Accusé d'abus sexuels, le prêtre salésien belge Luk Delft n'est plus secrétaire national de Caritas Centrafrique depuis juin 2019. Le bureau humanitaire de l’ONU (OCHA) en Centrafrique suspend provisoirement sa collaboration avec la Caritas locale après les révélations "de graves allégations d’abus sexuels sur des mineurs".
Suite à une longue enquête de la chaîne de télévision CNN, le prêtre salésien belge âgé de 50 ans a été accusé d’avoir abusé d’au moins deux jeunes garçons en République centrafricaine (RCA).
Alors qu’il avait été précédemment condamné pour
abus sur mineurs en Belgique en 2012 par le tribunal correctionnel de Gand pour
agression sexuelle, le Père Delft n'aurait pas dû être en contact avec des
mineurs. Le religieux salésien avait été banni pendant dix ans de toute
fonction susceptible de le mettre en contact avec des jeunes. Il avait
été condamné
à 18
mois de
prison avec
sursis avec
obligation de
suivre un
traitement psychologique.
Interdiction de contacts avec des jeunes
Sa congrégation l'avait envoyé en 2013 en
République
centrafricaine (RCA) dans une fonction où il n'aurait théoriquement
pas dû avoir de contact avec des mineurs, à la demande de Mgr Albert Vanbuel,
un évêque salésien, qui était à l'époque en charge du diocèse de Kaga Bandoro, une ville du nord du pays. Après
avoir travaillé pendant deux ans à Kaga Bandoro, une ville du nord du pays, il
a été nommé en 2015 secrétaire général de la Caritas en RCA. Il semblait avoir
toute la confiance de la hiérarchie catholique centrafricaine et il acceptait
de se rendre dans des zones extrêmement dangereuses pour superviser et encadrer
les actions de l’ONG catholique.
Les salésiens affirment avoir signalé à l’Eglise
centrafricaine la situation juridique du Père Luk dès son arrivée en 2013, puis
lorsqu’il avait été pressenti pour devenir le secrétaire général de la Caritas.
Mais le 18 novembre 2019, le Père Alain-Bienvenu Bangbanzi, président de
la Caritas Centrafrique, expliquait au quotidien français "La Croix" que
la Conférence épiscopale de RCA n’avait eu confirmation de ce passé que
récemment. Le Père Alain-Bienvenu affirme avoir signalé ce prêtre à la justice
de son pays. Les salésiens, qui ont rappelé le Père Luk en Belgique, ont fait
la même démarche en Belgique.
Caritas Internationalis scandalisée
Caritas
Internationalis, une
confédération de plus de 160 membres qui travaillent à la base presque partout
dans le monde, s'est dit dans un communiqué "profondément attristée et scandalisée par les abus
commis sur des mineurs, rapportés par CNN dans son récit sur Luk Delft".
"Nous exprimons notre compassion et notre
solidarité aux enfants et à leur famille. Nous remercions ceux qui ont fait un
pas en avant. Ils ont notre appui total pour dire leur vérité. A Caritas, nous
travaillons constamment pour améliorer notre protection des enfants autant en
République centrafricaine que dans le reste du monde, partout où Caritas
travaille pour aider ceux qui se trouvent dans le besoin. Notre premier devoir
est de protéger ceux que nous servons" a déclaré Aloysius John, secrétaire
général de Caritas Internationalis.
Caritas
Internationalis aide la
Caritas locale en République centrafricaine à enquêter sur les accusations, à
renforcer ses mécanismes de protection et à offrir des soins et un soutien à
toutes les possibles victimes et à leur famille. Elle a demandé à toutes les
organisations nationales du monde entier d’effectuer des vérifications
minutieuses de leur gouvernance, de leur personnel, de leurs bénévoles et de
leur personnel international. "Caritas encourage quiconque ayant des
suspicions en matière de protection à le signaler à la police locale". Un
rapport peut également être fait à Caritas
internationalis. (cath.ch/cx/rtbf/vaticannews/be)