En Hongrie, le pape François marchera sur les pas de Jean Paul II
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril prochains, constitue le troisième séjour officiel d’un pape dans ce pays d’Europe centrale.
En Hongrie, le pape François marchera sur les pas de Jean Paul II
Voyage du pape en Hongrie: François y a déjà fait une courte visite en 2021
Le cardinal Erdö, 'conservateur éclairé' incontournable en Europe
Étienne Ier, saint fondateur de la Hongrie
Programme du voyage du pape en Hongrie
La Hongrie proche de l’Ukraine, une des raisons de la visite du pape
Hongrie: rapprochement entre le pape et Viktor Orban?
Le pape invite les catholiques hongrois à ne pas se raidir
Hongrie: le pape rencontre des pauvres et des réfugiés
Messe à Budapest: le pape invite à refuser la logique d’exclusion
En Hongrie, le pape François marchera sur les pas de Jean Paul II
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril prochains, constitue le troisième séjour officiel d’un pape dans ce pays d’Europe centrale.
En Hongrie, le pape François marchera sur les pas de Jean Paul II
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril prochains, constitue le troisième séjour officiel d’un pape dans ce pays d’Europe centrale.
Voyage du pape en Hongrie: François y a déjà fait une courte visite en 2021
En vue du 41e voyage apostolique du pape François, qui se rendra en Hongrie du 28 au 30 avril 2023, l’agence I.MEDIA revient sur son bref passage à Budapest le 12 septembre 2021 , à l’occasion de la clôture du 52e Congrès eucharistique international.
Le cardinal Erdö, 'conservateur éclairé' incontournable en Europe
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril 2023, se concentrera sur le diocèse de la capitale, Budapest. Le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest depuis 2002, recevra donc le pontife dans son diocèse pour la seconde fois en moins de deux ans, après sa visite du 12 septem...
Étienne Ier, saint fondateur de la Hongrie
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Programme du voyage du pape en Hongrie
Le pape François effectuera du 28 au 30 avril 2023 son 41e voyage hors d’Italie en se rendant une nouvelle fois à Budapest, ville déjà visitée le 12 septembre 2021, à l’occasion de la clôture du Congrès eucharistique international. Mais il s’agira cette fois-ci d’une véritable visite officielle en H...
La Hongrie proche de l’Ukraine, une des raisons de la visite du pape
Le pape François effectuera du 28 au 30 avril 2023 en Hongrie son 41e voyage hors d’Italie. «La Hongrie est proche de l’Ukraine, et c’est l’une des raisons de ce voyage », souligne le jésuite hongrois Zoltán Koronkai, directeur d’un centre intellectuel à Budapest.
Hongrie: rapprochement entre le pape et Viktor Orban?
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril 2023, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre la diplomatie pontificale et le gouvernement de Budapest, sur fond de guerre en Ukraine.
Le pape invite les catholiques hongrois à ne pas se raidir
Le pape François a incité les catholiques hongrois à ne pas faire une « lecture catastrophique » de la perte des « valeurs d’autrefois » et de la montée de la sécularisation en Occident.
Hongrie: le pape rencontre des pauvres et des réfugiés
Pour la deuxième étape de sa journée à Budapest, le pape François s’est rendu en l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie pour une rencontre avec les pauvres et réfugiés, parmi lesquels des Ukrainiens.
Messe à Budapest: le pape invite à refuser la logique d’exclusion
«Nous tous, chrétiens, appelés par notre nom par le Bon Pasteur, sommes appelés à accueillir et à répandre son amour, à faire en sorte que son enclos soit inclusif et jamais exclusif», a expliqué le pape François le 30 avril 2023.
En Hongrie, le pape François marchera sur les pas de Jean Paul II
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril prochains, constitue le troisième séjour officiel d’un pape dans ce pays d’Europe centrale – sa propre étape du 12 septembre 2021 à Budapest, pour la clôture du Congrès eucharistique international, n’étant pas formellement comptabilisée comme un voyage apostolique en Hongrie. Les deux visites pontificales précédentes furent celles de Jean Paul II, pape polonais venu en «cousin» du peuple hongrois à deux reprises, en 1991 et 1996.
Le premier séjour d’un pape en Hongrie fut donc celui de Jean Paul II, du 16 au 20 août 1991, après les JMJ organisées dans sa Pologne natale, au sanctuaire marial de Czestochowa. Il était attendu depuis longtemps en Hongrie, mais avait préféré attendre la fin du communisme. Forgé par son expérience d’opposition frontale au régime communiste en Pologne, il n’appréciait pas l’attitude conciliante du primat en poste en Hongrie de 1976 à 1986, le cardinal Lekaï, puis par son successeur le cardinal Paskaï, vis-à-vis du gouvernement communiste. Il ne voulait pas donner un appui public à un épiscopat qu’il jugeait compromis avec le régime.
Rencontre avec les «cousins» hongrois
C’est donc dans le contexte d’une démocratie en construction, deux ans après la fin du communisme, en 1989, que le pape est accueilli en Hongrie, sans toutefois drainer les foules imposantes auxquelles il était habitué en Pologne. Des oppositions à sa visite s’expriment jusqu’au sein de l’Église. Dès son accueil par le président de la République, le pape salue un pays qui a «conquis sa souveraineté». Il regrette toutefois de «voir apparaître à l’horizon d’autres ennemis, d’autres illusions à combattre: les conflits à l’intérieur de votre société, les intérêts égoïstes des individus et des groupes qui s’opposent».
Le pape parviendra néanmoins à susciter la sympathie du grand public lors d’un salut spontané aux fidèles rassemblés devant le Parlement. Jean Paul II explique alors que les Polonais et les Hongrois sont des «cousins», mais que lui-même n’est pas «un bon cousin», en raison de sa «mauvaise prononciation hongroise». «Je veux vous assurer que j’ai fait tout ce qui m’était possible, mais on voit comment votre langue, qui est si belle mais aussi si exigeante, est vraiment une porte étroite, comme la porte à travers laquelle nous devons entrer dans le royaume des cieux», confie-t-il avec humour.
Ce premier voyage le conduira à la rencontre de différentes réalités religieuses du pays. Le 18 août 1991, il participe à une Divine Liturgie pour les fidèles de rite byzantin au sanctuaire marial de Mariapocs, puis à une célébration œcuménique avec les protestants et orthodoxes de Hongrie dans une église calviniste de Debrecen. Dans son discours, il invite toutes les Églises à se mobiliser pour un «témoignage commun renouvelé des valeurs chrétiennes qui ont été le fondement de l’Europe et de la Hongrie».
Panser les blessures du communisme
L’unité interne à l’Église catholique est également un enjeu central de ce voyage, 20 ans après l’exfiltration du cardinal Mindszenty, primat de Hongrie résolument opposé au communisme. Ce dernier a été contraint à l’exil à Rome puis en Autriche sur pression du Saint-Siège, alors engagé dans une détente vis-à-vis des pays communistes. Le cardinal Mindszenty est décédé en 1975, mais le rapatriement de son corps, en mai 1991, a ravivé de profondes divisions au sein de l’Église catholique.
«Je n’ignore pas les épreuves auxquelles a été soumise l’unité du peuple de Dieu dans ce pays», explique Jean Paul II dans son homélie à la basilique d’Esztergom, siège du primat. Il sait que «certaines blessures subsistent encore», mais invite à ce que «la charité l’emporte sur ce qui reste de tensions, de réserves, de soupçons». Il s’inclinera devant le tombeau du cardinal Mindszenty, lui rendant finalement un hommage appuyé alors que la première version de son discours transmis à la presse ne le mentionnait pas.
Une liberté «irréversible»
La messe célébrée par le pontife polonais le 20 août à Budapest fut par ailleurs marquée par un incident diplomatique, dans le contexte du coup d’État mené en URSS par la frange radicale du Parti communiste. Au terme de la célébration, le pape exprime son soutien public au président soviétique déchu Mikhaïl Gorbatchev. Il se souvient de leurs rencontres et assure avoir «particulièrement apprécié la sincère volonté qui le guidait, ainsi que la haute inspiration qui l’animait pour la promotion des droits de l’homme et pour l’engagement en faveur du bien de son pays et de la communauté internationale».
S’adressant aux fidèles massés sur la Place des Héros en la fête de saint Étienne, le pape demande aux Hongrois d’être conscients «du grand bonheur» que représente pour leur avenir «la liberté conquise de manière irréversible». Le putsch de Moscou fait alors frémir une population hongroise encore très marquée par la répression de 1956.
Présent à la messe papale parmi les autres diplomates accrédités à Budapest, l’ambassadeur soviétique en Hongrie, Ivan Aboimov, quitte l’assemblée peu avant la prise de parole du pape sur la situation dans son pays. Il est contraint à la loyauté vis-à-vis du nouveau régime au pouvoir à Moscou. Le putsch de la vieille garde néo-stalinienne échouera deux jours plus tard et Gorbatchev reviendra au pouvoir avec l’appui de la communauté internationale, mais pour quatre mois seulement, avant l’effondrement définitif de l’URSS en décembre 1991.
Un voyage éclair en pleine crise économique
Cinq ans plus tard, c’est un Jean Paul II physiquement diminué qui revient en Hongrie pour un voyage plus court, les 6 et 7 septembre 1996, deux semaines avant un séjour en France. Les enjeux propres à la Hongrie passent alors au second plan face aux deux sujets concentrant l’attention médiatique: la santé du pontife polonais de 76 ans, et la rumeur d’une rencontre possible avec le patriarche de Moscou, Alexis II, qui s’avèrera illusoire.
Jean Paul II arrive dans un contexte de crise économique liée aux difficultés d’adaptation du pays à l’économie de marché. Il reconnaît, à l’aéroport de Budapest, que «l’optimisme lié à la chute historique des idéologies a malheureusement été de courte durée» et que la population hongroise traverse «une période de souffrance». Il rappelle que «les conséquences désastreuses des longues années de dictature ne pourront être surmontées, matériellement et spirituellement, qu’avec l’engagement patient et persévérant de tous, en particulier des jeunes générations».
Célébrer 1000 ans de vie monastique
Le millénaire de l’abbaye de Pannonhalma est alors la principale raison officielle de ce voyage d’un pape attaché aux anniversaires, qui permettent d’ancrer la place de l’Église catholique dans l’Histoire des peuples européens en se situant sur le temps long.
Le pontife polonais tiendra à valoriser l’importance de l’héritage monastique pour contribuer à maintenir l’ancrage spirituel de la Hongrie. «En célébrant le millième anniversaire de la fondation de l’abbaye de Pannonhalma, nous rappelons en quelque sorte un millénaire de cette Europe bénédictine, sur les fondements de laquelle s’est construite la civilisation européenne, et aussi celle de votre patrie, la Hongrie», déclare-t-il aux moines. L’abbaye avait pu poursuivre son existence durant le régime communiste en servant de résidence surveillée pour des religieux expulsés d’autres monastères.
Le voyage de Jean Paul II le conduira aussi dans la ville de Györ, berceau historique du catholicisme hongrois, où il exprime son inquiétude face à la crise des vocations. «Ces terres d’Europe centrale et orientale ont connu dans le passé une authentique floraison de martyrs et de saints. Pourquoi ne pas espérer la possibilité d’un nouveau printemps de la vie chrétienne?», lance alors le pape polonais devant les évêques. L’avenir lui donnera raison: au XXIe siècle, l’Église catholique en Hongrie a retrouvé une certaine robustesse, et les blessures du communisme se sont estompées. Depuis l’an 2000, chose rare en Europe, le renouvellement du clergé a été assuré dans la plupart des diocèses. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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Voyage du pape en Hongrie: François y a déjà fait une courte visite en 2021
En vue du 41e voyage apostolique du pape François, qui se rendra en Hongrie du 28 au 30 avril 2023, l’agence I.MEDIA revient sur son bref passage à Budapest le 12 septembre 2021 , à l’occasion de la clôture du 52e Congrès eucharistique international.
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril 2023, constitue, d’une façon inhabituelle pour ses voyages internationaux, un retour du pontife argentin dans une ville déjà visitée récemment. Le 12 septembre 2021, le pape s’était en effet rendu à Budapest à l’occasion de la clôture du 52e Congrès eucharistique international. Si le pape avait refusé de considérer comme une visite officielle en Hongrie cette étape sur le chemin de la Slovaquie, il avait tout de même pris le temps de rencontrer les autorités politiques et religieuses du pays, lançant notamment un appel vibrant contre l’antisémitisme.
Prévu en 2020 mais reporté en raison du Covid-19, le 52e Congrès eucharistique international s'est tenu finalement en septembre 2021, donnant aux catholiques européens l’occasion de leur premier rassemblement de masse depuis la pandémie : environ 75'000 personnes participent à la messe finale présidée par le pape François, en présence de nombreux évêques catholiques mais aussi de représentants d’autres Églises, parmi lesquels le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier.
L’étape du pape François à Budapest ne durera que sept heures et ne sera pas comptée comme une visite en Hongrie. Mais s’ouvrait tout de même par un entretien du pape avec le président de la République à l’époque, János Áder, et le Premier ministre Viktor Orbán, présenté alors comme un adversaire du pape François sur la scène politique européenne, compte tenu de sa politique restrictive sur l’accueil des migrants.
Le pape confiera dans le vol de retour, quelques jours plus tard, que la question des migrations n’avait pas été abordée lors de cet entretien, mais il saluera les efforts de la Hongrie dans les domaines de l’écologie et de la promotion de la famille, avec une politique d’encouragement à la natalité visant à lutter contre « l’hiver démographique ». Il promet alors de revenir faire une visite cette fois-ci officielle et plus longue en Hongrie, en 2022 ou en 2023.
Mémoire des persécutions
Le premier discours du pape sur le sol hongrois sera une dense intervention devant les évêques du pays, réunis au Palais des Beaux-Arts. Faisant notamment allusion aux persécutions de l’époque communiste, le pontife rend hommage à la « foi inébranlable » des Hongrois. «Beaucoup de frères et sœurs, beaucoup d’évêques et de prêtres ont vécu ce qu’ils célébraient sur l’autel : ils ont été moulus comme des grains de blé afin que tous puissent être nourris par l’amour de Dieu», lance le pontife argentin, en filant la métaphore de la vigne : ces martyrs «ont été pressés comme des raisins pour que le sang du Christ devienne la lymphe d’une vie nouvelle ; ils ont été brisés, mais leur offrande d’amour a été une semence évangélique de renaissance plantée dans l’histoire de ce peuple», insiste-t-il.
Le pontife confie son souvenir personnel des Sœurs hongroises de la Société de Jésus, qui « à cause de la persécution religieuse, ont dû laisser leur patrie » et s’exiler en Argentine, où elles fondèrent une école dans la banlieue de Buenos Aires. «De leur force, leur courage, leur patience et leur amour de la patrie j’ai beaucoup appris ; pour moi elles ont été un témoignage », confie le pape, rendant hommage à ceux qui ont choisi la voie de l’exil mais aussi à « tous ceux qui ont donné la vie pour leur patrie et pour leur foi ».
La situation contemporaine de la Hongrie n’est pas pour autant éludée. « Après un long moment où il était interdit de professer la foi, avec l’avènement de la liberté de nouveaux défis à affronter se présentèrent, dans un contexte où le sécularisme grandit et la soif de Dieu s’affaiblit », s’inquiète-t-il.
Avec une tonalité proche de celle de Jean-Paul II lors de ses visites de 1991 et 1996 dans ce pays d’Europe centrale, le pape François remarque que « le passage de l’ère de la dictature à celle d’une liberté retrouvée est une transition marquée par des contradictions : la dégradation de la vie morale, l’augmentation de la mafia, le commerce de la drogue, jusqu’à la plaie du trafic des organes » qui engendre des assassinats d’enfants, s’insurge-t-il.
« Dans un contexte où la démocratie a encore besoin de se consolider », le pape exhorte l’Église à être « protagoniste de proximité, dispensatrice d’attention et de consolation pour les personnes » affectées par les déchirures dans les familles et par la pauvreté.
« Nous ne pouvons pas nous abandonner au désespoir. Dieu est jeune », lance le pape François en citant « le Vénérable cardinal József Mindszenty, fils et père de cette Église et de cette terre, qui, à la fin d’une vie remplie de souffrances à cause de la persécution, a laissé ces paroles d’espérance ».
Un appel vigoureux contre l’antisémitisme
Dans un pays marqué par les persécutions antisémites qui culminèrent durant la Seconde Guerre mondiale, le pape François consacre son deuxième discours, toujours au Palais des Beaux-Arts, à une rencontre avec une délégation comptant les représentants de plusieurs communautés juives et des autres Églises chrétiennes. Son intervention rencontrera un large écho médiatique lorsqu’il dénonce « la menace de l’antisémitisme qui circule encore en Europe et ailleurs », la présentant comme « une mèche qui doit être éteinte ».
« Je voudrais reprendre avec vous l’image évocatrice du Pont des Chaînes, qui relie les deux parties de cette ville : il ne fusionne pas celles-ci mais les maintient unies. C’est ainsi que doivent être les liens entre nous », explique le pape François. « Chaque fois qu’il y a eu la tentation d’absorber l’autre, on n’a pas construit mais on a détruit. De même lorsqu’on a voulu le mettre dans un ghetto, au lieu de l’intégrer », avertit le pontife argentin.
Invitant à promouvoir la fraternité, le pape demande que « personne ne puisse dire que des paroles qui divisent sortent de la bouche d’hommes de Dieu, mais seulement des messages d’ouverture et de paix ». Après une longue évocation du poète juif Miklós Radnóti (1909-1944), mort en déportation mais dont les textes écrits en captivité ont pu être retrouvés et publiés, le pape invite juifs et chrétiens à porter un témoignage commun en tant que « racines de paix » et « germes d’unité ». « On rejoint la hauteur seulement si l’on est enraciné en profondeur. Enracinés dans l’écoute du Très-Haut et des autres, nous aiderons nos contemporains à s’accueillir et à s’aimer », confie le pape François.
L’homélie de François pour la messe de clôture du Congrès eucharistique international, célébrée sur la place des Héros au centre de Budapest, sera pour sa part construite autour de l’interpellation de Jésus à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » (Mc 8, 29). Sa seule allusion à la Hongrie se situera à la conclusion de son homélie, lorsqu’il évoquera les figures de saint Etienne et sainte Elisabeth. « Comme eux, ne nous contentons pas de peu ; ne nous résignons pas à une foi qui vit de rites et de répétitions. Ouvrons-nous à la nouveauté scandaleuse de Dieu crucifié et ressuscité, Pain rompu pour donner la vie au monde », lance le pape François. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Le cardinal Erdö, 'conservateur éclairé' incontournable en Europe
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril 2023, se concentrera sur le diocèse de la capitale, Budapest. Le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest depuis 2002, recevra donc le pontife dans son diocèse pour la seconde fois en moins de deux ans, après sa visite du 12 septembre 2021, dédiée à la clôture du Congrès eucharistique international. Le primat de Hongrie, régulièrement cité comme un papabile, occupe une place particulière dans l’épiscopat européen.
«Un adoubement» pour l’archevêque de Budapest, en tant que successeur potentiel dans la charge d’évêque de Rome: c’est ainsi que la revue Vanity Fair présente la visite du pape François dans le diocèse de la capitale hongroise. Le cardinal Péter Erdö est en effet perçu comme un «candidat évident pour le prochain conclave», selon un diplomate interrogé par I.MEDIA, qui explique sa discrétion médiatique actuelle par le souci de ne pas trop s’exposer face à une telle perspective.
Connu pour ses capacités de synthèse, le cardinal hongrois a été remarqué pour son rôle stratégique de rapporteur général lors des deux Synodes sur la Famille de 2014 et 2015. Malgré d’évidentes différences d’approche, aucune controverse publique ne l’opposera au pape François. «Il s’est alors résolument placé parmi les poids lourds conservateurs mais intègres», se souvient une participante, rapprochant son positionnement de celui du Canadien Marc Ouellet, de l’Australien George Pell ou du Sud-Africain Wilfrid Fox Napier.
On peut notamment voir sa patte dans le recadrage du rapport intermédiaire de 2014, qui se montrait particulièrement libéral sur les questions des couples non-mariés, divorcés-remariés ou homosexuels. Le cardinal hongrois contribuera à l’élaboration d’une version beaucoup plus prudente dans le document final, semblant l’emporter face à l’archevêque italien Bruno Forte, secrétaire spécial du Synode et tenant de l’aile ‘libérale’.
En 2016, l’exhortation apostolique du pape François Amoris Laetitia, qui met un terme au processus synodal, semble ouvrir la porte aux sacrements pour les divorcés remariés dans une note de bas de page, rejoignant donc une position qu’avait combattue le cardinal Erdö pendant le Synode, en vain. Le Hongrois, cependant, s’abstient de commenter négativement le texte, préférant mettre en avant les avancées moins polémiques de l’exhortation. Une position représentative de sa loyauté absolue à la figure du pape, conformément à sa foi profonde, forgée dans le contexte difficile du communisme.
Une jeunesse marquée par l’opposition au communisme
Né en 1952 et marqué dans sa petite enfance par la répression de l’insurrection de 1956 par les troupes soviétiques de Khrouchtchev, Péter Erdö a grandi dans une famille engagée dans la foi chrétienne, malgré les restrictions menées par le régime. Éduqué dans l’une des écoles religieuses autorisées puis aux séminaires /d’Esztergom et de Budapest, le jeune Péter Erdö est marqué par la figure du cardinal József Mindszenty, personnage central de la résistance hongroise au communisme qui fut torturé et condamné à la prison à vie par le régime.
Après avoir trouvé refuge durant 15 ans dans l’ambassade américaine de Budapest, le cardinal mourra en exil à Vienne le 6 mai 1975, soit quelques jours avant l’ordination de Péter Erdö. Ce dernier, après être devenu évêque, héritera de la croix pectorale que Paul VI avait donnée au cardinal Mindszenty, une ‘relique’ qu’il affirme porter à chaque anniversaire de sa mort. Son anticommunisme lui vaudra par la suite d’être largement comparé à Jean-Paul II.
Études à Rome et à Berkeley
Après avoir étudié à Rome et Berkeley, le Père Erdö enseigne l’histoire de l’Église et le droit pontifical au séminaire de la capitale hongroise, puis devient en 1987 recteur de l’Institut pontifical hongrois à Rome. Cette responsabilité, prise dans une phase d’assouplissement du régime, lui vaudra ultérieurement des suspicions de collaboration avec les autorités, qui n’ont jamais été étayées. Durant ses 10 ans de présence à Rome, il enseigne également à la Grégorienne et travaille aussi à la préparation des accords concordataires qui réguleront les relations entre le Saint-Siège et la Hongrie en 1994, puis à la visite de Jean-Paul II en Hongrie en 1996. En 1998, il est rappelé à Budapest pour devenir recteur de l’Université catholique Péter Pazmany.
Au tournant du siècle, sa carrière ecclésiastique va connaître une ascension fulgurante: en 2000, il est nommé évêque auxiliaire du diocèse de Székesfehérvár par Jean-Paul II. Deux ans plus tard, le pape polonais lui confie le prestigieux siège d’Esztergom-Budapest, en faisant le primat de Hongrie à l’âge de 50 ans. L’année suivante, le pontife le crée cardinal. Il sera ainsi le plus jeune participant au conclave de 2005, ayant mené à l’élection de Benoît XVI.
À la tête de ce puissant archidiocèse, il profite de sa maîtrise de sept langues, parmi lesquelles le français, pour s’imposer comme une des figures clés de l’épiscopat européen. Un tournant viendra en 2003 quand, avec ses amis cardinaux Jean-Marie Lustiger à Paris, Christoph Schönborn à Vienne, José da Cruz Policarpo à Lisbonne et Godfried Danneels à Bruxelles, il lance l’idée d’un congrès international pour la nouvelle évangélisation. L’idée portée par ces archevêques de capitales européennes consistait à repenser l’évangélisation à l’aune des conséquences de l’urbanisation générale de la société européenne.
Défenseur farouche de l’éducation religieuse et adversaire de la tendance «laïciste» qui veut cantonner l’Église à l’espace privé, il promeut la dimension «communautaire» de la liberté et donc de la liberté religieuse. Il se fait remarquer pour sa défense de la présence des crucifix dans l’espace public et n’hésite pas à dénoncer une «christianophobie» qu’il voit progresser dans tous les pays en Europe.
Universitaire et intellectuel comme Benoît XVI, il a toute la confiance du pontife allemand qui l’envoie comme son représentant au Pérou en 2011 pour arbitrer un conflit à propos de l’Université catholique de la capitale péruvienne, qui perdra son label catholique à la suite de la visite. Benoît XVI en fait aussi, en 2011, un membre des cardinaux responsables de la supervision de la diplomatie vaticane, pour laquelle il défend une vision de rupture avec l’Ostpolitik, en raison du passé communiste de son pays.
Convergences avec le gouvernement Orbán
Pendant l’été 2015, son positionnement est perçu comme favorable au gouvernement de Viktor Orbán qui s’oppose à l’importante vague de migrants, refusant ouvertement l’accueil des réfugiés, syriens notamment, qui arrivent à sa frontière. En tant que président de la Conférence des évêques de Hongrie, qu’il a dirigée de 2005 à 2015, le cardinal Erdö va dans le sens du pouvoir politique, affirmant que «pour le moment, les églises n’ont pas le droit d’accueillir des réfugiés».
S’il explique que les organisations d’aide catholiques sont «discrètement présentes» auprès de ces derniers, le haut prélat déclare que s’opposer au gouvernement ferait des églises des «trafiquants d’êtres humains», une sortie qui lui vaudra beaucoup de critiques, en donnant l’impression d’une opposition au pape François.
Le cardinal Erdö n’hésite cependant pas à justifier la posture défensive adoptée par son pays. Selon lui, «les Hongrois, dans leur histoire, ont toujours souffert de l’abandon et de la trahison de l’Occident qu’ils voulaient défendre, ou auquel ils avaient conscience d’appartenir», rappelle-t-il en évoquant les invasions des Ottomans et l’ère communiste.
Les liens avec la Russie sont aussi un sujet clivant, le chef du gouvernement hongrois comme le primat n’étant pas partisans d’un alignement sur l’Occident. Pour certains observateurs, l’élection d’un pape venu de l’Est, 45 ans après celle de Jean-Paul II, risquerait de mettre à jour des fractures profondes entre l’Europe centrale et occidentale, mais aussi des divisions entre pays autrefois proches sur les questions de morale familiale. L’axe traditionnel entre la Pologne et la Hongrie s’est ainsi brisé sur la question du soutien à l’Ukraine.
Un administrateur efficace
Durant les 20 premières années d’épiscopat du cardinal Erdö à Budapest (2002-2022), le nombre global de prêtres a légèrement augmenté, passant de 358 à 365, en incluant les prêtres diocésains et religieux. Il a également développé le diaconat permanent: le nombre de diacres est passé de 15 à son arrivée à 40 actuellement.
Assisté par deux jeunes évêques auxiliaires de 49 ans, le primat de Hongrie conduit un diocèse comptant environ 1,3 million de catholiques, soit 60% de la population de la capitale hongroise, répartis en 158 paroisses.
Relativement peu connu hors d’Europe, où il a tissé de vastes réseaux en tant que président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) de 2006 à 2016, le primat de Hongrie, qui a 70 ans, dispose d’une solide réputation de canoniste et d’administrateur. «Il a remis son diocèse en ordre», confie un prêtre français qui le connaît depuis plusieurs décennies et lui a rendu visite dans son évêché, dont il a remarqué la bonne organisation.
«Il s’est toujours beaucoup intéressé aux Églises orthodoxes et aux Églises orientales catholiques, ce qui pourrait lui donner du poids auprès de ceux qui s’intéressent au dialogue avec ces cultures», ajoute par ailleurs ce prêtre. Sur le plan ecclésial comme sur le plan gouvernemental, la Hongrie s’est particulièrement engagée dans le soutien aux chrétiens d’Irak, insistant sur l’importance de maintenir la présence chrétienne sur place, mise en danger par l’émigration.
L’Église catholique en Hongrie ne constitue ni une minorité infime comme en République tchèque, ni une institution dominante comme en Pologne: elle représente environ 50% des Hongrois, pour 15% de protestants calvinistes. Mais l’Église catholique locale a montré une réelle capacité de rebond après la période communiste, dont elle était sortie compromise et affaiblie.
Homme de synthèse préoccupé par les questions d’unité de l’Église, connaisseur certain de ses rouages et pasteur incontesté en son pays, le cardinal Erdö est aujourd’hui considéré comme l’une des principales incarnations d’un conservatisme éclairé dans le collège cardinalice.
Le seul cardinal étranger à recevoir deux visites successives du pape François dans son diocèse pourrait incarner à la fois une alternance et une continuité loyale vis-à-vis du pontife, notamment en menant à son terme le processus synodal actuel tout en réaffirmant la doctrine catholique. L’archevêque d’Esztergom-Budapest pourrait ainsi incarner une ‘herméneutique de la continuité’ autant vis-à-vis de François que de ses prédécesseurs Jean-Paul II et Benoît XVI. (cath.ch/imedia/cv/bh)
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Étienne Ier, saint fondateur de la Hongrie
Fondateur du royaume de Hongrie en l’an mil et évangélisateur de son peuple, le roi Étienne Ier est non seulement le saint patron de son pays, mais aussi une référence incontournable de l’identité magyare. Alors que le pape François s’apprête à visiter la Hongrie du 28 au 30 avril 2023, retour sur le rôle clé que saint Étienne joue dans l’histoire du pays d’Europe centrale.
Au Xe siècle, la Hongrie est un territoire pris en tenaille entre les Byzantins et l’Empire romain germanique, et tiraillé par des divisions internes. Depuis l’arrivée du légendaire roi Arpad, à la tête de clans magyars, peuplades venues de l’Oural, des princes tentent de s’imposer sur l’antique plaine de la Pannonie.
L’un d’entre eux, le païen Géza s’allie à ses voisins chrétiens de Bavière et donne la main de son fils Vajk à Gisèle. Ce dernier est alors baptisé et éduqué dans la foi. Des monastères peuvent s’établir, et les évêques envoyés de l’ouest conseillent le monarque. À la mort de ce dernier en 997, Vajk, dont le prénom est christianisé en Étienne, décide d’unir son peuple. Habile politicien et vaillant combattant, il fonde le premier royaume de Hongrie en l’an mil après avoir vaincu son ennemi, le prince Koppany. Gouvernant son peuple « selon la volonté de Dieu », il consolide son pouvoir, étend les limites de son royaume et le pacifie, s’appuyant très largement sur l’Église, au nom de laquelle il convertit sa population.
Étienne est aussi un acteur important de la pacification de l’Europe centrale après les grandes invasions. Il se rapproche des Byzantins, du royaume de Pologne, de la Rus’ de Kiev et des princes allemands. Valeureux guerrier, il résiste aux assauts de l’empereur Conrad II, successeur de son allié Henri II. Pendant cette période, son pays connaît en fait une paix relative et un certain développement : la nouvelle capitale, Székesfehérvár, accueille des pèlerins de l’Europe de l’Ouest qui se rendent en Terre Sainte. Des marchands commencent à affluer, et sa réputation se diffuse sur le Vieux Continent.
Le culte d’un grand monarque chrétien
Cependant, à sa mort en 1038, le règne d’Étienne apparaît comme une réussite stérile: son fils Émeric a été tué par un sanglier lors d’une chasse quelques années plus tôt, le laissant sans héritier. De plus, une guerre civile éclate alors, et son cousin Vazul prend la tête du pays avec une armée de païens. Mais Vazul, une fois installé sur le trône d’Étienne, décide finalement de marcher dans ses pas. Il maintient la place de l’Église dans la société hongroise et se présente comme son fidèle successeur.
La réputation du roi Étienne est devenue incontournable dans son pays. Dès sa mort, un culte lui aurait en effet été voué, en particulier de la part de la population qui le considère comme un défenseur des droits du peuple. En 1083, à la demande de son saint successeur Ladislas Ier, le pape Grégoire VII autorise sa canonisation, ainsi que celle de son fils Émeric. Quatre autres rois hongrois, dont il est le saint protecteur, porteront son nom par la suite.
Le prestige de ce grand roi chrétien gagne l’Europe: ses reliques sont envoyées à Aix-la-Chapelle et à Cologne en Allemagne, au Mont-Cassin en Italie et à Namur en Belgique. Trois hagiographies sont diffusées au XIIe siècle, et l’une d’elle, écrite par un évêque hongrois, est même approuvée par le pape Innocent III en personne en 1201.
Un père de l’identité hongroise
À partir du XIe siècle et jusqu’à la fin de la monarchie dans le pays, les souverains hongrois reçoivent la « Sainte Couronne », dite « du roi Étienne », lors de leur sacre. Cet ornement, offert par les empereurs byzantins est reconnaissable à sa croix penchée, une inclinaison qui aurait été provoquée par la reine Isabelle au XVIe siècle quand elle l’aurait rangée dans un coffret trop petit en fuyant à la hâte les Ottomans.
S’il est difficile de prouver que cette couronne a bien été remise par le pape Sylvestre II à saint Étienne, la couronne à la croix penchée est devenue un des symboles les plus importants de la souveraineté du peuple hongrois. Elle est d’ailleurs représentée sur les armoiries de la Hongrie et est conservée sous haute garde dans le Parlement hongrois.
En 1541, Buda, capitale du royaume de Hongrie, tombe aux mains des Ottomans, qui gouverneront le pays pendant 145 ans. Il faudra attendra 1684 et la fondation de la Sainte Ligue par l’empereur Léopold Ier et le pape Innocent XI pour envisager la reconquête de la capitale hongroise, avec l’aide du roi Jean Sobieski de Pologne et de la République de Venise. Après deux sièges, Buda est finalement reprise. Joseph, fils de l’empereur Leopold, est alors sacré roi de Hongrie avec la couronne de saint Étienne.
Au XVIIIe siècle, pour renforcer la fidélité des aristocrates hongrois, l’impératrice Marie Thérèse décide de « ressusciter » un vieil ordre de chevalerie qui aurait existé à l’époque du premier suzerain du pays. Nommé Ordre de Saint-Étienne de Hongrie, il est réservé aux personnalités ayant rendu des services particulièrement remarquables à la couronne.
Une référence toujours prégnante
Pendant la période communiste, Étienne est peu mis en valeur par le pouvoir au profit d’un autre grand chef aux origines hongroises supposées, Attila le Hun. Le 20 août, la Hongrie communiste célébrait d’ailleurs non pas la canonisation de saint Étienne mais la fondation de la république socialiste. Au début du XXIe siècle, le saint roi redevient un symbole du pays, et la fête de la fondation de la nation par saint Étienne est célébrée chaque 20 août. Un grand feu d’artifices est organisé et une procession transporte la « Sainte Dextre » – relique de la main du roi – dans la ville de Budapest.
Supprimé en 1944 après la disparition du royaume de Hongrie, l’Ordre de Saint-Étienne a aussi été ressuscité en 2011 par le premier ministre Viktor Orbán, qui en fait la plus haute récompense du pays. La même année, le chef du gouvernement a fait voter une nouvelle Loi fondamentale pour son pays – sorte de Constitution – dans laquelle est affirmée dès le premier article la fierté de son peuple. Le premier motif de cet orgueil national est que leur « roi Saint Etienne, il y a mille ans, ait placé l’État hongrois sur des fondations solides et ait fait de notre patrie une part de l’Europe chrétienne ». (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Programme du voyage du pape en Hongrie
Le pape François effectuera du 28 au 30 avril 2023 son 41e voyage hors d’Italie en se rendant une nouvelle fois à Budapest, ville déjà visitée le 12 septembre 2021, à l’occasion de la clôture du Congrès eucharistique international. Mais il s’agira cette fois-ci d’une véritable visite officielle en Hongrie, pays avec lequel la diplomatie du Saint-Siège s’est rapprochée dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Cette visite de trois jours dans la capitale hongroise – située à environ 990 kilomètres de Rome – sera rythmée par cinq discours prononcés en italien, une homélie et plusieurs rencontres privées, notamment avec la présidente de la République et le Premier ministre, ainsi qu’avec des enfants non-voyants et avec les jésuites locaux. Un événement a été ajouté au programme initial : le pape doit rendre visite à la communauté gréco-catholique, le 29 avril, en fin de matinée.
En présentant les détails du voyage aux journalistes, le 21 avril, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a dressé une liste de thèmes qui pourraient être abordés par le pontife durant ces trois journées. La Hongrie étant un pays frontière de l’Ukraine, le pape aura des paroles sur le conflit russo-ukrainien, a-t-il laissé entendre. Plus largement, il évoquera le drames des réfugiés qui empruntent la route des Balkans, qui passe par la Hongrie. Autres thèmes attendus : l’écologie, domaine dans lequel la Hongrie s’implique ; le rôle de l’Union européenne et son engagement pour la paix globale ; l’œcuménisme ; et plus largement, le thème de la vie.
À noter que Budapest se situe sur le même fuseau horaire que Rome, soit UTC +2. Pour ce déplacement, le pape François sera accompagné entre autres du préfet du dicastère pour les Églises orientales, Mgr Claudio Gugerotti, et du préfet du dicastère pour les Évêques, Mgr Robert Francis Prevost. Comme il est de tradition à chaque voyage, un employé du Vatican sera également dans la délégation papale.
En revanche, selon Matteo Bruni, le dispositif médical déployé pour le pontife de 86 ans qui a été hospitalisé fin mars pour une bronchite, ne présente pas d’innovations particulières. Le pape sera accompagné d’une infirmière et d’un médecin. Contraint au fauteuil roulant depuis plus d’un an en raison de ses problèmes de genou, il bénéficie d’aménagements telles des plate-formes élévatrices dans les aéroports.
Vendredi 28 avril
Le 28 avril, l’avion papal décollera à 8h10 de l’aéroport de Rome Fiumicino, et il atterrira à 10h à l’aéroport international de Budapest (1), où se tiendra un accueil officiel, avant la cérémonie de bienvenue à 11h sur la place du palais Sándor (2), le siège de la présidence hongroise.
Il y effectuera à 11h30 (3) une visite de courtoisie à la présidente de la République Katalin Novák, qu’il avait reçue au Vatican le 25 août 2022. Un entretien séparé est prévu à 11h55 avec le Premier ministre Viktor Orbán. Le protocole est donc différent de celui de sa précédente visite à Budapest, le 12 septembre 2021, lors de laquelle il avait rencontré ensemble le chef de l’État et le chef du gouvernement. Enfin, en conclusion de cette matinée politique, le pape prononcera son premier discours à 12h20, devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique, dans l’ancien carmel qui abrite le siège du gouvernement (4).
Un seul évènement est au programme de l’après-midi, à 17h, avec le second discours de la journée : la rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les consacrés, les séminaristes et les agents pastoraux en la co-cathédrale Saint-Étienne (5). En 2021, le pape François avait déjà prononcé un discours devant les évêques de Hongrie avant la célébration de la messe de clôture du Congrès eucharistique international.
Samedi 29 avril
La deuxième journée du pape François à Budapest commencera à 8h45 par une visite privée auprès des enfants non-voyants de l’Institut portant le nom de Laszlo Batthyany-Strattmann (1870-1931), un médecin ophtalmologue surnommé “le docteur des pauvres”, qui fut béatifié par Jean-Paul II en 2003 (6).
Le pontife rencontrera ensuite les pauvres et les réfugiés en l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie (7) à 10h15, et prononcera un discours. La Hongrie, connue pour ses conflits avec la Commission européenne au sujet de l’accueil des migrants et réfugiés, a en revanche ouvert ses frontières aux Ukrainiens victimes de l’offensive russe depuis le 24 février 2022. La Hongrie est considérée comme le deuxième pays d’accueil ou de transit, derrière la Pologne, même s’il est difficile d’établir des données fiables.
Le pape rendra ensuite visite à la communauté gréco-catholique, à 11h30, dans la petite église « Protection de la Mère de Dieu ». Il n’est pas prévu de discours pour l’occasion.
L’après-midi, à 16h30, le pape rencontrera les jeunes hongrois à la ‘Papp László Budapest Sportaréna‘ (8), une salle omnisports pouvant compter jusqu’à 12.500 places. Il y prononcera son second discours public de la journée. Enfin, à 18h, le pape rencontrera les jésuites de Hongrie à la nonciature apostolique (9). Ces rencontres donnent généralement lieu à un échange retranscrit quelques semaines plus tard dans La Civiltà Cattolica.
Dimanche 30 avril
Le dimanche 30 avril, pour le dernier jour de sa visite, le pape François célèbrera la messe à 9h30 sur la place Kossuth Lajos (10) – communément appelée la ‘place de la Nation’, située au centre de Budapest, encadrée notamment par le Parlement, le ministère de l’Agriculture et l’ambassade de France. Au terme de la messe, il prononcera la prière du Regina Cæli.
Enfin, l’après-midi, à 16h, il prononcera son dernier discours devant le monde culturel et universitaire, à la Faculté d’Informatique et de sciences bioniques de l’Université catholique “Péter Pázmány” (11). Après la cérémonie d’adieu prévue à 17h30 à l’aéroport international de Budapest, son avion devrait repartir à 18h pour une arrivée prévue à l’aéroport international de Rome Fiumicino à 19h55. Comme c’est la coutume, le pape devrait tenir une conférence de presse durant le vol de retour de ce 41e voyage apostolique.
Durant ces journées, la possibilité d’une rencontre avec le métropolite de Hongrie Hilarion, ancien responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou jusqu’à sa mutation à Budapest en juin 2022, a été évoquée par diverses sources proches des organisateurs. Une éventualité que le Saint-Siège n’a cependant pas confirmée. (cath.ch/ic/ak/mp)
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La Hongrie proche de l’Ukraine, une des raisons de la visite du pape
Le pape François effectuera du 28 au 30 avril 2023 en Hongrie son 41e voyage hors d’Italie. «La Hongrie est proche de l’Ukraine, et c’est l’une des raisons de ce voyage », souligne le jésuite hongrois Zoltán Koronkai, directeur d’un centre intellectuel à Budapest.
Assistant du provincial des jésuites en Hongrie, le Père Koronkai, pour l’agence de presse spécialiste du Vatican I.Media, revient sur l’histoire de l’Église hongroise, opprimée sous le régime communiste, sur ses relations avec l’État, et sur les similitudes de positions du pape François et du gouvernement hongrois sur le conflit russo-ukrainien.
Au cours de son voyage, le pontife rencontrera les 52 jésuites du pays, œuvrant au sein d’écoles catholiques, d’établissements d’enseignement supérieur, de paroisses, et de centres d’exercices spirituels.
Qu’attendez-vous de ce voyage ?
J’espère surtout que le pape François pourra s’exprimer sur son message central qui est la miséricorde, l’amour inconditionnel de Dieu, et la paix. La Hongrie est proche de l’Ukraine, et c’est l’une des raisons de ce voyage, qui sera l’occasion d’appeler toutes les parties à la paix. J’espère que le pape pourra donner des paroles de paix également aux Hongrois, car comme en beaucoup d’endroits il y a des tensions politiques dans le pays, et un message de réconciliation serait bon.
Le pape François est-il bien compris par les catholiques hongrois ?
Il y a diverses positions. Les personnes cultivées, qui lisent les journaux, qui lisent ce que le pape écrit, l’apprécient. Il existe également des personnes critiques envers lui, spécialement à cause de la question de l’immigration – qui divise aussi les prêtres. Je crois que la plus grande partie de ces critiques ne comprennent pas ce pape, ils le voient comme un Argentin, venu du fond de l’Amérique latine, éloigné de nos réalités.
On peut noter aussi que la rhétorique des médias a été critique mais que cela a changé depuis le Congrès eucharistique [événement que le pape François a conclu à Budapest, en septembre 2021, ndlr]. Les journaux libéraux, comme socialistes, ont une perception du pape assez positive. Chacun essaie de trouver un soutien en lui, pour son propre agenda. Par exemple si on prend son encyclique «Fratelli tutti», chacun peut y trouver son compte. Certaines parties comme les critiques du libéralisme et du globalisme peuvent être citées comme un soutien pour les nations, pour la culture locale; d’autres parties, comme les critiques du populisme, peuvent être utilisées par l’opposition.
Depuis le déclenchement de l’invasion russe en Ukraine, François évite de désigner nominativement une partie ou l’autre du conflit. Cette position commune avec la Hongrie peut-elle aussi expliquer ce voyage ?
Le gouvernement hongrois, comme le pape, voient la complexité de la situation, et refusent de s’aligner sur une vision qui donne à l’Ukraine toutes les raisons et aux Russes tous les torts. Tous deux appellent à arrêter la guerre et à commencer à négocier. Et contrairement à la Pologne par exemple, la Hongrie soutient fortement l’Ukraine par une aide humanitaire – nous avons accueilli un million d’Ukrainiens au début du conflit –, mais pas militaire.
Le nationalisme ukrainien est devenu plus fort ces dernières années et cela fait peur pour les minorités hongroises, que notre gouvernement cherche à défendre.
Les tensions avec l’Ukraine sur cette question sont aussi historiques. Depuis 2014, l’Ukraine a promulgué des lois qui limitent les droits des minorités. Ces législations ont pour but de créer une nation unie, et d’arrêter les Russes, mais cela touche aussi les Hongrois car il y a en Transcarpatie [ouest de l’Ukraine, ndlr] une minorité hongroise significative. Or l’utilisation de la langue hongroise devient plus difficile dans les écoles et les lieux publics. Le nationalisme ukrainien est devenu plus fort ces dernières années et cela fait peur pour les minorités hongroises, que notre gouvernement cherche à défendre.
Le pape François a souvent exprimé son affection pour le peuple ukrainien. Notre gouvernement, bien qu’il aide beaucoup le peuple ukrainien, ne se sent pas proche du gouvernement ukrainien et utilise une rhétorique plutôt critique alors qu’envers le gouvernement russe, il est beaucoup plus prudent.
Par ailleurs, la Hongrie a de nombreux rapports avec la Russie. Nous sommes très dépendants du pétrole et du gaz russes. Il peut sembler que les Hongrois sont des traitres, qu’ils ont des alliances avec Moscou, mais en réalité nous n’avons pas beaucoup de marge de manœuvre.
L’Église en Hongrie était sortie divisée et affaiblie de la période communiste. Comment a-t-elle rebondi ?
Si l’on remonte avant le temps du communisme, avant la deuxième Guerre mondiale, il y avait en Hongrie un catholicisme très vivant, avec de nombreux religieux et prêtres. L’Église était forte. Puis a commencé la période de la persécution, où même le cardinal József Mindszenty [qui fut archevêque de Esztergom et primat de Hongrie, ndlr] a été arrêté, mis en prison, torturé, avec de nombreux prêtres. Seuls quelques religieux ont obtenu un permis très limité de continuer leurs œuvres. Nous, les jésuites, sommes devenus «illégaux». Nos jeunes ont fui du pays et ont terminé leurs études dans d’autres parties du monde. Ceux qui sont restés ont été incarcérés. 64 jésuites ont été condamnés, cumulant à eux tous plus de mille ans de prison.
A la fin du communisme, la situation s’est améliorée. Beaucoup ont pu rentrer au pays, et nous avons pu recommencer notre vie religieuse. Durant ces années, l’Église a représenté une opposition au communisme dans un premier temps. Dans un second temps, une nouvelle génération d’évêques a initié une politique de négociations, de compromis. Cela a conduit à l’accord de 1964 entre le régime communiste et le Vatican. Cet accord a permis d’un côté d’avoir à nouveau des évêques dans le pays mais il a aussi permis que l’État renforce son influence et son contrôle sur l’Église. Sous certains aspects, celle-ci est devenue une vassale de l’État. Pratiquement, tous les évêques et prêtres d’un certain niveau hiérarchique ont été soit des hommes de l’État, soit des collaborateurs. Et après la chute du communisme [1991, ndlr], il n’y a pas eu de véritable conversion. Certes, les martyrs ont été reconnus, leur histoire rendue publique, mais toute la structure du clergé est restée en poste, et personne n’a reconnu d’erreurs ou de compromissions.
Avec la fin du régime cependant, il y a eu une renaissance de l’Église au début des années 90. Les églises se sont remplies de gens qui avaient auparavant peur d’y aller, et il y a eu un renouveau de vocations religieuses et sacerdotales. Quand j’ai commencé le séminaire en 1996, nous étions 17 dans notre année – aujourd’hui on compte un ou deux séminaristes par an.
La sécularisation présente surtout parmi les jeunes
Dans les années 2000, les églises sont devenues moins fréquentées et on constate une sécularisation, surtout parmi les jeunes. Le christianisme est resté présent dans la parole publique – depuis 2010 nous avons un gouvernement de type «démocrate-chrétien», qui soutient l’Église.
La pratique religieuse a baissé et dans la campagne, notamment, elle est mourante.
L’athéisme, largement majoritaire en République tchèque, plus marginal en Pologne, est-il un phénomène important en Hongrie ?
Il n’est pas si fort. Certes, l’athéisme était la pensée officielle du communisme. Dans certaines parties de l’éducation, de la culture, il y a eu une grande sécularisation. Mais l’athéisme agressif a pris fin avec l’effondrement du régime communiste. Il n’est plus significatif aujourd’hui en Hongrie. Il n’y a que peu de personnes qui soutiennent une idéologie athée véhémente. Aujourd’hui, c’est plutôt l’athéisme pratique qui est caractéristique: la vie comme s’il n’y avait pas de Dieu. L’impuissance du bien-être matériel et l’absence de sens spirituel.
Et au contraire, il y a des groupes qui brandissent le catholicisme de façon identitaire, ce que le pape François dénonce…
Ce n’est pas tout noir ni tout blanc. De nombreux politiciens hongrois, même dans l’opposition, se déclarent chrétiens, et certains ont étudié la théologie. On ne peut les réduire à des personnes superficielles ou enfermées dans un christianisme idéologique. Je crois que beaucoup sont sincèrement chrétiens et sont entrés en politique sur la base des valeurs chrétiennes. Mais dans tous les partis politiques, il y a un mélange d’intérêts et de personnes. La majorité actuelle offre une vraie politique familiale, critique envers le gender et soutenant ouvertement l’Église. Certains aspects en revanche sont critiquables du point de vue de l’orientation sociale de l’Église, comme le manque de principe de subsidiarité, y compris envers l’Église. Je pense que notre gouvernement n’est pas parfait, il a divers problèmes, mais il me semble toujours meilleur que le gouvernement précédent et que l’opposition actuelle. (cath.ch/imedia/ak/be)
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Hongrie: rapprochement entre le pape et Viktor Orban?
Le voyage du pape François en Hongrie, du 28 au 30 avril 2023, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre la diplomatie pontificale et le gouvernement de Budapest, sur fond de guerre en Ukraine. Si le pape et Viktor Orbán ont longtemps semblé incarner des options radicalement opposées, notamment sur la question de l’accueil des migrants, de fortes convergences relient Rome et Budapest dans leur réponse à l’offensive russe en Ukraine.
«Quand je suis arrivé ici comme ambassadeur, on voyait la Hongrie et le Saint-Siège comme fortement opposés, notamment sur la question des migrants et des LGBT», reconnaît l’ambassadeur de Hongrie, Eduard Habsburg, arrivé à Rome en 2015, une année marquée par l’afflux massif de migrants dans les pays de l’Union européenne. Il considère toutefois que cette perception traduit une «vision erronée», et que l’actualité récente a montré la générosité de la Hongrie.
Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, l’accueil sur une année d’un million de réfugiés ukrainiens – soit 10% de la population de la Hongrie – a représenté un effort considérable pour ce pays. «Nous accueillons les réfugiés qui font une demande d’asile, mais pas les migrants illégaux qui arrivent sans passeport», précise Eduard Habsburg. «Lors de l’été 2015, il y avait 10’000 arrivées par jour, ce n’était pas acceptable. Il y a des lois, des règles, des accords qui doivent être respectés», insiste l’ambassadeur.
Changement d'attitude vis à vis de la Hongrie
En 2015, le pape avait alors critiqué «la violence qui consiste à élever des murs et des barrières pour bloquer ceux qui cherchent un lieu de paix». Le pontife, très attentif au respect des droits des migrants, pourrait expliquer à ses hôtes qu’il ne doit pas y avoir des «réfugiés de première classe» et d’autres «de seconde classe», comme il l’a récemment affirmé dans une interview. Néanmoins, la guerre en Ukraine a profondément transformé le regard porté par le pape sur la politique du gouvernement hongrois.
La guerre en Ukraine a donné lieu à un soutien humanitaire massif de la part de la Hongrie des autres pays de la région, mais le gouvernement hongrois s’est montré plus distant dans sa relation avec Kiev que ses voisins, surtout la Pologne, fortement engagée dans le soutien militaire à l’Ukraine.
Inversement, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est le seul dirigeant de l’Union européenne à avoir adressé des signaux de proximité avec la Russie après le début de son offensive en Ukraine. Reçu par Vladimir Poutine au Kremlin peu avant le déclenchement de l’invasion en février 2022, il s’est aussi rendu à Moscou en septembre 2022, pour les obsèques du dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Si les autres pays européens lui reprochent de faire cavalier seul et notamment de freiner l’élargissement de l’OTAN à la Finlande et à la Suède, son positionnement à contre-courant s’avère relativement proche de celui du pape François, qui ne cesse de dénoncer le réarmement de l’Europe comme une étape vers une guerre de plus grande ampleur.
Promotion de la paix et soutien aux chrétiens orientaux
Alors qu’il recevra, la veille de son départ pour Budapest, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, le pape François a de nouveau exprimé sa position dans un tweet publié ce 24 avril: «Le recours aux armes pour résoudre les conflits est un signe de faiblesse et de fragilité. Négocier, faire de la médiation et engager la conciliation demande du courage». Si son pacifisme heurte de nombreux Ukrainiens et Polonais, il entre en convergence avec les positions de la Hongrie, très réservée quant au soutien apporté par l’Occident au gouvernement de Kiev.
Sur le plan ecclésial, la Hongrie est aussi un point de contact traditionnel avec l’orthodoxie russe. La présence à Budapest du métropolite Hilarion, ancien responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou et désormais métropolite de Hongrie, pourrait donner au pape des opportunités de dialogue, même si aucune rencontre en ce sens n’est inscrite à l’agenda officiel du voyage.
Le soutien aux chrétiens persécutés constitue également une priorité du gouvernement hongrois, très investi notamment dans le soutien aux chrétiens d’Irak. Alors que de nombreuses pressions internationales poussent les chrétiens orientaux à rejoindre l’Occident, la Hongrie, tant sur le plan gouvernemental qu’ecclésial, s’est engagée dans le soutien aux communautés locales afin d’encourager au maintien de la présence chrétienne sur place.
Après l’offensive de Daech dans la plaine de Ninive en 2014, l’Église de Hongrie a ainsi contribué à la reconstruction d’un village et de plusieurs écoles à Erbil, au Kurdistan irakien. Cette politique est appréciée par les patriarches orientaux, inquiets de voir leurs communautés se disperser vers l’Europe, le Canada, les États-Unis et l’Australie.
La défense de la famille, un axe incarné par la présidente
La thématique LGBT constitue également un point de convergence entre la Hongrie et le Vatican. «Nous protégeons nos enfants face à des idéologies. Il ne s’agit pas d’attaquer les personnes homosexuelles, mais de défendre la famille traditionnelle ‘père, mère, enfants’», explique Eduard Habsburg.
Lors de sa première visite à Budapest en septembre 2021, le pape a redit que ce modèle «est la seule vraie famille», se souvient l’ambassadeur. «Nous sommes donc pleinement en accord avec lui. Il a des gestes de compassion pour des personnes qui ont une orientation homosexuelle, mais il dénonce clairement l’idéologie du gender», à travers sa critique des «colonisations idéologiques», explique Eduard Habsburg.
Cet axe de défense de la famille est notamment incarné par la présidente de la République Katalin Novák, élue en 2022, et ancienne ministre de la Famille du gouvernement Orbán. La présidente, dont les prérogatives constitutionnelles sont limitées, joue essentiellement un rôle de représentation internationale, incarnant un visage plus consensuel que le Premier ministre, connu pour son goût de la provocation.
Après son élection au printemps 2022, elle a réservé l’une de ses premières visites officielles à la Pologne, pays avec lequel la Hongrie est en plein accord sur les thématiques familiales, mais en divergence radicale sur la question du soutien à l’Ukraine. Reçue au Vatican le 25 août 2022, cette mère de trois enfants avait alors mis en avant les convergences entre Rome et Budapest sur la sauvegarde de la paix en Europe et sur la promotion de la famille.
«Notre gouvernement soutient les familles et la natalité, et le pape le sait», insiste Eduard Habsburg, lui-même père de six enfants et félicité à ce titre par le pape lors d’une audience aux ambassadeurs de l’Union européenne en 2017, lors de laquelle le pape s’était attristé du manque de naissances en Europe. Le pontife argentin, perçu comme ‘progressiste’ mais inquiet de «l’hiver démographique» qui assombrit les perspectives d’avenir du Vieux continent, a trouvé dans ce pays ‘conservateur’ d’Europe centrale un allié inattendu. (cath.ch/imedia/cd/cv)
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Le pape invite les catholiques hongrois à ne pas se raidir
Le pape François a incité les catholiques hongrois à ne pas faire une « lecture catastrophique » de la perte des « valeurs d’autrefois » et de la montée de la sécularisation en Occident.
Dans son discours prononcé devant le clergé, les religieux et les agents pastoraux hongrois réunis en la co-cathédrale Saint-Étienne de Budapest, le 28 avril 2023, le pape François s'est appuyé sur la pensée de Benoît XVI, pour leur a expliqué que la sécularisation pouvait devenir une opportunité pour purifier l’Église.
Arrivé dans la matinée dans ce pays d’Europe centrale, le pontife a salué les 4'000 fidèles amassés à l’extérieur de la cathédrale Saint-Étienne avant d’entrer dans l’imposante basilique de style néo-classique où 1'100 personnes l’attendaient. Il a d’abord écouté quatre témoignages dont celui du Père József Brenner, frère du bienheureux Père János Brenner, victime du régime communiste à l’âge de 26 ans. «Combien de témoins et de confesseurs de la foi ce peuple n’a-t-il pas eus lors des totalitarismes du siècle dernier !», a commenté le pape François, impressionné par le témoignage «de foi granitique des Hongrois».
Dans son discours, le pape a cependant mis en garde les membres de l’Église catholique en Hongrie contre deux écueils face à la crise de foi que traverse actuellement l’Occident : « le défaitisme catastrophiste et le conformisme mondain ».
Le premier consisterait pour les chrétiens à s’enfermer dans des «oasis religieuses, confortables et tranquilles» sans vouloir s’intéresser à la société qui évolue. Le second serait au contraire de se conformer «aux vents changeants de la mondanité». Dans les deux cas, a prévenu le pape, «notre christianisme perdra sa vigueur et nous cesserons d’être le sel de la terre».
Certes, pour le pape François, la vague de la sécularisation est puissante : « même dans ce pays, où la tradition de foi reste bien enracinée, on assiste à la diffusion du sécularisme et à ce qui l’accompagne, qui risque souvent de menacer l’intégrité et la beauté de la famille», a-t-il fait remarquer, dans le sillage de son discours du matin aux autorités hongroises devant qui il déplorait le «droit insensé à l’avortement» ou bien l’implantation de la «culture du genre».
Mais plutôt que de revêtir l’« attitude de ‘combattants’ », le pape a enjoint les catholiques à «savoir écouter les questions et les défis sans peur ni rigidité» et aussi à prier, «car l’histoire et l’avenir en dépendent». Reprenant les mots de son prédécesseur Benoît XVI, il a assuré que, par le passé, «les différentes périodes de sécularisation sont venues en aide à l’Église car elles ont contribué de façon essentielle à sa purification et à sa réforme intérieure».
En réponse à la crise des vocations
Le pape a reconnu que la baisse des vocations et la surcharge de travail des prêtres rendaient la mission de l’Église délicate, et ce partout en Europe. Mais, comme il le rappelle régulièrement depuis le lancement du Synode sur l’avenir de l’Église, il a souligné l’importance de développer la relation entre pasteurs et laïcs afin que tous se sentent coresponsables dans l’Église.
Il s’agit de « mettre à jour la vie pastorale, sans se contenter de répéter le passé et sans peur de reconfigurer la paroisse sur le territoire », a-t-il préconisé, en fixant comme objectif premier l’évangélisation.
Le pape a aussi insisté sur le besoin d’unité dans l’Église, et a listé une série d’attitudes nuisibles : « les évêques déconnectés entre eux, les prêtres en tension avec l’évêque, les personnes âgées en conflit avec les plus jeunes, les diocésains contre les religieux, les prêtres contre les laïcs, les latins contre les grecs ». Il a regretté les polarisations parmi les catholiques sur des questions ecclésiales « mais aussi sur des aspects politiques et sociaux, en s’accrochant à des positions idéologiques ».
Il a alors expliqué que faire entrer l’idéologie dans la vie de l’Église catholique était l’œuvre du démon, un «artiste» dans l’art de diviser, a-t-il improvisé, avant de mettre également en garde tous les catholiques contre le commérage qui détruit l’Église. Il a, à ce propos, conseillé à ceux qui s’aviseraient de médire de se mordre d’abord la langue.
Convoquant enfin quelques grandes figures de l’Église en Hongrie, le pape François a rappelé le geste de saint Martin, ce soldat romain né dans la région et qui partagea son manteau avec un pauvre. «C’est l’image de l’Église vers laquelle il faut tendre, ce que l’Église de Hongrie peut porter comme prophétie au cœur de l’Europe : la miséricorde et la proximité ».
Programme de la deuxième journée
Après une nuit passé à la nonciature, la deuxième journée du pape François à Budapest commencera à 8h45 par une visite privée auprès des enfants non-voyants de l’Institut portant le nom de Laszlo Batthyany-Strattmann (1870-1931), un médecin ophtalmologue surnommé “le docteur des pauvres”, béatifié par Jean Paul II en 2003.
Le pontife encontrera ensuite les pauvres et les réfugiés en l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie à 10h15, et prononcera son troisième discours en Hongrie. Il rendra visite à la communauté gréco-catholique, à 11h30, dans la petite église « Protection de la Mère de Dieu », mais n’y prononcera pas de discours.
L’après-midi, à 16h30, le pape rencontrera des jeunes hongrois à la ‘Papp László Budapest Sportaréna‘, une salle omnisports pouvant compter jusqu’à 12.500 places. Enfin, à 18h, le pape retrouvera les jésuites de Hongrie à la nonciature apostolique, une rencontre qui donnera probablement lieu à un échange retranscrit quelques semaines plus tard dans La Civiltà Cattolica. (cath.ch/imedia/ak/hl/mp)
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Hongrie: le pape rencontre des pauvres et des réfugiés
Les pauvres «sont au cœur de l’Évangile», a rappelé le pape François le 29 avril 2023, au deuxième jour de sa visite en Hongrie. Pour la deuxième étape de sa journée à Budapest, le pape François s’est rendu en l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie pour une rencontre avec les pauvres et réfugiés, parmi lesquels des Ukrainiens.
La Hongrie a accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens depuis le début de l’offensive russe en février 2022, la plupart pour une période courte, mais quelques dizaines de milliers s’y sont installés durablement.
Un réfugié ukrainien, Oleg Yakovlev, venu avec son épouse et ses cinq enfants, a raconté avoir fui son pays en mai 2022 après des bombardements sur sa ville de Dnipro. «Pour nous et pour nos enfants, la Hongrie a été le début d’une nouvelle vie, d’une nouvelle possibilité», a-t-il salué, exprimant aussi sa gratitude au pape François «au nom des réfugiés de l’Ukraine». Deux enfants de cette famille ont ensuite joué au saxophone et à l’accordéon une mélodie du compositeur argentin Astor Piazzolla (1921-1992), sous le regard ému du pape François.
Blottie dans la paume de Dieu
Le président de la Caritas Hongrie, Mgr Antal Spanyi, a expliqué que cette organisation, fondée en 1931, fut interdite par le régime communiste en 1950. Elle a poursuivi clandestinement ses activités dans les paroisses, assurant une continuité de la présence, sociale jusqu’à sa relance officielle en 1991. Elle vient aujourd’hui en aide aux personnes âgées et aux malades, aux familles dans le besoin et aux handicapés, mais aussi aux toxicomanes, aux sans abri, aux minorités désavantagées, aux chrétiens persécutés ou encore aux victimes de désastre humanitaire.
Une jeune mère de famille venue de la ville de Mariapocs, Brigitta Kanalas, issue d’un milieu très pauvre et mariée à 17 ans, a exprimé sa reconnaissance à l’Église gréco-catholique face aux difficultés sociales et au désespoir ressenti face à la maladie de sa fille et de son mari alcoolique. Elle a raconté sa propre guérison, après une prière à Marie qui l’a amenée à être «complètement blottie dans la paume de Dieu».
«La personne se reconstruit en partant de l’intérieur»,
Un diacre permanent, Zoltán Kunszabó, et son épouse Anna Pataki Kunszabó, ont présenté l’expérience du service “Uno Solo”, qui vient en aide aux personnes sans abri. Ils ont expliqué qu’ils prennent en charge environ 150 personnes par jour, qui souffrent de difficultés matérielles mais aussi «de l’épuisement de leurs ressources intérieures» et du «manque de relations humaines de soutien».
«La personne se reconstruit en partant de l’intérieur», a expliqué Anna. Situant l’action dans une démarche chrétienne explicite, en donnant aussi la possibilité de se préparer aux sacrements, elle a exprimé sa grande joie de voir des personnes désespérées repartir de l’avant et se mettre elles-mêmes au service de l’association.
Suivre la voie de la charité et non celle de l’égoïsme spirituel
Dans son discours, le pape a rappelé que les pauvres sont «au cœur de l’Évangile», et que cette conscience représente un «défi passionnant». Le chrétien ne doit pas devenir «la proie d’une sorte d’égoïsme spirituel», en bâtissant une spiritualité construite pour sa «propre tranquillité intérieure» et sa «propre satisfaction».
«La vraie foi, en revanche, est celle qui dérange, qui risque, qui fait sortir à la rencontre des pauvres et qui rend capable de parler à travers la vie le langage de la charité», a-t-il martelé. Il a mis en avant l’exemple de sainte Élisabeth, une fille de roi qui a «ressenti un rejet des richesses et des vanités du monde, et a éprouvé le désir de s’en dépouiller et de s’occuper de ceux qui étaient dans le besoin».
La «peste de l’indifférence»
Toute l’Église doit donc «parler couramment le langage de la charité, un langage universel que tous entendent et comprennent, même les plus éloignés, même ceux qui ne croient pas», a expliqué l’évêque de Rome.
Il a mis en avant l’expérience vécue par la famille ukrainienne en rappelant que le père, Oleg, avait connu la Hongrie plusieurs décennies auparavant en venant y travailler comme cuisinier. En fuyant la guerre, il a donc vécu un «voyage vers l’avenir» qui a commencé par un «voyage dans la mémoire». «Le souvenir de l’amour reçu ravive l’espoir et incite à emprunter de nouveaux chemins de vie», a souligné François, s’élevant au contraire contre «la peste de l’indifférence».
Invitant à «nourrir le cœur des gens» et non seulement à répondre à leurs besoins matériels, le pape a expliqué que la charité «se préoccupe de toute la personne et veut la remettre debout grâce à l’amour de Jésus: un amour qui aide à retrouver beauté et dignité».
Salut aux fidèles gréco-catholiques
Après un long temps consacré à saluer les personnes présentes à l’église Sainte-Élisabeth et à écouter une chorale de Roms, le pape François s’est ensuite rendu juste à côté, à l’église gréco-catholique de la Protection de la Mère de Dieu. Des enfants lui ont offert un chapelet qu’il a enroulé à son poignet.
Mgr Fülöp Kocsis, archevêque métropolite de l’éparchie de Hajdúdorog pour les catholiques de rite byzantin, a expliqué que son Église a beaucoup souffert en raison de sa double appartenance aux deux poumons du christianisme, «l’esprit de l’Orient et l’esprit de l’Occident», souvent mis en avant par Jean Paul II.
«Nos martyrs sont morts non seulement pour leur foi chrétienne, mais surtout pour leur fidélité à l’Église catholique». «Ils sont morts pour elle» en refusant de «se plier aux diktats de la violence communiste», a rappelé l’archevêque.
«Avec votre visite d’aujourd’hui, nous avons une forte confirmation que nous sommes des membres égaux de la famille catholique, et nous promettons de nous engager à apporter à tous un message d’unité et de fraternité», a insisté Mgr Kocsis. La litanie de la paix a été chantée en présence du pape François, qui n’a pas prononcé de discours mais a béni l’assemblée au terme de cette brève rencontre.
Il doit ensuite retourner à la nonciature apostolique pour le déjeuner et un temps de repos, avant de se rendre vers 16h à la rencontre avec les jeunes à la Pápp László Budapest Sportaréna. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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Messe à Budapest: le pape invite à refuser la logique d’exclusion
«Nous tous, chrétiens, appelés par notre nom par le Bon Pasteur, sommes appelés à accueillir et à répandre son amour, à faire en sorte que son enclos soit inclusif et jamais exclusif», a expliqué le pape François le 30 avril 2023. Il s’adressait aux représentants œcuméniques présents à la messe célébrée sur la place Kossuth Lajos, au centre de Budapest, au troisième et dernier jour de son voyage apostolique en Hongrie.
Parmi les 50’000 personnes présentes figurait notamment le métropolite Hilarion, ancien responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou, qu’il avait rencontré la veille à la nonciature apostolique. Le Bon pasteur «donne la vie pour ses brebis», a expliqué le pape François dans son homélie, prononcée en italien devant une assemblée très fervente, la messe étant célébrée avec un grand faste liturgique. «Au début de l’histoire de notre salut, ce n’est pas nous avec nos mérites, nos capacités, nos structures», a averti François, toujours attentif au thème du premier appel dans la vie chrétienne.
S’ouvrir à l’amour mutuel
«À l’origine, il y a l’appel de Dieu, son désir de nous rejoindre, sa sollicitude pour chacun d’entre nous, l’abondance de sa miséricorde qui veut nous sauver du péché et de la mort, pour nous donner la vie en abondance et la joie sans fin», a martelé l’évêque de Rome. « Aujourd’hui encore, dans toutes les situations de la vie, dans ce que nous portons dans notre cœur, dans nos égarements, dans nos peurs, dans le sentiment de défaite qui nous assaille parfois, dans la prison de la tristesse qui menace de nous enfermer, Il nous appelle», a insisté le pontife argentin.
Le pape a donné une définition ample de la «catholicité» en évoquant notamment la présence des délégués œcuméniques. Dieu «nous a rassemblés ici pour que, bien que différents les uns des autres et appartenant à des communautés différentes, la grandeur de son amour nous réunisse tous dans une même étreinte», a-t-il insisté.
Évoquant les relations internes à l’Église catholique mais aussi entre les différentes confessions, François a invité à «cultiver des relations de fraternité et de collaboration, sans nous diviser, sans considérer notre communauté comme un milieu réservé, sans nous laisser prendre par le souci de défendre chacun son espace, mais en nous ouvrant à l’amour mutuel.»
Plaidoyer pour l’inclusivité
Il a aussi invité les chrétiens à «sortir vers le monde», tout comme le Bon Pasteur «fait sortir» ses brebis. Il a donc dénoncé les «portes fermées», liées à «l’individualisme dans une société qui risque de s’atrophier dans la solitude». Dans ce pays, dont le gouvernement est très restrictif sur la prise en charge des migrants, le pape a particulièrement dénoncé «les portes fermées de notre indifférence à ceux qui sont dans la souffrance et la pauvreté» et «les portes fermées à ceux qui sont étrangers, différents, migrants, pauvres».
Le pontife argentin a invité les catholiques hongrois à se situer à la suite de Jésus, en maintenant «une porte ouverte, une porte qui n’est jamais claquée au nez de personne, une porte qui permet à chacun d’entrer et de faire l’expérience de la beauté de l’amour et du pardon du Seigneur». Il a ainsi invité tous les acteurs de l’Église et de la société civile à se montrer «ouverts et inclusifs les uns envers les autres, pour aider la Hongrie à grandir dans la fraternité, chemin de la paix».
Intentions de prière universelle
Le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban met fréquemment en avant l'hospitalité offerte par le pays aux réfugiés ukrainiens. Mais la Hongrie pratique depuis des années une politique particulièrement restrictive vis-à-vis des migrants provenant des autres continents. Le pays a notamment barricadé ses frontières, détenu des réfugiés dans des "zones de transit" désormais fermées et restreint le dépôt des demandes d'asile aux ambassades à l'étranger.
Signe du rayonnement de la visite du pape pour toute l’Europe centrale, les intentions de prière universelle ont été lues en allemand, en ukrainien, en hongrois, en roumain, en croate, en slovaque et en slovène. Le pape François a présidé la messe, mais en raison de ses problèmes de mobilité, il a délégué la présidence de la prière eucharistique à l’autel au cardinal Péter Erdö, l’archevêque de la capitale hongroise. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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