Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»
A la veille de l’ouverture, par le pape François, le 10 octobre 2021, du Synode sur la synodalité, cath.ch a sondé les diocèses romands sur leur manière d’entamer cette «marche ensemble». Petit tour d’horizon de la mise en route d’un processus qui va durer deux ans.
Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»
Vivez le synode sur cath.ch!
Synode: le diocèse de LGF se met en ordre de marche
Synode: questionnaire simplifié et code QR pour le diocèse de Sion
Ouverture du Synode sur la synodalité: les mises en garde du pape
Synode sur la synodalité: quels enjeux?
«Écoutons-nous!», lance le pape au début du chemin synodal
Pour Mgr Morerod, le synode peut être un «choc positif»
Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 1/2
Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 2/2
F.X. Amherdt: «Les temps sont mûrs pour un Vatican III»
Synode: au Tessin, les jeunes et les femmes ont eu leur mot à dire
Fribourg: Première rencontre du processus synodal
Processus synodal: Bâle publie ses premiers résultats
L’assemblée synodale de Bâle demande une Eglise «ouverte à tous»
Sion: une réunion synodale, avec «le souci de l’Église dans 10 ans»
Synode: la Suisse romande chemine avec les pauvres
Synode: L’Église s'ampute du Christ si elle n'écoute pas les pauvres
Fribourg: un laboratoire romand pour tester la synodalité
Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»
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Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»
A la veille de l’ouverture, par le pape François, le 10 octobre 2021, du Synode sur la synodalité, cath.ch a sondé les diocèses romands sur leur manière d’entamer cette «marche ensemble». Petit tour d’horizon de la mise en route d’un processus qui va durer deux ans.
Vivez le synode sur cath.ch!
Vous habitez en Suisse romande, vous vous sentez concerné par l’avenir de l’Eglise, et vous ressentez le besoin de partager votre point de vue? cath.ch vous en offre l’occasion.
Synode: le diocèse de LGF se met en ordre de marche
Le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg se met lentement en ordre de marche pour le processus synodal voulu par le pape François. Les régions diocésaines seront responsables de la diffusion du questionnaire. Les réponses seront traitées par une équipe diocésaine créée à cet effet.
Synode: questionnaire simplifié et code QR pour le diocèse de Sion
Tandis que le document préparatoire du Vatican pour le synode sur la synodalité comporte plusieurs dizaines de questions, le diocèse de Sion a préparé un questionnaire simplifié, afin de faciliter la participation. Ce questionnaire peut être téléchargé au moyen d’un QR-Code.
Ouverture du Synode sur la synodalité: les mises en garde du pape
Dans son discours prononcé à l’occasion de l’ouverture du Synode sur la synodalité, le 9 octobre 2021, le pape François a identifié «le formalisme», «l’intellectualisme» et «l’immobilisme» comme étant les trois grands risques qui pourraient faire échouer le processus synodal inédit qui doit durer de...
Synode sur la synodalité: quels enjeux?
Le 10 octobre 2021, le pape François inaugure solennellement le Synode sur la synodalité. Tous les diocèses du monde sont appelés à participer à ce processus inédit de deux ans censé redonner la parole au Peuple de Dieu.
«Écoutons-nous!», lance le pape au début du chemin synodal
Le pape François a officiellement lancé le vaste chemin synodal qui doit durer deux ans dans l’Église catholique, à l’occasion d’une messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome, le 10 octobre 2021.
Pour Mgr Morerod, le synode peut être un «choc positif»
Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), a exprimé sur les ondes de la RTS, le 11 octobre 2021, ses craintes et espérances face au processus synodal.
Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 1/2
Six évêques du monde entier, dont Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, expriment leurs attentes par rapport au synode sur la synodalité qui débute le 17 octobre 2021, après que le pape l’a ouvert, le 10 octobre dernier.
Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 2/2
Des évêques du monde entier, expriment leurs attentes par rapport au synode sur la synodalité qui débute le 17 octobre 2021, après que le pape l’a ouvert, le 10 octobre dernier, lors d’une messe solennelle en la basilique Saint-Pierre de Rome.
F.X. Amherdt: «Les temps sont mûrs pour un Vatican III»
Le processus synodal engagé dans l’Eglise universelle pose beaucoup de questions. Comment la démarche est-elle accueillie en Suisse, quelles sont les attentes et les enjeux? François-Xavier Amherdt, professeur de théologie à l’Université de Fribourg, décrypte la situation.
Synode: au Tessin, les jeunes et les femmes ont eu leur mot à dire
Dans le diocèse de Lugano, la consultation dans le cadre de la phase diocésaine du Synode s’est conclue le 23 janvier 2022. Les partages sur l’avenir de l’Église ont impliqué notamment les très jeunes et les femmes.
Fribourg: Première rencontre du processus synodal
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Le rapport final de l’assemblée synodale du diocèse de Bâle a été publié le 26 janvier 2022. Le document demande notamment la concrétisation d'une Église «ouverte et accueillante pour tous».
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Les 29 et 30 août 2022, un «laboratoire de synodalité» s’est tenu à l’église Sainte-Thérèse de Fribourg. Une centaine de participants ont suivi cette expérimentation ponctuée d’interventions stimulantes et de partages.
Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»
A la veille de l’ouverture, par le pape François, le 10 octobre 2021, du Synode sur la synodalité, cath.ch a sondé les diocèses romands sur leur manière d’entamer cette «marche ensemble». Petit tour d’horizon de la mise en route d’un processus qui va durer deux ans.
Par Pascal Tissier, SCJP, Maurice Page et Bernard Hallet
Les 26 questions seront identiques sur tous les continents. Les diocèses de Bâle, de Coire et de Saint-Gall sont associés dans cette démarche d’envergure, explique Pascal Tissier, du service de la communication du Jura Pastoral. Les réponses seront traitées, synthétisées, par l’Institut gfs-bern.
«Emballé» par cette consultation, l’abbé Jean-Jacques Theurillat, vicaire épiscopal pour le Jura, tient à ce que la partie francophone du diocèse de Bâle soit pleinement impliquée dans ce processus synodal. Depuis plusieurs semaines, le vicaire épiscopal traduit lui-même, à l’intention des agents pastoraux, les documents de la campagne rédigés en allemand.
«A votre écoute»
Ainsi, si l’affiche alémanique propose le slogan «Wir sind ganz Ohr für Ihre Stimme», littéralement «Nous sommes à l'écoute de votre voix», Jean-Jacques Theurillat l’a simplifié radicalement en trois mots: «A votre écoute». «En allemand, explique-t-il, le 'Nous’, c’est l’Église. L’institution se met en premier et invite à parler. 'A votre écoute’ est une nuance qui induit que l’on veut entendre l’autre».
Le site internet du Jura pastoral est la plateforme principale que tous ceux qui souhaitent découvrir, comprendre ou participer à cette consultation pourront consulter. Les fidèles pourront également trouver l’explication détaillée de la marche à suivre dans le périodique lebulletin.ch, adressé à tous les catholiques du Jura.
Une «profonde réflexion locale»
Animatrice en pastorale dans le Val Terbi, France Crevoisier est convaincue que cette réflexion sera aussi utile localement: «Nous sommes en périphérie, comme dit le pape. Il veut nous entendre. Et même si nos réponses seront des gouttes d’eau dans l’océan, il faut profiter de cette occasion de se réunir, de s’exprimer. Ce processus synodal est le tremplin idéal pour une profonde réflexion locale… C’est aussi l’opportunité de développer la fraternité entre nous. Et puis c’est stimulant de savoir que l’on gardera localement une trace de cette réflexion».
Mise en route par les pieds
Pour le diocèse de Sion, le chemin synodal voulu par le pape François commence par une «liturgie de mise en route» selon les mots de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse. Une célébration se déroulera le 17 octobre à la cathédrale de Sion. Les fidèles se lanceront ensuite très concrètement dans un chemin commun qui les mènera à Valère pour les vêpres, à 18h.
«Mgr Lovey étant chanoine du Grand-Saint-Bernard et montagnard, nous souhaitons donner à cette démarche synodale une dimension concrète et existentielle de 'mise en route’ aussi par les pieds», explique l’abbé Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse.
Le questionnaire préparé par Rome, sera mis à la disposition des fidèles via le site internet du diocèse pour être diffusé le plus largement possible. «Nous avons prévu de thématiser le synode à chaque réunion diocésaine importante, comme par exemple la journée des Conseils de communauté». Le vicaire général annonce également une rencontre médias organisée le 3 novembre sur ce thème. L’ensemble des réponses des Valaisans seront ensuite synthétisées avant d’être envoyées à la Conférence des évêque suisses (CES).
En dehors du questionnaire et de l’annonce systématique il n’y a pas d’actions particulières annoncées dans le diocèse.
Le but est le chemin
«Je me réjouis de cette initiative qui rappelle l’importance de la marche pour faire naître d’un compagnonnage des projets imprévus au départ. En un sens, comme en montagne, le chemin est déjà le but», souligne Pierre-Yves Maillard. A voir ce qu’il en sortira. Le fait de se mettre en route ensemble est selon lui plus porteur de fruits que la réalisation d’un seul.
Le vicaire général illustre son propos en citant les projets liés à la diaconie, tels que la Maison de la Diaconie, qui se sont concrétisés au fil du temps et suite à des réflexions, des idées et des envies partagées entre le service diocésain de la diaconie et l’évêque.
Lausanne, Genève et Fribourg se met doucement en route
Pour le diocèse de Lausanne Genève et Fribourg, le processus synodal démarre à peine, admet le nouveau vicaire général Bernard Sonney. Les Églises cantonales et les unités pastorales (UP) recevront prochainement la documentation utile, accompagnée d’un message de l’évêque. Mgr Morerod lancera officiellement la démarche le 17 octobre à la cathédrale St-Nicolas, à Fribourg.
Les UP chargées de mettre en œuvre la consultation
La consultation se déroulera en principe au niveau des UP, charge à elles de l’organiser selon les conditions locales, à travers des groupes de dialogues, des assemblées, des sondages, des enquêtes ou par d’autres moyens.
Les pastorales catégorielles sont également invitées à répondre au questionnaire. Enfin des réponses individuelles restent aussi possibles. Le questionnaire a été un peu simplifié par rapport aux documents romains, afin de le rendre accessible à tous, explique le vicaire général.
L'Eglise du canton de Vaud a dores et déjà organisé des journées de formation sur la synodalité pour ses agents pastoraux. "Nous nous sommes retrouvés à La Longeraie, à Morges, pour une introduction au chemin synodal", a expliqué à cath.ch le diacre lausannois Bernard Litzler. "Après une lectio divina sur les Actes des apôtres, nous avons repris ensemble le discours du pape François du 18 septembre au diocèse de Rome. Il s'agissait de faire ressortir un enthousiasme, une crainte et un rêve." La discussion a porté enfin sur les dix thématiques proposées par Rome et sur les manière de les partager dans les divers lieux d'engagement.
L’abbé Sonney souligne que la consultation n’est que le point de départ d’un processus qui doit s’étaler sur plusieurs années. Elle doit permettre de poser quelques bases pour orienter la réflexion future.
Un groupe de travail intercantonal, formé de divers responsables pastoraux est en train de se mettre sur pied pour donner les impulsions et accompagner la démarche. Le Conseil épiscopal aura aussi évidemment son rôle dans le processus, note le vicaire général. Il relève aussi que la nomination par Mgr Morerod de représentants de l’évêque laïcs dans les cantons va déjà dans le sens de la synodalité. Les réponses à la consultation seront adressées au diocèse qui les dépouillera et en fera la synthèse. (cath.ch/pt/mp/bh)
Dix pôles thématiques essentiels à approfondir
I. LES COMPAGNONS DE VOYAGE
II. ÉCOUTER
III. PRENDRE LA PAROLE
IV. CÉLÉBRER
VI. DIALOGUER DANS L’ÉGLISE ET DANS LA SOCIÉTÉ
VII. AVEC LES AUTRES CONFESSIONS CHRÉTIENNES
IX. DISCERNER ET DÉCIDER
X. SE FORMER À LA SYNODALITÉ
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Vivez le synode sur cath.ch!
Vous habitez en Suisse romande, vous vous sentez concerné par l’avenir de l’Eglise, et vous ressentez le besoin de partager votre point de vue? cath.ch vous en offre l’occasion dans une action spéciale réalisée dans le cadre du synode lancé par le pape François sur la synodalité. Nous attendons impatiemment vos messages!
Le pape François a lancé le 10 octobre 2021 le processus synodal qui doit durer deux ans dans l’Église catholique. A cette occasion, il a appelé les membres de la communauté chrétienne à s’écouter mutuellement et à se laisser bousculer par l’Esprit Saint pour éviter les «réponses artificielles et superficielles».
Une démarche saluée et encouragée par votre portail catholique suisse, toujours soucieux de faire circuler les idées et de favoriser la réflexion dans le milieu ecclésial.
Afin de participer pleinement à ce dialogue, cath.ch offrira la possibilité à tout catholique de Suisse romande de publier sa réponse à une question issue du document préparatoire envoyé par le Vatican à tous les diocèses du monde.
Peut-être plus encore que vos opinions, nous vous encourageons à partager votre vécu, vos expériences, votre ressenti, en rapport aux thèmes proposés ci-dessous.
La première phase du synode, dite «diocésaine», où le peuple de Dieu est consulté, se déroule jusqu’au 15 août 2022. Pendant ce laps de temps, cath.ch publiera, à un rythme irrégulier, les messages reçus. Ils seront visibles dans la rubrique «commentaires» de notre page d’accueil, ainsi que sur notre page Facebook.
La publication commencera à partir du 1er janvier 2022 et durera jusqu’au 15 août 2022.
Le document préparatoire du Vatican est divisé en dix chapitres thématiques, comprenant chacun de trois à six questions.
Bien sûr, il s’agit de suivre votre intuition et vos envies, il est tout à fait possible d’envoyer une lettre en décembre pour une question relative au mois d’août. Elle sera seulement publiée au courant de ce dernier mois. Vous trouverez les conditions de participation ci-dessous.
Alors, à vos claviers ou à vos plumes, nous et les visiteurs de cath.ch, avons hâte de lire vos éclairants témoignages ! Merci de répondre au questionnaire annexé ou de nous faire parvenir votre texte au format Word à l’adresse redaction@cath.ch, impérativement avec l’objet «Synode des lecteurs» et en copie à raphael.zbinden@cath.ch, ou encore à Cath-Info, Avenue de la Gare 5, 1003 Lausanne, avec la mention «Synode des lecteurs». (Merci de clairement indiquer dans le message votre nom complet – obligatoire pour être publié – et votre lieu de résidence, ainsi que la question à laquelle vous répondez. L'accès au questionnaire peut également se faire au moyen du QR-code ci-contre (cath.ch/rz)
Conditions de participation à la démarche «Vivez le synode sur cath.ch»
Les textes ne doivent pas dépasser les 2’500 signes. cath.ch se réserve le droit de raccourcir les textes qui seraient trop longs, ou de refuser ceux qui ne correspondraient pas à sa ligne éditoriale. cath.ch ne garantit pas non plus la publication des contributions. Le portail diffusera les textes selon l’espace disponible chaque mois, en essayant d’assurer à chacun une période de visibilité suffisante. RZ
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Synode: le diocèse de LGF se met en ordre de marche
Le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg se met lentement en ordre de marche pour le processus synodal voulu par le pape François. Les régions diocésaines seront responsables de la diffusion du questionnaire. Les réponses seront traitées par une équipe diocésaine créée à cet effet.
«L’itinéraire de l’Église n’a rien d’une ligne droite. Il est sinueux. Les tronçons parallèles d’un sentier de montagne nous donnent l’impression de faire du sur-place. Cependant nous avançons imperceptiblement et chaque étape de l’ascension participe à la joie d’être au sommet», écrit le 1er décembre 2021, le vicaire général Bernard Sonney au nom de l’équipe diocésaine
Le groupe a élaboré un petit guide pratique pour vivre une démarche synodale ainsi qu’un guide pratique pour animer un groupe autour de la démarche synodale. Ces deux documents invitent à la création de groupes de dialogue de 6 à 8 personnes qui se rencontreront une ou plusieurs fois pour échanger sur une expérience ecclésiale déjà vécue ou sur l’un des dix thèmes proposés. L’animateur du groupe ou une autre personne devra ensuite en rédiger un compte-rendu qui sera adressée à l’équipe de coordination synodale du diocèse.
«Un questionnaire, disponible également en ligne a été élaboré», complète Laure-Christine Grandjean, porte parole du diocèse. La collecte et la synthèse des retours sera faite par une équipe ad doc de treize personnes placée sous la responsabilité de Frère Alexandre Frezzato, adjoint de la représentante de l’évêque pour la région diocésaine de Fribourg. « Pour cette équipe, nous avons veilllé à une représentation équilibrée des cantons et des sexes», précise Laure-Christine Grandjean. Les comptes rendus des groupes seront collectés jusqu'en mars 2022. La synthèse sera visible sur le site Internet du diocèse avant d’être transmise à la Conférence des évêques suisses puis à Rome.
Attention aux écueils
Il ne faut «pas chercher à faire une synthèse mais à recueillir l’expression des membres sans chercher à reformuler, car c’est dans la vérité de l’expression que peut se cacher la perle. Ne pas hésiter à faire remonter des avis divergents, donner à voir avec justesse les fruits, les intuitions, les joies et les défis de l’expérience synodale», recommande le guide.
«Ce n’est ni un exercice de 'stratégie d’entreprise' ni un terrain de 'bataille politique' où il faut vaincre l’autre pour l’emporter» avertissent les responsables. De même il ne faut pas se focaliser sur les difficultés ou les nombreuses épreuves. Mais plutôt regarder comment l’Esprit Saint agit dans nos vies et comment Dieu nous appelle à aller de l’avant ensemble. Enfin ne pas écouter seulement ceux qui sont "dans l’Église".
Pas une liste de désirs au Père Noël
«Répondre à un questionnaire ne signifie pas dresser la liste de ses désirs au Père Noël. Il s’agit de participer au diagnostic qui se pose sur la vie et l’organisation de notre Église. Il s’agit de repérer ce qui est heureux et ce qui peut le devenir pour la santé de la foi», insiste Bernard Sonney
Encore peu de retours
«Dans le canton de Vaud, nous avons déjà organisé en octobre une journée d’information pour tous les agents pastoraux», explique Philippe Becquart, membre de l’équipe de coordination diocésaine. «La semaine dernière une deuxième séance a permis aux mêmes agents pastoraux de discuter sur la gouvernance et de l’avenir de notre église cantonale.» Dans chaque UP, les équipes pastorales ont été invitées à susciter des groupes ou a en parler au sein de groupes déjà constitués. «Je n’ai pas encore de retours.»
«Pour le moment, au sein de l’Eglise cantonale de Genève, il n’y a pas encore eu de retours des groupes de dialogue. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existent pas ou qu’il ne se passe rien, mais l’information n’est pas encore remontée», note Silvana Bassetti, porte-parole de l’Eglise genevoise.
Véronique Benz porte-parole de l’Eglise dans le canton de Fribourg, fait le même constat: "Pour l’heure je n’ai pas d’informations quant à la constitution de groupes locaux. Nous avons reçu une ou deux réponses par mail».
A Neuchâtel, le 4e canton du diocèse, la démarche a démarré dans chaque UP avec la constitution de groupes locaux. Mais Julia Moreno responsable de la communication, attend elle aussi les retours. «J’ai créé une page spéciale sur le site de l'Eglise à Neuchâtel, où je rassemblerai au fur et à mesure les bonnes idées et les bonnes pratiques. Enfin une adresse spécifique: synode@cath-ne.ch est disponible.»
A retenir également que cath.ch participe à sa manière à la démarche en ouvrant un espace spécifique sur son site pour les contributions et réflexions des catholiques. (cath.ch/mp)
Près de 8'000 personnes ont participé à 'wir-sind-ohr.ch’ (à votre écoute) en Suisse alémanique
La Suisse alémanique a pris une large avance sur la Romandie dans le processus synodal. Du 17 octobre au 30 novembre, ce sont pas moins de 7’987 personnes réparties en 1’246 groupes qui ont discuté de la manière d'être Église ensemble. Compte tenu des restrictions liées à la pandémie et de la difficulté que représente la formation d'un groupe, il s'agit d'une participation solide", estime le porte-parole du diocèse de Bâle, Hansruedi Huber.
838 groupes du diocèse de Bâle ont participé, 228 du diocèse de Coire et 162 du diocèse de Saint-Gall. 18 autres groupes n'ont pas indiqué de lieu. "La communication de l'évaluation des entretiens de groupe aura probablement lieu le 13 janvier 2022 par l'institut de recherche gfs.bern", a expliqué Hansruedi Huber à kath.ch. MP
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Synode: questionnaire simplifié et code QR pour le diocèse de Sion
Tandis que le document préparatoire du Vatican pour le synode sur la synodalité comporte plusieurs dizaines de questions, le diocèse de Sion a préparé un questionnaire simplifié, afin de faciliter la participation. Ce questionnaire peut être téléchargé au moyen d’un QR-Code.
En cliquant sur le QR code, l’utilisateur peut répondre directement en ligne aux cinq questions suivantes: « Quand nous disons l’Eglise, qui en fait partie? Qui l’Eglise doit-elle apprendre à mieux écouter? Quand et comment l’Eglise peut-elle mieux dialoguer et apprendre à «marcher ensemble»? Comment mieux gérer les tensions, les conflits et les difficultés en Eglise? Que voudriez-vous que l’Eglise fasse pour les gens ?»
"Le pape François souhaite une consultation la plus large possible, a rappelé à cath.ch Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion. Mais nous avons eu plusieurs retours de personnes qui se trouvaient un peu perdues devant le document de Rome avec ses dix chapitres et ses nombreuses questions. Nous en avons discuté au Conseil pastoral et nous avons retenu trois actions: simplifier élargir, approfondir. En réduisant à cinq le nombre des questions nous simplifions l'accès des gens qui ne seront pas rebutés par quelque chose de trop volumineux. Avec le code QR et la possibilité de répondre en ligne nous élargissons le public potentiel. Enfin nous approfondissons au plan spirituel en reproduisant la prière du pape François qui demande l'aide de l'Esprit-Saint pour cette démarche.
Même si ce n'est pas un nouveauté absolue, la démarche d'un questionnaire accessible en ligne doit permettre de rassembler le plus de réponses possibles, note Pierre-Yves Maillard qui ignore totalement l'impact que pourra avoir cette méthode. "Nous récolterons tout ce qui arrivera que soient trois lignes ou vingt pages. En outre le questionnaire en ligne n'est pas du tout exclusif. Les plus intéressés peuvent reprendre le questionnaire complet du Vatican." Le questionnaire est aussi disponible sous forme de pdf à imprimer et à renvoyer à la chancellerie épiscopale. (cath.ch/com/mp)
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Le chemin synodal voulu par le pape François a débuté samedi 9 octobre par un moment de réflexion rassemblant plus de 200 personnes dans la salle du Synode du Vatican. Étaient présents des laïcs, des délégués des conférences épiscopales ou encore des membres de la Curie romaine. Le lancement officiel du synode aura lieu dimanche 10 octobre avec la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre.
S’adressant à cette première assemblée synodale, le pape a débuté son discours en sortant brièvement de ses notes. «Le Synode n’est pas un parlement», a-t-il improvisé, rappelant qu’il ne s’agissait pas de faire de ces deux ans de travail une «enquête d’opinion». Le synode est pour lui «un moment ecclésial» où le protagoniste est l’Esprit-Saint. «S’il n’y a pas l’Esprit, il n’y aura pas de synode», a-t-il d’emblée prévenu.
Dans son propos, le pape a donc voulu préciser avec pédagogie le sens de ce synode inédit qui s’ouvre dans toute l’Église catholique. Il a notamment mis en garde contre trois risques contre lesquels devront se prémunir les catholiques pour garantir la réussite du synode.
Ne pas en rester à la belle façade
Le premier est celui du «formalisme». François a ainsi pointé du doigt une conception du synode qui le réduirait à «un évènement extraordinaire, mais de façade, un peu comme si l’on restait à regarder la belle façade d’une église sans jamais y mettre les pieds». Pour entrer pleinement dans le parcours synodal, il faudra au contraire entrer dans le dialogue, «surtout entre les prêtres et les laïcs», et être capable de «transformer certaines visions verticales, déformées et partielles de l’Église, du ministère presbytéral, du rôle des laïcs, des responsabilités ecclésiales, des rôles de gouvernement», a-t-il souligné.
«Un second risque est celui de l’intellectualisme», a poursuivi l’évêque de Rome. Il ne souhaite pas que le synode soit capté par une «sorte de groupe d’étude, avec des interventions cultivées mais abstraites […], une sorte de “parler de soi”, où l’on procède de manière superficielle et mondaine, pour finir par retomber dans les classifications stériles idéologiques et partisanes habituelles». À l’inverse, le synode doit être ancré dans la «réalité du peuple saint de Dieu» et dans de «la vie concrète des communautés».
Ainsi, le pape n’a cessé d’appeler à la participation de tous: «c’est un engagement ecclésial indispensable», a-t-il martelé dans son discours, invitant notamment à faire une plus grande place aux «femmes qui sont encore souvent à la marge».
Enfin, le pape François a mis en garde contre «la tentation de l’immobilisme». Fustigeant le réflexe du «On a toujours fait ainsi», le pape a prévenu les personnes qui penseraient ainsi qu’elles seraient «dans l’erreur de ne pas prendre au sérieux le temps dans lequel nous vivons». «Le risque est de finir par adopter d’anciennes solutions pour de nouveaux problèmes», a insisté le pape, rappelant que le synode devait être «un processus en mouvement» qui part «du bas», c’est à dire, des «Églises locales».
Les trois opportunités du Synode sur la synodalité
À ces trois risques le pape a voulu opposer «trois opportunités». La première est de transformer «non pas occasionnellement mais structurellement» l’Église vers une Église synodale, c’est-à-dire, «un lieu ouvert où chacun se sent chez lui et peut participer».
La seconde opportunité offerte par le synode est, selon lui, de «devenir une Église de l’écoute». «Écouter l’Esprit dans l’adoration et la prière, écouter les frères et sœurs sur les espérances et les crises de la foi dans les différentes régions du monde, sur les besoins urgents de renouveler la vie pastorale, sur les signaux qui émergent des réalités locales», a-t-il détaillé.
Enfin, le chemin synodal pourrait permettre «de devenir une Église de proximité», qui établit «des liens plus étroits d’amitié avec la société et le monde», qui «ne se sépare pas de la vie mais qui prend en charge les fragilités et les pauvretés de notre temps». (cath.ch/i.media/hl/cmc)
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Synode sur la synodalité: quels enjeux?
Le 10 octobre 2021, le pape François inaugure solennellement le Synode sur la synodalité. Tous les diocèses du monde sont appelés à participer à ce processus inédit de deux ans censé redonner la parole au Peuple de Dieu. I.MEDIA décrypte les grands enjeux d’un synode “nouvelle génération” qui s’inscrit dans la grande réforme de François initiée en 2013 pour décentraliser la gouvernance de l’Église catholique.
Pourquoi le synode sur la synodalité est-il inédit dans sa forme ?
C’est une troisième voie que vient d’ouvrir le pape François en matière de synodalité. Remis au goût du jour par le concile Vatican II, les synodes – ces assemblées réunies pour réfléchir à une thématique particulière – se tiennent d’ordinaire soit à l’échelon local du diocèse, soit à l’échelon universel, avec la réunion à Rome des évêques délégués du monde entier.
En lançant le Synode sur la synodalité, le pape François innove en proposant cette fois-ci trois phases de réflexion : locale, continentale puis romaine.
"Les seuls six mois de phase synodale à l’échelon diocésain laissent à peine le temps de lancer le processus"
La phase locale doit durer six mois, mobiliser tous les diocèses et toutes les paroisses (jusqu’en mars 2022) et aboutir à la rédaction d’une synthèse de dix pages. Elles seront ensuite envoyées aux conférences épiscopales nationales qui en feront une synthèse globale. Envoyés à Rome, ces documents serviront ensuite de base, dès septembre 2022, à de nouvelles discussions au niveau continental. Elles aboutiront à l’élaboration de nouvelles synthèses qui nourriront enfin la phase synodale finale à Rome en octobre 2023.
Ce vaste processus a été bien accueilli par la plupart des évêques consultés par I.MEDIA. Il vient cependant s’ajouter selon eux à un calendrier serré déjà occupé en 2021 par deux célébrations romaines : l’année saint Joseph et l’année Amoris Laetitia. Mgr François Kalist, archevêque de Clermont-Ferrand, a par exemple regretté une «disparité entre l’ambition et les moyens», considérant que le court délai entre l’annonce du synode et son lancement, tout comme les seuls six mois de phase synodale à l’échelon diocésain laissaient à peine le temps de lancer le processus.
Le Synode sur la synodalité est-il l’aboutissement de la réforme du pape François ?
« Le chemin de la synodalité est justement celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ». Ces mots, le pape François les a prononcés en 2015 à Rome à l’occasion du 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques. Quels sont les ennemis de cet aggiornamento demandé par le pontife ? L’esprit du « cléricalisme », un maux qu’il ne cesse de dénoncer et qui consiste à surévaluer le pouvoir spirituel du pape, de l’évêque et du prêtre, mais aussi du fondateur ou du responsable d’une entité de l’Église.
"L'Eglise ne doit jamais devenir un corps en conflit avec des vainqueurs et des vaincus"
Mais le pape François en a aussi contre la « rigidité », qui refuse tout changement par principe, alors que selon lui l’Église est humaine et donc constitutivement appelée à être en mouvement – retrouvant en cela la définition du mot synode, « marcher ensemble » . « Il a été élu pour cela », confiait récemment à I.MEDIA Mgr Joseph Ha, évêque auxiliaire de Hong Kong. Le prélat chinois se souvenait d’ailleurs que le pontife argentin avait inauguré son pontificat en créant un conseil des cardinaux chargés de l’entourer, un « signal fort ».
Le pape, qui n’a jamais caché son scepticisme vis-à-vis de l’esprit centralisateur de la Curie romaine, a souvent cherché, par ses nominations, ses déclarations ou par son style de gouvernance, à déconcentrer le pouvoir de l’administration romaine.
Il a déjà lancé trois synodes depuis 2013 – sur la Famille, la Jeunesse, puis sur l’Amazonie. Mais à l’issue du dernier, il a regretté les polémiques qui ont voulu transformer la question synodale en un combat politique.
Comme il le déclarait dans son discours de Noël à la Curie en 2020, l’Église « est un corps toujours en crise justement parce qu’il est vivant, mais elle ne doit jamais devenir un corps en conflit avec des vainqueurs et des vaincus ». Entre les deux situations, martelait-il alors, « seule la présence de l’Esprit saint fait la différence ». Et le cardinal Mario Grech, secrétaire du Synode des évêques, n’a fait que répéter ces mots : si ce synode n’apprend pas à mieux discerner, c’est-à-dire à écouter la volonté de Dieu individuellement et collectivement, « il sera un échec ».
Le synode peut-il mettre à mal l’unité de l’Église ?
C’est « toujours un défi d’aller dans les profondeurs spirituelles », déclarait récemment à I.MEDIA Mgr Heinrich Timmerevers, évêque de Dresde-Meißen. Le prélat allemand parle d’expérience : s’il est convaincu que la dimension synodale de l’Église est « cruciale » aujourd’hui, il sait aussi que dans son pays, le synode national lancé en 2019 n’a pas été un long fleuve tranquille.
"Le synode n’est pas un parlement politique, mais une marche ensemble»
Cette crainte, son confrère suisse Mgr Jean-Marie Lovey, du diocèse de Sion la comprend. Mais il considère qu’elle est principalement fondée sur des présupposés qui court-circuitent la démarche en elle-même. Le synode n’est pas un parlement politique, insiste-t-il, mais une «marche ensemble», étymologie du terme. C’est en cela, assure le Valaisan, que le synode ne peut pas diviser mais au contraire « apporte une communion plus grande » à une communauté qui peine à se penser comme unie.
Les deux évêques rejoignent en cela le pape François qui distinguait dans son livre Un temps pour changer (2020) l’opposition fructueuse de la « contraposition » à la binarité stérile de la « polarisation ».
Autrement dit, pour le pape, le synode ne doit pas nier les désaccords, les charismes, les sensibilités au sein de l’Église mais au contraire les explorer en tant que différences pour se mettre en quête d’une plus grande cohésion.
Il disait voir par ailleurs dans le processus synodal un moyen de « révéler les agendas et les idéologies cachés ». Plutôt que d’en avoir peur, il estimait que les pressions idéologiques sont « un bon signe ». Car partout où l’Esprit de Dieu est présent, « les tentations de le faire taire ou de le distraire sont aussi présentes ». Et d’ajouter : « si l’Esprit n’était pas présent, ces forces ne s’en préoccuperaient pas. »
Si la dynamique synodale veut renforcer l’unité au sein de l’Église, elle est également pensée pour renforcer les liens entre l’Église catholique et les autres confessions chrétiennes.
Le synode veut-il répondre à la crise des abus dans l’Église?
« Les mots ne peuvent pas suffire, nous sommes tous appelés à nous engager résolument dans la lutte contre les abus comme nous y invite le Document préparatoire du synode ». Posté sur son compte Twitter le 5 octobre dernier, jour de la publication du rapport de la Ciase sur les abus sexuels dans l’Église en France, l’appel de la sous-secrétaire du Synode des évêques, sœur Nathalie Becquart, est un signe qui ne trompe pas. La crise des abus sexuels, parce qu’elle découle notamment d’une notion dévoyée de l’exercice l’autorité dans l’Église, sera au cœur des réflexions synodales – du moins dans les diocèses où les affaires sont sorties.
"Parmi les orientations prioritaires, il y aurait la recherche d’une meilleure articulation entre la dimension verticale et la dimension horizontale, c’est-à-dire entre la hiérarchie et la synodalité"
Jean-Marc Sauvé, président de la Ciase, voit d’ailleurs dans ce synode qui s’ouvre une opportunité de réfléchir à la gouvernance de l’Église catholique. « Parmi les orientations qui nous semblent utiles et prioritaires, il y aurait la recherche d’une meilleure articulation entre la dimension verticale et la dimension horizontale, c’est-à-dire entre la hiérarchie et la synodalité », explique-t-il. En clair : « nous pensons que plus de délibérations protégeraient davantage l’Église catholique et lui permettraient de répondre de manière plus efficace et pertinente au problème des abus ».
Quatre jours avant la publication du rapport de la Ciase, Mgr Éric de Moulins Beaufort, président de la Conférence épiscopale de France, alors à Rome, confiait qu’il n’était pour l’heure pas envisagé de lancer en France un processus synodal national pour répondre à la question des abus – comme ce fut le cas de l’Église en Allemagne ou bien en Irlande. Il laissait pour autant entendre que le synode qui s’ouvrirait le 16 octobre dans tous les diocèses du monde serait l’occasion de « recueillir ce qui viendra » sur ces questions-là.
Le document préparatoire au synode évoque la question des abus sexuels en citant la Lettre au peuple de Dieu du pape François de 2018 (no 6) : "Nous ne pouvons pas oublier la souffrance vécue par des personnes mineures et des adultes vulnérables «à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées».
Mais les les dix pôles thématiques essentiels à approfondir ne font pas mention directe de la question des abus. Néanmoins sous le point VIII 'autorité et participation' le document pose les questions suivantes: "Comment est exercée l’autorité au sein de notre Église particulière? Quelles sont les pratiques de travail en équipe et de coresponsabilité? Comment sont encouragés les ministères laïcs et la prise de responsabilité de la part des fidèles? (...) Sous le point IX 'discerner et décider' les questions sont: "Avec quelles procédures et avec quelles méthodes discernons-nous ensemble et prenons-nous des décisions? Comment peuvent-elles être améliorées? (...) Comment favorisons-nous la participation de tous aux décisions au sein de communautés structurées d’une manière hiérarchique? De quelle façon et avec quels instruments encourageons-nous la transparence et la responsabilité?" (cath.ch/imedia/cd/mp)
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«Écoutons-nous!», lance le pape au début du chemin synodal
Le pape François a officiellement lancé le vaste chemin synodal qui doit durer deux ans dans l’Église catholique, à l’occasion d’une messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome, le 10 octobre 2021. Il a appelé tous les catholiques à s’écouter mutuellement et à se laisser bousculer par l’Esprit Saint pour éviter les «réponses artificielles et superficielles».
Moins de cinq mois après son annonce officielle, le Synode sur la synodalité a été inauguré à Rome dans une basilique Saint-Pierre où étaient rassemblés plus d’une centaine d’évêques et de cardinaux du monde entier, 230 prêtres et plus de 3’000 laïcs.
Durant deux ans, toute l’Église catholique est appelée à travailler ensemble sur le thème: «Pour une Église synodale: communion, participation et mission». Le 9 octobre, la veille du lancement officiel du Synode, le pape avait proposé une définition de ce que pourrait être une Église synodale: «un lieu ouvert où chacun se sent chez lui et peut participer».
Lors de la messe, le pontife argentin a commencé son homélie par une question: «Sommes-nous disposés à vivre l’aventure du cheminement ou, par peur de l’inconnu, nous réfugions-nous dans les excuses du “cela ne sert à rien” et du “on a toujours fait ainsi”?». Expliquant que ce Synode devait permettre de «nous interroger sur ce que Dieu veut nous dire en ce temps», le pape François a proposé trois conseils aux catholiques pour entrer dans la démarche synodale.
«Des experts dans l’art de la rencontre»
Le pape a d’abord souhaité que tous les catholiques deviennent des «experts dans l’art de la rencontre» et non dans «l’organisation d’événements». Par la prière, le Synode doit permettre de «rencontrer le Seigneur» et de «favoriser la rencontre entre nous».
«Chaque rencontre – nous le savons bien –, demande de l’ouverture, du courage, de la disponibilité à se laisser interpeller par le visage et l’histoire de l’autre», a reconnu le 266e pape. Il a souligné le fait que la «rencontre nous transforme» lorsqu’elle est vécue «sans formalismes, sans prétextes, sans calculs».
«Écoutons-nous!»
Le pape a ensuite précisé que cette rencontre naissait «seulement de l’écoute». Et de s’interroger de nouveau: «dans l’Église, comment sommes-nous à l’écoute? […] Permettons-nous aux personnes de s’exprimer, de cheminer dans la foi même si elles ont des parcours de vie difficiles, de contribuer à la vie de la communauté sans être empêchées, rejetées ou jugées?».
Le Synode devra donc être un lieu d’écoute de l’Évangile mais aussi de tous les hommes et de toutes les femmes. Il faudra se mettre «à l’écoute des demandes, des angoisses, des espérances de chaque Église, de chaque peuple et nation, mais aussi à l’écoute du monde, des défis et des changements qu’il nous présente».
Le pape en a convenu: «c’est un exercice lent, qui peut être laborieux, d’apprendre à s’écouter mutuellement – évêques, prêtres, religieux et laïcs – en évitant les réponses artificielles et superficielles». Le pape a alors fait cette prière: «N’insonorisons pas notre cœur, ne nous blindons pas dans nos certitudes. Écoutons-nous».
Le synode n'est pas un "parlement"
Enfin le pape a mis en avant le «discernement spirituel» nécessaire à la réussite de ce synode. Ce discernement doit se faire «dans l’adoration, dans la prière, au contact de la Parole de Dieu», a-t-il précisé.
Dès lors, le Synode ne peut pas s’apparenter à une «'convention' ecclésiale, un colloque d’études ou un congrès politique». Sortant de ses notes, il a de nouveau précisé que le Synode ne devait pas devenir une “Parlement” dans l’Église. Il doit être «un événement de grâce, un processus de guérison conduit par l’Esprit Saint», a assuré le successeur de Pierre.
Ce discernement doit conduire à «nous vider, à nous libérer de ce qui est mondain, et aussi de nos fermetures et de nos modèles pastoraux répétitifs». En conclusion, le pape François a souhaité que les catholiques deviennent «des pèlerins amoureux de l’Evangile, ouverts aux surprises de l’Esprit». (cath.ch/imedia/hl/bh)
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Pour Mgr Morerod, le synode peut être un «choc positif»
Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), a exprimé sur les ondes de la RTS, le 11 octobre 2021, ses craintes et espérances face au processus synodal. Il n’exclut pas que des abus sexuels auraient pu être évités si la base des fidèles avait été plus écoutée.
Le pape François a officiellement lancé, le 10 octobre 2021, le Synode sur la synodalité, un processus de consultation des catholiques du monde entier sur la façon dont ils perçoivent l’Eglise.
Mgr Morerod a précisé, dans l’émission Forum de RTS La Première, le but de cette démarche. «Le pape lance une consultation sur le fait même que la base puisse s’exprimer (…) sur ce que cela signifie d’être ensemble». Si l’évêque souligne que ce principe de synodalité existe depuis toujours dans l’Eglise, il admet que «quelque chose manque» aujourd’hui dans ce domaine.
L’évêque ne nie pas le risque qu’une telle consultation provoque une scission entre les franges conservatrices et réformatrices. «Mais ce n’est pas la crainte qui me vient en premier», relève-t-il. «On écoute quand même le Saint-Esprit et pas seulement les opinions des uns et des autres».
Un lien entre les scandales d’abus et le synode
Mgr Morerod se montre quoiqu’il en soit optimiste : «Des chocs peuvent apparaître à terme comme positifs».
Aurait-on pu éviter les abus sexuels si l’on avait écouté un peu plus la base? Pour l’évêque de LGF, «ce n’est pas impossible». Le fait de mettre les prêtres «sur un piédestal» est , selon lui, l’un des éléments du problème. Cela peut en mener certains à se dire: «On n’est pas dans la même catégorie que les autres et on ne peut pas être jugés comme eux» .
L’évêque relève le «lien» actuel entre les études sur les abus sexuels et le processus synodal. «Des gens disent: ça nous concerne, nous sommes touchés, peut-être que si on nous écoutait plus, certaines choses ne se passeraient pas». «C’est quelque chose que l’on va entendre», assure Mgr Morerod, «et à juste titre». (cath.ch/rts/rz)
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Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 1/2
Six évêques du monde entier, dont Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, expriment leurs attentes par rapport au synode sur la synodalité qui débute le 17 octobre 2021, après que le pape l’a ouvert, le 10 octobre dernier, lors d’une messe solennelle en la basilique Saint-Pierre de Rome. Autant de manières de percevoir et d'envisager la synodalité selon les cultures et la réalité du terrain.
Les évêques des diocèse de Sion, en Valais, de Dresde-Meißen, en Allemagne et de Bangui, en République centrafricaine disent leurs attentes sur ce synode pour lequel le pape a exhorté les catholiques à "s'écouter".
Sion, Confédération helvétique
Population catholique du diocèse: 225’000 (75% - de la population du diocèse)
Pour Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, l’expérience synodale est un bon souvenir, celle de sa participation en tant que représentant des évêques suisses au Synode sur la famille à Rome en 2015. La décision du pape François de creuser la question de la synodalité, il l’accueille donc «avec joie», et attend de «se mettre à l’ouvrage».
L’évêque valaisan regrette cependant le «calendrier court» qui va rendre, selon lui, plus difficile d’accomplir la mission d’écoute de tous les membres de son diocèse. Comme solution, il pense faire travailler des «petits groupes» qui seront formés au niveau des paroisses. Le 17 octobre, il rassemblera son diocèse dans la cathédrale de Sion pour un lancement du synode en trois temps, à commencer par une liturgie de mise en route. Les participants «sortiront» ensuite, pour cheminer jusqu’à la magnifique basilique de Valère, située sur la colline qui domine la cité. «Un synode signifie marcher ensemble, c’est une belle symbolique». Cette randonnée diocésaine sera un temps d’échange et de partage, souligne le prélat, et sera conclu dans la basilique médiévale par l’office des Vêpres.
L’espérance que porte Mgr Lovey est que ce synode «apporte une communion plus grande » dans sa communauté. Il veut répondre ainsi à tous ceux qui ont des «présupposés» sur la finalité de l’initiative romaine. «Il ne faut pas aller à la conclusion sans avoir fait la démarche», exhorte le prélat valaisan. Et pour lui, c’est dans cette «unité» du synode que l’on témoigne au reste du monde de la Bonne Nouvelle, en se tournant ensemble vers le service du prochain. (cath.ch/imedia/cd/bh)
Dresde-Meißen, Allemagne
Population catholique du diocèse: 150’000 (3,8%)
Les catholiques allemands ont pris une longueur d’avance sur tout le monde en lançant dès 2019 leur propre chemin synodal. Mgr Heinrich Timmerevers, évêque de Dresde-Meißen, est «heureux que le pape veuille maintenant suivre cette voie dans le monde entier», lui qui considère l’expérience synodale comme «cruciale pour le troisième millénaire de l’Église». Dans son diocèse, l’enjeu va être désormais de mener deux synodes en même temps, même si le nouveau chemin ouvert par Rome, assure-t-il, ne sera pas vécu chez lui comme «une voie parallèle complètement indépendante».
À quelques jours du lancement, l’évêque de Saxe concède qu’il y a encore un certain «flou» quant à la réalisation pratique du nouveau synode. Si le vadémécum publié par le Synode des évêques «clarifie» certaines questions initiales, il se demande s’il faudra faire des questionnaires – comme cela a été le cas dans le Synode allemand –, si des thèmes sont prévus et comment sera rédigée la synthèse finale. Pour l’heure, il a prévu sa messe de lancement le 17 octobre, dans la cathédrale de Bautzen, qui a la particularité d’être la plus grande église mixte d’Allemagne (c’est-à-dire partagée avec les évangéliques). La synodalité, assure le prélat, peut «apprendre beaucoup de l’œcuménisme».
Lors de la cérémonie, Mgr Timmerevers compte inviter tous les conseils de son diocèse «qui vivent déjà des formes de synodalité». Ces dernières années, ces nombreuses institutions ont pris plus de responsabilités, signe d’une plus grande répartition du «pouvoir», considère-t-il. Cependant, il rappelle que la question de la participation n’est pas suffisante: il faut la «participation de l’Esprit saint». Et exhorte au courage, considérant que c’est «toujours un défi d’aller dans les profondeurs spirituelles».
Bangui, République centrafricaine
Population catholique du diocèse: 487’000 (45%)
Pour le cardinal Dieudonné Nzapalainga, à la tête de l’unique archidiocèse de son pays, ce synode sur la synodalité arrive «à point nommé». Beaucoup de chrétiens, explique-t-il, regrettent une conception trop «pyramidale» de leur Église, «où les décisions sont prises par le haut, en tout cas par d’autres». Cet événement, assure-t-il, va permettre «d’accompagner, de libérer et d’écouter ceux que nous n’écoutons pas assez». Il pense notamment à ceux qui ne viennent «que le dimanche à la messe ou bien uniquement les jours de fête».
Après l’annonce du synode, l’archidiocèse de Bangui s’est mis au travail: les agents pastoraux ont été convoqués, une équipe a été mise en place et un «travail pédagogique» a été initié, notamment grâce aux médias catholiques locaux. Le plus jeune cardinal du monde (54 ans) compte désormais distribuer des questionnaires «à tous les groupes et mouvements, dans toutes les paroisses».
S’il s’attend à ce que les questions reçoivent des réponses variées en fonction des différents charismes présents dans son diocèse, il souligne que c’est le but de la synodalité, une démarche qui se fait «dans la différence, et non pas dans l’uniformité». L’objectif affiché est d’écouter l’autre, et, pour cela de «faire mourir une part de nos égos» afin d’accueillir sa nouveauté.
Cette “marche ensemble” sera aussi un chemin œcuménique, même si, explique le haut prélat, la chose n’est pas nouvelle en Centrafrique. Des «groupes de dialogue» avec les protestants existent déjà, et collaborent régulièrement pour gérer les tensions en République centrafricaine. Récemment, des sœurs étaient menacées dans l’est du pays par des tensions, témoigne le cardinal, et c’est un groupe de représentants catholiques, musulmans et protestants qui a permis de «désamorcer le conflit». Proche des musulmans, il se demande encore s’il pourra les faire participer au synode.
Rendez-vous lundi avec les évêques de Hong Kong, de Burlington, aux États-Uni, et de Wellington, en Nouvelle Zélande.
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Les diocèses du monde à la découverte de la synodalité 2/2
Des évêques du monde entier, expriment leurs attentes par rapport au synode sur la synodalité qui débute le 17 octobre 2021, après que le pape l’a ouvert, le 10 octobre dernier, lors d’une messe solennelle en la basilique Saint-Pierre de Rome.
Mgr Joseph Ha, de Hong Kong,Mgr Christopher Coyne, du diocèse de Burlington, aux Etat-Unis, et le cardinal John Dew, du diocèse de Wellington, en Nouvelle Zélande, donnent leur point de vue.
Hong Kong, République populaire de Chine
Population catholique du diocèse: 544’000 (7,6% - de la population du diocèse)
Pour Mgr Joseph Ha, évêque auxiliaire de Hong Kong, l’annonce du synode a été reçue comme une «bonne nouvelle». L’Église catholique est aujourd’hui «très centralisée» et trop souvent, «tout dépend du pape», de la même façon que dans les paroisses, «tout dépend du curé».
Ce chemin synodal, espère-t-il, va permettre de développer pas seulement des idées mais surtout «un esprit collaboratif» qui donne plus de place aux organisations laïques. «Ils faut que les laïcs soient plus sûrs d’eux-mêmes», plaide-t-il. Aujourd’hui, assure le prélat, la porte est ouverte pour leur proposer une authentique «expérience d’apprentissage de la synodalité».
D’un point de vue pratique, l’organisation du synode est un casse-tête pour Mgr Ha, puisque son diocèse est dans une phase transitoire après la nomination du nouvel évêque Mgr Stephen Chow, qui doit être installé en fin d’année. Mais Hong Kong a déjà beaucoup «marché ensemble» ces dernières années, souligne-t-il, après le lancement d’un «programme sur trois ans pour le renouveau et la conversion de nos paroisses». Une initiative qui a fait «entrer l’esprit de synodalité» dans le quotidien des catholiques de l’archipel et de la péninsule. Le but de la démarche, explique l’évêque auxiliaire, est de faire en sorte que «chaque baptisé puisse tenir son rôle». Une dynamique proche de l’esprit du synode proposé par Rome, se réjouit-il.
Son diocèse est marqué depuis quelques années par de très importantes tensions politiques et sociales liées à l’intervention de plus en plus importante de Pékin dans les affaires locales. «Beaucoup de personnes quittent Hong Kong, beaucoup d’autres protestent», témoigne-t-il.
Mais pour Mgr Ha, «le plus grand problème est la peur, l’absence d’espérance», parce que personne ne semble voir de solution aux problèmes actuels. C’est là que l’Église à sa place, considère-t-il, parce qu’il y a «une voie de sortie» de la crise «si nous croyons en Dieu». Et la synodalité peut aider», assure le prélat hong-kongais, «parce qu’elle responsabilise les gens». «Il ne faut pas attendre un sauveur parce que notre sauveur Jésus-Christ est déjà venu», exhorte-t-il, mais être «des phares» qui transmettent sa «lumière» à ceux qui sont dans l’ombre.
Burlington, États-Unis d’Amérique
Population catholique du diocèse: 125’000 (19%)
National Catholic Reporter, un site d’information catholique outre-atlantique, a publié une enquête dans laquelle plusieurs prêtres et laïcs s’inquiètent du peu d’intérêt que suscite le Synode sur la synodalité aux États-Unis. Dans l’article, un évêque s’en fait l’écho: Mgr Christopher Coyne, du diocèse de Burlington, dans le Vermont. Il regrette le temps passé par les évêques américains à répondre à la controverse du document sur la “cohérence eucharistique” visant les politiciens «pro-choix» – et donc le président Joe Biden. Les crispations et tensions observées devraient selon lui amener à un décentrement et encourager «une consultation avec tous ceux qui font partie de l’Église, et cela inclut les laïcs».
Le synode sur la synodalité, analyse le prélat, représente un «grande opportunité» pour «développer de meilleurs habitudes de consultation avec notre peuple». Il y voit une invitation à aller davantage «dans le sens d’une Église collégiale, une Église dans laquelle tous les membres ont accès à l’Esprit Saint et ont quelque chose à dire dans le travail de l’Église».
Le site internet de son diocèse n’indique cependant pas de messe dédiée au lancement du synode à la date du 17 octobre pour l’instant. La seule référence à l’événement qu’on y trouve est un article de Catholic News Register présent à l’identique sur à peu près tous les sites d’évêchés des États-Unis, la plupart du temps sans la moindre annonce concrète. Pourtant, le diocèse de Burlington n’est pas novice en matière synodale: un long synode diocésain dans lequel semble avoir été embarquée toute la communauté locale, s’est conclu en 2018.
Wellington, Nouvelle Zélande
Population catholique du diocèse: 79’000 (12%)
Depuis l’autre bout du monde, le cardinal John Dew est enthousiaste et confiant. L’annonce du synode, il l’a accueillie comme une «opportunité» pour les gens du diocèse de Wellington et les catholiques de Nouvelle Zélande. Ce sera l’occasion, assure-t-il, de s’appuyer sur le système de synodes diocésains déjà bien en place dans le pays. Chaque diocèse aura ainsi son groupe de personnes en charge de mener le «processus de discernement». «Les gens sont habitués» à ce genre de processus, souligne-t-il.
La dimension synodale, considère néanmoins le cardinal néo-zélandais, pourrait cependant être un peu plus poussée en donnant plus de place aux migrants. Sur le site de son diocèse, tout est déjà prêt: documents d’explications, formulaires, éléments de communication, date de lancement… (cath.ch/imedia/cd/bh)
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F.X. Amherdt: «Les temps sont mûrs pour un Vatican III»
Le processus synodal engagé dans l’Eglise universelle pose beaucoup de questions. Comment la démarche est-elle accueillie en Suisse, quelles sont les attentes et les enjeux? François-Xavier Amherdt, professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg, décrypte la situation.
Pourquoi le pape a-t-il choisi, selon vous, de lancer ce chemin synodal?
F.X. Amherdt: «Église et synodalité sont synonymes», dit le Père de l’Église Jean Chrysostome, cité dans le document préparatoire. En fait, le pape désire renouer avec la pratique de l’Église du premier millénaire, que Vatican II a remise à l’honneur: synodalité et principe hiérarchique en Église servent à la communion «catholique».
L’itinéraire synodal 2021-2023 se propose donc comme une étape décisive de la réception de Vatican II et particulièrement de sa constitution pastorale Gaudium et spes. Le pape François a dit: «Le chemin de la synodalité est justement celui que Dieu attend de l’Eglise du 3e millénaire» (discours pour le 50e anniversaire du synode, le 17 février 2015). Le processus se présente également comme un kairos (un moment de rupture, de basculement) au moment où la crise des abus sexuels a très profondément entamé la crédibilité de l’Église entière, voire de l’Évangile.
Quels points tiennent particulièrement à cœur au pontife?
Il y en a deux. Le premier est de prendre en compte la voix de l’ensemble du peuple de Dieu à qui est confiée la mission de l’évangélisation, d’entendre le «bon sens de la foi des fidèles», le sensus fidei fidelium.
«Si chacun disait: 'Ce n’est pas avec une goutte d’eau qu’on fait une rivière’, il n’y aurait jamais de fleuve ni d’océan!»
Le second est de parvenir à une légitime diversité régionale dans la communion, selon l’ecclésiologie de Lumen gentium (1964). Avec par exemple des responsabilités plus importantes confiées aux Conférences épiscopales régionales et continentales. On l’a déjà senti à l’occasion du Synode sur l’Amazonie et dans l’exhortation Querida Amazonia (2020), où le pape sud-américain, sans apporter les modifications ministérielles et structurelles que d’aucuns espéraient, a souligné le rôle des instances locales. Ce qui a déjà été réalisé en partie avec la création toute récente de la «Conférence ecclésiale de l’Amazonie» (CEAMA).
Il s’agit de «fils conducteurs» du pontificat…
Oui, la preuve en est la puissante Lettre au peuple de Dieu de l’été 2018, où François invitait tous les baptisés à penser un modèle d’Église qui écarte toute forme de «cléricalisme», comme source des abus de pouvoir, de conscience et d’intégrité physique.
Dans son ouvrage Un temps pour changer de 2020, le pape précisait aussi: «La synodalité commence par l’écoute de tout le peuple de Dieu. Une Église qui enseigne doit d’abord être une Église qui écoute […]. Dans la dynamique du Synode, les différences sont exprimées et polies jusqu’à ce que l’on parvienne sinon à un consensus, du moins à une harmonie qui conserve les fines nuances de ses différences.» On peut donc affirmer que François a de la suite dans les idées!
Qu’est-ce que le pape et le Vatican attendent de cette démarche? Que vont-ils faire avec les réponses obtenues?
Je ne puis évidemment pas préjuger de ce que le pape et les instances vaticanes feront des réponses récoltées. Certes, les expressions locales ne constitueront que des gouttes d’eau dans l’immense «synthèse des synthèses des synthèses». Mais si chacun disait: «Ce n’est pas avec une goutte d’eau qu’on fait une rivière», il n’y aurait jamais de fleuve ni d’océan!
Ensuite, c’est à une expérience spirituelle que François convie les communautés ecclésiales, autant les laïcs que les ministres ordonnés. Car ce n’est qu’en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole et de l’Esprit que les antagonismes peuvent être dépassés et des voies inédites mises au jour, au service du bien commun.
«Le désir est fort que la conduite ecclésiale soit plus fraternelle et horizontale»
Ce n’est pas un exercice démocratique au sens politique du terme, fondé sur l’émergence de majorités, qui nous est proposé, mais un processus de recherche de communion, selon la volonté de Dieu pour le Royaume.
Et puis, le pape veut sentir abondamment «l’odeur des brebis», selon cette comparaison pastorale qu’il affectionne, de manière à pouvoir asseoir les éventuelles réformes qu’il pourra suggérer sur une large expression de la collégialité, entre fidèles et évêques. Faisons confiance!
Observez-vous un grand engagement en rapport au chemin synodal en Suisse romande?
Le vicaire épiscopal du Jura pastoral, l’Abbé Jean Jacques Theurillat, se dit «emballé» par cette consultation. Et la partie francophone du diocèse de Bâle profite de l’élan unifié des trois diocèses alémaniques (avec St-Gall et Coire, ndlr.), à travers des documents, des questionnaires simplifiés et des démarches pédagogiques.
"L’Église ressemble à un immense paquebot, non à un petit esquif à voile"
Je constate un enthousiasme similaire de la part de l’évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey: lors du dimanche de lancement de l’itinéraire, il a invité les paroisses, les groupes, les mouvements, à une liturgie de la Parole à la cathédrale de Sion, suivie d’une marche jusqu’à la basilique de Valère, conclue par l’office des vêpres.
Et du côté de LGF?
Mgr Charles Morerod a préféré laisser l’initiative aux communautés locales. Un défi relevé diversement selon les quatre cantons et la partie germanophone du diocèse. Je signalerai entre autres – et ce n’est pas exhaustif! – les procédures très actives et créatives du canton de Vaud, soutenues par le Service de formation, le SEFA, avec une sensibilisation à l’importance de l’itinéraire proposé aux équipes pastorales.
Y’a-t-il des attentes particulières suivant les secteurs de l’Église (clergé, laïcs, fidèles)?
À côté de ceux qui n’attendent rien, sinon le maintien frileux du statu quo, les espérances placées dans le Synode sont élevées, autant auprès de fidèles, des laïcs engagés que dans le clergé ou chez les théologiens.
Elles concernent, d’une part, l’exercice de l’autorité, que ce soit au niveau de l’organisation de la gouvernance, de la mise en œuvre de pratiques de participation aux responsabilités, telles que la collégialité et la relecture. Elles touchent d’autre part à la valorisation d’attitudes appropriées, telles que l’écoute, le respect des personnes engagées, des cadres et des fonctions, la capacité de prendre du recul, ou encore le sens du bien commun.
Qu’est-ce que cela implique ?
La mise en œuvre d’un encadrement de cet exercice du pouvoir, notamment par rapport aux risques de débordements et d’abus, par l’établissement d’instances de supervision des activités et de voies de recours en cas de problème, lesquelles existent peu ou pas actuellement.
Le désir est fort que le fonctionnement de la conduite ecclésiale soit plus fraternel et horizontal, associant davantage les fidèles laïcs, y compris les femmes, et que les ministres ordonnés, et mandatés, exercent leur paternité spirituelle de manière fondamentalement fraternelle.
Quelles sont les autres attentes?
L’autre grande attente porte sur ce que les lecteurs du journal La Croix avaient déjà formulé lors des questionnaires intitulés «Réparons l’Église» au printemps 2019 (voire la synthèse de Dominique Greiner, Réparons l’Église. Scandales, abus, révélations, Paris, Bayard, 2020, ndlr.). Avec le cri du cœur: «Écoutez-nous!». C’est le désir qu’existent plus de lieux où formuler des idées pour «rebâtir l’Église», comme du temps de François d’Assise, et où faire entendre ces propositions auprès des responsables. C’est le souhait de différentes catégories de personnes qui éprouvent le sentiment de n’avoir ni leur place ni la parole dans l’Église, à savoir tous ceux et toutes celles qui ne s’y sentent pas vraiment les bienvenus.
«Les attentes sont très élevées et les risques de frustrations proportionnés»
C’est donc le défi de la fraternité et de l’amitié sociale, que tente de relever l’encyclique Fratelli tutti (2020), qui est lancé à l’ensemble de l’Église catholique à travers l’Itinéraire synodal, en faisant des groupes de consultation de petites communautés de partage, de prière et de solidarité, et en essayant de répondre aux requêtes des multiples chercheurs de sens, en notre société post-sécularisée et pluri-religieuse.
La démarche a-t-elle le potentiel de changer l’Eglise de façon profonde?
J’estime qu’elle a le potentiel de changer un certain nombre de réalités sur les terrains de la vie paroissiale et diocésaine, comme au niveau de la structure hiérarchique catholique-universelle, à condition de susciter de manière créative des biotopes de fraternité évangélique.
Les risques de déception sont nombreux…
Évidemment, les attentes sont très élevées et les risques de frustrations proportionnés, comme après Amoris laetitia (2016) et Querida Amazonia, ou après certains Synodes diocésains. Du reste, j’entends un peu partout des voix se lamentant: «À quoi sert-il de re-recommencer un tel processus? Celui sur la famille n’a rien changé en profondeur. Cela sera une fois de plus un coup d’épée dans l’eau. À quoi bon?»
«Cheminer ensemble dans l’Esprit, c’est être Église dans le monde»
Ces interpellations sont à prendre vraiment au sérieux. Mais c’est à petit pas que l’Église se réforme, Ecclesia semper reformanda, et que le Concile Vatican II se concrétise. Peut-être que le Synode 2023, ce serait mon attente personnelle, pourra donner le coup d’envoi à la convocation d’un nouveau Concile. Afin d’éviter des scissions internes comme celles que pourraient provoquer le «chemin synodal» allemand ou les réactions exacerbées de certains milieux traditionalistes au motu proprio Traditionis custodes.
Les temps sont mûrs pour un Vatican III, tant les crises sont profondes et nombreuses. L’Église catholique romaine ressemble à un immense paquebot, non à un petit esquif à voile. Pour que le cap change, selon le souffle de l’Esprit, il faut des kilomètres de navigation. Puisse le pontificat du pape François durer encore plusieurs années, et servir à la mise en œuvre «mystagogique» du Synode 2021-2023!
Certains disent que la démarche est trop «cadrée» et déplorent qu’elle exclue les questions de doctrine…
Ceux qui affirment cela font peu de cas des contenus proposés à l’échange selon le document initial, qui touchent bel et bien des éléments doctrinaux essentiels. Je citerai le principe des «compagnons de voyage», ou comment ne laisser personne de côté et intégrer les gens en périphéries. Ou, concernant l’exercice de l’autorité, comment développer la participation dans l’élaboration et la prise des décisions. Et encore sur le discernement, comment intensifier la transparence et la confiance pour que l’Église soit portée par des processus spirituels.
Si synode veut dire «marcher ensemble», la démarche n’est-elle pas plus importante que le but? Si on ne marche pas vers un but commun, ne risque-t-on pas de s’égarer?
Si le but est le Royaume de justice, de paix et de respect de la création, déjà inauguré ici-bas par des paroles d’amour et des gestes de réconciliation, si le Christ que nous sommes invités à rencontrer personnellement et communautairement EST le chemin, et donc la vérité et la vie, alors la méthode -dans laquelle on retrouve le mot odos, qui veut dire chemin à travers - correspond à l’objectif. Cheminer ensemble dans l’Esprit, c’est être Église dans le monde, c’est marcher avec Jésus comme les disciples d’Emmaüs, c’est déjà le Règne parmi nous. Cela en vaut donc la peine. J’y crois vraiment. (cath.ch/rz)
Le synode, comment ça marche?
Comme l’étymologie du terme «chemin ensemble» l’indique, le Synode se présente comme un véritable processus dans lequel tous les baptisés sont dès maintenant impliqués. Ce qui est nouveau! Il s’agit donc d’un authentique «itinéraire synodal» qui ne sert pas qu’à «préparer» l’assemblée des évêques délégués des Conférences nationales en octobre 2023 et où la méthode correspond au thème «Un synode sur la synodalité».
Groupes dans les paroisses
Par rapport à l’autre démarche par étapes du Synode sur le couple et la famille, ponctuée par deux assemblées épiscopales, celle-ci comprendra une phase continentale et régionale, suite à la première phase locale déjà lancée par le document préparatoire et les célébrations d’ouverture à Rome par le pape (9 octobre 2021) et dans les diocèses (17 octobre dernier). Dans un premier temps, la consultation par petits groupes de 5 à 10 personnes se vit dans les paroisses, unités pastorales et services, avec un rassemblement des réponses pour début 2022. Le diocèse de Bâle a prévu par exemple pour janvier 2022 une «assemblée présynodale» où des délégués délibéreront et prépareront la réponse adressée à la Conférence des évêques suisses.
Synthèse des réponses
Puis cette dernière regroupera toutes les réactions helvétiques pour les transmettre à la Secrétairie générale du Synode pour septembre 2022 (le délai vient d’être prolongé de 5 mois), présidée par le cardinal maltais Mario Grech, tout à fait dans la même ligne que François, et dont la sœur xavière francophone Nathalie Becquart est la numéro deux. Le Secrétariat général établira une première synthèse des réponses des Églises particulières (Instrumentum laboris, n. 1), qui servira de base aux «réunions présynodales continentales» tenues avant mars 2023.
Document préparatoire
Avec les 7 documents finaux issus de ces assemblées régionales, la Secrétairie générale préparera en juin 2023 un 2ème Instrumentum laboris en guise d’outil de travail pour le Synode à Rome qui couvrira tout le mois d’octobre 2023. De là sera issu un document final du Synode, dont le pape s’inspirera pour son exhortation apostolique postsynodale, afin que l’itinéraire puisse se continuer et se perpétuer!
Du reste, Mgr Felix Gmür souhaite profiter déjà de la consultation de la base pour, dès le printemps 2022, poursuivre sur la voie d’un renouveau de l’Église dans le diocèse de Bâle et en Suisse. FXA
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Synode: au Tessin, les jeunes et les femmes ont eu leur mot à dire
Dans le diocèse de Lugano, la consultation dans le cadre de la phase diocésaine du Synode s’est conclue le 23 janvier 2022. Les partages sur l’avenir de l’Église ont impliqué notamment les enfants et les femmes.
Catt.ch/Silvia Giuggiari; Traduction et adaptation: Davide Pesenti
Dans le diocèse de Lugano, les paroisses et les groupes de partages ont eu jusqu’au 23 janvier pour transmettre aux responsables les fruits de leurs réflexions lors de la consultation diocésaine du Synode.
Une église en Lego
À Lugano, la phase de consultation diocésaine a été aussi une occasion privilégiée pour entendre les souhaits et les réflexions des plus petits. Pour inviter les enfants à se sentir également partie prenante de la proposition synodale, au début de la phase diocésaine, les jeunes d’une paroisse du centre-ville ont reçu une brique de lego, avec l’invitation à la garder dans leur poche.
Le parcours d’échanges avec les enfants s’est structuré autour du sens de la communauté et du besoin de le rendre explicite. Une initiative mise en place en collaboration avec le «Réseau de la pastorale jeunesse diocésaine».
«Notre intention était de les inviter à se souvenir chaque jour du fait qu’ils font partie de quelque chose de grand qu’est l’Église», explique don Emanuele di Marco, responsable de la pastorale jeunesse en ville de Lugano. «Un dimanche après-midi, avec les 700 briques de Lego distribuées, nous avons construit, avec les catéchistes, une grande église et nous l’avons placée au milieu de notre Centre-jeunesse. Les enfants et les jeunes y ont déposé leurs réponses à la consultation».
Pendant quatre semaines, l’équipe des catéchistes luganais a laissé une grande liberté aux jeunes. «À la fin du parcours, à leur grande surprise, nous avons collecté environ quatre-vingt-dix cartes postales que nous enverrons à notre évêque diocésain», se réjouit don Emanuele.
Voix de femmes
Les femmes tessinoises ont également fait entendre leurs voix lors de cette phase de réflexion diocésaine. Rita Bertoldo et Anna Grandi, deux membres de l’Union Féminine Catholique Tessinoise (UFCT), ont participé aux travaux synodaux, notamment à travers des «cellules d’évangélisation» au niveau paroissial.
«Cette première phase nous a permis, tout d’abord, d’instaurer des relations, dans un contexte, comme celui que nous vivons au Tessin, où il est souvent difficile de sortir de sa propre sphère personnelle, explique Rita Bertoldo, enthousiasmée par les fruits de ces partages. Je suis convaincue qu’en partant des fidèles, des groupes et des communautés locales, nous avons réussi à créer un bon dialogue».
Difficultés et déceptions
«Nous avons surtout discuté de notre relation avec les personnes qui nous entourent et de celle, pas toujours facile, avec l’Église», témoigne la suisse italienne qui, avec l’UCFT, a essayé d’impliquer aussi des femmes extérieures à l’association dans ces échanges à propos de l’avenir de l’Église.
«Nous espérons que ce qui a été recueilli des différentes réalités diocésaines pourra être rapporté à Rome avec franchise et courage, déclare la tessinoise qui, avec l’UCFT, aurait aimé organiser des rencontres dans tous les vicariats diocésains.
«Pour l’instant nous n’avons pas pu le faire. Nous nous engagerons cependant à le faire plus tard, au-delà du Synode. Car nous ne voulons pas que notre association reste une réalité fermée sur elle-même», assure Rita Bertoldo.
Redécouvrir l’être communauté
Une volonté et une détermination à rencontrer le plus de femmes possibles partagées aussi par Anna Grandi.
«Les réunions ont été un partage d’expériences au cours duquel nous avons réalisé comme les situations que nous vivons sont souvent très similaires les unes aux autres. Ce genre comparaison nous a fait sentir moins seules», assure-t-elle.
Mais que reste-t-il aux fidèles, au terme de cette de la phase de consultation?
«Personnellement, j’ai été touchée par la grande modernité d’un pape qui invite les gens à se remettre en question. Ceci, afin d’essayer de construire une Église qui parte des personnes, en ramenant les individus au cœur de l’être chrétien, confie la tessinoise. Car souvent les personnes ne se sentent pas valorisées».
«L’expérience synodale, souligne Anna, m’a surtout donné l’occasion de partager un chemin, de créer de nouvelles amitiés et de redécouvrir le sens d’être Église. Grâce aux femmes de l’UFCT, j’ai découvert la possibilité d’un dialogue, même entre communautés différentes. Ceci démontre que le cœur de la foi n’est jamais perdu».
«Je souhaite que le cheminement synodal que nous avons partagé ces derniers mois ne se termine pas avec l’envoi des réponses, mais que cette expérience puisse être un moment de prise de conscience de toute l’Église», espère don Emanuele di Marco. (cath.ch/catt.ch/sg/dp/bh)
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Fribourg: Première rencontre du processus synodal
Devoir constater l’indifférence religieuse de tant de personnes, y compris des proches, “qui vivent sans Dieu, au moins tant que tout va bien” telle est la principale source de découragement pour les participants à la première rencontre du processus synodal pour le décanat de Fribourg. Avec en face néanmoins l’assurance que Jésus n’abandonne pas son Eglise.
Quelques 120 personnes du Grand Fribourg ont pris part le 22 janvier 2022, à la première rencontre du processus synodal convoqué par le pape François. Simples fidèles, pratiquants, laïcs engagés, religieuses, agents pastoraux et prêtres ont rempli la salle du Werkhof en Basse-Ville, choisie comme un lieu neutre, en dehors des structures paroissiales.
“Nous ne sommes pas le bureau des revendications, mais nous voulons être une Église qui se questionne”, avertit d’emblée le curé Philippe Blanc. Il n’est pas là pour commenter, pour justifier, encore moins pour juger. "Il s’agit de témoigner de ce que l’on vit, de son expérience, sans critère de hiérarchie ou d’autorité. Evitons le ‘on’ indéterminé ou le ‘il faut que’.”
La montgolfière a besoin d’air chaud et de vent
Pour permettre une libre expression, les responsables ont renoncé à un questionnaire mais ont utilisé la métaphore de la montgolfière. Pour avancer elle a besoin de deux choses: l’air chaud qui la porte et le vent qui la pousse, mais elle est ralentie pas le poids de ses passagers et le lest qu’elle emporte. Ses occupants contemplent à loisir le paysage sous leurs yeux. Rapportés à l’Eglise, les participants ont été invité à partager en groupes sur l’espérance qui les porte et les pesanteurs qui les découragent.
Pour la plupart, l’espérance se trouve dans la personne de Jésus “dont je vois le visage dans les personnes que je rencontre” témoigne Micheline. “Malgré les scandales et les difficultés, l’Église est toujours là, soutenue par la présence du Christ et de l’Esprit”, estime Agnès. Jean-Benoît voit une analogie avec le période du Concile Vatican II. “Le pape François comme Jean XXIII veut faire changer les choses”. Monique insiste sur la miséricorde de Dieu “qui m’aime comme je suis et que me permet d’avancer.” Emmanuelle ne veut pas laisser de côté la dimension communautaire “avancer ensemble, travailler en équipe, nous enrichit les uns les autres. Et Jésus est au milieu de nous.” “Si je n’ai pas pris le temps de prier, ma journée ne sera pas bonne”, note Thérèse. “Je reçois toujours une réponse positive, même si c’est parfois vingt ans après!”.
Trop de gens n’ont plus besoin de Dieu
Du côté des poids, Claire cite “la critique négative de ceux qui attaquent tout et tout le monde. Critiquer l’Église c’est critiquer ma mère.” Jean-Benoît dénonce le syndrome “On a toujours fait comme ça! Pourquoi changer?”. Agnès se désole de voir autant de monde “qui n’a plus besoin de Dieu qui n’y croit plus. Qu’est ce que j’ai fait de faux pour que la transmission ne passe plus? Je me sens responsable. “Dieu est le grand absent. Les gens en restent au mieux aux apparences et aux conventions sociales”, admet Denise.
Marcel regrette une Église qui “manque d’enthousiasme pour faire autre chose que maintenir les acquis et prolonger les habitudes. On se perd en petites querelles.” “Il manque trop souvent la joie du Christ”, renchérit Micheline.
L’Eglise: “Une institution d’intellos et de machos”
La deuxième série d’interrogations a porté sur la vision de l’Église: “quand je dis Eglise de qui et de quoi est-ce que je parle?” Pour la majorité, les mots qui viennent en premier à l’esprit sont: autorité, Vatican, institution. Henri parle “d’institution d’intellos et de machos” pas assez proche de la vie des gens. Beaucoup voient une Église qui a trop tendance à juger et à exclure, par exemple les divorcés remariés ou les homosexuels. “Il y a trop de pouvoir, de matérialisme, d’argent” soulignent d’autres en rappelant qu’à Fribourg (qui dispose de l’impôt ecclésiastique, ndlr) on discute beaucoup d’argent.
C’est dans un deuxième temps seulement qu’arrive l’idée du peuple des baptisés. “L’Église c’est nous tous, y compris ceux qui ont été blessés par elle”. Plusieurs élargissent d’ailleurs la frontière à tous ceux qui croient en Dieu ou à toutes les personnes de bonne volonté.” “L’Église n’est pas d’abord un ensemble de dogmes, ni une série de règles morales, mais la famille des enfants de Dieu” souligne Dung.
Pour une Église plus ouverte
Les propositions vont dans le sens d’une Église plus ouverte, plus accueillante et plus servante. “Moins d’administration, plus de présence”, résume Thérèse. Monique s’interroge cependant à propos des périphéries: “Qu’est-ce que cela veut-dire? S’agit-il de faire du social, d’écouter les personnes, de les accompagner vers la foi?”.
“Aller vers les personnes en marge c’est bien,mais que faire face à ceux qui se sont détournés?” relèvent d’autres. “Ne faut-il pas respecter leur liberté et laisser Dieu agir?”
Après trois heures d’échanges, le curé Philippe Blanc se refuse à tirer une quelconque conclusion. “En fait de conclusion, il faudrait plutôt parler d’ouverture, de début d’un processus. La démarche synodale voulue par le pape est appelée à se prolonger et se concrétiser dans toute la vie de l’Église”. (cath.ch/mp)
Le processus synodal à Fribourg
Le décanat de Fribourg a imaginé le processus synodal en trois étapes: Une Église qui se questionne, une Église qui dialogue et une Église qui célèbre et qui annonce avec autant de journées d’échanges. Les deux suivantes auront lieu le samedi 19 février à la paroisse Saint-Pierre et le 19 mars.
Les réponses seront ensuite adressées à l’équipe du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui en fera une synthèse qui remontera jusqu’à Rome pour le synode des évêques en octobre 2023.
Les réponses individuelles sont également possibles sur le site du diocèse ou celui du synode au Vatican. Enfin cath.ch attend volontiers votre contribution qui sera publiée sur son site. MP
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Processus synodal: Bâle publie ses premiers résultats
5'400 personnes ont participé à la première phase du processus synodal dans le diocèse de Bâle. L’institut de sondage GFS.Berne a publié, le 13 janvier 2022, une synthèse de 68 pages des réponses au questionnaire. Globalement, les souhaits vont dans le sens d’une Église plus moderne et plus progressiste.
Raphael Rauch / kath.ch /traduction et adaptation Maurice Page
77% des personnes consultées sont d'accord avec l'affirmation selon laquelle les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits que les hommes au sein de l'Église catholique, relève GFS Berne qui a rédigé la synthèse des réponses.
Plus de 60% considèrent que les personnes LGBTQI+ et les divorcés-remariés sont laissés de côté. En outre, 56% des groupes de dialogue estiment que les jeunes ne se sentent souvent pas à leur place, car les formes d'expression de l'Eglise ne leurs sont pas adaptées.
En matière d'écoute, le pape François obtient de meilleurs résultats que les "dirigeants du diocèse de Bâle". 65% ne se sentent pas entendus ou pas compris par les responsables du diocèse alors que 46% ne se sentent pas compris par le pape François.
"Expériences décevantes ou blessantes"
Parmi les obstacles à une meilleure écoute mutuelle, 59% citent "des expériences décevantes ou blessantes avec l'Eglise". Pour 55%, l'écoute est rendue difficile par le fait qu'il existe des "vérités indiscutables".
Les participants au dialogue ont dans l’ensemble l’idée et le souhait d’une Église ouverte et accueillante. Pour beaucoup, c’est le sentiment d’appartenance qui est déterminant. Seuls 44% lient l'appartenance à l'Église au sacrement du baptême. Il y a peu d’exigences en termes d’obligations ou de pratiques à respecter pour faire partie de l’Église, ni la confession, ni le paiement de l’impôt ecclésiastique ne sont par exemple considérés comme particulièrement pertinents.
60% de femmes
Par rapport au million de catholiques que compte le diocèse de Bâle, la participation correspond à 0,54%. Avec près de 60% des participants, les femmes ont été plus nombreuses à s'engager dans le débat. En raison des discussions en groupe qui ont parfois duré plusieurs heures, le processus a été nettement plus laborieux que pour un sondage d'opinion classique, relève GFS.Berne. MP
Foi et engagement social
Dans différents contextes, il apparaît que, dans la perception des participants, il existe un fossé entre l’Église catholique en tant qu’organisation et les croyants à sa base. La foi est souvent vécue selon les souhaits des croyants, même lorsque cela va à l’encontre de la doctrine en vigueur.
Outre l’ouverture, l’amour du prochain, la solidarité et l’inclusion en tant que valeurs centrales, l’importance du bénévolat, notamment des femmes, est régulièrement soulignée. Pour de nombreux participants au dialogue, l’engagement social n’est pas seulement un point d’ancrage pour l’identification, mais sert souvent aussi d’inspiration et est source de joie et de satisfaction.
Rituels et célébrations
Les rituels et les célébrations, ainsi que l’organisation qui les entoure, ne servent pas seulement d’îlots spirituels de calme et de réflexion dans le quotidien, mais sont également perçus comme très importants pour l’échange social et la promotion de la communauté. La question de savoir qui a accès aux sacrements fait régulièrement l’objet de discussions, notamment dans la perspective de l’œcuménisme.
Des voix pour la tradition
Malgré les souhaits d’une Église plus moderne et plus progressiste, il existe clairement des voix qui souhaitent un retour plus marqué aux valeurs et aux normes traditionnelles. Beaucoup se sentent eux-mêmes toujours plus marginalisés en tant que catholiques croyants et déclarés.
L'étude évoque également une certaine frustration, car les fidèles ne se sentent pas pris au sérieux par l'absence de réflexion et d'action de la part de l'Église. Le blocage des réformes a un effet de plus en plus décourageant et conduit à la résignation.
La grande diversité au sein de l’Église catholique est à la fois une chance et un problème. Une organisation qui couvre le monde entier et qui doit intégrer des valeurs différentes est confrontée à un défi de taille. Les groupes de dialogue suggèrent à plusieurs reprises de s’inspirer des processus de décision démocratiques en Suisse et de se pencher davantage sur le thème du fédéralisme.
Distinguer l’organisation et la foi
L’Église catholique, n’est pas une organisation "normale", rappelle GFS.Berne. Elle ne peut pas simplement s’adapter à un nouvel esprit du temps ou à de nouveaux "besoins du marché". Les parties centrales du dépôt de la foi ne sont pas négociables et conservent leur validité, même si elles peuvent apparaître anachroniques.
Il semble donc absolument essentiel pour l’Église catholique d’avoir elle-même une vision claire des choses qui relèvent de l’organisation et qui sont donc réformables, et des éléments qui ne sont pas négociables et qui doivent donc être explicités. Les groupes de dialogue montrent que l’Église catholique a toujours une base très intéressée par un tel dialogue, conclut le rapport de GFS.Berne.
Les résultats de l'enquête seront discutés la semaine prochaine lors d'une assemblée synodale à Bâle. Un rapport en sera tiré, qui sera d'abord discuté au niveau national au sein de la Conférence des évêques, avant d'être envoyé à Rome. (cath.ch/kath.ch/rr/mp)
La manière d’être Eglise ensemble
Le diocèse de Bâle est le premier diocèse de Suisse à avoir présenté un état intermédiaire du processus synodal. “Notre démarche est une combinaison de discussion et de sondage a expliqué à kath.ch Mgr Felix Gmür, évêque du diocèse. Des personnes ont discuté en groupe de la manière d'être Église ensemble. Le caractère de sondage réside dans le fait que les réponses ont été directement saisies dans la plateforme de recherche de "GFS Bern". Nous tenions beaucoup à ce que les résultats soient disponibles sous forme de connaissances scientifiquement prouvées. Cela donne plus de poids aux déclarations.”
“Malgré toute la diversité et la multiplicité des opinions au sein de notre Eglise, la conviction de la foi en tant que vision commune est forte et vécue comme un lien”, se félicite l’évêque.
GFS Berne: une consultation plus qu’un sondage
L'objectif du processus de dialogue n'était pas d'être représentatif, mais d'offrir une place au plus grand nombre de voix possibles et variées" a expliqué à kath.ch Cloé Jans, responsable de l’étude pour GFS Berne. "Le processus de dialogue correspond ainsi beaucoup plus à une consultation qu'à un sondage".
Par rapport à un sondage téléphonique, les gens ont dû s'organiser, se réunir, discuter de manière relativement approfondie, s'enregistrer, laisser une adresse e-mail. Dans ce sens, le nombre de 5400 participants est tout à fait honorable. Les déclarations des gens sont très cohérentes. Cela signifie qu'on peut très bien travailler avec ces données. MP
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L’assemblée synodale de Bâle demande une Eglise «ouverte à tous»
Le rapport final de l’assemblée synodale du diocèse de Bâle a été publié le 26 janvier 2022. Le document demande notamment la concrétisation d'une Église «ouverte et accueillante pour tous».
Deux semaines après la publication par l’institut de sondage gfs.bern de la synthèse pour le diocèse de Bâle des réponses au questionnaire, le rapport final de l’assemblée synodale a été publié le 26 janvier 2022. Il rassemble les requêtes diocésaines adressées à la Conférence des évêques suisses (CES).
Durant trois jours, du 20 au 22 janvier 2022, 82 personnes (44 hommes et 38 femmes) constituant l’assemblée synodale ont discuté, à Bâle, des résultats de la phase de dialogue en groupes et ont formulé des demandes d'action urgentes.
En finir avec «les exclusions blessantes»
Le rapport insiste notamment sur la concrétisation d'une Église ouverte et accueillante pour tous. «Cette vision est confrontée, entre autres, aux expériences d'exclusions blessantes de différents groupes de personnes à plusieurs niveaux. Ces expériences entraînent une perte de crédibilité de l'Église», note le document. «Dans ce contexte, il est urgent que l’Église accueille les connaissances en sciences sociales et humaines ainsi qu'en théologie des dernières décennies et qu’elle en tire des conclusions concrètes pour son enseignement, notamment en ce qui concerne l'admission au sacrement de l'ordre et la morale sexuelle».
L’assemblée diocésaine appelle également de ses vœux des structures qui favorisent la participation et la communication et qui empêchent systématiquement les abus de pouvoir.
Itinéraire synodal satisfaisant
Le rapport final est rendu public sur les sites internet bistum-basel.ch et jurapastoral.ch. Il sera remis à la CES dans les prochains jours. Dans une étape ultérieure, les requêtes de tous les diocèses suisses seront regroupées et envoyées à Rome d'ici le 15 août 2022.
La publication du document a été annoncée lors de la conférence de presse qui a mis en avant la démission de l’abbé Jean Jacques Theurillat de son poste de vicaire épiscopal pour le Jura pastoral et la nomination de deux délégués de l’évêque, le 26 janvier, à Delémont (JU).
Les responsables d’Eglise présents à cette occasion ont relevé leur satisfaction quant à la phase de consultation de l’itinéraire synodal dans le diocèse de Bâle. Près de 5'400 personnes ont répondu au questionnaire dans le diocèse. Un chiffre jugé «exceptionnel» par gfs.bern au vu de l’investissement demandé. Les intervenants ont souligné la richesse et la profondeur des échanges. (cath.ch/com/arch/rz)
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Sion: une réunion synodale, avec «le souci de l’Église dans 10 ans»
Une trentaine de personnes se sont retrouvées au restaurant de la Maison de la diaconie le «Verso l’Alto» pour le quatrième des cinq «Samedis du synode», le 5 février 2022. Sœur Adrienne Barras, religieuse à la Pelouse (VD) et membre du Conseil épiscopal du diocèse de Sion pour la vie consacrée, a animé la soirée orientée notamment sur le thème épineux de l’autorité et de la participation en Église.
Ce samedi soir, une majorité de femmes occupent la véranda du restaurant le Verso l'Alto parmi des participants d’une moyenne d’âge tendant vers les 65 ans. cath.ch s’est invité à une des tables du restaurant. Au gré des questions telles qu’entre autres, la participation, la coresponsabilité, la manière dont est exercée l’autorité au sein de leur Église, l’encouragement des ministères laïcs, les participants sont entrés sans détours dans le vif du sujet.
Odette, une habitante de Sion de 75 ans qui fut catéchiste durant 26 ans, évoque d’emblée «une Église pyramidale» où elle n’a pas le sentiment d’avoir été écoutée et une cohabitation parfois difficile avec les curés. «Il y a eu Vatican II, mais on en n’a pas senti les effets».
«Une vie d’Église de peur»
«Mes parents, ajoute-t-elle, ont vécu une vie d’Église de peur». Elle parle d’une Église de pouvoir sur les femmes et «archi-catholique jusqu’au Concile Vatican II. Pour moi ce n’était pas une religion de l’amour où on nous disait les vraies paroles de Jésus. Je l’ai découvert après».
«Ma vie d’Église, dit-elle, a commencé avec la formation sur la Bible, avec l’abbé Michel Salamolard (lors du lancement de la Formation d’adultes au ministère en Église, la FAME, en 1979)». Elle fut, avec d’autres, une des pionnières du diocèse à se former à la catéchèse sous la houlette du prêtre valaisan et de Sœur Marie Bosco, une religieuse ursuline de Fribourg qui enseignait à l’École de commerce de Sion.
La formation
«Justement, si l’on veut que les gens participent, il faut encourager la formation», lance Léandre, 78 ans, le mari d’Odette. Il se souvient qu’on lui a demandé de s’occuper de la liturgie. «Lorsque j’ai demandé une formation, on m’a répondu qu’il n’y avait pas les moyens, qu’il fallait se débrouiller». Le reste du temps, ajoute-t-il, c’était la morale, «90% de morale!».
Quand vient la question de la participation, Simone, une Sédunoise plutôt discrète de 76 ans, prend la parole: «Il est vrai que les actes ne correspondaient pas aux paroles de la Bible». «Je me souviens d’un week-end de réflexion pour les Conseils de communauté (Cocom) dont le thème portait sur ce que nous n’avions pas le droit de faire». Elle a siégé quatre ans au Cocom de sa paroisse.
Comme au conseil d’administration
«J’ai démissionné. Il n’y avait pas d’échanges, nous n’étions pas là pour faire des propositions, mais pour dire ‘oui’ ou ‘non’ à tel ou tel projet, un peu comme dans un conseil d’administration. Je n’y ai pas trouvé ma place». Simone est malgré tout restée engagée en Église. «Ma fille n’est pas engagée en Église, mais elle est chrétienne et vit la charité», ajoute-t-elle.
Thérèse souhaite communiquer la joie qu’elle a d’être habitée par le Christ, «Il faut le dire aux jeunes et faire ressortir la grâce du Baptême que nous avons reçu et annoncer la joie d’être chrétiens!» Ce qui, à ses yeux, manque cruellement dans l’Église d’aujourd’hui: «Nous ne sommes pas qu’une Église de souffrance et de tristesse!»
Marie-Jeanne, plus réservée jusque-là, s’engage dans le débat et estime que l’Église doit mieux faire connaître les belles choses qu’elle propose, notamment pour les jeunes. Arrivant d’Afrique, elle a été surprise de voir si peu d’enfants et de jeunes sur les bancs de l’église qu’elle fréquente. «Il faut retourner à la base: la Parole du Christ, l’Évangile».
Le brouhaha s’est amplifié, les échanges vont bon train et il faut maintenant tendre l’oreille pour entendre ses interlocuteurs. Une pause est prévue au moment où sont servies les galettes de sarrasin commandées un peu plus tôt. Les conversations continuent de tourner, au gré des souvenirs, autour de l’Église, de la paroisse. La question de la place des femmes «dans cette Église masculine et cléricale» est évoquée.
Un témoignage "pour la suite"
Le constat est sévère, les critiques dures, mais la démarche est sincère. Tous ont voulu témoigner à l’occasion de ce processus synodal, pas pour eux, mais «pour la suite». Thérèse n’a pas encore répondu au questionnaire. «C’est le moment de bouger! Je ne sais pas de quelle manière cela va évoluer», indique-t-elle. C’est la première réunion à laquelle elle participe. «On m’en a parlé dans le groupe charismatique auquel je participe et j’ai vu une affiche dans le Nouvelliste». «On a le souci pour l’Église dans 10 ans», assure Simone qui n’a non plus jamais vécu une telle démarche. Tous espèrent que ce n’est pas trop tard et se disent encouragés de faire bouger les choses ensemble.
Léandre a participé à toutes les réunions. «J’étais curieuse de voir comment cela se déroulait. J’espère que tout ce travail ne se fait pas dans le vide», confie de son côté Marie-Jeanne. «Il faut que tout ça aille plus haut et qu’il y ait une suite à tout ce qui est partagé là!», lance Odette. Ils s’interrogent sur la manière dont leurs propos vont être synthétisés et, ils l’espèrent vivement, rapportés le plus fidèlement possible à Rome.
«Ce qui a été dit doit aussi être appliqué ici et maintenant! Pourquoi attendre le synode?», interroge Léandre. A quoi pensent-t-ils? «Par exemple, suggère Odette, l’apport des fidèles à la liturgie de la Parole. Pourquoi ne pas avoir un échange entre le prêtre et les fidèles au sujet de l’Évangile du jour?». Elle aurait eu beaucoup à dire sur l’homélie de la messe de ce samedi soir.
Certes, l’Église doit changer sa gouvernance, mettre son autorité au service des fidèles et évoluer. «C’est urgent!» Les participants ont aussi à l‘esprit que les laïcs vont devoir mettre la main à la pâte. «Avec ce fonctionnement pendant des années, on a été habitués à ce que tout vienne du prêtre». Simone raconte l’anecdote du crucifix qu’elle a vu un jour chez une amie. «Le christ n’avait pas de mains. Ses enfants lui ont demandé pourquoi. ‘Nous sommes les mains’, leur a répondu mon amie». (cath.ch/bh)
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Synode: la Suisse romande chemine avec les pauvres
Questionnaire synodal en ligne, simplifié, discuté en famille, partagé en assemblée après la messe, à l’occasion d’un rendez-vous paroissial, etc. Au milieu de tout ce foisonnement, les aumôneries de rue des cantons romands ont inclus les personnes situées en marge de la société et de l’Église dans la démarche synodale. Tour d’horizon (non exhaustif).
Vu de Lausanne*: Bernard Hallet/cath.ch
Les aumôneries de rue au service des personnes en situation de précarité ou vivant dans la rue s’activent, sans bruit, à organiser des réunions à l’intention des personnes en marge de la société et des parvis. «Ils nous amènent une expertise du terrain dont ils sont, en fait, les meilleurs connaisseurs. A travers cette démarche synodale, il y a vraiment quelque chose à recevoir d’eux», indique Pascal Bregnard, responsable du Département Solidarités de l’Église catholique dans le canton de Vaud (ECVD).
Avec toutefois le risque qu’ils ne prennent pas la parole, ajoute-t-il, en raison de difficultés à s’exprimer ou par rapport à leur situation de vie, qui les inciterait à s’autocensurer.
La synodalité sans le savoir
Pascal Bregnard y voit également le prolongement de la démarche entamée par les pastorales de rue pour travailler en coresponsabilité avec les personnes en précarité. «Avant on parlait d’eux sans avoir leur avis. Avec le groupe Fratello, notamment, on travaille en co-reponsabilité, avec eux et… on a commencé à faire de la synodalité sans le savoir!». Pour le responsable du département solidarité, la démarche synodale s’inscrit naturellement dans les groupes avec les personnes en précarité.
A Morges (VD), Françoise Gariazzo, de la pastorale de rue dans l’Unité pastorale La Venoge – Eaubonne, veut profiter d’un groupe de parole autour de la Bible déjà existant pour y insérer des échanges autour d’une ou deux questions sur la synodalité. Notamment en rapport avec l’écoute des personnes en dehors de l’Église. «Ce sont des gens cabossés par la vie et ne sont pas tous catholiques».
Privilégier la parole des pauvres
Elle espère, dans le cas d’une bonne discussion, renouveler l’expérience avec, si nécessaire, des entretiens individuels. «Il est important de privilégier leur parole, même si elle est parfois difficile à capter. S’exprimer sur ces sujets est parfois très difficile pour eux. Ils peuvent se refermer très vite». Raison pour laquelle elle ne compte pas ouvrir le groupe plus largement. «En revanche, s’ils adhèrent au projet, cela peut être très riche. Ils s’expriment sans filtre».
Marie-Antoinette Lorwich, de la pastorale de rue à Moudon (VD), adoptera la même démarche. Elle a l’intention de réunir, ces prochains jours, une dizaine de personnes en précarité et en cours de réinsertion après un séjour en prison. «Il faut un langage simple. Je me focaliserai au maximum sur trois questions». Elle espère des retours intéressants, d’autant que certains ne sont pas catholiques, d’autres sont en dehors de l’Église ou en train d’y revenir.
Au bout du lac, Inès Calstas, responsable de la pastorale catholique des Milieux ouverts du canton de Genève, projette de sonder les personnes en situation de rue qui fréquentent le groupe de lecture biblique qui leur est destiné.
Avec Fratello
Dans le diocèse de Sion, la Maison de la Diaconie de Sion organise déjà les "Samedis du synode" au restaurant le Verso l'alto: des samedis soirs dédiés à certaines thématiques du synode ouverts à tous, dans ce restaurant où les plus modestes peuvent venir prendre un repas et participer. Joëlle Carron, du service de la diaconie, annonce que les questions autour du synode seront spécifiqument abordées au cours d’une réunion de l’association Fratello-Valais, le dernier dimanche de janvier. Une quarantaine de personnes devraient y participer.
«Par votre appel téléphonique vous m’avez donné envie d’organiser un partage sur le thème de la synodalité avec des personnes rencontrées dans la précarité», écrit dans un courriel à cath.ch Bernard Tripet, de l’association «Le Pèlerin des rues», à Cortaillod (NE). La question de cath.ch sur une éventuelle réunion synodale avec des personnes de la rue l’a titillé. Il va donc, une fois la semaine de l’unité des chrétiens passée, thématiser une des soirées organisées par l’association, sur le synode.
«Ce synode est une belle opportunité de donner la parole aux gens de ‘l’extérieur’. Leur voix comptent», estime Françoise Gariazzo. (cath.ch/bh)
*Une collaboration entre centres médias
C’est déjà le cas actuellement, mais de manière ponctuelle. Désormais, cath.ch publiera régulièrement des articles proposés par les rédactions de Zürich et Lugano illustrant, décryptant ou analysant une réalité ecclésiale de leur région linguistique qui intéresse le reste de la Suisse. Cela afin de faire découvrir aux lecteurs des spécificités régionales, au-delà d’une simple actualité.
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Synode: L’Église s'ampute du Christ si elle n'écoute pas les pauvres
«Qui l’Église doit-elle apprendre à mieux écouter?», la question lancée par Françoise Gariazzo, en charge de la pastorale de rue et sociale de l’Église vaudoise, suscite l’étonnement. Thérèse trouve la question bizarre. La réponse sonne comme une évidence: «L’Église doit mieux apprendre à écouter Dieu pour savoir nous écouter. Ça va descendre vers les gens et elle saura ensuite mieux les écouter. Et peut-être que nous aurons une conversion».
«C’est marrant que l’Église pose cette question!», sourit Philippe. Il fut un enfant placé de force et Thérèse, d’origine congolaise au parcours de vie sinueux, participent ce jeudi après-midi au groupe de Parole qu’anime Françoise Gariazzo. Une fois par mois, l’agente pastorale, en charge de la pastorale sociale et de rue pour les UP La Venoge-l’Aubonne et Nyon-Terre Sainte, les retrouve à la cure catholique de Morges, avec d’autres personnes de tous horizons en situation de précarité.
Questions simplifiées
L’agente pastorale a profité de cette lectio divina pour reprendre trois des questions du document préparatoire au synode sur la synodalité. «En fait, j’ai trouvé un flyer au fond d’une église en Valais qui présentait une version simplifiée du grand questionnaire du synode». Une initiative qu’elle juge heureuse qui lui permet d’inclure des personnes en situation de précarité dans la démarche synodale que le pape François a lancée en octobre 2021.
Outre Philippe et Thérèse, Mathilde, retraitée d’origine de la République dominicaine, dont Françoise traduira les propos en espagnol et Mourad, franco-algérien et musulman, mais qui s’intéresse au christianisme et «croit à Jésus», sont venus «au groupe».
L’après-midi a débuté par un échange autour de la guérison de Bartimée par Jésus (Mc 10, 46-52). Françoise donne la parole à chacun. Les propos sont simples, on explique la signification de quelques mots. Les cris répétés de l’aveugle et son insistance à vouloir rencontrer Jésus, malgré la foule et les disciples qui font obstacle, ont touché les participants.
Qui fait partie de l’Église?
L’image est reprise durant la conversation qui suit à propos des questions que Françoise Gariazzo a sélectionnées. «Quand nous disons «l’Église», qui en fait partie?» «C’est la foule qui nous accompagne et qui nous sépare de Jésus et qui nous y mène aussi, assure Thérèse, Tous ces gens qui ne croient pas ou ne voient pas toujours Jésus».
«Les disciples de Jésus font partie de l’Église: En fait, c’est nous», avance Mathilde. Pour Philippe et Mourad, ce sont les gens qui ont la foi en Dieu.
A la question de savoir qui l’Église doit mieux écouter, Mathilde pense qu’elle doit apprendre à vivre la Parole de Dieu. «Écouter, insiste-t-elle, ce n’est pas entendre, c’est mettre en pratique cette Parole de Dieu», «… et c’est ce qui permettra qu’elle nous écoute mieux! L’Église s’est mise à la place de Dieu et elle a laissé faire des catastrophes. Il faut ramener l’Église à ses devoirs», renchérit Thérèse.
L’Église doit être la parole de Dieu
«Que voudriez-vous que l’Église fasse pour les gens?», demande ensuite l’agente pastorale. Mathilde aimerait que l’Église s’unisse. «Il faut que 'ton problème soit mon problème’, c’est-à-dire que nous soyons plus concernés les uns par les autres». Thérèse demande à l’Église une plus grande cohérence entre les actes et les paroles; qu’elle amène, comme dans le texte étudié, les gens à cheminer jusqu’à Jésus plutôt que les écarter. «L’Eglise doit être la parole de Dieu et non celle des hommes».
Mourad se situe à l’échelle mondiale et estime que l’Église doit écouter l’humanité et surtout toucher le cœur des dirigeants, de sorte qu’on ait moins de guerres, de famines, de dictatures et que le monde se porte mieux. Même si le pape rencontre les dirigeants de la planète, «il ne peut pas faire de politique», estime Philippe. «Je parle des hommes et de leur foi, pas de la politique», précise Mourad.
Attentive à donner la parole à chacun, Françoise Gariazzo anime la discussion, pendant que Natacha, stagiaire en année de discernement pastoral, prend des notes. Hésitant à s’exprimer en présence d’un journaliste au début de la réunion, les participants se sont finalement pris au jeu des questions. Ils donnent leur point de vue sans scruter le bloc note et le stylo lorsqu’ils prennent la parole. Un café et des tranches de cake viennent clore la réunion qui aura duré deux heures et demie.
«Ici, on a notre place»
Thérèse a rencontré Françoise à la permanence-accueil de Caritas Nyon. Elle l’a suivie quand le groupe de Parole s’est mis en place en décembre 2018. «Ici on peut s’exprimer, on a notre place et on a ces échanges dans la foi». Elle se dit très touchée de participer au synode et pense que le pape est courageux de s’adresser aux gens malgré toute cette hiérarchie. «L’Église a étouffé la Parole et c’est dommage. On est un peu au ‘garde à vous’». Elle aimerait discuter de l’homélie avec le prêtre, pouvoir échanger sur la Parole pendant la messe. «Mais ça n’arrive jamais».
Pas question de manquer un groupe de Parole pour Philippe. «Ici, je me sens écouté. Ce n’est pas l’Église qui m’a fait du mal, c’est la Confédération helvétique qui s’est défaussée sur les institutions qui nous ont placés».
Une foi simple
«Ces rencontres sont très nourrissantes pour moi. Ils ont une foi simple, qui me touche». Tout en rangeant la salle, Françoise se confie sur son ministère. Inutile de structurer les réunions complexes, «je dois être avec eux, c’est ce qui compte». Elle évoque des parcours de vie très difficiles. «Certains ont été cabossés par l’existence. Je dois composer avec les participants. Ils viennent ou pas. Ils s’expriment ou pas. C’est ainsi».
L’agente pastorale a déjà organisé une séance autour des questions du synode lors de la rencontre précédente. «Il faut mieux écouter le ‘terrain local’ et pas seulement les instances supérieures», a répondu un participant. Cela renforce sa conviction que chacun a à donner quelque chose, où qu’il se situe. Il était essentiel à ses yeux que les personnes en situation de précarité soient incluses dans le processus synodal. C’est d’ailleurs le cas dans tous les cantons».
«L’Église s’ampute d’une possibilité de rejoindre le Christ si elle se coupe des plus pauvres», lance l’agente pastorale. Chercher à écouter les personnes en marge, délaissées, est capital pour que l'Église soit vraiment l'Église de toutes et tous. (cath.ch/bh)
Pastorale sociale et de rue
Dans l'Église catholique dans le canton de Vaud, la pastorale sociale et de rue vise à développer un réseau de soutien, d’entraide et d’accompagnement spirituel de proximité pour écouter des personnes rencontrant des difficultés sociales et existentielles. La pastorale a également pour but d'orienter ces personnes vers des services adéquats au niveau social, de tisser des liens et d'offrir des espaces communautaires de partage, un accompagnement spirituel et des temps de méditation et de veillée autour des réalités lourdes vécues par ces personnes.
Cette pastorale est portée par des agents pastoraux et des bénévoles. Ils informent, sensibilisent les communautés chrétiennes ainsi que d’autres milieux sur les réalités de la pauvreté et les invitent à des actions de solidarité. BH
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Fribourg: un laboratoire romand pour tester la synodalité
Les 29 et 30 août 2022, un «laboratoire de synodalité» s’est tenu à l’église Sainte-Thérèse de Fribourg. Une centaine de participants ont suivi cette expérimentation ponctuée d’interventions stimulantes et de partages. La religieuse Nathalie Becquart, sous-secrétaire du Synode des évêques à Rome, et le Père Luc Forestier, de l’Institut catholique de Paris, ont accompagné ce temps fort.
L’Eglise catholique découvre-t-elle la synodalité comme Christophe Colomb a découvert l’Amérique? Le mouvement lancé par le pape François depuis moins d’un an y ressemble. Preuve en a été donnée durant deux jours de «laboratoire sur la synodalité» organisé à Fribourg. Une confirmation que l’élan de conversion au sein de l’Eglise, sur la base du sens commun des fidèles, prend forme.
Une centaine de prêtres, diacres, agents pastoraux et futurs agents ont répondu à l’invitation du CCRFE et de l’Université de Fribourg. Quant au «plateau», il était relevé : Sœur Nathalie Becquart, sous-secrétaire du Secrétariat du Synode, venue de Rome, le Père Luc Forestier, de l’Institut catholique de Paris, Don Marc de Pothuau, père-abbé d’Hauterive, Astrid Kaptijn, professeure de droit canonique à l’Université de Fribourg, Christophe Chalamet, professeur de théologie réformée à l’Université de Genève. Autre participant connu: l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod.
Participation suisse «assez bonne»
Le «labo» a fonctionné sur un modèle expérimental, entre prières et messe, interventions magistrales, discussions en groupes et tables rondes. Les échanges ont permis de mesurer le chemin parcouru depuis octobre 2021, dans le sens du prochain Synode des évêques sur la synodalité, prévu à Rome en octobre 2023.
L’Eglise suisse a adressé au Vatican son rapport synodal, a indiqué le professeur de théologie pastorale de l’Université de Fribourg, l’abbé François-Xavier Amherdt. La participation helvétique, qualifiée d’«assez bonne», a surtout concerné les personnes insérées en Eglise. La différence de sensibilités entre la Suisse alémanique et les cantons latins s’y est manifestée, les structures ecclésiales étant davantage ciblées outre-Sarine, tandis que la Suisse romande a été plus préoccupée des attitudes en Eglise.
Vatican II en résumé
Le danger de la démarche, selon Philippe Becquart, théologien et responsable du Service de formation des adultes de l’Eglise catholique vaudoise, est de s’arrêter aux récriminations. Rien de tel dans la présentation de la religieuse xavière Nathalie Becquart : la consultation lancée par le pape est «l’événement le plus important depuis Vatican II», car elle rejoint «l’identité la plus profonde de l’Eglise». La synodalité, c’est «Vatican II en résumé».
105 pays sur 114 ont déjà envoyé à Rome leur rapport synodal, a indiqué la sous-secrétaire romaine. La démarche se fonde sur «le caractère pèlerin» de l’Eglise, attentive aux signes des temps. La synodalité va de pair avec l’inculturation, chaque Eglise particulière étant façonnée par la culture locale «parfois plus que par l’Evangile», précise Nathalie Becquart. D’ailleurs, dans certains pays, c’était la première fois qu’on demandait aux catholiques leur avis sur la marche de l’Eglise. Le défi? «Passer d’une Eglise enseignante et euro-centrée à une Eglise synodale, fraternelle et pluri-culturelle».
Document d’étape
Les documents reçus à Rome seront relus par des groupes d’experts, puis retourneront dans les Eglises locales. Ensuite un document d’étape par continent sera établi pour le début 2023.
"La consultation lancée par le pape est l’événement le plus important depuis Vatican II»
Après les informations, le temps du partage: à Fribourg, les remontées des tablées ont mis en exergue l’envie de changements et l’émerveillement sur le processus. Mais ces échos positifs sont contrebalancés par les doutes et le risque d’un «grand exutoire de négativités». Les prêtres ont également été blessés par les attaques dont ils ont parfois fait l’objet, ce qui pose la question de la gouvernance. «Notre vulnérabilité extrême nous rend accueillants dans notre faiblesse pour laisser travailler l’Esprit saint», a résumé Philippe Becquart.
«Expérience fondamentale»
«Pour les pays occidentaux, il s’agit de passer du 'je’, qui marque l’individualisme contemporain, au 'nous’ ecclésial, a précisé Nathalie Becquart au cours de la table ronde. Or l’Eglise, avant d’être institution, est relationnelle. Et la dimension de la synodalité est «missionnaire», sur la base des encycliques du pape François Laudato Si’ et Fratelli Tutti, «cartes routières» pour l’Eglise d’aujourd’hui.
Pour Luc Forestier, le souci des transformations sociales actuelles, avec l’accentuation du rôle des femmes ainsi que l’éco-anxiété, questionnent les autorités politiques et donc l’Eglise. Il s’agit véritablement d’associer les femmes et les laïcs à la gouvernance de l’institution. Car le synode se veut « communion, participation et mission ». Pour Mgr Morerod, qui le considère comme une «expérience fondamentale», «tout n’est pas dans les mains du pape, ni dans celles des évêques».
«Nous passons trop de temps à vouloir 'sauver les meubles’».
Le second jour du «laboratoire» a donné la parole au professeur réformé Christophe Chalamet. Tout en soutenant la démarche catholique, il a évoqué les pratiques de sa propre tradition. C’est un fait: la synodalité reste « en devenir » partout, car les difficultés de mise en œuvre concernent toutes les Eglises. Du côté catholique, le principe hiérarchique a pris le dessus sur le principe synodal. Citant le moine américain Thomas Merton, l’enseignant genevois indique que la vocation actuelle de l’Eglise « n’est pas la survie, mais la prophétie»: «Nous passons trop de temps à vouloir 'sauver les meubles’».
«Nous corriger»
Don Marc de Pothuau aborde la question de la fraternité en Eglise, sur la base d’un triple constat. «J’ai besoin d’un frère qui soit le gardien de mon âme, de ma dignité et de ma qualité de présence». «Nous devons nous corriger sans jugement, car la poutre du jugement m’empêche de voir la beauté du frère», note le moine cistercien en fondant son propos sur un récit des moines du désert. L’abbé d’Hauterive voit trois urgences actuellement: les addictions, notamment «la porno-pandémie», le découragement et la méfiance dans l’Eglise, et enfin l’isolement, «qui croît d’ailleurs avec les responsabilités en Eglise».
Face à ces maux, le moine fribourgeois expose la pratique cistercienne, avec les visites régulières d’évaluation des monastères. Le duo «abbé-abbesse» chargé de ces tournées se révèle efficace: «Une femme ose dire des choses que je n’oserai pas» et «a un lien différent à la souffrance, qui nous remet en place, nous les hommes». Quant au rapport d’autorité, Don Marc plaide pour une écoute profonde de tous : « C’est un lieu de sacrifice spirituel », avoue le religieux cistercien, dans sa communauté, car son avis premier peut être corrigé par la consultation de sa communauté.
Pour une Eglise «enfin catholique»
Pour la professeure Astrid Kaptijn, qui a participé en France à la Commission indépendante sur les abus sexuels en Eglise (CIASE), la réflexion sur la gouvernance de l’Eglise est un sujet majeur. Car il s’agit, au sein du processus synodal, de mettre en œuvre les charismes de chacun, comme le demande le Concile.
La transparence dans la gouvernance est aujourd’hui questionnée et exige la cohérence. Tout n’est pas bon à dire, mais la dynamique entre autorité et vérité est essentielle: «Il faut discerner entre ce qui doit être rendu public et gardé secret». Enfin, estime l’universitaire, il est essentiel de rendre des comptes en Eglise.
Les «laborantins» de Fribourg sont-ils devenus des ambassadeurs de la synodalité ? Chargé de conclure les journées, le Père Luc Forestier a plaidé pour une conversion nécessaire pour tous, en valorisant la culture du débat. Qualifiant le mouvement actuel de «nouvelle étape dans la réception de Vatican II», le prêtre parisien défend la vision d’une Eglise «enfin catholique» dans une catholicité bien comprise avec l’échange des dons et l’élargissement de la diversité des ministères.
Après un temps de prière commun, les participants se sont égayés, visiblement ravis de ce temps d’expérimentation. Avec une certitude: la synodalité reste, comme le fut l’Amérique, une découverte progressive. (cath.ch/bl)
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