A Mindelo, seconde ville du Cap-Vert, des religieuses luttent pour aider les femmes vulnérables à retrouver leur dignité. Elles recueillent notamment les victimes du tourisme sexuel, particulièrement développé dans l'archipel.
"Kreditá na bo" (Crois en toi, en créole, la
langue locale) fait partie des quelque 70 projets similaires que les servantes
adoratrices du Saint-Sacrement et de la Charité mènent dans 24 pays des quatre
continents, destinés aux femmes vulnérables.
Le Cap-Vert est considéré par les organisations
internationales des droits humains comme un "paradis" du tourisme
sexuel. Il fait face en particulier à la traite des personnes à destination du
Brésil et du Portugal. Le phénomène, qui touche surtout les filles mineures,
est en pleine croissance. De plus en plus de sévices sur les enfants sont
également enregistrés dans le pays.
Sensibiliser les populations
En juillet 2019, le Comité des droits de l'enfant des Nations-Unies s’est déclaré "gravement préoccupé" par les abus sexuels sur mineurs au Cap-Vert. Il a dénoncé la prostitution et la pornographie mettant en scène des enfants, tout en se félicitant des efforts du gouvernement pour combattre ces pratiques.
C’est dans ce contexte que s’inscrit "Kreditá na bo",
qui a commencé en 2009 avec l'objectif d’offrir une formation professionnelle
aux femmes à faible revenu de Mindelo. Mais, en 2016, face à la montée de la
prostitution, la démarche a commencé à se concentrer davantage sur les femmes
en situation de vulnérabilité, en particulier celles susceptibles de se
prostituer. Soutenue alors par le ministère de la Justice du pays, par l‘octroi
d’une subvention, "Kreditá na bo" a adopté une approche plus globale,
apportant aux victimes un soutien social et psychologique, en plus d'une
formation professionnelle. Elle conseille et sensibilise en outre la population
de Mindelo sur les dangers de la traite des humains et de la prostitution, tout
en collaborant étroitement avec la police. (cath.ch/ibc/ag/rz)