Sans une véritable "conversion écologique", existe le risque de laisser aux générations futures "débris, désolation et saleté”, s'est inquiété le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, le 25 septembre 2019. Le prélat ghanéen s'exprimait depuis les locaux de Radio Vatican à l'occasion de la sortie du Rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Depuis bientôt quarante ans, la CNUCED publie annuellement
un rapport d'analyses sur les grandes tendances économiques. Ce rapport fait
souvent l'objet d'une présentation au Vatican en présence de responsables
onusiens. La publication de cette année prône le financement d'un 'new deal
vert mondial'. Il se présente comme un cadre politique susceptible de répartir
de manière plus équitable les richesses à l'échelle mondiale et de renverser la
vapeur de "décennies de dégradations de l'environnement".
Une nouvelle relation à la nature
Les jeunes en particulier, a souligné le Ghanéen, demandent
ce changement. Cela a été largement exposé lors du sommet des Nations unies
pour l'action climatique à New York le 23 septembre, a-t-il remarqué. Y
participait notamment la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. Elle
avait accusé les responsables politiques de lui avoir "volé ses rêves et
son enfance”. “Leur frustration et leur colère envers notre génération sont
claires, a ainsi martelé le prélat. Nous risquons de leur voler leur avenir et
de laisser aux générations futures débris, désolation et saleté”.
"Individuellement et collectivement", chacun est
donc appelé à opérer une “conversion écologique”, a déclaré le préfet du
Dicastère pour le service du développement humain intégral en reprenant les
propres termes de l'encyclique du pape François Laudato si' (2015). A ce titre, il ne faut pas hésiter à mener une
“nouvelle approche de notre relation avec la nature” car, a-t-il pointé, les
destins de la nature et de l'humanité sont intimement liés. Or, la protection
de la maison commune est un défi urgent, notamment au regard des pauvres qui
sont les premiers à payer le tribut du changement climatique.
Dette financière et dette écologique
“Il est impératif que le secteur financier commence à développer des instruments permettant de faire correspondre la dette purement financière à la dette écologique”, a ajouté le cardinal Turkson. Les pays en développement continuent d'alimenter le développement de pays plus riches au détriment de leur propre présent et de leur avenir, a-t-il noté. Cette dette écologique est notamment liée à la surconsommation de certains pays riches ou encore aux dommages causés par les exportations de déchets toxiques vers les pays en développement.
Créé en 1964, la Conférence des Nations unies sur le
commerce et le développement est un organe de l'Assemblée générale des Nations
unies. Son objectif est d'intégrer les pays en développement dans l'économie
mondiale de façon à favoriser leur essor. Cet organisme intergouvernemental
compte 193 Etats membres. (cath.ch/imedia/pad/rz)