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    Des hommes indigènes vertueux pourraient être ordonnés prêtres © (photo d'illustration) © Pedro França/MinC/wikimedia/CC BY 2.0

    Amazonie: les "viri probati", pas des prêtres de seconde catégorie

    Les "viri probati" sont nécessaires à une “vraie pastorale” en Amazonie, a considéré Mgr Carlo Verzeletti, évêque de Castanhal (Brésil), lors d’un briefing au Vatican sur le synode pour l’Amazonie, le 14 octobre 2019. Fervent partisan de cette possibilité, il a assuré que des hommes mariés ordonnés pourraient réaliser un “travail extraordinaire”.

    Les participants au synode pour l’Amazonie ont entamé leur

    2e semaine de travaux par une nouvelle journée en congrégation générale. A

    l’ouverture de celle-ci, le pape François a demandé de prier tout

    particulièrement pour l’Equateur, a indiqué Paolo Ruffini, préfet du Dicastère

    pour la communication. Ce pays affronte un moment de “grande souffrance”, a

    déclaré le pontife, touchant particulièrement les indigènes.

    Les visites de villages par un prêtre seulement quelques

    fois par an ne permettent pas de proposer une “vraie pastorale” basée sur la

    présence et l’accompagnement, a estimé Mgr Verzeletti lors du briefing. Le

    prêtre est ainsi réduit à un rôle de “distributeur de sacrements”. Le prélat

    est donc très favorable aux "viri probati", pour que l’eucharistie

    soit une “réalité plus proche”. Cela est selon lui d’autant plus nécessaire que

    la piété populaire des Amazoniens “ne tient plus” devant “l’invasion violente”

    de certains mouvements pentecôtistes.

    L'aide des autres confessions chrétiennes

    Les candidats mariés au sacerdoce ne seraient pas des

    “prêtres de seconde catégorie”, mais des hommes à la vie “exemplaire”, a plaidé

    le prélat. “Nous avons des personnes dignes d’être ordonnées, je sais déjà qui

    je pourrais indiquer pour faire un travail extraordinaire dans les

    communautés”, a-t-il insisté. Pour lui, les confessions chrétiennes non

    catholiques qui ont une “tradition positive” des pasteurs mariés pourraient

    aider au discernement vocationnel des candidats et de leurs épouses.

    Pour certains Pères synodaux, a rapporté un témoin des

    débats en aula, il est “urgent” d’ordonner des hommes mariés, car l’eucharistie

    est selon eux plus importante que le célibat des prêtres. Pour eux, les fidèles

    ont le droit à l’eucharistie et les pasteurs ont ainsi le devoir de la leur

    apporter.

    Sans s’exprimer directement sur la question des "viri

    probati", Mgr José Angel Divassón Cilveti, vicaire apostolique émérite de

    Puerto Ayacucho, en Amazonie vénézuélienne, a lui aussi insisté sur

    l’importance de “partager la vie” des communautés pour l’évangélisation. Il a

    ainsi mis en garde contre une attitude de “colonisateurs”, mais a appelé au contraire

    à “respecter” ces communautés. Une personne présente dans l’aula a notamment

    critiqué l'envoi de missionnaires pour des périodes de seulement deux ou trois

    ans, ne leur permettant pas de connaître les cultures locales.

    Un motu proprio de 1972

    Favorables ou non aux "viri probati", les Pères synodaux s’accordent sur la nécessité d’un nombre beaucoup plus important de ministres autochtones. Ils s’accordent aussi sur une nécessaire place plus importante des femmes. Selon le Père Giacomo Costa, un des secrétaires spéciaux de l’assemblée, le récit par les Pères synodaux de leurs expériences “enracinées” permet d’éclairer la réflexion sur le défi de nouveaux ministères.

    Selon le jésuite italien, des participants ont notamment

    demandé une révision du motu proprio Ministeria

    quaedam. Edictée par Paul VI en 1972, cette lettre apostolique régit les

    différents ministères et stipule notamment que si certains peuvent être exercés

    par des laïcs, seuls des hommes peuvent être institués lecteur ou acolyte.

    Egalement présent au briefing, José Gregorio Díaz Mirabal,

    le président du Congrès des organisations indigènes amazoniennes (COICA) a

    quant à lui demandé avec force la fin d’une ”invasion violente” de l’Amazonie

    par le vol de terres indigènes. Chaque année, a-t-il accusé, des “martyrs de

    l’Amazonie” sont tués en raison de leur défense de leurs terres et de leur mode

    de vie. Parce que l’Eglise est la seule institution qui ”crie pour la planète”,

    peut se former une alliance pour défendre ces peuples.

    Les investissements de l'Eglise

    La création d’un ”observatoire ecclésial” pour défendre les

    droits de ces communautés a ainsi été évoquée, a relevé de son côté le Père

    Costa. Invitée spéciale de ce synode, Josianne Gauthier, secrétaire générale de

    la Coopération internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE), a

    quant à elle espéré que ce synode permettra de nourrir l’action de la

    diplomatie pontificale, notamment au sein des institutions internationales.

    Outre des mesures internationales, la mise en place d’une

    ”éducation intégrale” doit également être adoptée dans cette région, a souligné

    le Père Costa. Il s’agit de promouvoir une ”économie circulaire”, permettant un

    accès à la nourriture respectueuse de l’environnement écologique et social, ont

    souligné les participants. La question des “désinvestissements” de la part de

    l’Eglise des entreprises non respectueuses de l’environnement a également été

    soulevée à plusieurs reprises, notamment dans le petit groupe franco-anglais. (cath.ch/imedia/cg/xln/rz)

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