Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Le 1er décembre 2019, le pape François s'est rendu à Greccio, où saint François d'Assise a construit la première crèche. Ici, celle de Greccio peinte par le peintre Antonio Vite, vers 1390-1400
    Le 1er décembre 2019, le pape François s'est rendu à Greccio, où saint François d'Assise a construit la première crèche. Ici, celle de Greccio peinte par le peintre Antonio Vite, vers 1390-1400 © Sailko wikimedia commons

    Homélie du 3 janvier 2021 (Mt 2, 1-12)

    « Rencontrer le Christ, procure de la joie »

    La crise de la pandémie de coronavirus, nos eucharisties et fêtes de fin d’année qui n’ont pas été célébrées comme nous les faisons habituellement, le message du Pape François au monde le 1er janvier courant, la transmission dominicale des célébrations eucharistiques par les médias, la crèche de Noël avec ses bergers, et ses rois mages autour de Marie et Joseph, et de l’enfant Jésus, … C'est avec tout cela en tête que j'accueille avec vous une des paroles de l’évangile de ce jour : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils lui ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » !

    J'aime aussi réentendre le prophète Isaïe évoquant dans la première lecture la rencontre joyeuse de Jérusalem avec les nations, et l'apôtre Paul nous partageant (dans la deuxième lecture) son expérience d’avoir reçu la grâce que Dieu lui a donné : par révélation, dit-il, il m’a fait connaître le mystère. Mais qu'est-ce que cela veut dire pour nous en cette solennité de la fête de l’Epiphanie et dans le monde qui est le nôtre ? Je vous partage trois réflexions.

    Faire plus ou être plus

    Les mages nous invitent non pas à faire plus, mais à être plus. L'homme d'aujourd'hui est quelque fois très fatigué dans sa recherche et sa pratique de sa foi. Il se laisse happer par son désir de faire plus ; il tombe dans l'agitation, dans la crispation, dans la fébrilité, car il ne parvient plus à maîtriser une série de réalités. Cela est vrai dans la vie courante. Cela est également vrai dans l'animation des communautés.

    Les cascades de changements que nous subissons dans la vie moderne et dans la vie de l'Eglise, produisent une certaine fatigue intérieure. Le monde parle continuellement de restructurations, l'Eglise parle de reconfiguration du paysage pastoral. Comme homme et comme chrétien, nous vivons une accélération de l'Histoire qui nous oblige à réinventer notre agir et notre être devant la vie. Plus que jamais, le disciple de Jésus doit se laisser guider, renouveler, transfigurer et repartir par un autre chemin comme les mages après avoir rencontré joyeusement le Christ. C'est l'heure de la recherche sans cesse de Dieu, et je dirai du ré-enfantement de notre foi en Dieu, de l’adoration, de la conversion, de l’offrande de notre être à Celui qui est venue faire cause commune avec nous. Laissons-nous porter par le pouvoir de notre rencontre joyeuse avec lui, et cette dernière s’oppose aux tendances de la haine d’Hérode et à ses actions : rivalités, jalousies, emportements, intrigues, divisions, meurtre et autres choses du même genre. Préoccupons-nous, grâce aux fruits de notre rencontre avec le Christ, de nourrir notre relation avec lui et d’en être ses témoins en travaillant nos liens avec lui, et entre nous, en lui offrant ce que nous sommes et en lui avouant aussi nos limites et nos pauvretés.

    Universalité et proximité, ouverture et identité

    Pensons un peu aux événements sportifs entre les nations. Ces événements ont une portée universelle et en même temps les sportifs, leurs supporters et nos journalistes aiment exprimer fortement leur identité nationale.

    Depuis la nuit de Noël, la bonne nouvelle de la naissance du Christ a été annoncée aux bergers par l’ange du Seigneur comme une grande joie pour tous les peuples. A la solennité de la sainte famille, Syméon comblé de joie, a vu le Christ comme étant le salut préparé à la face des peuples, et une lumière qui se révèle aux nations. En cette fête de l’Epiphanie, Saint Paul évoque le mystère incarné par la Christ, et selon lequel toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ, par l’annonce de l’évangile.

    Depuis cette naissance du Christ à Bethléem, la visite des mages guidés par une étoile nous rend attentifs aux horizons lointains de l’accueil de cette naissance aussi bien qu'aux réalités toutes proches. La Bonne Nouvelle de la naissance a été annoncée par les anges aux berges, mais les mages venus d’Orient, et plus tard Saint Paul et bien d'autres apôtres iront proclamer cette même Bonne Nouvelle aux quatre coins du monde. Si nous voulons rester fidèles à l'esprit de notre rencontre joyeuse du Christ dans l'aujourd'hui de vie baptismale, notre cœur doit absolument s'ouvrir à l'universel, à l’accueil des autres, tout en vivant intensément une recherche de proximité et travailler ce qui fait notre identité chrétienne profonde.

    Relations courtes, relations stables et bienfaisantes

    Les médias nous parlent chaque jour de mobilité. L'homme moderne voyage énormément pour son travail, pour ses loisirs, pour ses week-ends, pour ses engagements, pour ses relations familiales. Nous vivons tous des relations courtes qui vont dans tous les sens et qui laissent insatisfaits, du fait qu'elles sont souvent porteuses de messages contradictoires et parfois déstabilisants. Lorsque l’on a perdu un cher, on se sent démuni, on se sent déstabiliser. Mais ce n’est pas pour autant que l’être cher n’est pas présent dans notre souvenir, dans notre prière. En cette solennité de l’Epiphanie, les rois mages nous invitent à soigner quelques relations stables et bienfaisantes qui nous équilibreront humainement et spirituellement.

    Être plus ; être proche et universel ; être nomade et aussi vivre des relations équilibrantes ! Accueillons cette invitation avec les rois mages en regardant la Vierge Marie. Elle a vécu cela avant nous. Habitée par l'Esprit, elle nous a partagés sa joie de la rencontre dans le Magnificat.

    Frères et sœurs, en cette fête de l’Epiphanie, laissons-nous habiter par la joie de la rencontre et de la manifestation du Seigneur dans nos vies. Que cette rencontre fasse sauter les verrous de nos peurs, de nos souffrances, de nos incompréhensions et qu’elle ouvre grandement les portes de nos maisons à plus d’amour, à plus de vie, à plus de bienveillance, à plus d’écoute, à plus de respect, à plus de fraternité et de bonté universelle. Que l’Esprit de Noël nous aide dès aujourd’hui à vivre de ses fruits et que sa joie sur notre visage, soit comme notre plus belle mélodie, et notre plus vrai témoignage. Amen.

    SOLENNITÉ DE L’ÉPIPHANIE
    Lectures bibliques : Isaïe 60, 1-6; Psaume 71, 1-2, 7-8, 10-11, 12-13; Ephésiens 3, 2-3a.5-6; Matthieu 2, 1-12

    La mosaïque du Bon Pasteur au mausolée de Galla Placidia, à Ravenne VIe siècle

    Homélie du 26 avril 2026
    (Jn 10, 1-10)

    Abbé Christophe Konopka

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    | © B. Lopez/Evangile et peinture

    Homélie du 19 avril 2026
    (Lc 24, 13-35)

    Père Sixtus Takang, CSSp.

    Chapelle de Lorette, Cointrin, GE

    Jésus dit à Thomas:

    Homélie du 12 avril 2026
    (Jn 20, 19-31)

    Mgr Alexandre Ineichen

    Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice, VS

    Homélie TV de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Frère Franck Dubois, dominicain

    Chapelle du couvent Saint-François, Paris

    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Homélie de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Père Philippe M. Schönenberger

    Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE

    Deux katchkars, des croix de pierre typiques de l'Arménie

    Homélie du Vendredi-Saint 3 avril 2026
    (Jn 18,1 - 19,42)

    Abbé Paulino Gonzalez

    Eglise  Saint-Pierre, Fribourg

    | © Evangile-et-peinture

    Homélie du 29 mars 2026
    (Mt 26, 14 - 27, 66)

    Abbé Boniface Bucyana

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    Homélie du 22 mars 2026
    ( Jn 11, 1-45)

    Abbé Martin Glusek

    Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

    La Samaritaine et Jésus/photo:evangile-et-peinture.org

    Homélie du 8 mars 2026
    (Jn 4, 5-42)

    Abbé Daniel Agbeti

    église Saint-Laurent, Villaraboud, FR