A la découverte du nouveau missel tant attendu...
Une collaboration entre centres médias C’est déjà le cas actuellement, mais de manière ponctuelle. Désormais, cath.ch publiera régulièrement des articles proposés par les rédactions de Zürich et Lugano illustrant, décryptant ou analysant une réalité ecclésiale de leur région linguistique qui intére...
A la découverte du nouveau missel tant attendu...
Coire: le chapitre cathédral à nouveau au complet
«L’Église n’est pas née pour dominer, mais pour servir»
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«L’Église n’est pas née pour dominer, mais pour servir»
Aujourd’hui, dans le diocèse de Lugano, l’Église catholique n’est plus enracinée dans une culture, une société, une politique chrétienne. Elle est dans le monde – au sens sécularisé du terme. Un monde qui a largement oublié ses origines culturelles chrétiennes. Se plaindre de cet état est de fait to...
Un couple de laïcs en duo à la tête d’une paroisse zurichoise
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A la découverte du nouveau missel tant attendu...
Planifiée pour l’Avent 2020, puis reportée en 2021 pour cause de covid, l’introduction de la nouvelle traduction du Missel romain «patine» encore. En cause les retards pris pour l’impression et la reliure de l’épais ouvrage destiné aux paroisses et communautés.
Des retards de livraison
En France
De nombreuses paroisses attendent encore la livraison du missel, rapporte le quotidien La Croix.
Éditée par la maison Mame-Desclée, la nouvelle traduction a été mise en vente le 2 novembre. Mais sur les 25’000 exemplaires prévus, environ 10’400 ont pu être livrés. Guillaume Arnaud, directeur général délégué des Éditions Mame, a expliqué les différents facteurs à l’origine de ces retards. La pénurie mondiale de papier, n’est pas si déterminante. En revanche, l’imprimeur italien Lego, a rencontré des difficultés pour en effectuer la reliure à temps, une partie du travail étant effectuée à la main. Par ailleurs, le marché du livre en cette fin d’année 2021 connaît un dynamisme sans précédent. Ce surcroît d’activité entraîne des tensions dans la logistique et la distribution.
En Belgique
En Belgique, une certain nombre de paroisses ont pu être approvisionnées, explique-t-on à Cathobel, mais les librairies sont en rupture de stock. Une seconde livraison devrait se faire mais pas avant mars 2022. Cette pénurie relative n’a cependant pas remis en cause l’introduction prévue au 1er dimanche de l’Avent.
«L’éditeur nous a fait plusieurs promesses de livraison, mais nous n’avons encore vu rien venir» déplore-t-on à la librairie St-Augustin à Fribourg. «Les paroisses qui ont fait une réservation seront les premières servies, mais nous ne pourrons pas contenter tout le monde.» En cause la pénurie de papier qui sévit actuellement en Europe.
Face à cette impasse d’approvisionnement, les évêques diocésains et l’abbé territorial de Saint-Maurice n’ont pas eu d’autre choix que reporter sine die l’introduction du nouveau Missel romain prévue pour le 1er dimanche de l’Avent, le 28 novembre. Il est important que toutes les paroisses et communautés procèdent en même temps, insistent les ordinaires romands (COR).
Si l’ouvrage n’est matériellement pas disponible, ce n’est pas le cas de son contenu. Outre les ressources en ligne, on le retrouve dans le Missel des dimanches (Editions du Cerf) ou dans les revues spécialisées Prions en Eglise et Magnificat. Cath.ch décrypte la genèse et les enjeux de ce grand projet lancé il y a près de 20 ans.
Comment le missel est-il traduit?
La nouvelle traduction du Missel romain répond à la demande de l’instruction Liturgiam authenticam (2001) de se rapprocher de l’original latin et de respecter un certain nombre de règles, afin de sauvegarder l’unité de la liturgie romaine dans la diversité des langues.
Ce travail a été mené, en langue française par une Commission internationale – la COMIRO – placée sous l’autorité de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTL). Ce long travail entamé en 2003, persévérant, précis devait respecter trois fidélités parfois difficilement conciliables: fidélité au texte original latin, fidélité à la langue dans laquelle le texte est traduit, et fidélité à l’intelligibilité du texte par les contemporains, relève le Père Henri Delhougne, coordinateur de la COMIRO.
Ce travail très méthodique de traduction a exigé des choix, provoqué des dilemmes et engendré de nombreux allers-retours entre la COMIRO, les conférences épiscopales des pays francophones et Rome. Ce qui a conduit parfois à des blocages du côté de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Blocages finalement levés en 2017, par le motu proprio du pape François Magnum principium qui a affirmé l’autorité des Conférences épiscopales en matière de traductions liturgiques. La mise au point finale, précédée de la reconnaissance de Rome a eu lieu en été 2020.
Concrètement, on place côte à côte le texte latin, la traduction littérale et la traduction française en usage: on compare alors cette dernière avec l’original latin. Si elle en dit plus que le latin, on élague. Si elle a omis des éléments du texte latin, on les ajoute. Pour examiner la qualité de la traduction, on se pose alors deux types de questions: Est-elle fidèle? Exprime-t-elle le sens de manière juste? Et deuxièmement: emploie-t-elle un vocabulaire et une syntaxe assez clairs et accessibles aux fidèles?
Au delà de leur simple signification, nombre de termes utilisés dans la liturgie ont une connotation historique et culturelle, relève le Père Delhougne. Comment traduire par exemple de manière satisfaisante le terme ‘majesté’ pour parler de Dieu? La solution a été de dire Dieu de majesté. Ce qui a permis de ‘tempérer’ le terme.
Pour ses auteurs, l’exigence d’un texte plus proche du latin n’aboutit pas nécessairement à une traduction sèchement littérale ou à une formulation scolaire sans envergure, mais aussi à un texte théologiquement plus riche dans une forme littéraire adéquate.
Comment le missel est-il construit?
Conçu pour ainsi dire comme un ‘manuel de l’utilisateur’, le Missel comprend quatre grandes parties: le temporal, l’ordinaire de la messe, le sanctoral et les prières pour des célébrations particulières.
Il contient des textes de types différents qui se distinguent par la typographie et la couleur:
-Des textes sont faits pour être proclamés par un ministre. Ils sont écrits en gros caractères. Leur disposition facilite la lecture à voix haute, avec des retours à la ligne judicieusement choisis pour marquer les pauses et respirations.
-D’autres textes sont dits par l’assemblée. Ils sont écrits en caractères plus petits.
-Les rubriques, (du latin ruber, c’est-à-dire rouge) imprimées dans cette couleur sont de brèves indications concrètes sur le déroulement et sur la manière de se comporter. (se mettre à genoux ou debout, s’incliner etc.)
Divers textes d’introductions expliquent les rites, les possibilités de choix, le rôle de chaque participant... Plusieurs tables des matières permettent de trouver rapidement les pages. Enfin, des partitions disent combien la place du chant est importante.
L’ordinaire de la messe
L’ordinaire de la messe est le cœur du Missel romain. Il comprend le déroulement habituel de la messe, autour de deux parties principales, la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique. Il comprend diverses variantes afin de s’adapter à la communauté présente, au temps liturgique et au lieu.
Le propre du temps ou temporal
Le Propre du temps ou temporal est la première partie du Missel. Il rassemble les «formulaires de messe» qui parcourent l’année liturgique, en commençant par l’Avent et le temps de Noël, puis le Carême, le Triduum et le Temps pascal suivis des solennités et des trente-quatre dimanches du temps ordinaire.
Le propre des saints ou sanctoral
Le Propre des saints ou sanctoral suit le calendrier liturgique du 1er janvier au 31 décembre. À chaque mémoire, fête ou solennité d’un saint ou de la bienheureuse Vierge Marie, à chaque fête ou solennité du Seigneur correspond un formulaire de messe. A noter que le sanctoral peut varier d’un pays à l’autre
Les autres célébrations particulières
Une quatrième partie propose d’autres formulaires pour des célébrations qui ne sont pas liées au temps liturgique. Les messes pour l’Église, concernant les personnes ou ses missions; les célébrations pour des circonstances variées.
Le missel se féminise
La féminisation est l’un des éléments les plus aisément remarquables du changement. On dira ainsi systématiquement ‘frères et soeurs’ ou ‘serviteurs et servantes’. En revanche les traducteurs ont consciemment évité de recourir à des procédés mécaniques d’inclusivité, comme la multiplication des ils et elles, celles et ceux, etc.
De nombreux changements mineurs, essentiellement dans les paroles prononcées par le prêtre, apparaissent aussi, ainsi la Vierge Marie sera systématiquement qualifiée de ‘bienheureuse’.
La nature de Dieu
Plus substantiel, le changement du credo de Nicée-Constantinople où le mot 'consubstantiel' traduit littéralement du latin, remplacera la formule ‘de même nature que’ qui n’avait jamais satisfait les théologiens. ‘Consubstantiel’ désigne en effet une unité beaucoup plus forte. Dit plus simplement, si un père et un fils partagent la même nature humaine, ils sont évidemment deux hommes bien distincts. Le Père et le Fils, quant à eux, non seulement partagent la même nature divine, mais sont un seul Dieu.
La Prière sur les offrandes ou offertoire prend un peu d’ampleur pour mieux correspondre au latin. «Toi qui nous donnes ce pain (ce vin)» devient: «Nous avons reçu de ta bonté le pain (le vin) que nous te présentons».
La prière qui suit, dite orate fratres - que la traduction française de 1970 avait fortement synthétisé en: «Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de tout l’Eglise avec la réponse des fidèles: «Pour la gloire de Dieu est le salut du monde» - reprend son ampleur latine: «Priez, frères et sœurs: que mon sacrifice qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant. R/. Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Église.» A noter que cette prière avait été maintenue en allemand, en anglais ou en italien et que la formule brève reste une variante possible.
Pour la prière eucharistique, par souci d’adéquation avec le récit évangélique, «Il prit le pain, le bénit...» devient: «il prit le pain, dit la bénédiction...»
La prière après le Notre Père est elle aussi ‘relatinisée’. Le prêtre dira: «Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps: soutenus par ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve; et nous attendons que se réalise cette bienheureuse espérance: l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.»
Dans une traduction plus biblique, avant la communion, le «repas du Seigneur» devient le «repas des noces de l’Agneau».
Enfin le traditionnel «Allez dans la paix du Christ» qui marque la fin de la célébration se voit adjoindre trois variantes: «Allez porter l’Évangile du Seigneur» ou «Allez en paix, glorifiez le Seigneur par votre vie» ou encore plus simplement:«Allez en paix».
Le Missel à travers l’histoire
Le missel est le livre destiné à la célébration de la messe. Mais il n’en pas toujours été ainsi. Pendant le premier millénaire, les trois livres utilisés pour l’eucharistie étaient le sacramentaire (prières pour l’évêque ou le prêtre), le lectionnaire (pour la proclamation de la Parole de Dieu), et l’antiphonaire (pour les chantres). L’eucharistie impliquait donc divers ministres.
Charlemagne, empereur d’Occident de 800 à 814, joua un rôle important dans l’histoire de la liturgie en utilisant celle-ci comme outil d’unification de son empire. Il choisit d’imposer aux divers peuples, parlant différentes langues, la liturgie de l’Église de Rome célébrée en latin. Les savants et liturgistes qui entouraient l’empereur ont alors complété cette liturgie romaine qui devint ainsi une liturgie romano-franque en latin.
A tournant du millénaire, se développe la pratique de la messe privée, célébrée par le prêtre seul, sans assemblée. D’où la composition d’un «missel plénier» comportant tous les éléments: prières, lectures, et chants. Une pratique avalisée et formalisée par la réforme du pape Grégoire VII (1073-1095). Le Missale Romanum (1570) du concile de Trente, publié pour rétablir la paix liturgique après les tumultes causés par le Réforme protestante, a repris ces mêmes éléments jusqu’à Vatican II.
Pas que des heureux!
Plusieurs de ces changements sont heureux, d’autres discutables, d’autres encore assez insignifiants ou superflus, juge sur Facebook, le prêtre valaisan Michel Salamolard. «De toute façon, il faudra s’y habituer et y habituer les fidèles. En espérant la fin de ce genre de réformettes coûteuses et pas vraiment indispensables.» "On aurait pu épargner à nos paroisses et à nos communautés les dépenses liées à ce «nouveau» missel, doucement rétrograde.» «Heureusement, une pénurie de papier retarde la diffusion de ce missel romain. Ce qui permet à tous de souffler et de voir venir. Merci, la Providence!» conclut-il ironiquement.
Sœur Isabelle Donegani: «Un scandale de plus? Au royaume du superflu? Non: du rétropédalage qui a abusé de la réelle compétence d’une saine équipe de très compétents liturgistes (prêtres et laïcs, hommes et femmes) pour restaurer un pseudo meilleur latin plus près des cieux... Boursoufflure dont l’Église se serait bien passée...»
La réforme liturgique de Vatican II, dont les prémisses remontent au Mouvement liturgique du milieu du XIXe siècle, est dictée par les textes du concile Sacrosanctum Concilium et Lumen Gentium. Elle a mis en valeur l’Église en tant que communion et la liturgie comme «l’Église en prière», d’où un style nouveau de célébration. La communauté se rassemble autour de l’autel et les ministères sont redistribués, en particulier celui du diacre et du lecteur. La concélébration est retrouvée. Le passage du latin aux langues vivantes doit favoriser la participation de tous les fidèles. La Parole de Dieu est plus largement accueillie notamment par l’introduction d’un cycle de lectures bibliques sur trois ans.
Depuis le Concile, trois éditions typiques du Missel se sont succédé, en 1970, 1975 et 2000. Le présent Missel Romain en français est la traduction de l’édition typique de 2000.
Le Missel est au service de la célébration, comme la partition musicale est au service du concert. L’acte musical ou la musique vivante dépasse toutefois la seule partition !, image le Père André Haquin de la Commission interdiocésaine de pastorale liturgique de Belgique. L’objectivité de la liturgie dépasse néanmoins la sensibilité propre à tel prêtre ou à telle communauté, car personne n’est propriétaire de la liturgie. Même si le célébrant principal doit s’adapter et tenir compte de l’assemblée, des circonstances et des cultures, précise-t-il. (cath.ch/mp)
Un livre imprimé en Italie
Le gros ouvrage de plus de 1’500 pages est imprimé et relié à Vicenza au nord de l’Italie
Et en allemand?
L’histoire de l’élaboration de la nouvelle traduction du Missale Romanum en langue allemande est mouvementée et a connu plusieurs rebondissements sans pour autant aboutir. En 2001, l’instruction romaine Liturgiam authenticam avait demandé que soit revue la traduction du Missel de 1970. À côté des groupes de travail mis en place par les Commissions de liturgie des Conférences épiscopales des pays germanophones, la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements avait constitué, de sa propre autorité, une commission d’évêques germanophones chargée de la traduction: Ecclesia Celebrans.
Compte tenu de la réaction négative de nombreux évêques, le travail réalisé par la commission Ecclesia Celebrans n’a pas été approuvé par les Conférences épiscopales d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse. De ce fait, le travail de l’autre Commission, mise en place par les Conférences épiscopales, est lui aussi resté en attente. La publication en 2017 du Motu proprio Magnum Principium du pape François a permis de clore, au moins momentanément, le débat et a mis fin, de facto, à la Commission Ecclesia Celebrans. L’édition d’un nouveau Missel ne semble toutefois pas être une priorité actuelle dans les pays germanophones.
En italien
Après quinze ans de travaux, la Conférence épiscopale italienne a publiée sa traduction du missel en été 2020. Il a été introduit, y compris en Suisse italienne, pour l’Avent 2020. MP
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Coire: le chapitre cathédral à nouveau au complet
Vu de Zürich*: Raphaël Rauch/kath.ch
Mgr Joseph Bonnemain est évêque de Coire depuis neuf mois. Il a entre-temps pourvu les postes les plus importants - en dernier lieu au sein du chapitre cathédral, avec la nomination de chanoines. Deux postes sont encore vacants au sein du Conseil épiscopal.
Le 13 janvier 2022, Mgr Jospeh Bonnemain installera officiellement les nouveaux chanoines dans leur fonction dans la cathédrale de Coire. Le chapitre cathédral sera alors à nouveau au complet.
Plusieurs postes étaient restés vacants au cours des deux dernières années. L'administrateur apostolique du diocèse, Pierre Bürcher, n'avait pas procédé à des nominations pendant sa période de transition (2019-2021) afin de ne pas mettre son successeur devant le fait accompli.
Le chapitre cathédral de Coire joue un rôle important dans l'élection de l'évêque. Il peut élire l'évêque à partir d'une liste de trois noms établie par le pape, la fameuse Terna. Ce n'était pas le cas il y a un an, lorsqu'une dispute a éclaté au sein du chapitre cathédral et qu'une courte majorité des chanoines a décidé de laisser le pape prendre la décision.
Une unité retrouvée
Le souhait est désormais grand à Coire qu'après les querelles de ces dernières décennies et la débâcle de l'élection épiscopale avortée, le chapitre retrouve une unité. L’institution compte toutefois également des chanoines qui s'étaient clairement distanciés du choix de Joseph Bonnemain, il y a un an. Ce dernier avait déclaré vouloir aborder ses détracteurs avec "amour et patience".
Le nouvel homme fort du chapitre cathédral est Albert Fischer. Mgr Bonnemain l'a nommé prévôt de la cathédrale - la fonction ayant la "plus haute dignité au sein du chapitre de la cathédrale", comme on dit à Coire. Auparavant, le pape en personne pouvait nommer le prévôt – une éventualité qui s’est produite pour la dernière fois en 1963. Albert Fischer succède ainsi au chanoine Christoph Casetti, bien connu en Suisse.
L’autre homme fort du chapitre est Jürg Stuker, que l'évêque Bonnemain a nommé chantre de la cathédrale. Jürg Stuker est vicaire général pour les Grisons et modérateur de la curie. Selon le droit canonique, le modérateur a pour tâche de "coordonner, sous l'autorité de l'évêque, l'exécution des affaires administratives ainsi que de veiller à ce que les autres personnes affectées à la curie exercent correctement leur fonction". Brigitte Fischer Züger, responsable du personnel pour la Suisse centrale, qui a étudié à Rome et parle très bien l'italien, s'occupera des relations avec le monde italophone.
Les vicaires généraux nommés au chapitre cathédral
L'évêque a également nommé au poste de chanoine le vicaire général pour Zurich et Glaris, Luis Varandas. Alors qu’à l’époque, les vicaires généraux, tels que Josef Annen et Martin Kopp, n’étaient pas nommés au chapitre cathédral, Mgr Bonnemain a tenu à ce que ceux-ci le soient désormais.
L’évêque de Coire a également nommé au chapitre un prêtre de Suisse centrale, Daniel Krieg, et deux représentants de Zurich, Adrian Lüchinger et Karl Wolf. Ce dernier, membre de Sant'Egidio, est également le nouveau directeur spirituel du séminaire Saint-Luzi de Coire. Le chapitre de la cathédrale est donc à nouveau pourvu.
Mgr Bonnemain a également procédé à d'autres nominations importantes au cours des derniers mois. Peu avant Noël, il a annoncé la nomination de Nicole Büchel comme nouvelle porte-parole du diocèse.
Deux postes vacants au Conseil épiscopal
Toutefois, deux postes sont encore vacants au sein du Conseil épiscopal: le service de la diaconie et celui du développement pastoral. Et la question de savoir si Coire aura un évêque auxiliaire reste également en suspens. Mgr Marian Eleganti, qui occupait ce poste depuis 2009, a démissionné début 2021.
Mgr Bonnemain a émis des signaux différents à propos de l’opportunité de nommer un évêque auxiliaire. D'un côté, il estime que la Conférence épiscopale a besoin d'évêques auxiliaires pour se répartir les nombreux dossiers de manière collégiale.
De l'autre, on peut lire sur le site internet des archives de l'évêché de Coire: "Finalement, à la fin du 20e siècle, les évêques auxiliaires n'ont pas du tout été nommés en raison d'une nécessité pastorale, mais pour des calculs de politique ecclésiastique". Avec la "structuration actuelle qui comprend trois vicaires généraux régionaux" et un "vicaire général prescrit par le droit canonique pour l'ensemble du diocèse", la fonction d'évêque auxiliaire est "tout simplement superflue".
Les augures du diocèse de Coire sont certains qu'il n'y aura en tout cas pas d'évêque auxiliaire très rapidement. (cath.ch/kath.ch/rr/bh)
*Une collaboration entre centres médias
C'est déjà le cas actuellement, mais de manière ponctuelle. Désormais, cath.ch publiera régulièrement des articles proposés par les rédaction de Zürich et Lugano illustrant, décryptant ou analysant une réalité ecclésiale de leur région linguistique qui intéresse le reste de la Suisse. Cela afin de faire découvrir aux lecteurs des spécificités régionales, au-delà d'une simple actualité. L'idée a fait son chemin cet automne et s'est concrétisée avec l'envoi de l'article de Maurice Page, le 13 décembre dernier, sur le lancement chaotique du nouveau Missel romain en Suisse romande. BH
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Vu de Lugano*: Cristina Vonzun/catt.ch
Aujourd’hui, dans le diocèse de Lugano, l’Église catholique n’est plus enracinée dans une culture, une société, une politique chrétienne. Elle est dans le monde – au sens sécularisé du terme. Un monde qui a largement oublié ses origines culturelles chrétiennes. Se plaindre de cet état est de fait totalement inutile et, probablement, même contre-productif.
En lieu et place de se plaindre du contexte socio-culturel actuel qui a oublié ses racines chrétiennes, il faut entrer dans la proposition que le synode, lancé en octobre dernier par le pape François, offre à l’Église.
Le sixième thème synodal – «L'Église n'est pas née pour dominer, mais pour servir et nous, donc, avec elle» - nous invite à réfléchir sur le dialogue au sein de l’Église et dans la société. Le concile Vatican II, avec la Constitution pastorale Gaudium et spes, au numéro 40, offre l’image d’une Église et d’un monde unis par un même destin. Mais comment partager le destin de la société actuelle?
Je crois que ce fléau pandémique, qui nous rend tous plus humbles et plus fragiles, tous dans le même bateau, apporte une réponse à cette question, ouvrant l’Église et la société à des horizons communs de solidarité et de dialogue.
Pensons aux nombreuses initiatives lancées dans l’ensemble de la Suisse italienne qui, sans offrir de réflexions particulières, au fil des semaines racontent des histoires de dialogue concret entre Église et société: les réponses aux besoins des bénévoles de Saint Vincent; les initiatives de solidarité et d’accueil des pauvres du frère capucin Martino Dotta; les «Amici della Colletta» qui se sont associés au «Tavolino Magico» (La petite table magique) - initiative qui offre de la nourriture saine et fraiche aux personnes et familles qui rencontrent des difficultés financières; l’«Ape solidale» (l’abeille solidaire) et bien d’autres œuvres qui sont le fruit d’un dialogue que nous racontons, peu à peu, dans les pages de Catholica, l’encart hebdomadaire publié le samedi dans le quotidien Corriere del Ticino.
"Pensons aux nombreuses initiatives lancées dans l’ensemble de la Suisse italienne qui, au fil des semaines, racontent des histoires de dialogue concret entre Église et société."
La société suisse italienne d’aujourd'hui est-elle sans référence au Christ? Je ne sais pas, elle est certainement une société où le dialogue entre l’Église et ce qu’on appelle le "monde", quand il existe, porte de bons fruits.
Pensons aux initiatives organisées par le Réseau Laudato si', un exemple récent de coordination de plusieurs associations en faveur de la sauvegarde de la planète. C’est le pape lui-même qui nous encourage à emprunter ce chemin d’Église, espace de rencontre entre le monde séculier et celui du croyant.
Et même Mgr Lazzeri, dans sa sixième lettre pastorale, relance l’hypothèse de travail des «laboratoires de l’espérance» ; des lieux de rencontre et de partage à concevoir pour répondre aux besoins identifiés sur le territoire – ensemble.
Et l’abbé Mauro Lepori a raison lorsque, dans son interview sur Catholica et catt.ch, il soutient que l’Eglise catholique actuelle est «une Eglise plus humble», qui vit sa mission dans un état de partage.
Dans ce point de vue, le document mentionné précédemment, Gaudium et Spes, nous invite à lire «les signes des temps» pour être une Église dans l’histoire, incarnée, servante et pauvre. Les signes des temps sont tous là, dans ce temps de Covid qui, d’une façon ou d’une autre, change tout et tout le monde.
Il nous fait vivre éloignés les uns des autres, mais au même temps aussi tous dans le même bateau.
Ceci exige de surmonter les oppositions, de se tenir aux côtés de ceux qui sont plus vulnérables et nous ouvre à des questions profondes sur le sens de la vie, sur la nécessité de nous renouveler et de renouveler nos modes de vie.
En ce moment, le dialogue se réalise en partageant les souffrances et les joies de tout le monde.
Sans oublier qu’il n’y a pas seulement de pauvreté matérielle, mais que la culture elle-même est pauvre, dans un monde d’anxiétés et d’agitations personnelles et sociales.
L’Église, composée de ceux qui essaient de croire, est aussi pauvre, et marche aux côtés des autres, sans «recettes», mais avec discrétion et amour, en partageant.
Finalement, revenons au Concile Vatican II. Je vous propose de relire le message que les Pères conciliaires ont écrit au début de l’assis, le 20 octobre 1962:
«En effet, en adhérant au Christ, non seulement nous ne nous soustrayons pas à nos soucis et à nos travaux, mais la foi et l’espérance du Christ nous poussent à vivre le monde comme un service à nos frères, à l’exemple de Jésus qui n’est pas ‘venu pour être servi mais pour servir’ (Mt 20,28), tout comme l’Église n’est pas née pour dominer mais pour servir et nous, donc, avec elle. Il a donné sa vie pour nous et nous devons donner notre vie pour les frères’ (1 Jn 3,16)».
"Il n’y a pas seulement de pauvreté matérielle, mais que la culture elle-même est pauvre, dans un monde d’anxiétés et d’agitations personnelles et sociales."
N’y a-t-il pas dans ces mots, une invitation à réfléchir sur un style de présence et de dialogue au sein de l’Église, comme aussi entre l’Église et la société, à approfondir dans cette période synodale? (cath.ch/catt.ch/cv/dp)
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Un couple de laïcs en duo à la tête d’une paroisse zurichoise
Hella et Gregor Sodies dirigent ensemble la paroisse catholique de Greifensee dans l'Oberland zurichois. Si, dans le canton de Zurich, la direction d’une paroisse peut être confiée à des laïcs depuis un certain temps déjà, il reste rare que la charge soit portée par un couple. Visite dans la bourgade lacustre de Greifensee.
Vu de Zurich : Regula Pfeifer/kath.ch - traduction et adaptation Maurice Page
Un vieux centre de village idyllique - le quartier "im Städtli" à Greifense. L'église réformée s'y dresse, imposante. Mais où sont l'église catholique et la cure? Une ancienne fabrique réaménagée se révèle être le centre paroissial 'Limi'.
Cela fait sept ans et demi que Hella, 41ans, et Gregor Sodies, 43 ans, occupent ce lieu coquet. En septembre 2014, ils ont repris la codirection de la paroisse saint Jean XXIII de Greifensee. "Nous aimons la situation telle qu'elle est", note Hella. Elle parle plus et plus longuement que lui de leur vie de couple, qui comprend aussi leur travail professionnel.
“Nous nous complétons très bien”
Gregor prend aussi la parole, apporte parfois des corrections, fait valoir son point de vue. "Nous nous complétons très bien", dit Hella. "Mais nous ne sommes pas toujours du même avis", réplique Gregor . "Il existe entre nous une grande confiance dans le fait que l'autre fera bien les choses", poursuit Hella. Les absences spontanées ne posent donc pas de problème. L'autre sait exactement ce qu'il faut faire.
Le couple de théologiens se partage un poste de direction de paroisse à Greifensee et un poste d'aumônerie à 50%. Ils se sont réparti leurs domaines d'activité. "Nous avons clairement défini qui est responsable en dernier ressort dans les divers domaines", explique Gregor. Il est responsable de la catéchèse et des collaborateurs qui en sont chargés. Elle gère les autres collaborateurs. Il participe aux sorties paroissiales. Elle est responsable de la spiritualité et de la formation des adultes. Les deux se sont répartis les groupements de la paroisse. "Nous dirigeons certains groupes, d'autres s'organisent de manière autonome", explique Hella. Il partage la conduite du conseil paroissial avec son président. Elle représente la direction au sein de l'administration paroissiale. Il est responsable des contacts avec les réformés. Elle a les contacts avec la commune politique.
Tâches réparties selon les préférences
La répartition des tâches est en partie liée aux préférences et aux aversions. Hella admet que l'enseignement n'est pas sa tasse de thé. C'est Gregor qui s'en charge, "avec plaisir". En revanche, il est plus facile à Hella de se tenir publiquement devant les gens. "Il me laisse volontiers la priorité."
"Ce que nous faisons tous les deux, c'est la liturgie et la pastorale." Mais cela ne signifie pas qu'ils font tout ensemble. Gregor établit le plan liturgique en concertation avec Hella et les autres personnes concernées. Les prédications sont les seules choses que chacun prépare seul. Ils ont cependant à cœur de participer aux célébrations animées par de leur partenaire. "Cela tisse un lien spirituel", dit Hella.
Un style de direction participatif
Et comment cela se passe-t-il pour l'équipe pastorale, d'avoir un couple à sa direction? "Au début, il y avait peut-être une certaine crainte que nous soyons trop forts", reconnaît Gregor. Mais cela n'a apparemment pas posé de problème. Hella fait référence à leur attitude fondamentale commune: "Nous pratiquons un style de direction participatif et collégial. Il y a un échange permanent - avec tous les collaborateurs salariés et bénévoles. "Nous sommes un peu comme une famille."
Et qu'en est-il des tensions au travail et dans la vie privée? "Bien sûr, il nous arrive de ramener les conflits à la maison", admet Hella. "Mais nous essayons de lâcher prise et de remettre la discussion au lendemain".
Et comment Gregor perçoit-il l'engagement féministe d'Hella? Par exemple, lorsqu'elle a proposé à Greifensee la première célébration "Feierabend" du canton de Zurich, en août dernier? "Ce n'est pas du tout délicat, répond Gregor. Je suis aussi de la partie.”
Célébrations en streaming
Pendant la pandémie, Hella et Gregor ont également développé leur propre forme de célébration dans leur paroisse, en collaboration avec l'aumônier des jeunes de l'époque. Ils l'ont d'abord réalisée en ‘live streaming’, puis sous une forme hybride. Ils voulaient impliquer les participants à la célébration. Ils les ont invités à bénir leur propre pain chez eux à la maison. Les gens continuent à le faire, même s'ils participent à nouveau à la messe à l'église de Greifensee.
L'église se trouve discrètement intégrée à l'étage de l’ancienne fabrique. "Comme dans l'Eglise primitive. Ils se réunissaient dans la chambre haute et partageaient le pain et le vin", explique Hella. Cela lui plaît.
"La contemplation est ma source spirituelle"
"La contemplation est ma source spirituelle, sans elle je ne travaillerais probablement plus dans l'Église catholique", révèle Hella. A Greifensee, elle anime un groupe de contemplation et, de temps en temps, une journée de contemplation, au cours de laquelle elle associe l'assise en silence de la tradition bouddhiste zen à la mystique chrétienne. Elle aimerait bien le développer un jour. "Ce n'est pas vraiment pour moi", dit Gregor, "rester longtemps assis en silence...".
De l'Allemagne à la Suisse
Le couple vient d'Allemagne. Gregor Sodies a grandi à Hambourg, Hella à Marsberg en Rhénanie du Nord-Westphalie. Ils ont tous deux étudié à Münster et se sont mariés en 2005. Peu après, ils ont émigré en Suisse.
C'est à Winterthour qu'ils ont trouvé leur premier emploi en aumônerie dans des paroisses différentes. “Mais nous nous sommes rendu compte que nous aurions aimé partager cela ensemble."
Une "force à vivre"
C'est ainsi qu'est né le désir de travailler dans la même paroisse. Au début, il n'était pas encore question de direction, explique Hella. Ils ont fait part de leur souhait au vicaire général Josef Annen, Mais cela a pris du temps avant qu’il ne leur donne son accord et ne leur assure la ‘missio canonica’. "Et c'est comme ça que nous avons atterri ici", dit Hella en riant.
"Dès le début, nous avons eu un coach pour nous conseiller. Cela nous a été très utile". C'est avec lui qu'ils ont discuté des relations humaines, mais aussi de la vie professionnelle. Aujourd'hui encore, ils se rencontrent trois ou quatre fois par an.
Et qu'en est-il de la vie à deux - compte tenu des soirées qu'ils passent avec leurs groupes paroissiaux respectifs? "Le dimanche soir nous appartient", dit Hella. Gregor opine. (cath.ch/kath.ch/rp/mp)
La communauté saint Jean XXIII de Greifensee
En 1930, le bourg de Greifensee (ZH) ne comptait encore que 300 habitants, dont huit catholiques. Mais avec la forte augmentation de la population dès les années 1960, le nombre des catholiques a bientôt dépassé le chiffre de 1’000.
Avec l'autorisation du curé d'Uster, des catholiques engagés, dans l’élan du Concile Vatican II, ont commencé à développer une vie paroissiale autonome à Greifensee à partir de 1969. Des services religieux catholiques ont eu lieu régulièrement dans la salle communale du Landenberg. En 1974, l'évêque de Coire fait de Greifensee un rectorat.
Depuis 1985, la paroisse dispose du "Limi", un ancien bâtiment industriel situé au cœur de la ville, qui a été transformé en centre de rencontre. La salle de culte accueillante - le "Stube-Chile" - au premier étage en constitue le cœur. La salle de la cheminée, le foyer, la salle polyvalente et la cuisine offrent un espace pour la vie paroissiale. Les jeunes ont leur royaume dans la salle des jeunes. La paroisse compte aujourd'hui 2'200 catholiques. MP
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Lugano: la Faculté de théologie à l'heure des défis
La Faculté de théologie de Lugano ne manque pas de défis, à l’heure où commence le semestre de printemps: la collaboration avec le diocèse, les nouveaux cours qui peuvent être aussi suivis à distance, les formations dispensées en anglais et l’affiliation à l’Université de la Suisse italienne.
Vu de Lugano: Laura Quadri/Catt.ch - Traduction adaptation Bernard Hallet
La Faculté de théologie de Lugano (FTL) a lancé, le 14 février dernier, son semestre de printemps. Outre les nouveautés, explique le recteur René Roux, il y a aussi la consolidation de la collaboration avec le diocèse: d'une part en établissant une collaboration avec l'Office de l'enseignement religieux scolaire (UIRS), pour offrir aux futurs nouveaux professeurs de religion dans les écoles une formation adéquate; d'autre part, la naissance, attendue prochainement, d'un Institut de théologie pastorale.
"C'est un projet sur lequel nous travaillons, car nous souhaitons que la Faculté de théologie de Lugano renforce son service au diocèse", explique le recteur. "A cet égard, nous pensons associer étroitement les Instituts liés à la pastorale qui existent déjà dans le diocèse, avec la conviction que la théologie pastorale ne peut pas être une matière purement abstraite, comme cela se fait dans la plupart des cas, notamment dans les facultés de théologie germaniques. La recherche scientifique et le terrain doivent dialoguer, se mettre en œuvre mutuellement".
Pas seulement en ligne
La FTL laisse derrière elle une période compliquée due à la pandémie, mais la situation sanitaire difficile n'a pas eu que des inconvénients. En fait, comme l'explique le recteur, de nouvelles opportunités intéressantes sont apparues, qu’il est possible d’expérimenter à l’occasion du nouveau semestre.
«Nous avons décidé d'investir davantage dans la technologie, en achetant du nouveau matériel pour nous permettre de fournir des enregistrements de qualité à ceux qui décident de nous suivre de cette manière". Presque tous les cours de la FTL peuvent également être suivis en ligne, même si, pour René Roux, l'enseignement en présentiel reste une priorité. "Nous espérons pouvoir reprendre à plein régime les activités qui se déroulent normalement dans nos locaux».
«En outre, se concentrer exclusivement sur les cours en ligne risquerait d'exclure l'autre grand groupe d'étudiants, les auditeurs: des personnes qui s'inscrivent souvent à nos cours, non seulement pour apprendre quelque chose, mais aussi pour bénéficier de la vie de la Faculté, des échanges et des relations qui se nouent avec les étudiants pendant les cours ou même pendant les pauses. Nous espérons que l'amélioration actuelle de la situation pandémique les incitera à s'inscrire à nouveau".
Nouveaux cours d'études
Ce semestre sera également l'occasion de poursuivre des initiatives dont la Faculté a déjà éprouvé le succès au cours des derniers mois. "Je pense au cours de maîtrise en études religieuses en anglais, que nous avons décidé de proposer entièrement en ligne compte tenu des demandes que nous avons reçues de nombreuses régions du monde. L'idée de choisir l'anglais, qui est aujourd'hui une sorte de lingua franca dans le domaine universitaire, découle de l'expérience positive que nous avons eue l'année dernière avec notre premier MOOC (Massive open online course).
«Organisé par notre Institut des religions et de la théologie (ReTe), le cours - qui vise à donner un aperçu de certaines des principales religions du monde - a été dispensé dans un format virtuel et totalement ouvert», précise le recteur. Une méthode d'apprentissage innovante, à laquelle ont participé des professeurs de grandes universités internationales et qui a pu offrir un accès libre et gratuit à leurs cours.
L'Université de la Suisse italienne
Les relations avec l’Université de la Suisse italienne (USI) s'intensifient également en raison de l'affiliation: "En ce moment, nous sommes en train d'affiner les méthodes de collaboration, notamment en redéfinissant des programmes et des règlements. Nous nous sommes donné un an, mais sur le plan académique, nous avons déjà des cours en commun et des étudiants qui sont maintenant des étudiants 'USI' à part entière". (cath.ch/catt.ch/lq/bh)
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Tessin: les fidèles souhaitent une «Église participative et ouverte"
La synthèse des réponses au questionnaire de la première phase du Synode sur la synodalité est disponible sur le site du diocèse de Lugano. 500 pages résument les 150 réponses reçues. Les fidèles demandent notamment à l’Église d’être plus attentive aux personnes fragiles, plus à l’écoute et plus ouverte au dialogue.
Vu de Lugano: Cristina Vonzun/Catt.ch – Traduction et adaptation Bernard Hallet
Le Synode de l'Église universelle 2021-2023 sur le thème "Communion, participation, mission" a prévu une consultation au niveau local dans les différents diocèses du 17 octobre 2021 au 31 décembre 2021. La synthèse des participants tessinois a été coordonnée par le Père Sergio Carettoni. Il revient sur le contenu du document.
Qu'est-il ressorti de la consultation synodale au Tessin?
Père Sergio Carettoni: Le document est la synthèse de plus de 500 pages qui constituent le recueil des réponses à la consultation synodale reçues des 24 réseaux de zone pastorale du diocèse de Lugano, de mouvements, d'associations et de groupes.
Les réponses, en particulier, ont porté sur les quatre premières questions de la consultation («Compagnons de route dans l'Eglise et dans la société», «écoute» et «Prise de parole», ndlr). La synthèse offre un instantané de la situation, quelques considérations théologico-pastorales sur certains aspects émergents et identifie une ou plusieurs propositions synodales.
En général, quel portrait de l'Eglise au Tessin ont brossé les participants?
Les participants montrent qu'ils ont l'idéal d'une Église en sortie, qui est attentive aux personnes fragiles, notamment aux personnes seules, aux malades, aux personnes âgées et aux migrants.
Ils souhaitent une Église ouverte, dialoguant, inclusive, suivant le modèle de l'icône évangélique du bon Samaritain. Une Église à l'écoute, mais aussi une communauté qui célèbre ses liturgies avec qualité. En général, les gens apprécient beaucoup les rassemblements liturgiques, demandant de la qualité dans l'homélie et dans la célébration. Ici s'ouvre peut-être une porte sur le travail de formation, qui est une voie d'avenir.
Beaucoup ont apprécié la présence des ministères de lecteur et d'acolyte, désormais ouverts aussi aux personnes qui ne choisissent pas la voie spécifique du diaconat ou de la prêtrise. Un autre thème qui a émergé est le besoin de formation pour vivre l'Église en relation avec la société: dans les sphères du travail, de la politique et de la vie sociale. Il est également nécessaire d'encourager l'écoute, le dialogue et la participation dans l'Église. Les femmes et les jeunes en particulier l'ont souligné.
Comment suggérez-vous que nous lisions un tel document?
Il s'agit d'une description de notre Église telle qu'elle est perçue et racontée par les participants à la consultation, ceci avec toutes les limites dues au manque de temps et à la pandémie qui a influencé le processus, surtout en décembre. Le pape François a voulu que cette première phase du Synode de l'Église universelle soit consacrée, dans les différentes Eglises locales, à l'écoute des gens. En fait, notre texte découle de cette écoute et la présente. Un aspect très intéressant est le fait que tant de personnes ont eu le désir de prendre la parole pour raconter leur parcours personnel en tant que membre de l'Église et pour écouter le parcours en Église d'autres frères et sœurs.
Avec qui lire ce document, qui est le fruit d'un processus communautaire?
Idéalement, comme il s'agit d'un document né dans un contexte communautaire, fait de dialogue et de confrontation, il devrait être relu en groupe et la réflexion sur son contenu devrait commencer au sein des réseaux de la zone pastorale ou d'autres groupes ayant participé à la consultation. Mais au-delà de la consultation synodale, il importe maintenant pour notre réalité diocésaine, d'approfondir à tous les niveaux un travail commun de lecture, d'analyse, de réflexion et d'identification de quelques pistes futures de nouvelle germination pastorale.
L'ensemble de l'Église est impliquée dans un processus synodal. Comment envisagez-vous de poursuivre le voyage dans le diocèse de Lugano?
Notre évêque souhaite que le processus synodal se poursuive au Tessin. Il sera structuré de la manière suivante: tous ceux qui ont participé à la consultation recevront les dix thèmes synodaux l'un après l'autre, afin que tout le diocèse puisse lire et comprendre ce qui a émergé et que différentes propositions synodales puissent être recueillies à la base, auprès des gens, sur lesquelles les communautés pourront ensuite expérimenter de nouveaux chemins ecclésiaux.
C'est le moment où il devient important d'activer des processus de libération pour la conversion et le changement pastoral dans l'Église du Tessin. (catt.ch/cath.ch/cv/bh)
La communauté tessinoise et le Synode
Au Tessin, les participants se sont concentrés sur les quatre premiers thèmes du questionnaire: «Compagnons de route dans l'Église et dans la société», «écoute» et «Prise de parole». Au total, 150 réponses ont été reçues des zones du réseau pastoral, des groupes et de certaines réalités spontanées, pour un total de 500 pages. CV
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