Après la victoire controversée d’Evo Morales au 1er tour des élections présidentielles, la Conférence épiscopale de Bolivie (CEB) se joint à une partie du pays et de la communauté internationale pour demander la tenue d’un second tour.
Lors d’une conférence de presse le
24 octobre à La Paz, le Conseil permanent de la CEB a appelé à la tenue d’un
second tour des élections présidentielles, estimant que c’était "le chemin
le plus juste, pacifique et démocratique pour surmonter le conflit que vit le
pays".
Les évêques ont appelé les
autorités à rechercher le bien commun pour le peuple bolivien. "N’ayons pas
peur de régler nos différends dans le cadre d’un débat libre et d’une décision
par le biais des urnes, conforme à ce que doit être une démocratie", ont
invité les prélats. Ils ont indiqué avoir pris connaissance des rapports des
organisations internationales, qui considèrent que la tenue d’un second tour,
supervisé de manière impartiale, constituerait la meilleure issue au conflit
actuel.
"Éviter la dictature"
Les évêques ont également assuré
qu’ils étaient "prêts à collaborer pour parvenir à une pacification du
pays". Ils ont cependant estimé qu’il n’était pas sensé de la part de la
société civile d’amplifier les mobilisations susceptibles de générer des
affrontements.
Evo Morales a étéreconnu vainqueur dès le 1ertour des élections présidentielles par le Tribunal suprême électoral. Il a été
officiellement élu avec 47,07% des suffrages, alors que des soupçons de fraude
pèsent sur le dépouillement des bulletins. Mais pour l’Organisation des
États américains (OEA), il existe des "inconsistances dans le comptage des
votes". De quoi demander la tenue d’un second tour. Un appel repris à son
compte par Carlos Mesa, candidat à la présidence et opposant d’Evo Morales, qui
en a appelé à la communauté internationale "pour éviter une dictature en
Bolivie". (cath.ch/jcg/mp)