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    Le pape François et le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden, le 26 septembre 2024 © EPA/CIRO FUSCO

    Au Luxembourg, le pape condamne le «retour aux erreurs du passé»

    En arrivant au Luxembourg le 26 septembre 2024, le pape François a lancé un appel à abandonner les «chemins tragiques de la guerre», condamnant le «retour irresponsable aux mêmes erreurs du passé». Lors d’une rencontre avec les autorités et la société civile de ce pays fondateur de l’Union Européenne, il a une nouvelle fois plaidé la cause des migrants, avertissant que la richesse était «une responsabilité».

    Au premier jour de son voyage apostolique qui le conduira aussi en Belgique, le pape a consacré sa matinée aux leaders du Grand-Duché. Il a d’abord retrouvé le grand-duc Henri au Palais Grand-Ducal qui lui a présenté sa famille, notamment de nombreux enfants, puis s’est brièvement entretenu en privé avec lui. Le grand-duc a ensuite montré au pontife la rose d’or offerte en 1956 par le pape Pie XII à sa grand-mère, la grande-duchesse Charlotte, et lui a remis une gravure peinte de Vierge à l’Enfant de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg datant du XVIIIe siècle.

    Les avantages de l’intégration sur la ségrégation

    Toujours dans le Palais Grand-Ducal, dans le quartier de la Ville haute – centre historique de la ville classé au patrimoine mondial de l’Unesco –, le pontife a rencontré en privé le Premier ministre Luc Frieden puis a rejoint en voiture le «Cercle Cité», situé à quelque 500 mètres.

    Au sein de ce centre des congrès à l’architecture Art déco et orné d’un lustre magistral, le pontife a prononcé un discours devant quelque 300 politiques, diplomates, membres de la société civile, ou représentants religieux. Il les a exhortés à «montrer […] les avantages de la paix sur les horreurs de la guerre, de l’intégration et de la promotion des migrants sur leur ségrégation».

    François a en effet profité de son passage dans ce «carrefour» européen – frontalier avec la Belgique, l’Allemagne et la France –, pour dénoncer la «réapparition, même sur le continent européen, de fractures et d’inimitiés», pouvant déboucher «sur des hostilités ouvertes, avec leur cortège de destruction et de mort». Le pape n’a pas désigné de conflit en particulier et n’a pas évoqué explicitement la guerre en Ukraine.

    Le Luxembourg, «pierre de fondation» de l’Europe

    «Il semble que le cœur humain ne sache pas toujours garder la mémoire et qu’il s’égare périodiquement pour retourner sur les chemins tragiques de la guerre», a regretté le 266e pape. Le Luxembourg est l’un des six pays fondateurs de l’Union européenne – dont la capitale abrite la Cour de Justice de l’UE, la Cour des comptes et la Banque d’investissement. Et le pontife de glisser avec gravité, en sortant de ses notes: «Il est très triste qu’aujourd’hui dans un pays de l’Europe, l’investissement qui rapporte le plus soit la fabrication des armes.»

    «Votre pays a à cœur la dignité de la personne humaine et la défense de ses libertés fondamentales»

    Dans son discours introductif un peu avant, le Premier ministre avait indiqué au pape qu’il se trouvait dans la salle où eurent lieu les premières audiences de la Cour de Justice de la Communauté du charbon et de l’acier, ancêtre de l’UE, il y a 70 ans. Dans l’assemblée venue écouter le pape se trouvaient deux anciens présidents de la commission européenne et Premiers ministres du Luxembourg: Jacques Santer et Jean-Claude Juncker.

    Au fil de son discours, François a déploré «la folie de la raison et le retour irresponsable aux mêmes erreurs du passé, aggravées de surcroît par la plus grande puissance technique dont dispose aujourd’hui l’être humain». Il a incité les dirigeants à prendre la voie des «négociations honnêtes en vue de résoudre les désaccords». Il a souhaité «des compromis honorables qui ne portent préjudice en rien» afin d’éviter les «massacres inutiles».

    La richesse est une responsabilité

    Évoquant la marche du développement intégral, le pontife argentin a souhaité des «relations de solidarité entre les peuples». «La richesse – ne l’oublions pas – est une responsabilité», a glissé François au pays qui détient le PIB par habitant le plus élevé au monde (classement 2023).

    Le pape a enjoint à «ne pas négliger les nations les plus défavorisées» et à les aider «à se relever de leurs conditions d’appauvrissement». Cela permettra de réduire «le nombre de ceux qui sont contraints à émigrer, souvent dans des conditions inhumaines et dangereuses». Pour le pape, le Luxembourg, dont près de la moitié (47%) de sa population de 672’0000 habitants sont des étrangers, représente «un exemple pour montrer la voie à suivre dans l’accueil et l’intégration des migrants et des réfugiés». Il a salué à ce propos «l’esprit d’accueil des migrants» du petit État.

    Défendre les libertés fondamentales

    Dans son discours, le pape François a salué par ailleurs la «solide structure démocratique» de cette démocratie parlementaire sous le régime d’une monarchie constitutionnelle. «Votre pays […] a à cœur la dignité de la personne humaine et la défense de ses libertés fondamentales», a-t-il ajouté. Il a cependant prévenu que « les idéologies sont un ennemi de la démocratie».

    Il a encouragé «la construction patiente d’institutions et de lois sages qui, en réglementant la vie des citoyens selon des critères d’équité et de respect de l’État de droit, mettent la personne et le bien commun au centre». Le pape n’a en revanche pas fait mention de l’euthanasie, qui est légalisée au Luxembourg depuis 2009.

    Dans une courte improvisation, le pape a fait sourire l’assemblée en demandant au pays de faire «plus d’enfants». «J’ai vu le taux de natalité. S’il vous plaît: plus d’enfants… c’est l’avenir. Je ne dis pas 'plus d’enfants et moins de chiots’, cela je le dis en Italie, mais à vous: plus d’enfants.» Le Grand-Duché accuse une forte diminution de la natalité, avec un indice de fécondité de 1,25 enfant par femme en 2023.

    «Au nom de l’Église experte en humanité»

    Enfin, devant les autorités luxembourgeoises, le pape s’est présenté comme «le successeur de Pierre» venu parler «au nom de l’Église experte en humanité». Il a assuré que l’Évangile de Jésus-Christ était «seul en mesure de transformer profondément l’âme humaine en la rendant capable de faire le bien, même dans les situations les plus difficiles».

    Durant cette unique journée de visite au Luxembourg, le pape François doit également rencontrer la communauté catholique à la cathédrale Notre-Dame, avant de partir pour la Belgique. (cath.ch/imedia/hl/ak/cd/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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