Mgr Norbert Brunner renonce à sa charge d’évêque de Sion

Actif durant 40 ans dans les organes de direction du diocèse de Sion

Sion, 5 juin 2013 (Apic) Le pape a accepté le 5 juin 2013 la renonciation de Mgr Norbert Brunner à sa charge d’évêque de Sion. Actif dans les organes de direction du diocèse de Sion depuis 40 ans, évêque depuis 1995, âgé de 71 ans, estime ne plus avoir «les forces nécessaires pour accomplir les tâches inhérentes au ministère épiscopal d’aujourd’hui et pour relever les défis qui en découlent.» La renonciation de Mgr Norbert Brunner entrera en vigueur avec la prise en charge du diocèse de Sion par son successeur.

Mgr Norbert Brunner avait été nommé évêque de Sion le 1er avril 1995 par le pape Jean Paul II pour succéder au cardinal Henri Schwery, démissionnaire. Il a été ordonné évêque le 9 juin de la même année. Le même jour, il prenait en charge la direction du diocèse de Sion.

Après 40 ans au service de la direction du diocèse, Mgr Norbert Brunner a fait part au pape de sa renonciation à la charge d’évêque de Sion. Il fut en effet chancelier de 1970 à 1987, économe diocésain de 1988 à 1991, vicaire général de 1991 à 1995, et enfin évêque de Sion dès 1995. Il a été en outre président de la Conférence des évêques suisses (CES) de 2010 à 2012.

Mgr Norbert Brunner a ainsi travaillé durant presque toute sa vie de prêtre au service de la direction du diocèse de Sion. Malgré sa longue expérience et sa connaissance des réalités diocésaines, il en est arrivé à la conviction qu’il n’avait plus les forces nécessaires pour accomplir les tâches inhérentes au ministère épiscopal d’aujourd’hui et pour relever les défis qui en découlent, explique le communiqué du diocèse.

«Mgr Norbert Brunner est convaincu qu’au moment où nous célébrons le Jubilé du Concile Vatican II, il est nécessaire de vivre un nouveau départ et que la direction du diocèse doit être confiée à une force nouvelle.»

Mgr Brunner ne refuse pas le qualificatif de «conservateur» que certains lui ont accolé, à la condition que ce concept signifie rester fidèle à l’enseignement et à la tradition de l’Eglise. Lui-même se qualifierait plutôt d’»homme du milieu», fidèle à Rome et au Concile Vatican II, prêt à chercher avec ses collaborateurs les adaptations nécessaires à la pastorale pratique dans les paroisses et dans les familles. Pour Mgr Brunner, cette fidélité n’est pas en contradiction avec les évolutions nécessitées par les nouveaux défis pastoraux.

Peu à l’aise avec les médias, dont il a tendance à se méfier, Mgr Brunner préfère éviter le devant de la scène pour se concentrer sur ses tâches diocésaines. Ce que ne l’empêche cependant pas de prendre des positions parfois tranchées qui lui ont valu des critiques en Suisse et dans son canton. «Un évêque a aussi la tâche d’être un gardien», a rappelé l’abbé Paul Martone, chargé de la presse pour la partie alémanique du diocèse de Sion. Au sein de la Conférence des évêques suisses, Mgr Brunner s’est occupé notamment de l’aumônerie militaire.

Au service de notre espérance

Né le 21 juin 1942 dans le village haut-valaisan de Naters, dans une famille profondément chrétienne, Norbert Brunner a connu une enfance marquée par un milieu social et scolaire encore tout imprégné de valeurs chrétiennes. Il a vu naître sa vocation alors qu’il était servant de messe, à l’âge de 7 ou 8 ans. S’il avait oublié ce premier appel durant les années de collège, la vocation s’est réveillée l’année du baccalauréat. Cette année-là, déjà inscrit à l’Ecole Polytechnique Fédérale à Zurich, où il voulait devenir ingénieur, il tourne le dos à la carrière scientifique pour entrer ensuite au Grand Séminaire de Sion, avant de faire sa théologie à Innsbruck et Fribourg (Suisse) Il est ordonné prêtre en 1968. Après deux ans comme professeur et préfet de l’internat au Collège Maria Hilf à Schwyz (1970-1972), il est nommé chancelier épiscopal et notaire au tribunal ainsi que recteur de la cathédrale de Sion (1972-1987). Il est ensuite désigné chanoine de la cathédrale de Sion en 1988. De 1991 à 1995, il est vicaire général du diocèse de Sion. Il est élu évêque de Sion le 1er avril 1995, pour succéder au cardinal Henri Schwery, démissionnaire. Il choisit pour devise épiscopale «Ad serviendam spem nostram» (au service de notre espérance)

L’élection du nouvel évêque

Contrairement aux diocèses de Bâle et de Coire, le diocèse de Sion ne dispose d’aucun privilège pour l’élection de son évêque qui est librement nommé par le Saint-Siège. Dans une lettre au gouvernement valaisan de 1918, le Saint-Siège avait néanmoins concédé qu’il prendrait soin de ne pas élire un évêque qui n’aurait pas l’agrément du gouvernement, et qu’il recevrait et examinerait avec bienveillance les souhaits du gouvernement.

Le nonce apostolique en Suisse, Mgr Diego Causero, aura pour mission d’établir une liste de trois «candidats», après avoir mené son enquête au sein du diocèse. Selon le canon 377 du code de droit canonique, il est invité à consulter les vicaires généraux et épiscopaux, les membres du chapitre cathédral, les membres du clergé ou même des laïcs «reconnus pour leur sagesse» ainsi que la CES. La liste de noms est ensuite transmise à la Congrégation pour les évêques, à Rome, actuellement présidée par le cardinal canadien Marc Ouellet, qui étudie les dossiers et les présente au pape. C’est au pape François que reviendra le choix final. La procédure prend généralement entre quelques mois et un an.

(apic/mp)

5 juin 2013 | 12:31
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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