Mongolie: croit-on en Dieu dans le pays de Gengis Khan?
Le voyage du pape François en Mongolie, du 31 août au 4 septembre 2023, sera l’occasion pour le pontife de s’adresser à un peuple pratiquant des traditions religieuses diverses et très anciennes.
Mongolie: croit-on en Dieu dans le pays de Gengis Khan?
Mongolie: une destination stratégique pour le pape François
Mongolie: ces missionnaires qui ont fait naître l'Église
L’histoire du catholicisme en Mongolie
Dialogue avec le bouddhisme: un défi pour le pape en Mongolie
Plus jeune cardinal, Giorgio Marengo, accueillera le pape en Mongolie
Dix chiffres pour comprendre l'Église catholique en Mongolie
Mongolie : le pape François a atterri à Oulan-Bator
Mongolie: François salue la grande culture de cette petite population
«Les catholiques peuvent contribuer à la prospérité de la Mongolie»
Le pape aux missionnaires en Mongolie: Dieu vous aime et croit en vous
À Oulan-Bator, une Église-mosaïque à la rencontre de son pape
Mongolie: le pape invite à la «convivialité harmonieuse»
Messe à Oulan-Bator: le pape encourage la petite communauté catholique
Mongolie: le pape encourage les catholiques chinois
Mongolie: le pape François inaugure un centre caritatif catholique
Chine, Synode, Russie: ce qu'a dit le pape en revenant de la Mongolie
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Mongolie: une destination stratégique pour le pape François
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François sera le premier pape à visiter la Mongolie. Si le pontife compte en premier lieu s’adresser au peuple mongol et à la petite communauté catholique locale, son voyage sur la terre des Khans apparaît aussi comme un déplacement stratégique pour le Saint-S...
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Une poignée de missionnaires a fait jaillir une petite communauté catholique là où, trente ans auparavant, ne vivait aucun chrétien. Isolés et aux périphéries de tout, ces hommes et ces femmes viennent du monde entier pour annoncer la Bonne Nouvelle en vivant au plus près du peuple mongol. Deux d’en...
L’histoire du catholicisme en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rendra en Mongolie, une première historique. Même si l’installation des premiers missionnaires en Mongolie date d’il y a à peine plus de 30 ans, l’histoire des relations entre le monde chrétien et l’illustre nation des khans est riche et ancienne.
Dialogue avec le bouddhisme: un défi pour le pape en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rend en Mongolie, pays où le bouddhisme est la religion de près de la moitié de la population.
Plus jeune cardinal, Giorgio Marengo, accueillera le pape en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François sera le premier pontife à fouler le sol de la Mongolie, en Asie centrale. Il sera accueilli par une poignée de quelque 1’400 catholiques guidés par le préfet apostolique d’Oulan-Bator, l’Italien Giorgio Marengo, qui est aussi le plus jeune cardinal au...
Dix chiffres pour comprendre l'Église catholique en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rend en Mongolie, où réside une minuscule communauté catholique. Pour aider à comprendre ce voyage, I.MEDIA revient en chiffres sur l’état actuel du christianisme dans ce grand pays de tradition bouddhiste.
Mongolie : le pape François a atterri à Oulan-Bator
Le pape François a atterri à l’aéroport Gengis Khan d’Oulan-Bator dans la matinée du 1er septembre 2023. Premier pontife à visiter la Mongolie, il y restera quatre jours dans la capitale pour rencontrer les autorités, la petite communauté catholique, et les acteurs religieux et caritatifs du pays.
Mongolie: François salue la grande culture de cette petite population
Dans l’avion pour Oulan-Bator, le pape François a confié aux journalistes embarqués sa joie de visiter la Mongolie, où il est arrivé le 1er septembre 2023. «Il y a peu d’habitants, une petite population mais une grande culture», a-t-il indiqué à la presse.
«Les catholiques peuvent contribuer à la prospérité de la Mongolie»
Les catholiques sont «prêts à apporter leur contribution à la construction d’une société prospère et sûre» en Mongolie, a assuré le pape François aux autorités mongoles dans le Palais d’État d’Oulan-Bator, le 2 septembre 2023. Il a salué le choix fait par la Mongolie de se libérer de toute arme atom...
Le pape aux missionnaires en Mongolie: Dieu vous aime et croit en vous
«Dépenser sa vie pour l’Évangile», c’est de cette définition de l’engagement missionnaire que le pape François a orienté son discours en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul d’Oulan-Bator, le 2 septembre 2023, pour encourager l’évêque, les prêtres, les missionnaires, les personnes consacrées et...
À Oulan-Bator, une Église-mosaïque à la rencontre de son pape
Catholiques mongols et pèlerins venus de Chine, de Thaïlande ou du Kazakhstan, religieuses philippines ou coréennes et prêtres missionnaires originaires du Congo RDC, d’Italie ou de Colombie sont venus à Oulan-Bator, le 2 septembre 2023, second jour du pape François en Mongolie. Rencontre et reporta...
Mongolie: le pape invite à la «convivialité harmonieuse»
Le dialogue entre croyants «n’aplatit pas les différences, mais aide leur permet de se confronter pour un enrichissement franc et réciproque», a affirmé le pape François lors d’une rencontre interreligieuse organisée au Théâtre Hun d’Oulan-Bator, le 3 septembre 2023.
Messe à Oulan-Bator: le pape encourage la petite communauté catholique
«Le cri de notre soif n’est pas ignoré», a assuré le pape aux catholiques de Mongolie lors de la messe célébrée à la Steppe Arena d’Oulan-Bator, en Mongolie, le 3 septembre 2023, en présence de 2’500 personnes, bien plus que les 1'400 catholiques officiellement recensés dans le pays.
Mongolie: le pape encourage les catholiques chinois
Créant la surprise, au terme de la messe célébrée à Oulan-Bator, en Mongolie, le 3 septembre 2023, le pape a pris l’évêque de Hong Kong par la main. Adressant un signal direct aux autorités de la République populaire de Chine, il a invité les catholiques chinois à être de «bons chrétiens et de bons...
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Alors que l’Airbus A330 de ITA Airways survolait encore les steppes de Mongolie le 4 septembre 2023, le pape François a répondu, pendant quarante minutes, aux questions des journalistes qui l’ont accompagné pendant les cinq derniers jours. I.MEDIA revient sur les principales déclarations du pontife.
Mongolie: croit-on en Dieu dans le pays de Gengis Khan?
Le voyage du pape François en Mongolie, du 31 août au 4 septembre 2023, sera l’occasion pour le pontife de s’adresser à un peuple pratiquant des traditions religieuses diverses et très anciennes. Parler de Dieu dans ce contexte sera un défi pour le pape, qui a fait du dialogue fraternel avec les autres religions un des axes de son pontificat.
En Mongolie, les religions monothéistes, principalement l’islam et le christianisme, sont très minoritaires. La moitié de sa population est aujourd’hui bouddhiste, mais le pays reste marqué par des années d’athéisme d’État pendant la période communiste – plus de 40% de sa population se dit non-croyante – et par une très ancienne tradition chamanique, le tengrisme, qui donne lieu à de nombreuses pratiques syncrétiques.
Gengis Khan «divinisé»
Dans cette société de 3,3 millions d’habitants où la religion est une question complexe et souvent politique, la figure de Gengis Khan (c.1160-1227) permet d’unir – spirituellement ou historiquement – les différentes branches des traditions religieuses du pays. Dans un essai publié en 2016, l’anthropologue française Roberte Hamayon note qu’après la période communiste, les populations d’Asie centrale ont ressenti le besoin de renouer avec un passé religieux et de se trouver une divinité propre – pour constituer une religion nationale. En Mongolie, c’est la figure mythifiée de Gengis Khan, le fondateur, qui a été exaltée.
À partir des années 2000, on a commencé à utiliser L’histoire secrète des Mongols, qui raconte la généalogie et l’histoire du grand chef, comme une sorte de Bible. Mais la quasi-divinisation de Gengis Khan est ancienne et trouve ses racines dans la figure traditionnelle du chef mongol, qui tirait son pouvoir de son lien particulier avec le «tenger», le «ciel» – dans lequel il savait lire les présages.
Le tengrisme, un ciel sans Dieu
Ce lien élémentaire et chamanique avec le ciel est le cœur du «tengrisme», grande tradition spirituelle de l’Asie centrale. Au XIIe siècle, le missionnaire flamand Guillaume de Rubrouck note déjà que le terme «khan» est un «titre de dignité, qui a la même signification que devin (…) ; de là leurs princes ont pris ce nom, parce que leur charge est de gouverner les peuples par le moyen des augures». Mais dans ce système religieux, le «ciel» n’est pas une personne et donc encore moins une divinité, affirme Roberte Hamayon.
"Dès la fin des années 1990, le bouddhisme est présenté comme la religion nationale par les autorités, et pratiqué par la moitié de la population du pays"
Cette conception va connaître une forme syncrétique dans la tradition bouddhiste tantrique, avec la figure de Gesar, héros d’une épopée qui porte son nom. Le héros Gesar est considéré, dans le bouddhisme mongol, comme une incarnation du Dieu de la guerre Begtsé, une divinité courroucée qui a pour fonction de protéger le bon pratiquant mais n’a rien d’un Dieu créateur ou tout-puissant.
Ce roi mythique est connu pour être accompagné de trente-trois héros, les «bataar». Ce terme se retrouve dans le nom de la capitale Oulan-Bator, qui signifie le «héros rouge», surnom du révolutionnaire communiste mongol Damdin Sükhbaatar.
Le bouddhisme, puissance structurante de la Mongolie
Présent en Mongolie depuis le VIIIe siècle, le bouddhisme s’y impose réellement au XIIIe siècle avec le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai Khan, fondateur de la dynastie Yuan qui règnera sur la Chine pendant un siècle (1271-1368). Ce dernier décide en effet d’embrasser la tradition tibétaine et de l’imposer à son peuple. Cependant, la tradition chamanique reprend le dessus après la chute de son empire.
Le bouddhisme tibétain revient au XVIe siècle avec Altan Khan, un chef qui fait appel à des moines bouddhistes pour asseoir son pouvoir, s’inspirant du passé glorieux de la dynastie de Gengis Khan. La religion prend une importance croissante, ce phénomène culminant au début du XXe siècle avec Bogd Khan, qui était à la fois le chef politique de la Mongolie et le «lama» le plus important de la hiérarchie religieuse bouddhiste du pays.
Devenu un véritable État dans l’État, le puissant réseau de monastères est brutalement démantelé par les communistes arrivés au pouvoir en 1924, et ne sera reconstitué qu’après la chute du Mur de Berlin. Dès la fin des années 1990, le bouddhisme est présenté comme la religion nationale par les autorités, et pratiqué par la moitié de la population du pays.
Le bouddhisme tibétain pratiqué en Mongolie ne croit pas en l’existence d’une divinité suprême mais encourage à la vénération de dieux et d’esprits locaux. Elle valorise aussi les personnalités surnaturelles telles que Bouddha, humain ayant été capable d’atteindre le stade d’illumination et ainsi de connaître une forme de divinité – bouddha signifie «éveillé».
Gengis Kahn, grand-père des religions d’Asie centrale
Dans l’histoire mongole, la descendance de Gengis Kahn va s’intéresser aux traditions musulmanes et chrétiennes que les hordes mongoles rencontrent sur leur chemin. On trouve ainsi une présence islamique au cœur de l’empire mongol dès le XIIIe siècle, sous le règne de son arrière-petit fils Ghazan, qui se convertit et fonde l’Ilkhanat, empire musulman qui s’étend au XIVe siècle en Perse et dans le Caucase. Berké, autre petit-fils connu pour être le fondateur de la Horde d’Or – qui s’étend de l’Ukraine à la Mongolie jusqu’au XIVe siècle – s’est lui aussi converti. 2% de la population mongole est aujourd’hui musulmane, et croit en Allah, Dieu révélé au prophète Mohammed.
«En tant que chrétiens, on nous met tous dans le même sac»
Pour ce qui est des chrétiens, le lien est plus ténu: au XIIIe siècle, un fils de Gengis, Tuluy, se fait protecteur des nestoriens – une hérésie chrétienne qui est alors présente dans toute la région. S’il choisit le bouddhisme tibétain, Kubilai Khan, son fils, sera ainsi élevé par des nestoriens, mais il lui sera interdit de se faire baptiser. Le nestorianisme finit par disparaître, et le christianisme revient beaucoup plus tard avec deux vagues de missionnaires, la première du XIXe siècle à la période communiste, et la seconde depuis le début du XXIe siècle.
Petite communauté catholique
Aujourd’hui, la petite communauté catholique côtoie des orthodoxes, présents pour accompagner la diaspora russe, et des missionnaires protestants et évangéliques. Ces derniers sont particulièrement prosélytes et à l’origine de tensions avec le gouvernement et avec d’autres religions. «En tant que chrétiens, on nous met tous dans le même sac», confie à I.MEDIA un ancien missionnaire en Mongolie.
Pour parler de Dieu, Roberte Hamayon note que les chrétiens ont souvent utilisé le terme «burhan», soit «noble puissance», qui est utilisé pour désigner Bouddha, et parfois «Iertönciin Ezen» – soit «maître de l’univers» -, terme employé pour parler de Gengis Khan mais jugé offensant par les Mongols et donc abandonné. Le prêtre français Pierre Palussière, dans son Dictionnaire chrétien catholique anglais-mongol, paru en 2008, propose le terme composite «Tengerburhan» qui unit les concepts de Tenger (le ciel) et de Burhan. (cath.ch/imedia/cd/rz)
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Mongolie: une destination stratégique pour le pape François
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François sera le premier pape à visiter la Mongolie. Si le pontife compte en premier lieu s’adresser au peuple mongol et à la petite communauté catholique locale, son voyage sur la terre des Khans, ancienne république socialiste enclavée entre la Russie et la Chine, apparaît aussi comme un déplacement stratégique pour le Saint-Siège.
Depuis la chute du Mur et la fin de l’autarcie des blocs socialistes, un des grands axes de la diplomatie vaticane a été de tenter de faire entendre sa voix sur cette vaste étendue qui s’étend des Balkans à l’Asie du Sud-Est. L’objectif: soutenir les communautés présentes qui ont connu les persécutions, et encourager la mission et l’évangélisation.
L’héritage de Jean Paul II, perçu par nombre d’observateurs comme un des artisans de la chute du monde communiste, a cependant incité de nombreuses anciennes républiques socialistes à la défiance – les poussant à contrôler largement la présence catholique sur leur territoire. C’est le cas notamment en Russie – où nul pape n’a jamais pu se rendre – et en Chine – où l’Église est sous la tutelle d’une Association patriotique acquise au Parti communiste chinois – mais aussi, à des degrés variables, au Kazakhstan, au Vietnam, au Laos, ou encore en Mongolie.
Cependant, cette dernière s’est récemment montrée ouverte à l’établissement de nouveaux rapports avec le Saint-Siège, comme en témoigne le voyage du pape. Un cas similaire est le Kazakhstan, où s’est rendu le pape François en septembre dernier. Dans ces deux pays, tous les deux frontaliers de la Russie comme de la Chine, les gouvernements ont manifesté leur volonté d’assouplir leur contrôle des Églises locales – sans pour autant accorder une totale liberté aux missionnaires et prêtres locaux.
Une diplomatie périphérique
La diplomatie développée par le Saint-Siège dans ce type de pays apparaît comme «périphérique», pour reprendre un terme cher au pape François: en se portant aux frontières de la Chine et de la Russie, le pape tente de les assurer qu’il est capable d’intégrer les défis culturels asiatiques, et qu’il n’est pas – comme on le redoute à Pékin et à Moscou – l’«aumônier de l’Occident». Les bonnes relations avec la Mongolie, le Kazakhstan ou le Vietnam, très liés à leurs grands voisins, pouvant, à l’avenir, servir de modèle à un rapprochement avec ces derniers.
Avec la Russie, cette entreprise se manifeste particulièrement depuis 2022 et le déclenchement de la guerre en Ukraine. Lors du vol retour de son voyage au Kazakhstan, le pape François avait déclaré que fermer la porte du dialogue avec la Russie revenait à fermer «l’unique porte raisonnable qui mène à la paix». Sa diplomatie défend toujours cette ligne de conduite – en témoigne la récente mission du cardinal Matteo Maria Zuppi à Moscou.
Un intermédiaire précieux avec Moscou
Si la Russie est moins présente en Mongolie que la Chine, elle y jouit cependant d’un regain d’affection de la part de la population, confie un missionnaire qui y a passé dix ans. Oulan-Bator pourrait ainsi être un intermédiaire précieux pour discuter avec Moscou.
Avec la Chine, les difficultés du Vatican semblent encore plus importantes, alors que l’accord historique sur la nomination des évêques, trouvé entre les deux parties en 2018, n’a pour l’heure pas réellement porté de fruits – la Chine continuant d’agir sans consulter le Saint-Siège. Lors de son précédent voyage au Kazakhstan, le pontife avait tenté, en vain, de rencontrer Xi Jinping, qui était par hasard de passage à Astana au même moment que lui. En Mongolie, le pape va poursuivre sa remontée de la Route de la Soie, et tenter de faire un pas de plus vers Pékin.
La Mongolie est considérée de longue date par le Saint-Siège comme une porte d’entrée de l’Église vers la Chine. Dans un discours prononcé à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, le cardinal Jozef Tomko, en charge des missions, s’était félicité des premiers baptêmes célébrés en Mongolie, et avait déclaré immédiatement ensuite: «et dans le même temps, nous attendons l’heure de la grande Chine». Cette porte est aujourd’hui entrouverte pour les prêtres, malgré les importants contrôles imposés par les douanes chinoises.
Le «chapelet de perles»
En Mongolie, le Saint-Siège semble poser une nouvelle pierre à une sorte d’encerclement de la Chine. On peut parler de stratégie du «chapelet de perles», en référence à celle du «collier de perles» établie par la Chine en Asie du Sud-Est et dans l’océan Indien.
Ce «chapelet de perles» est constitué en premier lieu des plaques tournantes traditionnelles du catholicisme de la région que sont Taïwan et Hong-Kong – où le cardinal désigné Stephen Sau-yan Chow est un intermédiaire essentiel avec Pékin. Cependant, l’ancienne enclave britannique et la petite république de Formose sont aussi fragilisées par la volonté assumée de Pékin de les placer sous son contrôle total dans les prochaines années, réduisant la marge de liberté qui en faisait une plateforme stratégique pour l’Église – notamment pour envoyer des missionnaires en Chine.
Face à cette fragilisation de Taïwan et de Hong Kong, la Mongolie représente, comme la Birmanie ou le Kazakhstan, une nouvelle forme de présence catholique discrète aux portes de la Chine. Et le réchauffement spectaculaire des relations entre le Vatican et le Vietnam cet été – avec l’ouverture de relations diplomatiques – constitue un pas de plus dans ce sens.
Ces dernières années, le pape François s’est aussi entouré de conseillers qui peuvent jouer un rôle de médiateurs avec la Chine, en premier lieu le pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation, le cardinal philippin Luis Antonio Tagle qui est un petit-fils de migrant chinois, et a participé aux tentatives de rapprochement avec Pékin menées par la diplomatie vaticane conduite par le cardinal Pietro Parolin. On peut aussi citer le cardinal William Goh, archevêque de Singapour et membre de l’importante diaspora chinoise de la ville-État.
En Mongolie, malgré la très faible population chinoise, le pontife a choisi de remettre la barrette cardinalice au très jeune missionnaire Giorgio Marengo. Territorialement parlant, la Mongolie, dans l’Église, est liée au vaste espace de l’Asie centrale, faisant du cardinal-préfet d’Oulan-Bator l’avant-garde de l’Église sur cette Route de la Soie que la Chine tente de faire revivre. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Mongolie: ces missionnaires qui ont fait naître l'Église
Une poignée de missionnaires a fait jaillir une petite communauté catholique là où, trente ans auparavant, ne vivait aucun chrétien. Isolés et aux périphéries de tout, ces hommes et ces femmes viennent du monde entier pour annoncer la Bonne Nouvelle en vivant au plus près du peuple mongol. Deux d’entre eux témoignent de leur vocation avant l'arrivée du pape dans le pays, le 31 août prochain.
La venue du pape François en Mongolie est «un signe d’espérance pour les catholiques mongols, qui peuvent se sentir comme une minorité dans leur propre pays», surtout face aux succès que rencontre le protestantisme, se réjouit la religieuse belge Lieve Stragier. Elle est supérieure générale la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (ICM), et a passé quinze ans en Mongolie. «Même s’ils sont petits, même si leur communauté est très jeune, ces personnes ont été baptisées pour beaucoup ces dernières années et sont contentes de savoir qu’on les prend en compte et qu’elles font partie de la communauté catholique», souligne-t-elle.
La visite du pape doit permettre de «faire sentir l’amour de Dieu» à l’ensemble du peuple mongol, estime pour sa part le Père Mathieu Ndjoek, prêtre camerounais de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, qui a vécu dix ans en Mongolie (2008-2018) et doit y retourner prochainement. Le pontife, considère-t-il, sera aussi là pour apporter un message de soutien «inestimable» aux pasteurs de Mongolie.
Dans les pas du Père Verbist
Historiquement, la Mongolie est un territoire de mission qui doit beaucoup à l’Église catholique en Belgique : la présence de missionnaires belges dans cette région a été initiée dans la seconde moitié du XIXe siècle par le Père Théophile Verbist (1823-1868). Ce prêtre du quartier de Scheut, à Anderlecht, décida en 1862 de lancer une congrégation de prêtres séculiers missionnaires ayant pour vocation de se rendre dans le nord de la Chine, la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM) – surnommés les «scheutistes».
Le Père Matthieu Ndjoek fait partie de cette famille religieuse – 598 membres aujourd’hui – qui est répartie dans une vingtaine de pays autour du globe, notamment en RDC, au Brésil, au Mexique ou en Indonésie. Né au Cameroun dans une famille pratiquant les religions traditionnelles, il se souvient comment le contact avec les frères scheutistes de son village l’avait convaincu de devenir chrétien puis de s’engager lui aussi pour la mission – l’emmenant en Mongolie, aux origines de son ordre.
À leur début en Chine, les premiers scheutistes avaient en effet été envoyés dans le vicariat de «Tartarie», comme on appelait alors la grande étendue au nord-ouest de la Chine. Ce gigantesque territoire ecclésiastique était confié aux missionnaires lazaristes depuis le XVIIe siècle – par exemple le père Évariste Huc (1813-1860), célèbre aventurier ayant visité le Tibet – mais ces derniers avaient besoin de renfort. Comme les lazaristes, les scheutistes orientèrent leur mission vers le vaste territoire de Mongolie intérieure – chinoise – où le père Verbist mourut en 1868, ayant contracté le typhus.
679 membres de son ordre sont allés, à sa suite, évangéliser la Chine malgré l’hostilité du climat ou des populations. Entre 1899 et 1901, lors de la révolte des Boxers, nombre de scheutistes moururent en martyrs dans cette difficile terre de mission.
Au début du XXe siècle, les scheutistes présents en Chine se tournent vers la Mongolie extérieure – l’actuelle Mongolie et s’y installent – mais trop tard. La révolution soviétique gagne le pays, qui devient une république socialiste et athée en 1924 et interdit la présence de missionnaires. Les missionnaires belges restent en Mongolie extérieure jusqu’à la révolution chinoise (1945-1949), période pendant laquelle onze missionnaires connaissent le martyre, alors que tous les autres sont expulsés.
Les pionniers de l’évangélisation en Mongolie
En 1992, quand le régime communiste chute, trois prêtres scheutistes sont chargés de reprendre le travail de leurs prédécesseurs. Parmi eux, le Philippin Wenceslao Selga Padilla deviendra le premier évêque de la préfecture apostolique d’Oulan-Bator en 2002. Ces pionniers appellent en renfort des disciples d’une autre grande personnalité missionnaire belge, mère Marie-Louise de Meester (1857-1928). Trois religieuses de sa congrégation, les Sœurs missionnaires du Cœur immaculé de Marie (506 membres en 2022), connues aussi comme les ‘religieuses De Jacht’ – nom de leur maison-mère près de Louvain –, sont ainsi arrivées à Oulan-Bator en 1995.
«Je suis descendu de l’avion et je n’ai vu… rien du tout!», se remémore Sœur Lieve Stragier, qui était une des trois religieuses, évoquant le faible développement du pays et de sa capitale à l’époque. La Mongolie était alors très pauvre, et sortait de longues années d’athéisme, mais la religieuse se souvient d’avoir aussi immédiatement eu ce sentiment: «Dieu a déjà été ici».
Les Mongols «étaient en recherche d’un sens, afin de remplacer quelque chose qu’on leur avait enlevé pendant les années communistes», explique sœur Lieve. Elle se rappelle que dans ses premières années, la mission était surtout là pour les expatriés. Cependant, ces derniers «venaient à la messe avec leur conducteur» mongol, et cette présence catholique a vite suscité de la curiosité, notamment parmi les jeunes. «Il y avait une fascination pour tout ce qui était occidental», explique la religieuse flamande.
Auprès du peuple mongol
Les premières années, les missionnaires ont d’abord attendu de maîtriser la langue, puis se sont mis à chercher comment ils pouvaient servir la population mongole dans leur vie quotidienne. «Nous devions apprendre à vivre comme une communauté, c’était notre priorité», raconte sœur Lieve.
Elle s’est donc occupée des enfants des rues qui vivaient alors dans les canalisations d’Oulan-Bator – «le seul endroit où il faisait chaud pendant l’hiver». Elle a travaillé dans le premier centre pour enfants handicapés mentaux du pays et a ouvert un centre communautaire dans la banlieue de la capitale.
Autour de ces activités, des moments d’évangélisation ont pu naître, notamment lors des sessions de «Bible sharing», échanges «très pratiques» organisés pour les adultes autour des textes bibliques. Peu à peu, la petite communauté a grandi. Lieve Strieger se rappelle avec une tendresse toute particulière du jour où, pour la crèche vivante de Noël, la poupée du petit Jésus a été remplacée pour la première fois par un petit Mongol, enfant d’un couple de convertis.
Le Père Mathieu Ndjoek, qui a habité en Mongolie de 2008 à 2018, s’est occupé principalement du centre pour les enfants abandonnés d’Oulan-Bator, fondé par ses prédécesseurs scheutistes dès 1995. Même s’il a dû affronter des moments difficiles, par exemple des préjugés sur ses origines africaines, il a été sensible au «grand sens de l’accueil des Mongols», surtout en dehors des villes.
Comme sœur Lieve Stragier, le prêtre camerounais considère que la mission «n’avance pas comme on l’aurait souhaité», mais il estime qu’il y a beaucoup de signaux très positifs dans cette toute petite communauté. Notamment le fait, note-t-il, que le «Père Giorgio» – Giorgio Marengo – un prêtre italien faisant partie des missionnaires en Mongolie, soit devenu, à la surprise générale, le premier cardinal du pays en 2022. (cath.ch/imedia/cd/bh)
Les missionnaires en Mongolie
Les ordres masculins:
-Les Scheutistes (CICM)
-Les Missionnaires de la Consolata
-Les Salésiens
Les ordres féminins:
-Missionnaires de la Charité
-Sœurs missionnaires du Cœur immaculé de Marie (ICM)
-Sœurs de Saint Paul de Chartres
-Sœurs missionnaires de la Consolata
-Salésiennes (Marie Auxiliatrice)
-Congrégation de la Charité du Saint-Sacrement (Corée du Sud)
Autres:
-ProMisja (laïcs de Pologne)
-Prêtres fidei donum
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L’histoire du catholicisme en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rendra en Mongolie, une première historique. Même si l’installation des premiers missionnaires en Mongolie date d’il y a à peine plus de 30 ans, l’histoire des relations entre le monde chrétien et l’illustre nation des khans est riche et ancienne.
Elle se résume en 4 périodes: en premier lieu, entre le VIe siècle et le début du XIIIe siècle, on observe la présence de représentants de l’Église nestorienne, un courant considéré comme hérétique par Rome mais qui a prospéré jusqu’aux confins de l’Asie; ensuite, au XIIIe siècle, survient une période d’échanges intenses entre la chrétienté et la Mongolie toute puissante des Khans, qui seront tentés de s’allier face à l’émergence des dynasties musulmanes d’Égypte; les missions envoyées en Chine entre le XVIe et le XXe siècle tentent d’atteindre la Mongolie, sans succès; et enfin, après la période communiste, s’ouvre la première phase d’évangélisation de la Mongolie.
I. Les racines nestoriennes
VIe-XIe siècles: Des prêtres chrétiens appartenant à l’Église nestorienne parcourent l’Asie et convertissent de nombreux membres de plusieurs tribus présentes en Mongolie: les Naimans, les Keraït, les Ouïghours ou encore les Kara Khitai.
1203: Le chef des Keraït, Toghril, est trahi par son allié Gengis Kahn et meurt assassiné. Son peuple intègre la grande horde de Gengis Kahn. Certains historiens assimilent Toghril, qui était probablement nestorien, au prêtre Jean, un personnage mythique ayant dirigé un grand royaume chrétien dans la région.
II. L’échec de l’alliance franco-mongole
1238: Louis IX et Édouard Ier d’Angleterre refusent de s’allier aux Abbassides contre les Mongols.
1240: Le pape Grégoire IX envoie une délégation de neuf dominicains, guidée par le prêtre Guichard de Crémone, qui se rend en Géorgie. Ils sont témoins de la chute du royaume de Géorgie, battu par les Mongols en 1243, et rapportent leur témoignage à Rome.
1241: Les Mongols envahissent la Hongrie. Ils y restent jusqu’en 1286.
1245: Le pape Innocent IV envoie quatre missions en Mongolie pour entrer en contact avec ses dirigeants. Sont notamment envoyés les dominicains Ascelin de Lombardie, Simon de Saint-Quentin et André de Longjumeau, et les franciscains Jean de Plan Carpin et Laurent du Portugal.
1246: Le Khan Guyuk, neveu de Gengis, envoie une lettre menaçante à Innocent IV, lui demandant de se soumettre à lui «ou de devenir son ennemi».
1248: Innocent IV publie la lettre apostolique Viam agnoscere veritatis, dans laquelle il demande aux Mongols de cesser leurs menaces. Saint Louis, en croisade à Chypre, reçoit une lettre des Mongols demandant une alliance et l’invitant à attaquer les Mamelouks en Égypte (ce qu’il fait l’année même). Le roi de France, apprenant l’existence de chefs chrétiens en Mongolie, envoie à son tour une délégation, menée par André de Longjumeau pour tenter de nouer une alliance avec le Khan Guyuk – mais ce dernier meurt quand l’émissaire du roi arrive.
1253: Saint Louis envoie en Mongolie un deuxième émissaire, le franciscain flamand Guillaume de Rubrouck. Le prêtre conclut qu’une alliance n’est pas possible et que le christianisme des Mongols est feint, et invite le roi à venir aider les chrétiens d’Arménie et de Géorgie.
1254: Le roi Héthoum Ier de Géorgie se rend en Mongolie et prête allégeance à Mongke Khan, petit-fils de Gengis Kahn, en échange de son aide contre le califat de Bagdad.
1258: Le Khan Houlagou, frère de Mongke, et fondateur de la dynastie ilkhanate en Perse, prend Bagdad. Il est le chef mongol le plus proche du christianisme, car marié à une reine nestorienne. Il se proclame protecteur des chrétiens de son territoire.
1259: Le pape Alexandre IV condamne les Mongols et demande aux chrétiens de Terre Sainte d’organiser une croisade contre eux – sans résultat.
1260: Bohémond VI d’Antioche, beau-fils de Héthoum Ier, se soumet à son tour aux Mongols. Ces derniers sont finalement stoppés en Terre Sainte par les Mamelouks lors de la bataille d’Ain Jalut, le 3 septembre de la même année.
1262: Le Khan Houlagou envoie une nouvelle offre d’alliance à saint Louis. Il promet de restituer Jérusalem au pape.
1263: Urbain IV, ayant appris la nouvelle, publie la bulle Exultavit cor nostrum dans laquelle il remercie le Khan Houlagou et l’enjoint à se convertir au christianisme – en vain.
1269: Premier voyage de Marco Polo en Mongolie.
1269-1274: Les croisés du roi Édouard Ier d’Angleterre combattent aux côtés de troupes mongoles en Terre Sainte.
1274: Lors du second concile de Lyon, le pape Grégoire X accueille des délégués envoyés par des représentants mongols, qui affirment vouloir collaborer avec les royaumes chrétiens. Le pontife décide alors le lancement d’une croisade commune – mais les puissances européennes ne le suivent pas.
1282: Le second fils du Khan Houlagou, Ahmad Teküder, converti à l’islam, prend la tête de l’Ilkhanat de Perse et envisage une alliance avec les Mamelouks. Il est renversé en 1284 par Arghun, son neveu.
1285: Le Khan Arghun envoie deux émissaires au pape Honorius IV pour lui demander de l’aider à repousser les musulmans. Il promet même de se faire baptiser si Jérusalem est reprise – mais les puissances européennes ne souhaitent plus partir en croisade.
1295: Le Khan Arghun meurt: lui succède Ghazan, qui annonce publiquement sa conversion à l’islam. Mais il continue de combattre avec les chrétiens en Terre Sainte contre les Mamelouks, tout comme le feront ses descendants.
1307: Le diocèse de Cambaluc, nom de Pékin sous la domination mongole des Yuans, est érigé par le pape Clément V. Le franciscain Jean de Montecorvino en est l’évêque pendant 20 ans. Il traduit le Nouveau Testament en langue ouïghoure, alors parlée par les élites mongoles. Cette petite présence chrétienne est finalement éradiquée avec la déchéance des Mongols et le début de la dynastie chinoise Ming, à partir de 1368.
1335: Ravagé par la Grande Peste, l’Ilkhanat de Perse se dissout et met fin à l’influence de la dynastie mongole dans le Proche-Orient.
1403: Tamerlan, prince turco-mongol, fondateur de la dynastie timouride qu’il fait naître sur les ruines de l’Ilkhanat de Perse, correspond avec le roi Charles VI, lui proposant une alliance contre les Mamelouks.
III. L’échec des missions
1690: Par la bulle Romani pontificis, le pape Alexandre VIII érige à nouveau le diocèse de Pékin, dont le territoire comprend la Mongolie.
1840: Un vicariat apostolique de Mongolie est détaché du diocèse de Pékin.
1868: Le fondateur de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM, connu comme les scheutistes), le Belge Théophile Verbist, meurt du typhus à Laohugou en Mongolie intérieure sans avoir pu rejoindre l’actuelle Mongolie.
1883: Fondation d’un vicariat apostolique de Mongolie intérieure – en actuelle Chine.
1922: Fondation d’une mission sui juris pour la Mongolie extérieure – l’actuelle Mongolie. Mgr Jerome Van Aertselaer (CICM) en est nommé administrateur apostolique. Les missionnaires n’ont pas le temps de s’installer: la République populaire mongole, régime athée communiste, est proclamée en 1924. Tous les croyants sont persécutés ou exilés par le dictateur, Horloogiyn Choybalsan.
1931: Le dernier évêque de la mission sui juris, Mgr Everard Ter Laak (CICM), meurt en Chine.
IV. Trente ans d’existence
1992: Après la chute du mur, la Mongolie décide d’ouvrir ses portes aux missionnaires. Sa nouvelle constitution déclare: «En Mongolie, l’État respecte les religions, tandis que les religions honorent l’État». Rome ouvre ses relations diplomatiques avec Oulan-Bator et demande aux Scheutistes (CICM) d’envoyer trois prêtres sur place, qui s’installent à Oulan-Bator, pour initier une mission sui juris. À cette époque, la Mongolie ne compte, officiellement, aucun catholique. Le Père Wenceslao Padilla est nommé supérieur ecclésiastique de la mission.
1995: Proche des Scheutistes, la congrégation belge des Sœurs missionnaires du Cœur immaculé de Marie (appelées aussi De Jacht) envoie les quatre premières religieuses du pays à Oulan-Bator.
1996: La première église de Mongolie – l’actuelle cathédrale – est consacrée. Le gouvernement encourage l’installation des missionnaires en accordant une «autorisation perpétuelle pour les activités religieuses» aux catholiques.
1997: Mgr John Bulaitis, nonce en Corée du Sud, est aussi nommé nonce en Mongolie par le pape Jean Paul II.
2003: Le pape Jean Paul II crée la préfecture apostolique de Mongolie. Le missionnaire scheutiste philippin Wenceslao Padilla est ordonné premier préfet apostolique de Mongolie par le cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples. Le pape polonais aurait voulu l’ordonner sur place, mais doit annuler en raison de sa santé déclinante. La même année arrivent en Mongolie des missionnaires de la Consolata, une congrégation italienne. Parmi eux se trouve Giorgio Marengo, qui deviendra plus tard le premier cardinal du pays.
2004: Publication de la première version du Catéchisme de l’Église catholique en langue mongole.
2006: L’Église catholique compte 600 adhérents en Mongolie.
2007: Arrivée des Salésiens en Mongolie.
2009: Le gouvernement mongol retire l’autorisation perpétuelle accordée en 1996. Les missionnaires présents pour des raisons religieuses ou caritatives doivent désormais demander une autorisation chaque année.
2016: Ordination du premier prêtre catholique d’origine mongole.
2018: Mort en poste de Mgr Padilla, premier préfet d’Oulan-Bator.
2020: Le pape François nomme le Père Giorgio Marengo préfet apostolique d’Oulan-Bator.
2022: Le pape François crée Mgr Giorgio Marengo cardinal.
2023: Première visite d’un pape en Mongolie. L’Église dans ce pays compte officiellement un peu moins de 1400 catholiques. (cath.ch/imedia/cd/rz)
Sources:
La Horde: Comment les Mongols ont changé le monde, Marie Favereau, 2023.
Histoire secrète des Mongols, Connaissance de l’Orient, Série mongole, Gallimard, 1993.
Voyage dans l’empire mongol, 1253-1255, Guillaume de Rubrouck.
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Dialogue avec le bouddhisme: un défi pour le pape en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rend en Mongolie, pays où le bouddhisme est la religion de près de la moitié de la population. Le pontife aura à cœur d’encourager le dialogue entre chrétiens et bouddhistes, même si la tâche pourrait s’avérer délicate, comme le montrent les tensions existantes entre l’Église et certaines réalités du bouddhisme en Asie.
En mai 2022, le préfet apostolique d’Oulan-Bator (la capitale de la Mongolie), Mgr Giorgio Marengo, avait rendu visite au pape François au Vatican à l’occasion des 30 ans de l’arrivée des premiers missionnaires chrétiens en Mongolie en 1992. Pour convier le pape à se rendre dans son pays, il était venu à Rome accompagné d’un des plus hauts dignitaires bouddhistes de Mongolie.
C’est en présence de cet invité qu’il avait appris que le pape avait décidé de le créer cardinal. «Il est […] significatif que nous nous soyons réjouis ensemble de cette nouvelle, et cela dit combien l’Église en Mongolie est une réalité globale, qui cherche à marcher avec toutes les personnes de bonne volonté et qui est engagée dans le dialogue», avait alors confié l’Italien.
«Nos relations avec les bouddhistes sont très bonnes», assure à l’agence I.MEDIA sœur Lieve Stragier, missionnaire belge de la congrégation De Jagt qui a vécu pendant quinze ans sur place. La venue du pape, estime-t-elle, pourrait renforcer cette bonne entente, notamment en aidant à distinguer les catholiques des mouvements protestants ou évangéliques qui sont perçus comme très prosélytes – et se montrent «agressifs» envers les bouddhistes tout comme les catholiques.
Dialoguer avec le «monde bouddhiste»
Une rencontre interreligieuse entre le pape François et les autorités bouddhistes mongoles est d’ailleurs prévue le 3 septembre prochain. Le pontife devrait probablement avoir à cœur, comme il le fait habituellement, de jeter des ponts entre les deux religions et de plaider en faveur de la «fraternité humaine» qui les unit.
Depuis le début de son pontificat, le pape argentin s’est rendu à cinq reprises dans des pays de tradition bouddhiste: la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Birmanie, la Thaïlande et le Japon. Un chiffre notable quand on sait que dans nombre de ces pays – comme en Mongolie – la population catholique est très faible, souvent sous les 1% de la population.
Dans son dialogue avec le bouddhisme, François marche dans les pas de son prédécesseur Jean Paul II, le premier à nouer de véritables relations avec des dignitaires bouddhistes, notamment lors de ses voyages au Japon en 1981 puis en Corée et en Thaïlande en 1984. Pour le pontife polonais, les deux religions pouvaient trouver un terrain d’entente fécond de par leur convergence concernant le refus du «matérialisme» occidental et la défense du spirituel et des valeurs familiales.
Le dilemme du Dalaï Lama
Pendant son pontificat, Jean Paul II était devenu très proche de la personnalité la plus célèbre du bouddhisme, le Dalaï Lama. Il l’avait notamment convié à plusieurs reprises aux rencontres d’Assise. Cependant, les relations avec le leader spirituel ont beaucoup souffert ces dernières années. Opposant politique à Pékin dont il dénonce les persécutions au Tibet, le dignitaire bouddhiste est une victime collatérale de la diplomatie de l’évolution des relations avec la Chine sous les pontificats de Benoît XVI et de François.
En 2007, alors qu’une visite était prévue, la Chine avait menacé Benoît XVI de graves «répercussions» s’il venait à accueillir le Dalaï Lama, et le pontife allemand avait finalement renoncé à l’entretien. Il avait reçu le chef bouddhiste un an auparavant en audience privée, à l’issue de laquelle ce dernier avait déclaré militer pour une «autonomie digne de ce nom» du Tibet, et avoir évoqué le sujet avec le pontife.
En 2014, le pape François a lui aussi refusé de rencontrer le Dalaï Lama lors d’un sommet pour la paix organisé à Rome. Il ne l’a pas convié lorsqu’il a organisé un sommet interreligieux pour le climat en 2022 ou avec des prix Nobel de la paix en 2023. La tradition de bouddhisme à laquelle ce leader spirituel appartient, la branche «vajrayana» – le bouddhisme dit «tantrique» -, est la même que celle pratiquée en Mongolie. Son implication dans les affaires religieuses mongoles – il s’est rendu de nombreuses fois dans le pays – est ainsi source de tensions avec la Chine.
Pas de rencontre avec la réincarnation du sage bouddhiste
En 2016, le Dalaï-Lama avait annoncé avoir découvert en Mongolie le nouveau «Jebtsundamba Khutughtu», appelé aussi «Bogd Gegeen», soit la 10e réincarnation d’un sage du bouddhisme considéré comme le leader religieux le plus important du pays et le troisième plus importants de la famille du bouddhisme tibétain. En protestation, la Chine avait à l’époque fermé les routes d’accès à la Mongolie.
Selon une source diplomatique, l’abbé de Gandan, qui dirige un des plus importants monastères du pays à Oulan-Bator, aurait demandé l’organisation d’une rencontre entre le pape François et le 10e Bogd à l’occasion du sommet interreligieux du 3 septembre. La demande aurait été refusée poliment par le Saint-Siège. L’enfant choisi en 2016 par le Dalaï-Lama pour être le Bogd est aujourd’hui âgé de 8 ans, fait partie de la très haute bourgeoisie mongole et possède un passeport américain.
Ce refus aurait créé une certaine tension avec le monastère de Gandan, dont les représentants sont néanmoins invités à participer à la rencontre. Ce monastère fait partie des institutions bouddhistes mongoles qui ont toujours refusé de dialoguer avec l’Église catholique locale, a appris I.MEDIA de plusieurs sources.
Des bonnes relations dans de nombreux pays bouddhistes
Le bouddhisme tibétain «vajrayana» ne représente cependant qu’une seule branche du bouddhisme, et est implanté principalement dans les contreforts indiens de l’Himalaya, au Népal, au Tibet chinois et au Bhoutan, régions avec lesquelles le Saint-Siège n’entretient presque aucun rapport. En cela, la visite du pape en Mongolie est particulièrement importante, en ce qu’elle constitue la première visite officielle d’un pontife dans un pays appartenant à cette tradition spirituelle.
A contrario, le pape François a récemment visité plusieurs pays importants du bouddhisme Mahayana et Theravada. Il a notamment rencontré des représentants bouddhistes Mahayana au Japon et en Corée du Sud, et Theravada au Sri Lanka, en Birmanie et en Thaïlande. Contrairement au bouddhisme tibétain, où la réincarnation de Bouddha en Dalaï-Lama place la figure de ce dernier en leader supranational – à la manière d’un pape – de sa branche du bouddhisme, les branches du bouddhisme Mahayana et Theravada sont fondées sur des hiérarchies plus locales, voire nationales.
Les relations de l’Église avec ces courants bouddhistes dépendent donc souvent du contexte national. Elles peuvent être très bonnes – par exemple en Thaïlande, au Japon et en Corée du Sud. Au Sri Lanka, les leaders religieux locaux ont pu récemment marcher main dans la main pour dénoncer les fautes du gouvernement.
La Chine bouddhiste, la grande absente
La situation peut parfois être plus tendue, comme lors de la rencontre du pape avec les leaders bouddhistes de Birmanie en 2017. À l’époque, le pontife avait été forcé de ne pas évoquer les exactions et persécutions perpétrées dans ce pays contre les minorités Rohingyas ou encore les Karen, ethnie qui compte beaucoup de catholiques. Nombre de leaders bouddhistes du pays soutiennent ouvertement ces politiques de la junte.
Le Saint-Siège peine enfin à atteindre la plus grande communauté bouddhiste du monde, celle de Chine, où les enseignements de Bouddha, après avoir failli disparaître sous la férule de la Révolution culturelle, ont été réintégrés au patrimoine national. Mais le bouddhisme est aussi devenu un puissant allié du gouvernement chinois, et ne semble pas jouer de rôle dans les tentatives de rapprochement initiées par le Saint-Siège depuis quelques années. (cath.ch/imedia/cd/rz)
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Plus jeune cardinal, Giorgio Marengo, accueillera le pape en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François sera le premier pontife à fouler le sol de la Mongolie, en Asie centrale. Il sera accueilli par une poignée de quelque 1’400 catholiques guidés par le préfet apostolique d’Oulan-Bator, l’Italien Giorgio Marengo, qui est aussi le plus jeune cardinal au monde. Portrait de ce prélat à la pastorale bergoglienne, missionnaire dans le pays depuis les années 2000.
Né en 1974 à Cuneo, dans le Piémont, Giorgio Marengo a été ordonné prêtre en 2001 pour les missionnaires de la Consolata, une congrégation italienne fondée au début du XXe siècle et qui s’est spécialisée dans l’accompagnement des jeunes Églises. Après avoir obtenu un doctorat en missiologie à l’Université urbanienne de Rome, cet ancien scout et escrimeur est parti dans les années 2000 à la rencontre d’un peuple qui n’avait jamais entendu parler de Jésus.
C’est en effet seulement quelques années plus tôt, en 1992, que les premiers missionnaires catholiques sont arrivés en Mongolie dans un contexte religieux dominé par le bouddhisme tibétain. Le Père Giorgio Marengo est d’abord envoyé à Avayheer, une petite ville de 20’000 habitants située au centre du pays, où il fonde la paroisse Marie Mère de Miséricorde.
Dans ce premier logement avec ses frères missionnaires de la Consolata, «nous étions vraiment les étranges Martiens venus de Saturne», confiait-il avec humour dans un témoignage donné en 2020 dans un sanctuaire italien. Dans sa première localité de mission, où aucune église catholique n’avait existé auparavant, «les gens nous considéraient comme des espions ou comme les émissaires d’un État. Il a fallu beaucoup de temps pour créer des relations, pour se faire confiance les uns les autres, mais cela vaut la peine!», assurait-il.
Musicien et polyglotte
Sœur Lieve Stragier – aujourd’hui supérieure des Sœurs missionnaires du Cœur immaculé de Marie –, qui a côtoyé Giorgio Marengo dans ses premières années de mission de 2003 à 2010, se souvient d’un prêtre «très jeune». «Quand il est arrivé, je l’ai aidé à trouver un appartement», narre-t-elle. «Il était très bon en musique, il jouait de la guitare et chantait très bien et a même composé des chansons. Il était très sérieux dans son étude des langues, et il a pris beaucoup de temps pour comprendre la culture des personnes», assure-t-elle. Contrairement à son prédécesseur, le cardinal Marengo maîtrise bien le mongol.
En 2020, après plus de quinze années de mission, il a été choisi par le pape François comme préfet apostolique d’Oulan-Bator et a été ordonné évêque par le cardinal Tagle, préfet de l’alors congrégation pour l’Évangélisation des peuples – aujourd’hui dicastère pour l’Évangélisation. Mgr Marengo avait alors témoigné de l’approche pleine de patience, de finesse et de douceur avec laquelle les missionnaires sont appelés à «susurrer l’Évangile au cœur de l’Asie».
Le pape François le crée cardinal deux ans plus tard, lors du consistoire du 27 août 2022. Il devient alors le premier cardinal de l’histoire représentant la Mongolie. Ce choix inattendu a suscité un certain engouement médiatique envers le missionnaire italien d’alors 48 ans, qui devenait le benjamin du collège cardinalice.
«J’ai reçu la nouvelle à la fin de la célébration de l’Eucharistie dominicale de nos Sœurs Missionnaires de la Consolata dans leur maison générale, et ce fut un moment fraternel et inattendu», a-t-il confié au média du Vatican. Il avait alors exprimé sa gratitude pour «l’attention du successeur de Pierre pour l’Église dans des contextes marginaux et petits».
Cette nomination, commentait-il à I.MEDIA la veille du consistoire, «montre l’importance du christianisme en Asie», même si l’Église y est «minoritaire». «Cette décision du Saint-Père prend aussi acte du fait que la Mongolie est un pays qui a su, dans son Histoire, promouvoir la paix, l’harmonie entre des populations d’origines différentes. C’est aussi un aspect significatif», soulignait-il aussi.
Le cardinal Giorgio Marengo, qui demeurera électeur jusqu’en juin 2054 et devrait logiquement participer à plusieurs conclaves, pourrait devenir une figure clé des grandes mutations du christianisme au XXIe siècle. (cath.ch/imedia/cv/cd/ak/bh)
09/11/2022
Le cardinal Giorgio Marengo «murmure l’Evangile” en Mongolie
A 48 ans, Giorgio Marengo, préfet apostolique d’Oulan Bator, en Mongolie, est devenu en août 2022 le plus jeune membre actuel du collège cardinalice. Il parle du défi et de la joie de transmettre l’Evangile dans un pays où les chrétiens ne sont «qu’un tout petit troupeau».
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Dix chiffres pour comprendre l'Église catholique en Mongolie
Du 31 août au 4 septembre 2023, le pape François se rend en Mongolie, où réside une minuscule communauté catholique. Pour aider à comprendre ce voyage, I.MEDIA revient en chiffres sur l’état actuel du christianisme dans ce grand pays de tradition bouddhiste.
31
Le nombre d’années de présence catholique dans le pays. Les premiers missionnaires, des membres de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM) ou Scheutistes, sont arrivés en Mongolie en 1992. Les premières religieuses sont arrivées en 1995. Le premier évêque, Mgr Wenceslao Selga Padilla, a été ordonné en 2003, un an après que l’ancienne mission sui iuris d’Oulan-Bator ait été élevée au rang de préfecture apostolique.
1’500
Le nombre de catholiques en Mongolie selon Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Au 31 novembre 2022, l’annuaire pontifical en dénombrait 1.394. Les catholiques représentent environ 0,04% de la population mongole, en faisant un des pays avec le moins de catholiques au monde. En 1992, le pays ne comptait officiellement aucun catholique. En 2012, on en dénombrait 725.
La Mongolie n’est pas le pays avec le moins de catholiques qu’a visité le pape François: en 2016, le pontife s’était rendu en Azerbaïdjan, où la population catholique se limitait à 560 personnes (600 en 2023).
63.600
Le nombre de chrétiens en Mongolie. La majorité d’entre eux sont des protestants (36.100) et des évangéliques ou associés (23.000). L’Église orthodoxe russe compte pour sa part 2.650 fidèles. L’ensemble des chrétiens représente 2.1% de la population mongole, contre 3% pour les musulmans sunnites, 3% pour les religions traditionnelles et 53% pour les bouddhistes. Le reste de la population (39%) est athée ou agnostique.
25
Le nombre officiel de prêtres en Mongolie selon le Saint-Siège. Il s’y trouve 6 prêtres séculiers, dont 2 prêtres indigènes – un a été ordonné en 2022. Les 19 autres prêtres sont des religieux missionnaires. Ils font partie des congrégations missionnaires scheutistes, de la Consolata ou salésiennes. Le diocèse compte aussi des prêtres fidei donum.
10
Le nombre de paroisses en Mongolie en 2023 selon la préfecture – le Saint-Siège n’en décompte que 8, signe de la récente ouverture de deux paroisses, a appris I.MEDIA de sources catholiques mongoles. L’Église catholique ne dénombre officiellement qu’une seule église, la cathédrale Saints Pierre-et-Paul d’Oulan-Bator. Cependant, dans les faits, la capitale de 1,4 million d’habitants (43% de la population du pays), compte 5 autres paroisses. Deux paroisses se trouvent aussi dans les villes de Darkhan et d’Erdenet au nord, une autre à Arvaikheer dans le centre du pays et une dernière à Zuunmod dans la périphérie de la capitale.
57
Le nombre de religieux et religieuses présents dans la préfecture apostolique d’Oulan-Bator. 24 sont des hommes, 33 des femmes. Sont présents des scheutistes, des missionnaires de la Consolata, des salésiens, des jésuites, des sœurs miissionnaires de la Charité (Mère Teresa), des sœurs missionnaires du Cœur Immaculé de Marie (De Jacht), des sœurs de Saint Paul de Chartres, et des religieuses de la congrégation coréenne INBO. Près d’un tiers des missionnaires en Mongolie sont d’origine coréenne selon AsiaNews. Des laïcs polonais du mouvement Promisja sont aussi présents.
54
Le nombre d’instituts gérés par l’Église catholique en Mongolie. 48 d’entre eux sont des instituts de bienfaisance pour les populations les plus pauvres ou les plus faibles – notamment les personnes handicapées. Six sont des instituts éducatifs.
6
Le diocèse compte actuellement 6 séminaristes. Ces derniers sont en partie formés en Corée du Sud.
35
Le nombre de baptêmes en Mongolie en 2022, en baisse par rapport à 2012 (69). Selon plusieurs missionnaires interrogés par I.MEDIA, la cause de cette baisse serait à chercher dans la concurrence agressive de certaines églises protestantes et évangéliques mais surtout dans l’avènement de la société de consommation en Mongolie.
16
Depuis une loi sur les religions passée en 2020, il est interdit pour les missionnaires d’enseigner le catéchisme aux enfants de moins de 16 ans sans l’accord des parents. Le catéchisme doit aussi être enseigné dans les églises et bâtiments officiels de l’Église – et donc pas dans les écoles ou instituts de charité. Les prêtres n’ont pas le droit d’être identifiables hors des églises. Selon plusieurs sources religieuses de Mongolie interrogées par I.MEDIA, le gouvernement a profité de la période post-Covid pour durcir son contrôle des religions «non-mongoles». Des négociations sont cependant en cours entre le Saint-Siège et le gouvernement mongol pour faciliter l’installation des missionnaires catholiques, a déclaré Matteo Bruni. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Mongolie : le pape François a atterri à Oulan-Bator
Le pape François a atterri à l’aéroport Gengis Khan d’Oulan-Bator dans la matinée du 1er septembre 2023. Premier pontife à visiter la Mongolie, il y restera quatre jours dans la capitale pour rencontrer les autorités, la petite communauté catholique, et les acteurs religieux et caritatifs du pays.
Avec la Mongolie, le pape de 86 ans accomplit son 43e voyage à l’étranger depuis 2013. L’Airbus A330, affrété par la compagnie ITA Airways, a parcouru 8’278 km depuis Rome. Le vol a duré près de 9h30, survolant la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Bulgarie, la Turquie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et la Chine.
Un télégramme aérien à chaque chef d’État
Selon la tradition, le pontife a envoyé un télégramme de salutations à tous les chefs d’État des pays survolés, notamment le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. C’est la deuxième fois qu’un pape pénètre dans l’espace aérien de la Chine, pays avec lequel le Saint-Siège n’entretient pas de relations diplomatiques officielles. La première occurrence date de 2014, lorsque le pape François s’était rendu en Corée du Sud.
Des difficultés techniques étaient survenues dans la transmission du télégramme et l’ambassade de Chine en Italie avait contacté la secrétairerie d’État pour demander qu’il soit envoyé à nouveau. Le message de salutations du pape avait finalement été diffusé par CCTV, la télévision officielle chinoise. Cette fois-ci, le pontife a fait parvenir ses «meilleurs vœux» au président chinois, ainsi qu’à son peuple. Il les a assurés de ses «prières pour le bien-être de la nation», et a invoqué sur eux «les bénédictions divines de paix et d’unité».
La Russie n’est pas survolée
Pour se rendre en Mongolie, comme pour en revenir, le pape François ne survole pas la Russie – et ne s’adresse donc pas au président Vladimir Poutine. Un choix guidé par des critères uniquement pratiques, a assuré le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège Matteo Bruni.
Durant le voyage, le pape est accompagné de plusieurs cardinaux: Pietro Parolin, secrétaire d’État, Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation, Kurt Koch, préfet du dicastère pour l’Unité des chrétiens et Miguel Angel Ayuzo Guixot, préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux. 66 journalistes de médias du monde entier, dont I.MEDIA, était à bord de l’appareil et suivront le pape dans son périple mongol.
Un met d’accueil traditionnel mongol
À l’aéroport d’Oulan-Bator, le pape a été reçu au pied de l’avion par la ministre des Affaires étrangères Batmunkh Battsetseg, accompagné par une garde d’honneur. Une jeune fille mongole a ensuite offert au pontife une coupe remplie de yaourt sec, le cadeau traditionnel avec lequel les Mongols accueillent des étrangers: François a alors goûté un petit morceau du mets local.
Parcourant en voiture les quelque 50 km qui séparent l’aéroport de la capitale, le pontife s’est rendu à la préfecture apostolique où il restera toute la journée et dormira cette nuit. Aucune activité n’est en effet prévue avant le lendemain. Le pontife rencontrera alors les autorités du pays le matin puis le clergé et les équipes pastorales de la petite communauté catholique de Mongolie. (cath.ch/imedia/cd/hl/gr)
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Mongolie: François salue la grande culture de cette petite population
Dans l’avion pour Oulan-Bator, le pape François a confié aux journalistes embarqués sa joie de visiter la Mongolie, où il est arrivé le 1er septembre 2023. «Il y a peu d’habitants, une petite population mais une grande culture», a-t-il indiqué à la presse.
Peu de temps après avoir décollé de Rome et comme il a l’habitude de le faire, le pape s’est brièvement adressé aux 66 journalistes présents à bord de l’appareil. Il a pu ensuite les saluer un à un, échangeant parfois quelques mots avec certains. S’adressant à toute la presse embarquée, le pape a tenu à donner trois conseils aux journalistes pour «comprendre» la Mongolie: privilégier leurs «sens» à leur intellect, en particulier en écoutant le «silence si long et si grand» qui domine ce pays.
En mélomane, il les a enfin enjoints à écouter la musique du compositeur russe Alexandre Borodine (1833-1887), qui a été « capable d’exprimer ce qu’est la noblesse et la grandeur de la Mongolie». Ce dernier est en effet l’auteur de pièces symphoniques intitulées Dans les steppes de l’Asie centrale. «Il y a peu d’habitants, une petite population mais une grande culture», a insisté le pontife.
«Les travailleurs sont sacrés»
Une journaliste espagnole a demandé au pape s’il trouvait la diplomatie «difficile». «Tu ne sais pas à quel point. Parfois c’est nécessaire d’avoir le sens de l’humour», lui a-t-il répondu. Récemment, les propos du pape lors d’une visioconférence avec de jeunes catholiques russes ont provoqué une vive polémique en Ukraine. Les paroles tenues par le pape ont en effet été jugées trop russophiles par Kiev. Le Saint-Siège a finalement publié un communiqué dans lequel il assurait que le chef de l’Église catholique n’avait pas voulu «exalter de logiques impérialistes» durant la conversation.
Pendant le vol, le pontife a enfin réagi à la mort accidentelle de cinq cheminots jeudi 31 août près de Turin, affirmant que les accidents du travail sont «une calamité et une injustice» et qu’ils témoignent «toujours d’un manque de soin». «Les travailleurs sont sacrés», a-t-il insisté. (cath.ch/imedia/cd/gr)
Vers le dossier d’I.Media sur le voyage du pape en Mongolie
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«Les catholiques peuvent contribuer à la prospérité de la Mongolie»
Les catholiques sont «prêts à apporter leur contribution à la construction d’une société prospère et sûre» en Mongolie, a assuré le pape François aux autorités mongoles dans le Palais d’État d’Oulan-Bator, le 2 septembre 2023. Il a salué le choix fait par la Mongolie de se libérer de toute arme atomique.
Par Camille Dalmas, I.Media, à Oulan-Bator
Accueilli en grande pompe sur la place Sükhbaatar par le président Ukhnaagiin Khürelsükh, le pape s’est rendu avec son hôte devant la massive statue de Gengis Khan qui trône devant le Palais du gouvernement d’État pour un temps d’hommage au père de la nation mongole. Les deux hommes se sont rendus à l’intérieur du bâtiment pour une rencontre privée d’environ une demi-heure, avant de rejoindre la salle Ihk Mongol où l’attendaient une centaine de représentants des autorités, de la société civile et de la diplomatie.
Le président mongol a assuré que le rapprochement du Saint-Siège et de la Mongolie constituait pour cette dernière un «nouveau pilier» dans leur politique «d’amour de la paix» et de défense du pluralisme religieux. Il a souligné la convergence des deux États en matière de sécurité alimentaire, de défense de l’environnement et de diplomatie en faveur de la paix, rappelant notamment la participation active de son pays aux opérations des casques bleus pour le compte des Nations unies ces dernières années.
Le pape rend hommage à la Mongolie
Le pontife a ensuite pris la parole pour rendre un hommage appuyé à l’histoire, aux valeurs et aux traditions de la Mongolie et de son «peuple qui connaît bien le sens et la valeur du chemin». Pour en décrire les richesses, il a insisté sur l’habitat traditionnel des mongols, les ‘ger’ – yourtes typiques du pays.
Ces maisons, ouvertes sur «le vaste horizon» des steppes par leur porte et sur «l’éternel ciel bleu» par la fenêtre du toit, sont une clé pour comprendre la «profonde connotation spirituelle» de l’identité mongole, a expliqué le pape. Il a vanté la tradition de respect du pluralisme religieux et de la liberté de culte en Mongolie depuis l’époque des khans, et la façon dont ce pays a «surmonté, sans effusion de sang, l’idéologie athée pendant la période communiste» entre 1921 et 1991.
La liberté de pensée et de religion, a insisté l’évêque de Rome, est un remède à l’«individualisme oublieux des autres et des bonnes traditions que nous avons reçues». Dans la lignée de son encyclique Fratelli tutti – qui était distribuée en langue mongole à l’entrée de la salle – il a ensuite défendu un modèle de société fondé sur la «valeur essentielle d’harmonie et de synergie entre croyants de diverses confessions».
La contribution spirituelle des catholiques pour la paix
François a ensuite plaidé devant le gouvernement pour «une législation clairvoyante et attentive aux besoins concrets» des catholiques, qui leur permette d’«offrir sans difficulté leur contribution humaine et spirituelle à la Mongolie». Il a en particulier rappelé l’importance des négociations en cours en vue de la signature d’un accord bilatéral entre la Mongolie et le Saint-Siège.
Le pape a souligné que les catholiques sont «prêts à apporter leur contribution à la construction d’une société prospère et sûre». Ils sont porteurs d’une «tradition spirituelle noble et féconde qui a contribué au développement de nations entières dans de nombreux domaines de la vie humaine», a vanté le pontife.
Mongolie sans arme nucléaire
Le pape François a enfin vanté l’héritage de paix laissé par les Mongols, soulignant que celui-ci se retrouvait dans le choix de ce pays pourtant entouré par la Russie et la Chine d’être «exempt d’arme nucléaire»; ou encore avec l’abolition de la peine de mort en 2017.
Un engagement pour la paix volontariste, a salué le pape, qui trouve son origine dans la «pax mongolica» que Gengis Khan sut imposer à ses territoires immenses. Il l’a expliqué par la capacité qu’avaient eu les Mongols à «reconnaître les excellences des peuples qui composaient l’immense territoire impérial, et à les mettre au service du développement commun».
Le pontife a enfin remis en cadeau au président mongol le fac-similé d’une lettre envoyée par le grand khan Guyuk au pape Innocent IV en 1246, premier contact officiel entre ces deux mondes. L’original de cette missive, un rouleau rapporté par des frères franciscains à Rome, est conservé dans la bibliothèque vaticane. (cath.ch/imedia/cd/gr)
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Le pape aux missionnaires en Mongolie: Dieu vous aime et croit en vous
«Dépenser sa vie pour l’Évangile», c’est de cette définition de l’engagement missionnaire que le pape François a orienté son discours en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul d’Oulan-Bator, le 2 septembre 2023, pour encourager l’évêque, les prêtres, les missionnaires, les personnes consacrées et les agents pastoraux de cette région du monde.
Par Camille Dalmas, I.Media, à Oulan-Bator
François est revenu sur les «racines très anciennes» de l’évangélisation de la Mongolie, évoquant notamment les missions de la tradition syriaque le long des routes de la soie dès le premier millénaire, les délégations diplomatiques du 13e siècle, et le travail entrepris à partir de 1992 par les congrégations missionnaires actuelles.
«Souvenons-nous de tant de fidèles serviteurs de l’Évangile en Mongolie, qui sont ici avec nous en ce moment et qui, après avoir dépensé leur vie pour le Christ, voient et goûtent les merveilles que sa bonté continue d’opérer en vous et par vous», a lancé François, rendant notamment hommage à Mgr Wenceslao Padilla, le premier préfet apostolique en poste à Oulan-Bator de 2003 à son décès en 2018, et à l’ancien vicaire général, le père Stephano Kim Seong-hyeon, décédé brutalement pendant l’été.
Jésus « notre trésor »
Jésus est «la bonne nouvelle destinée à tous les peuples, l’annonce que l’Église ne peut cesser d’apporter, en l’incarnant dans la vie et en le ‘murmurant au cœur’ des individus et des cultures», a expliqué François, reprenant un langage cher au cardinal Giorgio Marengo, l’actuel préfet apostolique et unique évêque du pays.
En remerciant les missionnaires dont les initiatives caritatives «reflètent le visage miséricordieux du Christ Bon Samaritain», le pape les a encouragés à «poursuivre sur cette voie féconde et bénéfique pour le bien-aimé peuple mongol» mais aussi à se tourner vers Jésus, «notre trésor» (cf. Mt 13, 44), «la perle précieuse pour laquelle il vaut la peine de tout dépenser» (cf. Mt 13, 45- 46). «Les frères et sœurs de Mongolie qui ont un sens prononcé du sacré et – comme c’est typiquement le cas sur le continent asiatique – une histoire religieuse riche et articulée, attendent de vous ce témoignage et savent en reconnaître l’authenticité», a insisté le pontife argentin.
L’Église n’est «pas un danger» pour les autorités
En reposant «sur une foi authentique, sur la puissance désarmante et désarmée du Ressuscité, capable de soulager les souffrances de l’humanité blessée», l’Église ne présente aucun risque pour les autorités séculières, a rappelé François. Les catholiques n’ont pas été envoyés par Jésus pour «propager une pensée politique», a-t-il insisté.
Un message adressé au gouvernement mongol, qui, en 2010 a restreint l’accès aux visas pour les religions non-mongoles afin de combattre le prosélytisme. Étant donné la proximité géographique, cette remarque du pape pourrait aussi être destinée aux autorités de la Chine. Il a fait indirectement référence au grand voisin en rappelant la «sollicitude apostolique» qui avait poussé le Saint-Siège à nommer Jean de Montecorvino premier évêque de Khan Baliq, capitale de la dynastie mongole des Yuan, aujourd’hui connue sous le nom de Pékin.
La Mongolie « proche du cœur de Pierre »
«Le fait que votre évêque soit un cardinal se veut ainsi une expression supplémentaire de proximité: vous tous, éloignés seulement physiquement, vous êtes très proches du cœur de Pierre», a insisté François, qui, en 2022, a créé la surprise en élevant à la pourpre cardinalice Mgr Giorgio Marengo, jeune missionnaire de la Consolata alors âgé de 48 ans.
Invitant tous les missionnaires et les agents pastoraux à la «simplicité» et à la «proximité», le pape les a confié à Marie, à laquelle la Mongolie est consacrée depuis 2022, en rappelant que «Dieu aime la petitesse et aime accomplir de grandes choses à travers la petitesse». «Dieu vous aime, Il vous a choisis et croit en vous», a martelé le pape François. (cath.ch/imedia/cd/gr)
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À Oulan-Bator, une Église-mosaïque à la rencontre de son pape
Catholiques mongols et pèlerins venus de Chine, de Thaïlande ou du Kazakhstan, religieuses philippines ou coréennes et prêtres missionnaires originaires du Congo RDC, d’Italie ou de Colombie sont venus à Oulan-Bator, le 2 septembre 2023, second jour du pape François en Mongolie. Rencontre et reportage.
Par Camille Dalmas, I.Media, à Oulan-Bator
Le pape François est encore loin d’être arrivé sur la place Sükhbaatar, au centre de la capitale, que plusieurs groupes sont déjà venus s’aligner derrière les barrières de sécurité dressées par la police pour l’apercevoir.
Au-dessus de certains d’entre eux s’agite un drapeau rouge arborant la fleur blanche du Bauhinia, emblème de Hong Kong. Cette quarantaine de membres de la paroisse de Gold Coast ne font pas partis des quelques visiteurs venus exprès avec leur évêque, le cardinal désigné Stephen Chow, pour venir voir le pape. Leur avion à eux a été repoussé à cause d’un typhon qui frappe leur archipel.
Une solidarité intra-asiatique
Mais leur présence n’a pas pour autant tout à voir avec le hasard: ces dernières semaines, ils sont venus rendre visite aux communautés catholiques de Mongolie qu’ils soutiennent financièrement depuis l’arrivée d’un charismatique missionnaire salésien hongkongais dans ce pays. Ce «pèlerinage» – visite de ruines archéologiques chrétiennes de Mongolie, rencontre avec des communautés locales et visites de centres d’aides – est une des nombreuses preuves de la solidarité intra-asiatique qui s’est renforcée ces dernières années au sein de l’Église du plus grand continent du monde, notamment en provenance de Corée du Sud.
«La Mongolie est un portail vers Dieu», témoigne Suzan-Mary, encore émerveillée par les rencontres qu’elle vient de faire. «Ce n’est pas nous qui les aidons, ce sont eux qui nous aident», insiste-t-elle.
Une discrète délégation venue de Chine continentale
Un peu plus loin, quelques Philippines donnent de la voix, suivis d’un groupe d’une vingtaine de Chinois catholiques qui tente pour leur part de se faire beaucoup plus discrets. Leurs visages sont couverts par des masques sanitaires, voire par des lunettes de soleil ou des couvre-chefs, et seul leur gilet coloré qui arbore une croix latine indique qu’ils sont catholiques.
Leur présence intrigue, alors que le gouvernement chinois a formellement interdit aux évêques de venir voir le pape à Oulan-Bator. Assaillis par les journalistes, ils esquivent les questions, reconnaissent à demi-mots qu’ils sont bien venus de Chine pour voir le pape, quand certains font comprendre, visiblement effrayés, qu’ils craignent les conséquences de ces échanges pourtant très limités. Lorsque surgit le pape, ils ne font pas partie de ceux qui acclament en criant le pontife, mais, malgré les masques, leurs regards laissent transparaître une certaine émotion.
Des attentes de facilitations pour les catholiques
Quelques heures plus tard, un missionnaire africain qui est à la tête d’une école de près de 150 enfants en Mongolie patiente sur un banc dans le fond de la nef en forme de yourte de la cathédrale Saints Pierre et Paul d’Oulan-Bator. Pour lui, la visite du pape pourrait être une aubaine pour la communauté catholique mongole, en particulier pour résoudre certains «problèmes», en particulier la question des visas, qui empoisonne leur vie quotidienne.
Depuis 2010, les religieux n’appartenant pas aux religions traditionnelles mongoles sont particulièrement contrôlés, principalement en raison de tensions générées par certains groupes d’orientation évangéliste pratiquant un prosélytisme agressif. «Ma principale attente avec la venue du pape, c’est que cette question soit réglée», insiste le prêtre.
Au second rang, trois religieuses venues très tôt pour avoir leur place trépignent en attendant le pape. Leur communauté est d’origine européenne, mais elles sont indienne, camerounaise et chinoise – originaire de Mongolie intérieure.
Le pape arrive enfin dans la cathédrale sous les acclamations prononcées de l’assemblée, puis écoute le témoignage de trois membres de cette communauté: une Indienne appartenant aux Missionnaires de la Charité, arrivée en Mongolie en 1998, regarde avec espérance les graines plantées dans le «sol rocheux» de ce pays qui ne «porte pas facilement du fruit» mais qui ne lui inspire ni «peur» ni «hésitation».
«Tous les Chinois vous aiment!»
Puis, est venu le tour d’un des deux seuls prêtres mongols du diocèse de prendre la parole: «Dieu m’a donné de nombreuses occasions de grandir en tant que Mongol en terre mongole, et Il m’a également choisi pour contribuer au salut de mon peuple, il m’a également choisi pour contribuer au salut de mon peuple». Lui et une animatrice pastorale mongole ont dit leur grande joie de voir le pape rendre visite à leur «jeune et petite Église».
Ces personnalités du monde entier croisées pendant la journée se sont pour beaucoup d’entre elles retrouvées en nombre sur le parvis de la cathédrale afin d’acclamer le pape lors de son départ. «Tous les Chinois vous aiment!», se sont alors même écriées, un drapeau de la République populaire à la main, un groupe de Chinoises sans masque ni lunettes que personne n’avait remarqué jusque alors. (cath.ch/imedia/cd/gr)
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Mongolie: le pape invite à la «convivialité harmonieuse»
Le dialogue entre croyants «n’aplatit pas les différences, mais aide leur permet de se confronter pour un enrichissement franc et réciproque», a affirmé le pape François lors d’une rencontre interreligieuse organisée au Théâtre Hun d’Oulan-Bator, le 3 septembre 2023.
Par Camille Dalmas, I.Media, à Oulan-Bator
Sous le «ger» du Théâtre Hun, une salle de conférence ayant la forme de la yourte traditionnelle, le pape François a pu échanger avec les représentants de onze religions présentes en Mongolie. Il a notamment écouté le discours de Kamba Nomun Khan, abbé du monastère bouddhiste de Gandan, qui l’a chaleureusement accueilli avec un châle de soie bleue.
Une référence indirecte au Dalaï-Lama
Le leader bouddhiste a évoqué les persécutions dont ses coreligionnaires ont été et sont victimes, en prenant soin de ne pas citer les acteurs de cette persécution, que ce soit le régime communiste au pouvoir dans le passé en Mongolie, alors pays satellite de l’URSS, ou la répression actuelle menée par Pékin ces dernières années.
Kamba Nomun Khan a ensuite décrit comme signe de leur résilience la découverte, en 2016, de la 10e réincarnation du Bogd par le Dalaï-Lama. Cet événement, essentiel pour la communauté bouddhiste tibétaine de Mongolie parce qu’elle désigne son plus important leader, avait été vivement critiqué par la Chine.
L’abbé du monastère de Daschischoiling à Oulan-Bator, Dambajav Choijiljav, a défendu, dans son discours, une approche religieuse fondée sur la paix et l’harmonie, des valeurs qui peuvent apparaître comme une «simple absence de conflit, mais sont en fait les conditions positives qui rendent possible la culture de l’esprit».
Un représentant du chamanisme, culte des «Cieux éternels» et des glorieux ancêtres, en particulier de Gengis Khan, a pour sa part défendu la tolérance traditionnelle des Mongols comme une vision de la cohabitation religieuse. Le père Antoine Gusev, recteur de la seule paroisse orthodoxe russe de Mongolie, a rappelé combien la Mongolie avait été porteuse de saints – Pierre d’Orda, Jean de Ustyug, Paphnutius de Borovsk – pour son Église.
Le pape a ensuite entendu des représentants des communautés juive, baha’ie, musulmane, hindou, évangélique, adventiste, et témoins de Jéhovah.
Une humanité entre ciel et terre
Dernier à s’exprimer, le pape François s’est adressé aux leaders des autres religions «comme frère dans la foi avec les croyants en Christ et comme frère pour vous tous, au nom de la quête religieuse commune et de l’appartenance à la même humanité», le pape François a situé son voyage dans la continuité de l’expédition du franciscain flamand Guillaume de Rubrouck, envoyé en Mongolie par saint Louis au XIIIe siècle, qui avait affirmer voyager en ces terres «sans rien voir d’autre que le ciel et la terre».
«Le ciel, si limpide et bleu, étreint ici la terre vaste et imposante, évoquant les deux dimensions fondamentales de la vie humaine: la dimension terrestre, faite de relations avec les autres, et la dimension céleste, faite de la recherche de l’Autre, qui nous transcende», a insisté le pape François.
«La valeur sociale de notre religiosité se mesure à la manière dont nous parvenons à nous harmoniser avec les autres pèlerins sur terre, et à la manière dont nous parvenons à répandre l’harmonie là où nous vivons», a expliqué François, sensible à la quête asiatique de l’harmonie. «En revanche, la fermeture, l’imposition unilatérale, le fondamentalisme et la contrainte idéologique ruinent la fraternité, alimentent les tensions et sapent la paix», a-t-il averti, mettant aussi en garde contre les dérives sectaires et contre les persécutions – évoquant notamment celles contre le bouddhisme.
La responsabilité commune vis-à-vis de l’humanité
Comme il l’avait affirmé avec force dans son encyclique Fratelli tutti (2020), le pape a déclaré que les religions ont une responsabilité commune vis-à-vis de l’humanité. En effet, quand celle-ci est «tournée uniquement vers les intérêts terrestres, elle finit par ruiner la terre elle-même, confondant progrès et régression, comme le montrent tant d’injustices, tant de conflits, tant de dévastations environnementales, tant de persécutions, tant de rejet de la vie humaine».
Exprimant son admiration pour le sens de l’hospitalité mongole, le pape a évoqué «l’expérience des missionnaires catholiques, provenant d’autres pays, qui sont accueillis ici comme pèlerins et hôtes, et qui entrent sur la pointe des pieds dans ce monde culturel, pour offrir l’humble témoignage de l’Évangile de Jésus-Christ». Il a expliqué que le ger, l’habitat traditionnel des nomades, exprime une «convivialité harmonieuse ouverte à la transcendance, où l’engagement pour la justice et la paix trouve inspiration et fondement dans la relation avec le divin».
L’engagement interreligieux de l’’Église catholique
Le pape a rappelé l’engagement œcuménique et interreligieux de l’Église catholique, qui «est fondée sur le dialogue éternel entre Dieu et l’humanité, incarné dans la personne de Jésus-Christ», a précisé le pape. «Nous avons une origine commune, qui confère à tous la même dignité, et un chemin commun, que nous ne pouvons parcourir qu’ensemble, en demeurant sous le même ciel qui nous enveloppe et nous illumine», a précisé le pontife.
Il a conclu en citant le philosophe danois Søren Kierkegaard – «Chacun fut grand selon ce qu’il a espéré. L’un fut grand en espérant le possible, un autre en espérant l’éternel, mais celui qui espéra l’impossible fut le plus grand de tous» – et a invité tous ses interlocuteurs à oser promouvoir ensemble une «habitation harmonieuse du monde». (cath.ch/imedia/cd/gr)
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Messe à Oulan-Bator: le pape encourage la petite communauté catholique
«Le cri de notre soif n’est pas ignoré», a assuré le pape aux catholiques de Mongolie lors de la messe célébrée à la Steppe Arena d’Oulan-Bator, en Mongolie, le 3 septembre 2023, en présence de 2’500 personnes, bien plus que les 1'400 catholiques officiellement recensés dans le pays.
«Nous sommes tous des ‘nomades de Dieu’, des pèlerins en quête du bonheur, des voyageurs assoiffés d’amour», a expliqué le pape François en inscrivant son homélie dans le paysage de la Mongolie, «marqué par l’aridité de la steppe et du désert». «Beaucoup d’entre vous sont habitués à la beauté et à la difficulté de marcher, une action qui rappelle un aspect essentiel de la spiritualité biblique, représentée par la figure d’Abraham» et par l’expérience du peuple d’Israël, a rappelé François.
«Dieu le Père a envoyé son Fils pour nous donner de l’eau vive de l’Esprit Saint afin de désaltérer notre âme» et Jésus «nous montre le chemin pour être désaltérés», a expliqué le pontife. «Nous sommes assoiffés d’amour, car c’est seulement l’amour qui nous satisfait vraiment, qui nous fait du bien, qui nous ouvre à la confiance, en nous faisant goûter la beauté de la vie», a détaillé le pape en expliquant que «la foi chrétienne répond à cette soif».
«Certes, nous nous sentons parfois comme une terre déserte, aride et sans eau, mais il est tout aussi vrai que Dieu prend soin de nous et nous offre l’eau limpide et rafraîchissante», a poursuivi le pape.
Seul le Christ peut «étancher la soif ardente»
«Dans les déserts de la vie et dans la difficulté d’être une petite communauté, le Seigneur ne vous laisse pas manquer de l’eau de sa Parole, surtout à travers les prédicateurs et les missionnaires qui, oints par l’Esprit Saint, en sèment la beauté», a répété François, devant des évêques et des fidèles provenant de Mongolie mais aussi d’autres pays d’Asie où les catholiques vivent en situation de minorité.
Revenant sur l’expérience du reniement de Pierre, le pape a averti contre les impasses de la tentation du pouvoir. «Si nous pensons que le succès, le pouvoir, les choses matérielles, suffisent à étancher la soif ardente de notre vie, c’est une mentalité mondaine qui ne conduit à rien de bon et, bien plus, nous laisse plus arides qu’auparavant».
Inversement, le pape a invité à «embrasser la croix du Christ». Ainsi, «lorsque tu perds ta vie, lorsque tu l’offres généreusement, lorsque tu la risques en l’engageant dans l’amour, lorsque tu en fais un don gratuit pour les autres, alors elle te revient en abondance, elle répand en toi une joie qui ne passe pas, une paix du cœur, une force intérieure qui te soutient».
"Il n’est pas nécessaire d’être grand"
«Il n’est pas nécessaire d’être grand, riche ou puissant pour être heureux», a insisté le pape en s’adressant à la petite communauté catholique de Mongolie. «S’il est vrai que tout cela exige des efforts et des sacrifices et signifie parfois devoir monter sur la croix, il est encore plus vrai que lorsque nous perdons notre vie pour l’Évangile, le Seigneur nous la donne en abondance, pleine d’amour et de joie, pour l’éternité», a conclu l’évêque de Rome.
Des intentions de prière ont été prononcées en mongol, en anglais, en chinois, en coréen, avec aussi une intention lue en russe à destination des responsables politiques: «Que la sagesse qui vient du Ciel les éduque à prendre soin du bien commun, en surmontant les conflits partisans et en travaillant pour la paix entre les peuples et la sauvegarde de la maison commune».
Conformément à l’usage liturgique instauré en 2022 en raison de ses problèmes de mobilité, le pape François a formellement présidé la messe mais c’est le cardinal Giorgio Marengo, préfet apostolique d’Oulan-Bator, qui a célébré l’eucharistie à l’autel. (cath.ch/imedia/cv/gr)
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Mongolie: le pape encourage les catholiques chinois
Créant la surprise, au terme de la messe célébrée à Oulan-Bator, en Mongolie, le 3 septembre 2023, le pape a pris l’évêque de Hong Kong par la main. Adressant un signal direct aux autorités de la République populaire de Chine, il a invité les catholiques chinois à être de «bons chrétiens et de bons citoyens».
C’est sous les applaudissements émus des fidèles présents que le pape a fait venir auprès de lui l’évêque de Hong Kong ainsi que l’évêque émérite, le cardinal John Tong-Hon – l’autre évêque émérite de l’ex-colonie britannique, le cardinal Joseph Zen, étant pour sa part absent. Créant visiblement une vive surprise y compris parmi ses propres assistants liturgiques, le pape a alors demandé à prendre le micro pour s’adresser directement à la Chine.
«A tout le peuple chinois»
«Ces deux frères évêques, l’émérite de Hong Kong et l’actuel évêque de Hong Kong: je voudrais profiter de leur présence pour saluer chaleureusement le noble peuple chinois. À tout le peuple, je souhaite le meilleur, et toujours aller de l’avant, toujours progresser. Et je demande aux catholiques chinois d’être de bons chrétiens et de bons citoyens. Je vous le souhaite à tous», a lancé le pape, ravi d’avoir ainsi réuni «un jésuite et un salésien», a-t-il remarqué avec humour.
Cet appel inattendu du pape s’inscrit dans un contexte particulier, alors que depuis plusieurs années, la discrétion du pape face à la répression des mouvements pro-démocratie à Hong Kong lui a valu de vives critiques. Par ailleurs, l’accord de 2018 établi entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine au sujet des nominations épiscopales, bien que reconduit en 2020 et 2022, semble avoir porté peu de fruits: de nombreux diocèses demeurent vacants ou dans une situation canonique incertaine.
Le 15 juillet dernier, le Saint-Siège avait rendu publique la nomination de Mgr Joseph Shen Bin comme évêque de Shanghai, mais ce transfert avait été décidé plusieurs semaines auparavant par les autorités chinoises sans consultation de Rome. Plus que d’une nomination formelle, il s’agissait donc plutôt d’une reconnaissance du fait accompli.
Un médiateur sino-romain
La prochaine création cardinalice de l’actuel évêque de Hong Kong, Mgr Stephen Chow Sau-yan, le 30 septembre prochain, apparaît donc dans ce contexte comme un geste important, faisant de ce nouveau cardinal un véritable médiateur entre Rome et Chine.
Connu pour sa finesse diplomatique, Mgr Chow est parvenu à la fois à obtenir la confiance de son prédécesseur le cardinal Zen, pourtant connu comme un opposant virulent à l’Accord de 2018, et à établir des relations avec la Chine continentale. Il s’est notamment rendu à Pékin en avril dernier afin de rencontrer l’archevêque de la capitale chinoise et de renforcer les échanges entre les diocèses de Pékin et de Hong Kong.
«Ciao ni hao viva il papa»
La déclaration spontanée du pontife argentin a suscité une vive émotion dans le stade, donnant à son voyage en Mongolie un relief particulier, et une résonance allant bien au-delà de ce pays de steppes. Des fidèles chinois présents dans la salle ont crié «Ciao ni hao viva il papa», un mélange d’italien et de chinois que l’on peut traduire par «salut, bonjour, vive le pape!»
Le pape François, après le mot de remerciement du cardinal Marengo, a également remercié le peuple mongol pour son hospitalité. «Je remercie Dieu pour vous parce que, à travers vous, Il aime accomplir de grandes choses dans la petitesse. Merci, parce que vous êtes de bons chrétiens et d’honnêtes citoyens», a-t-il souligné. Il a encouragé les catholiques de la Mongolie à aller de l’avant «avec douceur et sans peur, en ressentant la proximité et l’encouragement de toute l’Église, et surtout le regard tendre du Seigneur qui n’oublie personne et qui regarde avec amour chacun de ses enfant ».
Hommage au père Teilhard de Chardin
Au terme de la prière de l’Angélus, le pape a également rendu un hommage appuyé au jésuite français Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), qui fut engagé dans des recherches géologiques en Chine à partir des années 1920 et fut reconnu comme l’un des esprits les plus brillants de son temps, mais fut longtemps suspect d’hétérodoxie aux yeux de Rome.
Au contraire, le premier pape jésuite de l’Histoire a mis longuement en valeur la vision de l’eucharistie de l’auteur de La Messe sur le monde. «La célébrer sur cette terre m’a rappelé la prière du père jésuite Pierre Teilhard de Chardin, adressée à Dieu il y a exactement 100 ans, dans le désert d’Ordos, non loin d’ici », a expliqué le pontife, citant ces mots du jésuite français: «Je me prosterne, ô Seigneur, devant votre Présence dans l’Univers devenu ardent et, sous les traits de tout ce que je rencontrerai, et de tout ce qui m’arrivera, et de tout ce que je réaliserai en ce jour, je vous désire et je vous attends».
«Le jésuite français désirait ardemment célébrer la messe, mais il n’avait ni pain ni vin avec lui», a expliqué François, faisant probablement allusion à la situation de nombreux catholiques privés d’eucharistie en Chine et dans d’autres pays d’Asie marqués par des restrictions à la liberté religieuse et par le manque de missionnaires.
«Sur l’autel du monde »
«Ce prêtre, souvent incompris, avait l’intuition que l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde et qu’elle est ‘le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables’, même à notre époque de tensions et de guerres», a insisté François, qui avait fait référence à la pensée du père Teilhard de Chardin dans son encyclique Laudato Si’, en 2015.
Le pape a enfin exhorté à réciter cette prière du père Teilhard de Chardin: «Verbe étincelant, Puissance ardente, Vous qui pétrissez le Multiple pour lui insuffler votre vie, abaissez, je vous prie, sur nous, vos mains puissantes, vos mains prévenantes, vos mains omniprésentes». (cath.ch/imedia/cv/cd/gr)
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Mongolie: le pape François inaugure un centre caritatif catholique
«Dans sa petitesse», l’Église en Mongolie «vit de communion fraternelle, de prière, du service désintéressé à l’humanité souffrante et du témoignage de sa foi», a expliqué le pape François lors de sa dernière prise de parole en territoire mongol, dédiée aux opérateurs de la charité, le 4 septembre 2023. Le pape a ensuite repris l'avion pour Rome où il atterrira vers 17h20.
«Dès leur arrivée à Oulan-Bator dans les années 1990, les premiers missionnaires ont immédiatement ressenti l’appel à la charité», s’est souvenu le pape François. Il a salué le service de ces pionniers et de leurs successeurs arrivés dès 1992 auprès «des enfants abandonnés, des frères et sœurs sans abri, des malades, des personnes vivant avec un handicap, des prisonniers et de tous ceux qui, dans leur état de souffrance, demandaient à être accueillis».
Le pontife a rappelé que «c’est le gouvernement mongol lui-même qui avait demandé l’aide des missionnaires catholiques pour faire face aux nombreuses urgences sociales d’un pays qui, à l’époque, se trouvait dans une phase délicate de transition politique marquée par une pauvreté généralisée».
Avec la nouvelle Maison de la Miséricorde, l’action caritative de l’Église s’incarne d’une façon nouvelle puisque «c’est l’Église particulière qui porte le projet, dans la synergie de toutes les composantes missionnaires, mais avec une identité locale claire, comme une véritable expression de la Préfecture Apostolique dans son ensemble».
Invitant à mettre en pratique une logique de gratuité et à s’appuyer sur le volontariat, François a expliqué que «la gratuité allège l’âme, guérit les blessures du cœur, rapproche de Dieu, ouvre la source de la joie et maintient la jeunesse intérieure».
En soulignant une nouvelle fois que «le véritable progrès des nations ne se mesure pas à la richesse économique, et encore moins à celle des investissements dans le pouvoir illusoire des armements, mais à leur capacité à assurer la santé, l’éducation et la croissance intégrale de leur peuple», le pape a encouragé les Mongols à se mettre à la disposition des autres en s’engageant dans le bénévolat.
Pas de prosélytisme, plus de compassion
Il a par ailleurs récusé toute tentation de «prosélytisme», en espérant que des Mongols d’autres confessions ou non-croyants sauront servir en ce lieu et «unir leurs efforts à ceux des catholiques locaux pour secourir avec compassion de nombreux frères et sœurs en humanité. Ce sera le signe le plus beau d’une fraternité, que l’État saura protéger et promouvoir de manière adéquate», a insisté le pape François.
L’Église, bien que très petite, joue un rôle important en Mongolie où 27% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Une religieuse coréenne des Sœurs de saint Paul de Chartres a notamment expliqué au pape lors de sa visite au centre comment sa clinique à Oulan-Bator avait été pionnière dans les chirurgies cardiaques infantiles, sauvant 70 enfants souffrant d’anomalies cardiaques ces dernières années.
Le pontife a aussi écouté le touchant témoignage de Lucia Otgongerel, une Mongole catholique qui est née sans une partie de ses bras et de ses jambes, qui lui a raconté son chemin de conversion. «Il me manque deux jambes et deux bras, mais je veux dire que je suis la personne la plus chanceuse du monde, parce que j’ai pris la décision d’accepter pleinement l’amour de Dieu», lui a-t-elle déclaré.
Il s’agissait de la dernière rencontre et du dernier discours du pape en Mongolie. Après avoir récité l’Ave Maria en langue mongole puis inauguré une plaque commémorative, il s’est rendu, sous escorte policière, vers l’aéroport international Gengis Khan. (cath.ch/imedia/cd/cv)
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Chine, Synode, Russie: ce qu'a dit le pape en revenant de la Mongolie
Alors que l’Airbus A330 de ITA Airways survolait encore les steppes de Mongolie le 4 septembre 2023, le pape François a répondu, pendant quarante minutes, aux questions des journalistes qui l’ont accompagné pendant les cinq derniers jours. I.MEDIA revient sur les principales déclarations du pontife.
Camille Dalmas/I.Média, depuis l’avion de retour de la Mongolie.
Rassurer et aller de l’avant en Chine
Interrogé sur l’état des relations du Saint-Siège et de la République populaire de Chine, le pontife a parlé de rapports «en chemin», citant le travail de la commission pour la nomination des évêques, issue de l’accord pastoral signé en 2018, ou encore les invitations de prêtres et d’intellectuels catholiques «à enseigner en Chine».
«Je crois que nous devons aller plus de l’avant dans l’aspect religieux», a-t-il cependant affirmé. Il a estimé que cela permettrait d’éviter de laisser croire «aux citoyens chinois que l’Église n’accepte pas leurs propres cultures ou leurs propres valeurs» ou encore qu’elle «dépend d’une autre puissance étrangère».
«Faire un voyage est plus difficile qu’avant»
Évoquant les prochains voyages, le pape François a seulement cité Marseille – les 22-23 septembre prochains – et un déplacement futur dans «un petit pays de l’Europe». Dans un entretien au magazine espagnol Vida Nueva publié le 4 août dernier, il avait évoqué la possibilité d’un voyage au Kosovo.
Le pape n’a pas parlé d’autres voyages, notamment celui en Amérique du Sud – en particulier dans son pays en Argentine – qu’il a pourtant évoqué par le passé. «Pour moi, faire des voyages n’est pas facile comme au début», a-t-il admis, évoquant des «limitations» liées notamment à sa difficulté à marcher. Il n’a pas parlé de la situation politique en Argentine, où le populiste Javier Milei, violemment hostile à l’Église, est en position de remporter l’élection présidentielle dont le premier tour se tiendra le 22 octobre prochain.
«Secret synodal» lors des groupes en octobre
Cette possibilité résulte du «dialogue très ouvert» qui existe entre le Saint-Siège et le pays du sud-est asiatique. L’amélioration récente des relations diplomatiques, a-t-il affirmé, est «une des expériences très belles faite par l’Église dernièrement».
Interrogé par un journaliste de la chaîne KTO au sujet de l’assemblée synodale d’octobre prochain, le pape a annoncé que les échanges entre les groupes de travail ne seraient pas ouverts à la presse, et qu’ils seraient couverts par un «secret synodal». Une commission pour les médias, dirigée par l’actuel préfet du dicastère pour la Communication, l’Italien Paolo Ruffini, aurait pour mission – une «tâche pas facile» – de donner des «nouvelles» de l’évolution des travaux chaque jour en essayant d’en faire ressortir la «dimension ecclésiale».
Le but est de préserver trois choses: le «climat synodal», la «liberté de parole» des participants et la religiosité du processus. Le Synode, a-t-il insisté, n’est «pas un programme télévisé où l’on parle de tout».
Les temps de parole des participants, a-t-il expliqué, seront toujours suivis de temps équivalents de prière. «Dans ce Synode, il n’y aura pas de place pour l’idéologie», a-t-il insisté.
Mais il ne faut pas pour autant avoir peur de se «confronter entre frères et sœurs, de se confronter sur la doctrine», a-t-il souligné, parce que la doctrine «scandalise» toujours. Il a notamment cité l’incarnation de Dieu ou la virginité de Marie. Au contraire, a-t-il mis en garde, l’idéologie est «distillée» et donc ne «scandalise pas».
Pas d’apologie de l’impérialisme russe
Revenant sur la polémique suscitée par sa référence à la «grande Russie» et à Catherine II et Pierre le Grand lors d’une visioconférence avec des jeunes catholiques russes peu avant son voyage en Mongolie, le pape a souhaité remettre ses déclarations dans leur contexte. Il a demandé aux jeunes d’«assumer leur héritage», a-t-il explicité, tout en assurant qu’il «n’a pas pensé à l’impérialisme en disant ça».
La mention de la «grande Russie» faisait référence à l’héritage «très beau» et «chargé d’humanisme» de ce pays, notamment dans le domaine des lettres ou de la musique, a assuré le pape, mélomane et grand lecteur de Dostoïevski. Cette culture «ne peut pas être 'cancelée‘ pour des problèmes politiques», a-t-il encore précisé.
Il a vivement critiqué l’impérialisme sous toutes ses formes, le décrivant comme le résultat d’une culture «distillée» en idéologie, mais n’a pas souhaité commenter le cas russe en particulier.
La «mystique du troisième voisin»
Interrogé par la presse mongole, le pontife est revenu sur le sens qu’il donnait à ce voyage, envisagé d’abord comme une visite à la petite communauté catholique, mais aussi l’occasion d’une rencontre avec la «mystique d’un peuple».
La mystique de Mongolie, a-t-il affirmé, est une «mystique de la troisième frontière». Une référence à la politique du même nom, par laquelle le pays asiatique, bloqué entre «deux grandes puissances», la Russie et la Chine, tente de se désenclaver en nouant des partenariats avec d’autres pays. Pour le pontife, cette mystique, qui ouvre à une recherche proactive du dialogue avec les autres cultures, est une conséquence du «désir d’universalité» des Mongols.
Le pape s’est aussi dit «satisfait» du chemin suivi par l’Église catholique en Mongolie. Il a salué le processus d’inculturation à l’œuvre, qui, contrairement à la «colonisation religieuse», respecte la culture locale.
Voyage au Vietnam: pour moi ou pour «Jean XXIV»
Pour le pontife, il y aura «sûrement» un voyage au Vietnam dans les années à venir, même s’il envisage qu’il puisse être effectué par «Jean XXIV» – le nom qu’il imagine pour son successeur. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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