Les femmes «sont leaders dans nos communautés», a assuré le cardinal Leonardo Steiner, archevêque de Manaus (Brésil), faisant état ouvertement de leur service comparable à celui des diacres. Il s’exprimait lors d’un briefing dans le cadre du Synode sur la synodalité, le 15 octobre 2024 à Rome.
Au début de cette troisième semaine de travaux du Synode, le cardinal Steiner s’est fait la voix des revendications de certaines zones géographiques pour l’implication des laïcs, faisant valoir notamment la situation spécifique de sa région d’Amazonie, où 163 prêtres desservent un millier de communautés.
Les femmes «sont leaders dans nos communautés», a assuré l’archevêque de Manaus. «Aujourd’hui, nous proposons aussi aux communautés les plus éloignées de recevoir, de célébrer certains sacrements – par exemple le baptême – sans la présence d’un prêtre. Donc beaucoup de nos femmes sont diaconesses sans jamais avoir reçu l’imposition des mains», a-t-il assuré. Et de glisser: «Nous aimerions les appeler diaconesses mais, pour ne pas créer de confusion avec le ministère ordonné, nous n’avons pas encore trouvé le mot adéquat.»
Évoquant cette question du diaconat féminin au niveau de Rome – le pape a institué deux commissions qui lui ont remis leurs conclusions –, le cardinal brésilien a lancé: «Si nous voyons qu’historiquement cela a déjà été présent dans l’Église, pourquoi ne pas restaurer le diaconat féminin ordonné, […] tout comme cela a été fait après le concile en restaurant le diaconat permanent pour les hommes.» Le pape François, dans une interview en mai 2024, avait exclu l'accès au diaconat pour les femmes.
«Le pape n’a pas clos la question» des 'viri probati’
Quant à la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés (viri probati), qui avait été soulevée lors du Synode sur l’Amazonie en 2019, le cardinal Steiner a confié que certains avaient été «déçus» que cette éventualité soit évacuée des conclusions d’alors. Celui qui est actuellement à la tête d’un immense diocèse de 4000 km2 a affirmé que le manque de prêtres dans la région amazonienne «suscite des inquiétudes parce que [cela] ne concerne pas seulement l’Eucharistie, mais aussi la vie sacramentelle des communautés».
Mais pour le Brésilien créé cardinal en 2023, «le pape n’a pas clos la question». «Le pape aura la capacité d’avancer mais, de par sa grande sensibilité, n’a pas encore voulu le faire». Leonardo Steiner a évoqué le fossé au sein de l’Église: «Dans certaines réalités, ce ne serait pas difficile d’admettre des hommes mariés à l’ordination; pour d’autres réalités de l’Église cela représente une grande difficulté.» Pour le prélat, «nous devons continuer à en parler» car «le célibat dans certaines cultures est une grande difficulté».
L’impossibilité de s’accorder sur des propositions concrètes?
Alors que le texte de l’Instrument de travail – qui sert de fil conducteur pour les travaux du Synode – évoquait l’hypothèse que des laïcs prêchent les homélies durant les messes, le cardinal Steiner a assuré que «plusieurs remarques ont été faites» à ce sujet dans les débats synodaux.
«Je ne sais pas comment cela apparaîtra dans le texte final», a-t-il précisé. Pour certains membres consultés par l’agence I.MEDIA, la recherche du consensus pour ce document final – dont chaque paragraphe doit être voté à la majorité des deux tiers – est en effet un obstacle à toute avancée concrète sur des sujets sensibles. (cath.ch/imedia/ak/ic/rz)