable dans les sacrements". Ces traditionalistes affirment que cette mesure "manifeste un manque de foi et une minimisation de la puissance de Dieu présente dans le sacrement de communion, à guérir l’âme et le corps".

    "Une chute dans les filets du diable"

    Les traditionalistes qui s’opposent à la communion dans la main, "au moment où le pays est enfoncé dans une crise économique et financière, et qu’il doit faire face aux conséquences du fléau du coronavirus", n’ont pas hésité à dire que l’obéissance à l’Eglise en la matière est "une obéissance au péché" et "une chute dans les filets du diable", a dénoncé l'évêque de Sarba. Qui confie à L’Orient-Le Jour que l’Eglise fait face "à un courant intégriste, ou fondamentaliste très actif sur les réseaux sociaux, sachant que le fondamentalisme prend un élément de la foi et l’amplifie au point qu’il étouffe la totalité". Pour lui, ce courant minoritaire "doit être mis au pas et faire acte d’allégeance à la grande Eglise qui doit veiller à l’unité de son enseignement". (cath.ch/orj/be)

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