Evêques suisses: “Seul le prêtre peut présider l’eucharistie"
Dans une lettre commune adressée, le 5 janvier 2023, aux personnes actives en pastorale, les évêques de Bâle, Coire et Saint-Gall les appellent à respecter les règles liturgiques: "Vous savez tous que seul le prêtre préside valablement l'eucharistie, accorde la réconciliation sacramentelle et admini...
Evêques suisses: “Seul le prêtre peut présider l’eucharistie"
Suisse: le 'savon' des évêques sur la liturgie ne passe pas
Monika Schmid: "Je ne veux pas provoquer"
Evêques suisses: “Seul le prêtre peut présider l’eucharistie"
Dans une lettre commune adressée, le 5 janvier 2023, aux personnes actives en pastorale, les évêques de Bâle, Coire et Saint-Gall les appellent à respecter les règles liturgiques: "Vous savez tous que seul le prêtre préside valablement l'eucharistie, accorde la réconciliation sacramentelle et admini...
Evêques suisses: “Seul le prêtre peut présider l’eucharistie"
Dans une lettre commune adressée, le 5 janvier 2023, aux personnes actives en pastorale, les évêques de Bâle, Coire et Saint-Gall les appellent à respecter les règles liturgiques: "Vous savez tous que seul le prêtre préside valablement l'eucharistie, accorde la réconciliation sacramentelle et admini...
Suisse: le 'savon' des évêques sur la liturgie ne passe pas
Le 'savon' passé par les évêques de Bâle, Coire et St-Gall à leurs agents pastoraux qui ne respectent pas les règles de la célébration liturgique a suscité un tollé en Suisse alémanique. Même si pour Mgr Felix Gmür évêque de Bâle, les encouragements priment sur les reproches.
Monika Schmid: "Je ne veux pas provoquer"
Après une première réaction très virulente au 'savon' passé par les évêques de Coire, de Bâle et de St-Gall, Monika Schmid revient dans un long plaidoyer pro domo sur sa conception de la liturgie et de la participation des fidèles. “Je n’ai pas voulu provoquer”, affirme-t-elle.
Evêques suisses: “Seul le prêtre peut présider l’eucharistie"
Dans une lettre commune adressée, le 5 janvier 2023, aux personnes actives en pastorale, les évêques de Bâle, Coire et Saint-Gall les appellent à respecter les règles liturgiques: "Vous savez tous que seul le prêtre préside valablement l'eucharistie, accorde la réconciliation sacramentelle et administre l'onction des malades", insistent-ils dans ce qui apparaît comme une réponse à “l’affaire Monika Schmid”. Et un avertissement sévère à celles et ceux qui ne respectent pas les règles communes.
A l'occasion de la nouvelle année, les trois évêques, Felix Gmür, Joseph Bonnemain et Markus Büchel, adressent d’abord leurs remerciements et leurs voeux à leurs agents pastoraux mais souhaitent aussi partager leur inquiétude.
“Nous savons très bien qu'il n'est pas rare que votre travail exige un double équilibre. Il y a un grand écart entre ce pour quoi vous brûlez, votre foi personnelle, et la confrontation avec tout ce qui fait que l'Église est si douloureusement en retard sur l'Évangile.” A cela s'ajoute le regard de la société lorsque vous vous reconnaissez comme une personne active et engagée dans l'Eglise.
“Comme vous, nous évoluons dans ces zones de tension et faisons de notre mieux pour les supporter et les vivre dans une attitude d'espérance. Nous sommes très reconnaissants pour le processus synodal, qui nous montre une fois de plus que nous sommes en route ensemble et que ce n'est qu'ensemble que nous pouvons être des témoins crédibles de Jésus-Christ.”
Un témoignage commun exige des règles communes
Pour les évêques néanmoins, “le témoignage commun nécessite des formes et des règles communes. En ce qui concerne le respect de ces règles, (...) nous, évêques, recevons régulièrement des demandes et des réactions inquiètes, notamment en ce qui concerne les célébrations religieuses. Les fidèles ont droit à des services religieux qui respectent les règles et les formes de l'Église”.
“La liturgie inculturée, mais homogène dans ses formes de base, est un trésor de notre Église qui donne une patrie aux croyants, en particulier aux migrants, dans le monde entier. Nous rappelons donc avec insistance que les formes et les règles liturgiques s'appliquent également dans notre pays, conformément aux dispositions des évêques”, poursuit la lettre.
Seul le prêtre préside valablement l’eucharistie
“Elles concernent en particulier ceux qui président les célébrations. Vous savez tous que seul le prêtre préside valablement l'eucharistie, accorde la réconciliation sacramentelle et donne l'onction des malades. C'est précisément pour cela qu'il est ordonné. Cette règle de foi catholique romaine doit également être respectée sans restriction dans nos diocèses”, avertit le message.
Une réponse à “l’affaire Monika Schmid”
“Il ne s'agit pas ici d'une obéissance aveugle et encore moins de la promotion d'un cléricalisme patriarcal, mais de la conviction que les prêtres, dans le service et l'exécution des sacrements, rendent visible que Jésus-Christ lui-même agit dans et par les sacrements. Ils maintiennent en quelque sorte ouvert l’espace pour l'action de Dieu dans la liturgie. C'est pourquoi l'Église maintient depuis le début du christianisme - et ce en consensus œcuménique avec presque toutes les autres Églises chrétiennes - qu'il faut une désignation sacramentelle, c'est-à-dire une ordination, pour présider la célébration de l'eucharistie et pour dire la prière eucharistique en tant que prêtre concélébrant.”
Les textes liturgiques ne sont pas non plus quelconques, car ce ne sont pas nos textes, mais ceux de toute la communauté de foi. L'Église connaît une grande diversité de textes, y compris dans l'œcuménisme, mais ils suivent tous une structure de base qui doit être respectée.
La liturgie n’est pas un terrain d’expérimentation personnelle
“Nous entendons les demandes de nombreuses personnes de pouvoir participer à la liturgie d'une autre manière, par exemple en tant que femme. Nous entendons la demande d'un langage approprié et apprécions votre souci d'un bon langage dans la liturgie. Cependant, nous vous demandons instamment de ne pas faire du signe de l'unité qu'est la liturgie un terrain d'expérimentation de projets personnels. C'est précisément dans la célébration mondiale de la même liturgie que nous sommes catholiques et solidaires les uns des autres.
“Utilisez la diversité des formes de célébrations liturgiques que l'Église propose. Et utilisez les lieux de la liturgie tels que la réflexion, la prédication, la méditation, les intercessions, les chants, la musique, le silence, pour pouvoir vous y inscrire personnellement. Nous recommandons à tous ceux qui souhaitent approfondir la question de lire la lettre apostolique Desiderio desideravi du pape François.”
Sans évoquer la possibilité de sanctions, les évêques concluent par des remerciements chaleureux pour “votre engagement dans la foi et de votre loyauté”. (cath.ch/com/mp)
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Suisse: le 'savon' des évêques sur la liturgie ne passe pas
Le 'savon' passé par les évêques de Bâle, Coire et St-Gall à leurs agents pastoraux qui ne respectent pas les règles de la célébration liturgique a suscité un tollé en Suisse alémanique. Même si pour Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, les encouragements priment sur les reproches.
Immédiatement après la lettre commune des évêques de Bâle, Coire et St-Gall adressée le 5 janvier 2023 à leurs agents pastoraux, les réponses ont fusé, souvent acerbes. Le terme de “Ruffel-Brief” (savon) s’est imposé pour qualifier ce message.
"Une tragédie sur le plan théologique et humain"
Une des réactions les plus vives est venue de Monika Schmid, 'celle par qui le scandale est arrivé’. "Votre lettre est une tragédie sur le plan théologique et humain", écrit l’agente pastorale retraitée dans une lettre ouverte. Loin de faire acte de repentance, Monika Schmid répond aux évêques avec virulence: “Si vous aviez abordé tous les cas d'abus avec autant de méticulosité que votre respect des règles dans la liturgie, certaines choses auraient sans doute été différentes et les victimes se sentiraient aujourd'hui prises au sérieux. Quel jeu lâche et indigne jouez-vous? Rome vous tient-elle tellement à la gorge que vous ne pouvez que vous incliner?” “En quoi votre lettre est-elle un encouragement, alors qu'elle justifie une fois de plus l'injustice faite aux femmes?”, insiste-t-elle.
"Un savon grotesque"
Franziska Driessen-Reding présidente du Conseil synodal zurichois, n’est pas plus tendre. Elle qualifie la lettre des évêques de 'grotesque'. Pour elle, le sommet de ce ‘savon’ est notamment la recommandation selon laquelle les femmes devraient cultiver la forme liturgique du silence.
“Je ne sais même pas qui peut prendre au sérieux ce rappel à l'ordre des évêques à l'égard des agents pastoraux, emballé comme une salutation de Nouvel An.” Là aussi le soupçon se porte vers Rome “L'ont-ils vraiment écrit eux-mêmes par obéissance anticipée - ou cela leur a-t-il été dicté par Rome?
Le soutien de la patronne des réformés
Une réaction plus inattendue a été apportée par Rita Famos, présidente de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS). La pasteure zurichoise se solidarise avec ses sœurs catholiques. "En toute fraternité œcuménique, je dois contredire le savon (Rüffel-Brief) des évêques." "Le cléricalisme patriarcal n'est nulle part plus visible que dans la liturgie catholique romaine. Elle n'est pas patriarcale parce que des conditions sont posées pour célébrer l'eucharistie, mais parce que les femmes en sont exclues."
Des célébrations sans amour
Dans une réponse plus circonstanciée, l’abbé Mauro Pingera, curé de Richterswil (ZH) tente d’apaiser la colère. “Le sujet traité est chargé d'émotions depuis un certain temps déjà. Et dans une atmosphère chargée d'émotions, les arguments (objectifs) n'ont plus guère d'effet. Au contraire, le climat pourrait encore s'envenimer, ce qui sera également le cas après votre lettre. Une tempête de nouvelles négatives remplit à nouveau les médias pendant des semaines. (...) Beaucoup ne sont de toute façon déjà plus dans le coup, ils ont quitté l'Eglise parce qu'ils ne peuvent plus supporter toutes ces absurdités depuis longtemps. J'attends de voir combien de départs nous coûteront les manœuvres actuelles”, écrit-il.
Le prêtre dénonce les “services religieux (liturgies de la Parole ou célébrations eucharistiques) conformes à toutes les 'directives', mais organisés de manière si peu aimable qu'on en perd l'habitude.” Et de plaider pour améliorer la formation liturgique des animateurs.
La liturgie n’est pas une question secondaire
Face à la déferlante, la porte-parole du diocèse de Coire, Nicole Büchel, s’exprimant également au nom de sa consoeur de St-Gall et de son confrère de Bâle, a souligné que “la célébration de la liturgie, respectivement l'organisation des services religieux, est une forme d'expression essentielle de la foi au Christ. Elle est directement liée à la proclamation de l'Évangile, de la Bonne Nouvelle. C'est pourquoi la manière de célébrer n'est pas une question secondaire. Si nous célébrons comme le prévoit l'ensemble de l'Église, nous garantissons la présence de Jésus parmi nous, aujourd'hui. C'est pourquoi la lettre n'a rien à voir avec un aveu de culpabilité. Il s'agit uniquement de motiver tout le monde dans nos diocèses à traiter avec soin cet élément si important de la vie chrétienne.”
Pour Nicole Büchel, “cette lettre s'inscrit parfaitement dans le processus synodal, puisqu'il s'agit de motiver tous les fidèles de nos diocèses. Les évêques souhaitent que tous participent à leur souci de la manière appropriée de célébrer la liturgie et veulent les y engager.”
Mgr Büchel défend l’unité
Dans une lettre d'accompagnement, l'évêque de Saint-Gall, Markus Büchel, explique la raison de la réprimande: il s'agit de Monika Schmid et Charlotte Küng. La première avait concélébré lors d'une messe, à Effretikon (ZH). Et la seconde a déclaré à la télévision qu'elle avait enfreint le droit canonique en matière de sacrements. Ces affaire ont suscité des discussions. “Ces événements nous ont incités, nous évêques de Suisse alémanique, à écrire une lettre commune dans une préoccupation commune. Nous vous prions de l'accueillir avec bienveillance et d'en prendre connaissance dans nos équipes pastorales.”
“Si nous ouvrons chez nous un large espace de créativité pour l'interprétation des orientations liturgiques, nous demandons néanmoins de respecter les directives de l'Eglise universelle pour la célébration de l'Eucharistie, des sacrements et des célébrations de la Parole. Par cette lettre et cet appel, nous espérons servir une liturgie ordonnée au service de l'unité dans nos diocèses.”
Pas un 'savon' mais un encouragement
“La lettre n'est pas un 'savon', mais "un encouragement à tous les agents pastoraux à s'engager avec une grande joie dans le service", a réagi de son côté Mgr Felix Gmür. Mais “nous sommes une communauté et nous avons des règles. Tout le monde doit se conformer à ces règles", a précisé à kath.ch, l’évêque de Bâle.
Kath.ch a même requis à Rome l’avis du cardinal suisse Kurt Koch. L’ancien évêque de Bâle a pris la défense de son successeur. “Les évêques de Suisse alémanique ont rappelé des éléments essentiels de la foi catholique. C'est leur droit et leur devoir ; et ils l'ont fait de manière sensible. Je trouve également bien que les évêques Felix (Gmür), Joseph Maria (Bonnemain) et Markus (Büchel) l'aient fait ensemble. Il n'est pas question d'un 'savon' (Rüffel-Brief).
L’expression de la peur et de l’impuissance
Dernier intervenant en date, le théologien et expert en ressources humaines allemand Tobias Heisig. Interpellé par kath.ch, il juge la lettre des évêques comme “l'expression de la peur et de l'impuissance. Le style est autoritaire, affirmatif et parfois péjoratif. Le média a été mal choisi. (...) Si les évêques pensaient vraiment pouvoir convaincre et motiver avec une telle lettre, ils feraient preuve d'une naïveté effrayante. Mais peut-être que cette lettre a plutôt pour but de signaler à Rome que des mesures seront prises contre les déviations. Il s'agit bien sûr de spéculations.”
“Chers évêques, permettez le flou et la polyphonie! N'ayez pas peur!” (...) “Une interprétation rigide du formel conduit tôt ou tard à la destruction de ce que l'on veut atteindre. Le développement et l'adaptation sont ainsi empêchés. Cela vaut aussi pour la liturgie”, conclut l’expert. (cath.ch/kath.ch/mp)
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Monika Schmid: "Je ne veux pas provoquer"
Après une première réaction très virulente au 'savon' passé par les évêques de Coire, de Bâle et de St-Gall, Monika Schmid revient dans un long plaidoyer pro domo sur sa conception de la liturgie et de la participation des fidèles. "Je n’ai pas voulu provoquer", affirme-t-elle.
A l’affirmation des évêques selon laquelle les célébrations ne sont pas un terrain d'expérimentations, Monika Schmid répond que la liturgie a toujours changé au cours de l'histoire, et ce, non pas d'en haut, mais en partant de la base.
Selon l’agente pastorale zurichoise, la réforme liturgique du Concile Vatican II est arrivée parce que des communautés et des paroisses avaient déjà éprouvé de nouvelles formes: "Célébrer la liturgie dans la langue maternelle, se tourner vers le peuple, formuler de nouvelles prières. Ils ont vécu la liturgie non seulement comme un mystère de foi, mais aussi comme une célébration de la communion les uns avec les autres en Jésus, le Christ."
"La réforme liturgique n'est pas tombée du ciel pendant le Concile, comme le montre par exemple De l'esprit de la liturgie de Romano Guardini, paru pour la première fois en 1918."
Les servantes de messe ou les femmes comme lectrices se sont aussi imposées par la base, argumente la théologienne. "Pour les paroisses, cela va de soi depuis longtemps. L'Église officielle reste en retrait par rapport aux fidèles."
Plaidoyer pro domo
"Les fidèles ont droit à une liturgie conforme aux règles de l’Église catholique, écrivent les évêques. Les fidèles n'ont-ils pas également droit à une célébration liturgique qui aille chercher les gens dans leur quotidien, dans leur langue et dans leur compréhension d'eux-mêmes?", s’interroge-t-elle.
"De nombreuses femmes, mais aussi des hommes, aspirent à des cultes d'égal à égal. Ils ne veulent pas d'un homme-médecine à l'autel, mais des personnes qui accompagnent un service religieux à partir de leur propre spiritualité profonde, qui ouvrent des espaces pour leur propre expérience de Dieu", juge-t-elle.
Concernant son comportement, notamment lors de sa messe d’adieu à Effretikon (ZH), Monika Schmid précise : "Je n'ai jamais caché que je célébrais la Cène au sens biblique du terme. Mais si on m'avait demandé: 'Célèbres-tu une eucharistie catholique romaine?', j'aurais répondu par la négative. En tant que femme, je ne peux pas".
"La messe d'adieu était une eucharistie catholique romaine parce qu'un prêtre l'a célébrée et a impliqué toute l'équipe de manière merveilleuse. Il n'a jamais été et il n’est jamais question pour moi de provoquer avec un service religieux. Une célébration est une terre sainte. Ma préoccupation était et est de célébrer avec les gens le profond mystère du Christ: ne faire qu'un avec le Christ dans un seul amour. Toucher les gens, voilà ce qui me motive."
40 ans d’engagement au service de l’Église
Et l’agente pastorale de rappeler ses 40 ans d’engagement dans l’Église, reprenant à son compte la déclaration du Concile Vatican II Gaudium et Spes: "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ".
Monika Schmid poursuit son plaidoyer en soulignant: "La messe d'adieu était elle aussi une magnifique célébration d'une grande profondeur spirituelle et cela m'attriste, ainsi que toute la paroisse, que ce culte soit à ce point déchiré en public. Des personnes qui n'ont aucune idée de cette paroisse, qui n'ont aucune idée de la profondeur de la foi de cette célébration eucharistique, se permettent de commenter cette messe."
"Souvent, ils se contentent de bavarder et de répéter le mot 'concélébration' comme un mantra, alors que la plupart d'entre eux n'ont aucune idée de ce qu'est réellement une concélébration. Sur la base d'un extrait de vidéo que kath.ch a mis en ligne à l'insu de tous les participants, tout le monde pense avoir son mot à dire. Et certains voient déjà rouge lorsqu'ils aperçoivent une femme à l'autel sur une photo."
A l’autel entre deux prêtres
De fait, la vidéo la montre bien, en civil, à l’autel, entourée de deux prêtres et prononçant avec eux, en étendant les bras, le texte de la consécration du pain et du vin et de la prière eucharistique.
Selon Monika Schmid, ils et elles "sont nombreux à faire de même, à célébrer l'eucharistie de la même manière ou de manière similaire, ou à organiser une Célébration de la Parole et du Pain comme nous le faisons à Effretikon, à célébrer l'onction avec les mourants et les personnes gravement malades dans les maisons de retraite et les hôpitaux, car elles et ils ont établi une relation avec ces personnes. Nombreux sont celles et ceux qui, ici et là, dépassent les limites des directives de l'Église pour des considérations pastorales, mais qui n'osent pas l'assumer ouvertement. Mot-clé: culture de la peur dans l'Église!"
"J'aurais aimé que l'évêque vienne dans la paroisse et échange avec des personnes qui étaient présentes lors de cette célébration, des personnes qui marquent de leur vie la paroisse Saint-Martin."
Monika Schmid conclut en estimant que "la lettre est probablement plutôt une preuve à l'adresse du Vatican: regardez, nous avons la situation en main, nous respectons les règles." (cath.ch/com/mp)
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