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    Le Père Mario Medina Balam est expert en droit canon © Celam

    Abus sexuels: les risques de l’abolition du secret pontifical

    Le canoniste mexicain Mario Medina Balam décrypte l’importance de la décision du pape François d’abolir le secret pontifical et ses modalités d’application. Il pointe également les limites et les risques de rendre public de tels documents.

    Le prêtre de l’archidiocèse de Yucatán revient

    tout d'abord, dans un entretien publié sur le site internet du Conseil

    épiscopal latino-américain (Celam), sur le fait que cette réglementation voulue

    par le pape soit entrée en vigueur le même jour que sa publication officielle.

    "Ce qui signifie que son application est immédiate. Cependant, pour en

    garantir au mieux son exécution, il serait plus approprié que cette nouvelle

    loi soit incluse dans les règlements propres à chaque conférence épiscopale",

    souligne Mario Balam, docteur en droit pénal canonique à l’Université pontificale

    de Mexico.

    "Former et informer"

    Donc, poursuit le prêtre, "selon le cours

    normal des choses, les conférences épiscopales devraient donner au plus grand

    nombre des explications complètes sur cette nouvelle législation

    canonique". Ensuite, il faut former et informer les personnes directement

    responsables, pour qu’elles puissent apporter leur collaboration aux autorités

    civiles dans le cadre des lois des Etats respectifs. Tout en sauvegardant le

    cadre de la confidentialité de ces cas et en étant dûment protégées par le

    droit canonique.

    Le prêtre indique que la décision du pape François était un changement attendu.

    Des réserves

    "L’engagement de l’Église à être

    transparente et à collaborer avec les autorités civiles en ce qui concerne ce

    type de délits était un sujet important qui restait en suspens. Désormais, le

    problème est réglé. Ça me paraît positif, mais j’ai quand même des

    réserves", relève le Père Balam. Il craint que "cette ouverture soit

    mal interprétée et que l’on pense que, sans la moindre précaution, on puisse

    rendre publics ces cas, avec le danger d’affecter les droits fondamentaux des

    personnes (la réputation, l’intimité), protégés par le même droit canonique".

    Risques de conflits d’autorités

    Le spécialiste mexicain relève en outre le

    fait qu’il puisse demeurer un doute sur l’usage de l’autorité que pourront

    avoir un évêque diocésain ou un supérieur concernant un dossier qui relèverait

    de la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors que ce cas pourrait être

    instruit par les autorités civiles, conformément aux lois de l’État. "Les

    autorités religieuses devront-elles demander l’autorisation au Saint-Siège,

    puisqu’il s’agit de cas particuliers?"

    Le Père Balam souligne que la nouvelle loi

    n’est pas claire sur ce point. Par conséquent, les experts en droit pénal

    canonique ont une mission à accomplir: "contribuer à la diffusion et à

    l’explication de cette nouvelle réglementation". (cath.ch/jcg/rz)

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