Pour prendre la pleine mesure du scandale des abus sexuels, il est indispensable de “participer en profondeur aux souffrances” des victimes, a soutenu le Père Federico Lombardi. L'ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège s'exprimait lors d’un entretien au portail officiel "Vatican News" en français paru le 3 janvier 2019.
Pour le Père Lombardi, à la tête du Bureau de presse entre 2006 et 2016, l’année 2018 a représenté un “tournant” dans l’approche des scandales des abus sexuels, avec un engagement “très fort” du pape François. Une attitude “proactive” qui se caractérise notamment par la convocation à Rome du 21 au 24 février prochains des présidents des conférences épiscopales du monde entier.
Participer aux souffrances des victimes
Cette convocation, a estimé le prêtre jésuite, est d’autant plus nécessaire que “certaines personnes, des responsables, parfois des évêques, n’ont pas compris la profondeur du problème”. En effet, a-t-il développé, “il ne suffit pas d’avoir les idées claires et les instruments, il faut participer en profondeur aux souffrances, aux blessures des victimes”. La rencontre de février doit donc être “déterminante”, a insisté le Père Lombardi.Dans un article paru dans la revue Civiltà Cattolica publiée le 13 décembre dernier, celui qui est désormais président de la Fondation Benoît XVI-Joseph Ratzinger, avait déjà dénoncé “l’incroyable naïveté” de certains prélats qui “n’ont presque rien fait” concernant les abus sexuels. La rencontre de février, avait-il alors écrit, doit permettre de “regarder en face” la situation, y compris sur les plans “expérientiel et émotionnel”.Les préparateurs de la rencontre de février ont d’ailleurs écrit à tous les participants pour leur demander de “s’approcher et visiter” des victimes d'abus sexuels en amont de leur venue à Rome. Ainsi, avait-il expliqué, il serait possible “d’apprendre de première main la souffrance qu’elles ont endurée” afin de pleinement “reconnaître la vérité de ce qui s’est passé”. (cath.ch/imedia/cg/xln/rz)