Kazakhstan: renaissance du christianisme après l'URSS
Pour son 38e voyage apostolique à l’étranger, le pape François se rendra pour la première fois au Kazakhstan, en Asie centrale, du 13 au 15 septembre 2022. Le pontife parcourra plus de 5'000 km pour rejoindre la capitale kazakhe, Nour-Soultan, où il participera au 7e Congrès des leaders des religion...
Kazakhstan: renaissance du christianisme après l'URSS
Kazakhstan: une riche histoire multireligieuse
Les étapes du pape François au Kazakhstan
Rencontre peu probable entre le pape et Xi Jinping au Kazakhstan
Jean Paul II au Kazakhstan en 2001, une percée dans l'espace soviétique
Au Kazakhstan, le pape François défend une «laïcité saine»
Au Kazakhstan, le plaidoyer du pape pour la liberté religieuse
Kazakhstan: le pape rencontre le métropolite Antoine de Volokolamsk
Une mosaïque de chrétiens du Kazakhstan célèbrent la venue du pape
Kazakhstan: renaissance du christianisme après l'URSS
Pour son 38e voyage apostolique à l’étranger, le pape François se rendra pour la première fois au Kazakhstan, en Asie centrale, du 13 au 15 septembre 2022. Le pontife parcourra plus de 5'000 km pour rejoindre la capitale kazakhe, Nour-Soultan, où il participera au 7e Congrès des leaders des religion...
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Kazakhstan: une riche histoire multireligieuse
Du 13 au 15 septembre 2022, le pape François se rendra à Nour-Soultan, capitale du Kazakhstan, pour participer à un sommet interreligieux organisé par le gouvernement du pays hôte. Décrypte les raisons historiques, politiques et géopolitiques pour lesquelles la question religieuse est essentielle da...
Les étapes du pape François au Kazakhstan
Le pape François se rendra au Kazakhstan, du 13 au 15 septembre 2022. Présentation des lieux qu'il visitera.
Rencontre peu probable entre le pape et Xi Jinping au Kazakhstan
Le 14 septembre 2022, le pape François et le président de la République populaire de Chine Xi Jinping seront tous les deux à Nour-Soultan, capitale du Kazakhstan. Cependant, malgré une proximité géographique presque inédite, aucune rencontre entre les deux hommes ne semble pour l’heure se profiler.
Jean Paul II au Kazakhstan en 2001, une percée dans l'espace soviétique
En visite au Kazakhstan du 13 au 15 septembre 2022, le pape François marchera sur les traces de Jean-Paul II, venu à Astana du 22 au 25 septembre 2001, dans le cadre de son 95e voyage apostolique qui l’avait ensuite conduit en Arménie.
Au Kazakhstan, le pape François défend une «laïcité saine»
« La liberté religieuse constitue le meilleur berceau de la coexistence civile », a déclaré le pape François aux autorités du Kazakhstan réunies au Kazakh Concert Hall à Nour-Soultan, le 13 septembre 2022. En présence du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, il a vanté la « laïcité saine » de ce p...
Au Kazakhstan, le plaidoyer du pape pour la liberté religieuse
«Les religions ne sont pas le problème mais une partie de la solution», a déclaré le pape François le 14 septembre 2022 dans son discours au Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles organisé à Nour-Soultan au Kazakhstan. Il a condamné vivement les dérives fondamentalistes qui «...
Kazakhstan: le pape rencontre le métropolite Antoine de Volokolamsk
Dans le cadre du sommet interreligieux de Nour-Sultan, au Kazakhstan, le pape François a rencontré en privé le métropolite Antoine de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le 14 septembre 2022.
Une mosaïque de chrétiens du Kazakhstan célèbrent la venue du pape
Sous un grand soleil illuminant la très futuriste esplanade de l’Expo Grounds, quelques milliers de fidèles appartenant à la petite communauté catholique du Kazakhstan se sont pressés pour assister à la messe du pape François, le 14 septembre 2022.
Kazakhstan: renaissance du christianisme après l'URSS
Alors que le pape François se rendra au Kazhakstan du 13 au 15 septembre 2022, le Père Pierre Dumoulin, qui fut le cofondateur du seul séminaire du pays, raconte avec émotion le retour des missions après la chute de l'empire soviétique l'URSS et la soif d’un peuple où avaient survécu des îlots chrétiens cachés.
En 1991, le Père Pierre Dumoulin est prêtre du diocèse de Monaco et enseignant à l’Institut de théologie de Lugano, en Suisse. Alors que Jean-Paul II demande en secret à l’Institut de Lugano de former les évêques de l’Union soviétique, il est réquisitionné parce qu’il est russophone.
Le Père Dumoulin donne alors des cours à divers évêques, notamment celui du Kazakhstan qui, à l’issue de son séjour, l’invite à enseigner chez lui. Fait inédit derrière le rideau de fer qui s’ouvre peu à peu, le prêtre français va donner des cours aux professeurs d’histoire des religions kazhaks. L’information est même annoncée par la radio officielle du pays. Il y constate «une grande soif». Sur une cinquantaine d’étudiants, une vingtaine demandent le baptême. «Cela m’a profondément bouleversé, confie-t-il. Il y avait une attente incroyable dans ces années-là.»
15 prêtres pour un territoire plus grand que l'Europe
Il suggère alors à l’évêque de la région de former des prêtres. Proposition accueillie avec scepticisme après les années de communisme qui ont laissé ces terres exsangues de vocations. L’Église y est pauvre, quinze prêtres desservent un territoire plus grand que l’Europe (Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan et Turkménistan). Le vicaire général demande au prêtre de rédiger le projet de séminaire, puis de le lancer. D’abord déconcerté par cette proposition inattendue, il finit par accepter sa nouvelle mission.
Aux Rameaux 1992, le missionnaire ouvre un pré séminaire de trois mois: «Au début je pensais qu’il n’y aurait personne. J’ai vu débarquer 12 garçons… Et le miracle s’est renouvelé chaque année. Nous avons continué pendant quatre ans, je faisais des allers-retours entre Lugano et Karaganda. C’était encore du clandestin, les communications étaient compliquées, nous étions surveillés par le KGB.»
Le pré-séminaire se situe à Karaganda, au cœur d’un des plus grands goulags de la période communiste, le Karlag. C’est là que les catholiques étaient les plus nombreux à l’époque, la moitié de la population étant des descendants de déportés russes, allemands, polonais, ukrainiens. Karaganda était d’ailleurs le seul endroit de l’Union soviétique où une église catholique avait été construite, sur un modèle architectural particulier: les mineurs de cette ville de charbon se sont servi de matériaux trouvés sur place tels que des tubes de mine ou des rails de chemin de fer.
La rencontre avec la babouchka
Avec les jeunes du pré-séminaire, le Père Dumoulin organise des tournées au Kazakhstan pour parler de la vocation. Sur ces terres arides, dans les villages ethniques encore marqués par la rude empreinte des camps, ils découvrent des communautés chrétiennes qui n’ont jamais vu de prêtres. «Les gens se rassemblaient pour célébrer, ils mettaient une table, des ornements, ils lisaient des prières, ça leur servait d’office. Ils allaient devant une croix pour se confesser. S’ils arrivaient à avoir de l’eau bénite ils la faisaient perdurer en y ajoutant de l’eau pendant des années. Ils célébraient encore comme autrefois en latin, en noir, ils n’avaient jamais entendu parler de Vatican II».
Des religieuses qui avaient consacré leur vie de façon cachée ont également subsisté dans de petits monastères restés secrets. «Ce qui les a fait tenir, la force de l’Église, ça a été le chapelet, affirme le père Dumoulin. C’est une prière tellement simple qui se transmet facilement et qui permet de garder la foi. Dans les camps, les grands-mères confectionnaient des chapelets avec des boulettes de pain retenues par un fil». C’est grâce à tous ces fidèles, qui recopiaient de mémoire des prières dans des carnets, que la foi s’est transmise.
Des espions du KGB?
En voyant arriver des prêtres et de jeunes candidats au sacerdoce, certains se méfient, craignant d’avoir affaire à des espions. Mais un jour, une rencontre bouleverse le père Dumoulin: «Nous sommes arrivés dans un village où des gens construisaient une église, raconte-t-il. Des grands-mères portaient des sceaux de ciment, des enfants cassaient des petits cailloux pour faire le pavement, des grands-pères étaient juchés sur des échafaudages pour monter les murs.»
Et de poursuivre: «La babouchka qui faisait office de curé, peut-on dire, nous a demandé qui nous étions. Nous lui avons expliqué. "Toi, à partir de quand tu seras prêtre?", a-t-elle demandé à Youroslav. "Je dois faire six ans d’études et ensuite quand je reviendrai, je serai prêtre”, a-t-il répondu. "Ah, six ans. Quand tu reviendras, je serai morte. Mais ce n’est pas grave, parce que je t’ai vu".»
"Dans ces paroles, se souvient-il avec émotion, j’ai entendu le vieillard Syméon, j’ai vu la foi de cette femme qui disait: j’ai tenu, j’ai vu le jour où les chrétiens pourront revivre ici».
La main de Dieu au Kazakhstan
Par la suite, le pré-séminaire de Karaganda a été transformé en séminaire pour toute l’Asie centrale. Aujourd’hui rentré à Marseille après de longues missions en Russie et en Géorgie, le Père Dumoulin continue à donner des cours (en visioconférence) pour les candidats kazakhs, géorgiens ou russes qui étudient au séminaire. La structure accueille une dizaine de séminaristes par an en moyenne.
La géographie ecclésiale du pays aussi a évolué: le Kazakhstan compte actuellement trois diocèses – sud, centre, nord – et une administration apostolique. La plus large population chrétienne se situe dans le diocèse d’Astana. Une centaine de prêtres couvrent le territoire national, dont une bonne quinzaine originaires du Kazakhstan.
En 2021, pour la première fois, Yevgeniy Zinkovskiy, un prêtre de la nouvelle génération du Kazakhstan, a été nommé évêque auxiliaire à Karaganda. «C’est une joie, une fierté de savoir que l’un de nos jeunes est évêque», souligne le missionnaire. De même, des Kazakhs – qui vivent un islam modéré – commencent à se convertir au christianisme, qui était vu jusqu’à présent comme la religion de l’Occident.
Une cathédrale de style gothique a été construite à Karaganda. «C’est un monument emblématique visible, qui attire, qui montre ce qu’est le christianisme». Outre deux carmels, on trouve deux lieux d’adoration permanente à Nour-Soultan – anciennement appelée Astana – et au sanctuaire marial d’Oziornoe.
«Ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est le Bon Dieu», répète le père Dumoulin. Il se souvient avoir été sauvé de nombreuses fois «dans des situations abracadabrantes, perdus au fond de la steppe dans des voitures en panne, avec la crainte de geler sur place. Et la solution arrivait. Je n’ai jamais autant senti la main de Dieu qu’au Kazakhstan». (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Kazakhstan: une riche histoire multireligieuse
Du 13 au 15 septembre 2022, le pape François se rendra à Nour-Soultan, capitale du Kazakhstan, pour participer à un sommet interreligieux organisé par le gouvernement du pays hôte. Décrypte les raisons historiques, politiques et géopolitiques pour lesquelles la question religieuse est essentielle dans ce pays d’Asie centrale.
L’histoire du Kazakhstan comme pays est relativement récente, son indépendance de l’URSS datant de 1991. Cependant, l’unité de l’ensemble géographique qu’on nomme Kazakhstan aujourd’hui trouve une partie de ses origines dans l’adoption progressive de l’islam dans cette région, qui va remplacer en partie le tengrisme. Jusqu’au VIIIe siècle, cette religion traditionnelle chamanique, encore présente dans l’est du pays, était pratiquée dans l’ensemble des plaines d’Asie centrale.
A l'origine, l'islam
L’islamisation est permise d’abord par l’annexion du sud de l’actuel Kazakhstan par la dynastie perse samanide entre le IXe et le Xe siècle. Cependant, c’est surtout la fondation du Khanat kazakh par l’empire de la Horde d’Or mongole – qui prend possession de la région au XIIIe siècle – qui va introduire avec force la foi de Mahomet dans les vastes plaines. La population restera dès lors majoritairement musulmane. À partir du XVIe siècle, des populations ouïghoures, elles aussi musulmanes, s’installent peu à peu à proximité de l’actuelle frontière avec la Chine.
Coincé entre l’empire russe et la dynastie des Qing qui se disputent son territoire, l’empire mongol va décliner peu à peu et finir par passer, au Kazakhstan, sous influence russe. Pendant la lente période d’annexion – qui se conclut au milieu du XIXe siècle – la tsarine Catherine II, influencée par les Lumières qui véhiculent une image très positive de l’islam, décide de ne pas pousser à la conversion des Kazakhs, mais encourage au contraire la religion en place, qu’elle voit comme un vecteur de civilisation pour les tribus nomades qui peuplent la région.
L’arrivée de l’empire russe va aussi entraîner l’installation d’une population russophone orthodoxe, appartenant souvent à l’élite administrative. Leur installation est durable, et constitue une étape importante avec dès 1871 la fondation d’une éparchie du «Turkestan» – nom historique donné à l’ensemble des pays turcophones de la région. Pendant ces années, le Kazakhstan devient aussi une destination pénitentiaire pour des Polonais dès le milieu du XIXe. Il s’agit d’opposants politiques luttant contre l’emprise tsariste sur leur pays, qui constituent la première population catholique du Kazakhstan.
Déportation de minorités ethniques
Au début du XXe siècle, la révolution russe va entraîner une grande crise au Kazakhstan, un tiers de la population mourant d’une famine pendant la période 1929-1933. Une entreprise de repeuplement pour exploiter les ressources du pays va être alors mise sur pied par Joseph Staline. Le ‘Petit Père des Peuples’ décide d’y déporter de nombreuses minorités qu’il considère parfois gênantes dans leur région d’origine: c’est le cas des Tatars d’Ukraine et des Tchétchènes (musulmans) mais aussi des Allemands de la Volga et de la Mer Noire (catholiques et protestants) qu’il exile massivement à partir de 1941, ainsi que des Baltes, Polonais et Ukrainiens (catholiques et orthodoxes). Ils seront suivis par d’autres minorités envoyées dans les camps de travail du Kazakhstan pendant les décennies suivantes. Pendant ces années, comme dans le reste de l’URSS, les différentes communautés religieuses sont souvent persécutées.
Si une partie de ces populations quitte le Kazakhstan après la Chute du Mur de Berlin, un nombre considérable d’entre elles réside encore sur place. Aujourd’hui, la population kazakhe est à 72% musulmane (71% sunnite, 1% chiite). 23% de la population est chrétienne (environ 20% d’orthodoxes, 1,5% de catholiques et 1,5% de protestants). Il existe aussi des minorités juives, tengristes, hindouistes et bouddhistes.
Maintenir l’unité nationale
Le Kazakhstan est donc marqué par une grande diversité religieuse mais aussi culturelle et ethnique : la population d’origine kazakhe (45%) côtoie, du fait de son histoire et de son positionnement, des minorités russes (35%), ukrainiennes (5%), tatares (2%), allemandes (2%), ouïghoures (2%), polonaises (1%) ainsi que d’autres plus petites ethnies, estimait en 2010 le démographe français Gérard-François Dumont.
Dès lors, après la Chute du Mur, la constitution de la République du Kazakhstan de 1995 a pris un grand soin à garantir l’harmonie entre ces différentes composantes, insistant notamment sur la nature laïque du pays dès son premier article et sur la liberté de religion dans l’article 19. L’article 5 interdit toute organisation incitant «à l’hostilité sociale, raciale, nationale, religieuse et tribale» et tous «partis religieux», et l’article 20 proscrit toute «propagande ou agitation» qui ferait l’apologie d’une supériorité religieuse, ethnique ou clanique.
Pour préserver l’harmonie du pays, la constitution contrôle aussi très scrupuleusement les «activités des associations religieuses étrangères» sur le territoire kazakh. Celles-ci, notamment «la nomination des chefs des associations religieuses» au sein du Kazakhstan, doivent être menées « en coordination avec les institutions d’État respectives de la République».
Un contrôle renforcé des cultes
Cette précaution s’explique notamment du fait de la proximité géographique de théocraties islamistes avec l’Iran et l’Afghanistan, mais aussi de la très forte proximité ethnique, religieuse et linguistique de la Turquie, qui jouit dans les régions turcophones du centre de l’Asie d’une importante influence. L’islam est dirigé au Kazakhstan depuis le début des années 1990 par un mufti proche du pouvoir, qui se fait ainsi le garant de la cohabitation avec les autres populations.
L’orthodoxie et la ‘russité’ du pays sont une autre dimension, marquée par l’héritage des tsars et de la période soviétique. L’Église orthodoxe du Kazakhstan est directement affiliée à celle de Moscou, sans réelle autonomie. La relation du Kazakhstan avec l’Église catholique est pour sa part régie par un concordat signé en 1999. La visite de Jean-Paul II en septembre 2001 a contribué à donner à la communauté catholique une certaine visibilité sociale. La situation est en revanche plus compliquée pour certaines Églises protestantes, surtout évangéliques, qui sont hors de contrôle et restent néanmoins minoritaires.
Sur ces bases, le gouvernement, encore marqué par les structures soviétiques, applique un contrôle très important des cultes sur son sol, notamment depuis l’adoption d’une loi en 2011. ‘Portes ouvertes’, l’association évangélique spécialisée dans l’étude des persécutions religieuses dénonce une liberté religieuse réduite mais juge néanmoins que le niveau de violence contre les croyants est «relativement faible» à l’exception de l’arrestation de quelques chrétiens. (cath.ch/imedia/cd/bh)
Gouvernement autoritaire
Le rapport d’Aide à l'Eglise en détresse (AED-ACN) sur la liberté religieuse en 2021 qualifie Nour-Soultan de «gouvernement autoritaire» et note que la montée du turquisme – populisme s’appuyant sur l’unité culturelle et ethnique des populations d’origine turques, portée par Ankara – entraîne des «restrictions drastiques de la liberté religieuse» dans la région. Le pays a aussi adopté des mesures plus strictes pour contrer «l’expansion de formes plus extrêmes de l’islam et le djihadisme associé», note le rapport de l’association catholique. I.M.
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Les étapes du pape François au Kazakhstan
Pour son 38e voyage apostolique à l’étranger, le pape François se rendra pour la première fois au Kazakhstan, en Asie centrale, du 13 au 15 septembre 2022. Pour cela, le pontife parcourra plus de 5’000 km – soit six heures et demie de vol – pour rejoindre la capitale kazakhe, Nour-Soultan, où il participera au VII Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles.
L’agence I.MEDIA présente les lieux que le pape François visitera pendant son séjour. Les horaires sont toujours indiqués avec l’heure locale (+6h UTC). L’avion du pape, géré par la compagnie ITA Airways, décollera de l’aéroport international de Rome-Fiumicino à 07h15 le 13 septembre. Seront présents à bord de l’appareil 110 journalistes.
1 – Arrivée à l’aéroport de Nour-Soultan
L’avion atterrira à l’aéroport international de Nour-Soultan à 17h45. La capitale kazakhe a 4 heures de décalage par rapport à Rome, Paris et Berne (+2h UTC). À son arrivée le pape sera accueilli par les autorités civiles et ecclésiales du pays.
2 – Le palais présidentiel Akorda
Tous les bâtiments de la capitale kazakhe sont relativement récents car construits après 1997, quand le précédent président Noursoultan Nazarbaïev a décidé de transférer la capitale de la ville d’Almaty dans celle d’Astana, ville-nouvelle construite de toute pièce par le pouvoir au milieu de la plaine. À la retraite de Noursoultan Nazarbaïev, en 2019, le nom de la ville a été remplacé par le prénom de son fondateur, Nour-Soultan.
Après un transfert depuis l’aéroport, le pape François se rendra dans le palais présidentiel Akorda pour une cérémonie de bienvenue à 18h30, puis, à 18h45, rencontrera le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev.
La construction de ce palais a commencé en 2001. Il a été conçu par des architectes européens et kazakhs et achevé puis inauguré en 2004. La superficie totale du bâtiment est de 36’720 mètres carrés.
L’architecture du palais et ses décorations internes cherchent à symboliser l’indépendance kazakhe et sa position intermédiaire, entre cultures orientales et occidentales, informe le site du gouvernement. Le nom du palais, “Akorda”, signifie “le siège blanc”, la couleur blanche représentant le sacré dans la culture turque, explique le site.
3 – La Salle de concerts centrale du Kazakhstan
Le même jour, à 19h30, le pape se rendra dans la Salle de concerts centrale du Kazakhstan, pour une rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique. Là, il prononcera le premier discours du voyage.
La salle se trouve entre le palais présidentiel et le Sénat kazakh. Elle a été conçue par l’agence de l’architecte italien Manfredi Nicoletti. Les travaux ont commencé en 2005 et le bâtiment a été inauguré le 15 décembre 2009, à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan, célébrée le 16 décembre.
Le projet est appelé “La Fleur de la Steppe”, car la forme de l’immeuble cherche à rappeler les pétales d’une fleur. La salle principale peut accueillir jusqu’à 3’500 personnes et deux auditoriums plus petits peuvent accueillir au total environ 600 personnes. Le pape retournera ensuite à la nonciature (6), où il résidera pendant tout son séjour au Kazakhstan.
4 – Le Palais de la paix et de la réconciliation
Le lendemain, 14 septembre, le pape François se rendra à 10h00 au Palais de la paix et de la réconciliation, où se tient le Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles. Là, un temps de prière silencieux pour les leaders religieux se déroulera, suivi de l’ouverture de la session plénière du Congrès, pendant lequel le pape François prononcera un discours. À midi, des rencontres privées avec d’autres leaders religieux seront organisées au sein du Palais.
Ce Palais a été construit par le précédent président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, pour accueillir le Congrès de manière permanente, après le succès de la première édition en 2003. Il dispose donc de logements pour accommoder le différentes personnalités qui s’y rendent et est conçu pour symboliser la coexistence pacifique des religions, traditions et nationalités.
Le bâtiment, en forme de pyramide de verre, est situé derrière le palais présidentiel et mesure 62 mètres de haut avec une base de 62 mètres sur 62 mètres. Il a été conçu par le cabinet d’architecture britannique Foster and Partners et a été inauguré en 2006.
Ce Palais a été difficile à concevoir et à construire car les températures à Nour-Soultan peuvent varier de 40 degrés Celsius en été à -40 degrés en hiver, ce qui provoque l’expansion et la contraction des matériaux. Le bâtiment abrite également un opéra de 1’500 places, des installations éducatives et un centre national pour les différents groupes ethniques et géographiques du Kazakhstan.
5 – La place de l’Expo
À 16h45, le 14 septembre, le pape François célèbrera une messe sur la place de l’Expo. Le pontife prononcera une homélie lors de cet événement qui rassemblera les catholiques kazakhs. Dans ce pays, ils représentent 1,5% de la population, soit environ 350’000 personnes. Le gouvernement a annoncé la venue de 2’000 pèlerins pour l’occasion.
Cette place fait partie d’une zone qui a été construite intégralement pour accueillir l’Exposition internationale de 2017 sur le thème “Énergie du Futur.” Ce site, qui couvre 174 hectares, a été construit en tenant compte des questions environnementales. Les matériaux et les méthodes de construction utilisés visent à réduire la consommation d’énergie et à créer des bâtiments qui pourraient générer des énergies renouvelables.
Par exemple, la structure centrale en verre de l’ensemble, baptisée Nur-Alem, est la plus grande sphère au monde. Elle dispose d’un système photovoltaïque et de moteurs éoliens afin de produire sa propre énergie, explique le site du Bureau International des Expositions.
6 – La nonciature apostolique
Le lendemain, 15 septembre à 09h00, le pape François aura une rencontre privée, comme à son habitude, avec un groupe des membres locaux de la Compagnie de Jésus. La rencontre se tiendra à la nonciature apostolique. Le nonce apostolique au Kazakhstan est depuis 2016 l’archevêque indien Mgr Francis Assisi Chullikatt.
7 – Cathédrale de la Mère du Perpétuel Secours
À 10h30, le pontife rencontrera les membres du clergé et opérateurs pastoraux du pays, puis prononcera un discours à la Cathédrale de la Mère du Perpétuel Secours, au nord de la ville.
La construction de cette paroisse a débuté en 1994, après de nombreuses années de lutte de la communauté catholique pour obtenir un lieu de culte adéquat. Elle a finalement été consacrée en 1999 par un représentant de Jean Paul II, le cardinal allemand Joachim Meisner – la communauté catholique locale étant en grande partie germanophone – et en présence du nonce apostolique de l’époque et d’autres autorités civiles et religieuses. Quelques mois plus tard, l’église est devenue une cathédrale.
Le pape Jean Paul II a célébré une messe dans cette paroisse le 24 septembre 2001, lors de son voyage au Kazakhstan, le dernier d’un pape dans le pays.
8 – Le Palais de la paix et de la réconciliation
À 15h00, le pape retournera au Palais de la paix et de la réconciliation pour lire son discours final et participer à la conclusion du Congrès.
9 – Retour à Rome
À 16h15 le pape se rendra à l’aéroport de Nour-Soultan pour la cérémonie d’adieu; son vol partira à 16h45. Il devrait arriver à Rome à 20h15, heure locale. Comme à son habitude, à son retour, il devrait faire un détour par la basilique Sainte-Marie-Majeure dans Rome pour rendre grâce pour son voyage. (cath.ch/imedia/ic/rz)
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Le pontife se rend au Kazakhstan pour participer à un sommet interreligieux pendant trois jours. Le président Xi effectuera pour sa part chez son voisin kazakh son premier voyage international depuis le début de la crise pandémique en décembre 2019. Contrairement à la visite du pape, planifiée depuis plusieurs mois, celle du chef d’État chinois n’a été annoncée que le 5 septembre dernier par le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan.
Le gouvernement kazakh a cependant laissé planer un doute lors de l’annonce, un de ses portes paroles déclarant ne pas savoir si le président chinois comptait profiter de sa visite pour rencontrer les nombreux leaders religieux rassemblés à Nour-Soultan pour le Congrès des leaders de religions mondiales et traditionnelles. Joint par I.MEDIA, Claude Meyer, conseiller au centre Asie de l’Ifri et auteur d’un livre sur les religions en Chine, voit d’ailleurs une « coïncidence troublante » dans cette présence le même jour des deux leaders dans la capitale kazakhe.
L’hypothèse d’une rencontre entre un chef d’État chinois et un pape, la première de l’histoire si elle avait lieu, a intéressé les milieux diplomatiques. Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan – qui dispose d’une de ses rares ambassades à Rome – a ainsi annoncé suivre l’affaire de près.
Le Vatican n’a pas prévu de rencontre
Au Vatican, une source interne a cependant confié à I.MEDIA que « Xi Jinping ne participera pas à la rencontre interreligieuse » et qu’en conséquence, une rencontre avec le pape, qui est venu au Kazakhstan uniquement pour rencontrer les personnes participant à cet événement, n’est pour l’heure pas prévue.
Cependant, le Saint-Siège laisserait une porte ouverte : « quand quelqu’un exprime le souhait de rencontrer le pape, sa demande est toujours prise en compte », assure la source interne. Mais elle nuance en rappelant que la réponse du pape n’est « pas toujours positive ».
Interrogé sur une possible rencontre par la presse vaticane lors d’une conférence de presse le 9 septembre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège Matteo Bruni a confirmé le programme du pape au Kazakhstan, annoncé par le Saint-Siège en août et qui ne prévoit pas de rencontre avec le président chinois. Du côté de Pékin, une telle hypothèse n’a même pas été évoquée à l’heure actuelle.
Claude Meyer note que le pape comme Xi Jinping ont en ce moment un « agenda extrêmement chargé et très différent ». Une telle rencontre, dans ce contexte, semble selon lui n’avoir « pas grand sens », notamment pour Xi Jinping pour qui « le pape représente précisément ce que la Chine ne veut pas, c’est-à-dire la subordination d’une religion à une organisation étrangère ».
Le précédent de Rome 2019
De plus, ce n’est pas la première fois qu’une opportunité de rencontre entre Xi Jinping et le pape François se présente. En effet, en mars 2019, le président chinois s’était rendu en visite d’État à Rome où il avait été reçu au Quirinal, ancien palais des papes, par le président italien Sergio Mattarella.
Interrogé en amont de la visite romaine du président, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, qui avait réussi à conclure un accord historique avec Pékin sur les nominations d’évêques chinois six mois auparavant, avait donné des signes d’intérêt pour une possible rencontre, affirmant que la porte du Vatican était « toujours ouverte ». Xi Jinping s’en était cependant tenu à l’Italie pendant sa visite et n’avait donc pas franchi le Tibre.
Un contexte délicat
Le calendrier actuel des relations entre le Vatican et Pékin est aussi à prendre en compte. Le Saint-Siège négocie actuellement avec le gouvernement chinois pour renouveler ou non l’accord de nomination des évêques signé pour la première fois en 2018 et pour deux ans en 2020. Cet accord, qui permet au Vatican et à la République populaire de Chine d’avoir chacun leur mot à dire dans la nomination des prélats en terre chinoise, a été fortement critiqué en dehors comme au sein de l’Église.
Interrogé récemment par la télévision italienne, le cardinal Pietro Parolin, qui gère en personne ce dossier particulièrement sensible, s’est montré confiant sur la reconduction de l’accord. « Il y a un long chemin à parcourir », avait-il commenté, enjoignant à la patience et estimant qu’on pouvait « voir les ‘graines’ plantées ‘germer’ même lorsque le temps est défavorable ».
Sur ce point, Claude Meyer estime que le Kazakhstan pourrait être l’occasion, plutôt que d’organiser une « rencontre de courtoisie » entre les deux chefs d’État, de permettre des « échanges à un niveau inférieur ». Des discussions informelles, par exemple avec le cardinal Pietro Parolin, lui semblent plus envisageables dans le cadre des négociations encadrant le renouvellement de l’accord. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Jean Paul II au Kazakhstan en 2001, une percée dans l'espace soviétique
En visite au Kazakhstan du 13 au 15 septembre 2022, le pape François marchera sur les traces de Jean-Paul II, venu à Astana du 22 au 25 septembre 2001, dans le cadre de son 95e voyage apostolique qui l’avait ensuite conduit en Arménie.
Quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, le pontife polonais avait tenu à maintenir son séjour dans ce vaste pays majoritairement musulman pour y lancer un message de paix et de respect entre les religions et les cultures.
Accueilli à sa descente d’avion par le président le président de l’époque Noursoultan Nazarbaïev, qui avait fait de la tolérance religieuse un axe central pour intégrer son pays dans la communauté internationale, le pape, marqué par la fatigue et la maladie, avait mobilisé toutes son énergie dans des accents proches des appels prophétiques du début de son pontificat.
« Kazakhstan, terre de martyrs et de croyants, terre de déportés et de héros, terre de penseurs et d’artistes, n’aie pas peur! », avait lancé le pape polonais lors de son premier discours, soulignant l’importance de la liberté religieuse, dix ans après l’indépendance du pays. Il avait aussi remarqué « l’initiative courageuse » prise par le gouvernement kazakh, qui avait renoncé à l’armement nucléaire et démantelé le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk, lieu d’une tragique et durable pollution radioactive depuis l’époque soviétique.
Le pape était venu encourager la minorité catholique, affaiblie par le départ, dans les années 1990, de nombreux descendants des déportés allemands, polonais ou encore lituaniens contraints par Staline de s’installer dans ces steppes inhospitalières. Lors de la messe célébrée le 23 septembre 2001 sur la place de la Mère Patrie, à Astana, le pape a souligné la valeur de la collaboration de chrétiens et de musulmans, "engagés chaque jour, côte-à-côte, dans l’humble recherche de la volonté de Dieu."
L’appel contre la violence après le choc du 11 septembre
Dans ce pays qui compte une centaine de nationalités et ethnies, le pape a formulé un appel solennel contre la violence, en réaction aux attentats du 11 septembre. « Je désire lancer un appel sincère à chacun, chrétiens et fidèles d’autres religions, afin que nous œuvrions ensemble pour édifier un monde sans violence, un monde qui aime la vie, qui croît dans la justice et la solidarité. Nous ne devons pas laisser ce qui est arrivé accroître les divisions. La religion ne doit jamais être un motif pour justifier un conflit », a alors martelé le pape polonais.
« De ce lieu, j’invite les chrétiens et les musulmans à élever une intense prière vers l’Unique Dieu tout-puissant, qui nous a tous créés, afin que le bien fondamental de la paix puisse prévaloir dans le monde », avait martelé Jean Paul II, invitant à « œuvrer en vue d’une civilisation de l’amour, dans laquelle il n’y a pas de place pour la haine, la discrimination ou la violence ». Devant les représentants du monde de la culture, il redira que « la haine, le fanatisme et le terrorisme profanent le nom de Dieu et défigurent l’image authentique de l’homme ».
Sa rencontre avec les évêques d’Asie centrale lui donnera l’occasion de relancer son appel à la liberté religieuse. « Après le long hiver de la domination communiste, qui prétendait déraciner Dieu du cœur de l’homme », le pape se réjouit de voir les Églises locales regagner « visibilité et consistance » et vivre « le début d’une saison d’évangélisation prometteuse ».
Lors de la consécration de la cathédrale Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, le pape salue la fondation du séminaire de Karaganda, qui formera les futurs prêtres des républiques d’Asie centrale. « Maintenant que le climat politique et social s’est libéré du poids de l’oppression totalitaire, le besoin que chaque disciple du Christ soit lumière du monde et sel de la terre demeure une nécessité impérieuse. Ce besoin est d’autant plus urgent du fait de la destruction spirituelle héritée de l’athéisme militant, mais aussi du fait des risques que font courir l’hédonisme et le consumérisme actuel », a averti cependant le pape polonais, après avoir rendu hommage aux martyrs des persécutions communistes, dont beaucoup venaient de Pologne.
Si le pape globe-trotter n’a jamais pu visiter la Russie, il a pu séjourner dans plusieurs pays de l’ex-URSS. Les premiers furent les trois États baltes – Lituanie, Lettonie, Estonie – dès 1993, avant la Géorgie en 1999, l’Ukraine en juin 2001, le Kazakhstan et l’Arménie en septembre 2001, et l’Azerbaïdjan en mai 2002. Il a donc visité 8 des 15 anciennes républiques soviétiques. Le pape polonais, qui fut l’un des artisans de la chute du communisme, a pu circuler dans les marges de l’ex-URSS mais n’a jamais pu se rendre dans le territoire de la Fédération de Russie, en raison essentiellement de la méfiance des dirigeants de l’Église orthodoxe russe. (cath.ch/imedia/cv/mp)
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Au Kazakhstan, le pape François défend une «laïcité saine»
« La liberté religieuse constitue le meilleur berceau de la coexistence civile », a déclaré le pape François aux autorités du Kazakhstan réunies au Kazakh Concert Hall à Nour-Soultan, le 13 septembre 2022. En présence du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, il a vanté la «laïcité saine» de ce pays d’Asie centrale qui «reconnaît le rôle précieux et irremplaçable de la religion et s’oppose à l’extrémisme qui la corrode».
Après avoir été reçu par le chef d’État kazakh dans le palais présidentiel Ak Orda, le pontife de 85 ans a rejoint la grande salle de concert où l’attendaient les représentants politiques, diplomatiques et religieux du pays. Le pape a remercié les autorités pour leur invitation à participer au Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles, un sommet interreligieux rassemblant une centaine de représentants spirituels du monde entier qu’il a décrit comme un lieu de promotion de « l’harmonie et de la paix ».
Brossant le portrait d’un Kazakhstan laïc mais respectueux des traditions, le pontife a souligné sa vocation de « pays de la rencontre », née selon lui de la mémoire douloureuse des goulags où, au XXe siècle, furent déportées en masse de nombreuses populations par le pouvoir soviétique. Pour François, le Kazakhstan est un pays à « deux âmes, une asiatique et une européenne », et donc un lieu privilégié de dialogue interreligieux mais aussi, plus largement, un « carrefour important de nœuds géopolitiques ».
Sans citer les pays voisins, notamment la Chine et la Russie, le pape a considéré que cette situation de « pont entre l’Orient et l’Occident » le vouait à jouer « un rôle fondamental dans l’atténuation des conflits ». Le pontife a cité expressément la « folle et tragique guerre causée par l’invasion de l’Ukraine » ainsi que les autres affrontements en cours dans le monde.
Déplorant l’effet de ces conflits sur les pays en voie de développement, l’évêque de Rome a invité à « amplifier le cri » de ceux qui réclament la paix, invitant les leaders à insuffler dans les organisations multilatérales « un nouvel esprit d’Helsinki » en référence à la conférence de 1975. Il a insisté sur le fait que cet engagement était « l’affaire de tous » et donc nécessitait un « dialogue avec tous ».
Contre l’armement nucléaire
Alors que la question du risque d’un conflit nucléaire a été soulevée dans le cadre de la guerre en Ukraine, le pontife n’a pas manqué de saluer le choix fait par le Kazakhstan de renoncer à l’armement nucléaire. Alors qu’il en était doté au moment de son indépendance en 1991, le pays a volontairement fait le choix de démanteler cette partie de son arsenal, vestige de l’ère soviétique.
Le pape François a enfin salué l’engagement du pays d’Asie centrale dans les politiques « énergétiques et environnementales » et a abordé la question énergétique, centrale pour cette nation riche en ressources naturelles. Sur ce point, le pontife a dénoncé l’« injustice généralisée » que constitue selon lui la « prise en otage » de certains pays par le système économique mondial. Il a appelé l’État mais aussi le secteur privé à ne pas limiter le développement économique à l’obtention de gains pour un « petit nombre ».
Dans un discours emprunt de la défense des libertés fondamentales, le pontife a insisté sur le fait que la défense de ces droits ne devait pas être réduite « à des proclamations ». Selon lui, une société civile libre passe par un soutien aux travailleurs et aux jeunes, et doit leur assurer une « sécurité économique ». Un tel État de droit, a-t-il souligné, est « la réponse la plus efficace à d’éventuels extrémismes, personnalistes et populismes qui menacent la stabilité et le bien être des peuples ».
Le pape François doit désormais rejoindre la nonciature apostolique où il dormira pendant les deux nuits de son séjour à Nour-Soultan. Demain, il participera au VIIe Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles. À 85 ans, le pontife a parfois donné l’impression d’être fatigué, montrant une certaine difficulté à se lever et à s’asseoir de son fauteuil roulant. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Au Kazakhstan, le plaidoyer du pape pour la liberté religieuse
«Les religions ne sont pas le problème mais une partie de la solution», a déclaré le pape François le 14 septembre 2022 dans son discours au Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles organisé à Nour-Soultan au Kazakhstan. Il a condamné vivement les dérives fondamentalistes qui «profanent le nom de Dieu».
Sous les verrières bleutées du Palais de l’Indépendance où se tient le Congrès, sommet interreligieux rassemblant 108 délégations de religions venant de cinquante pays, le pontife a partagé un temps de prière silencieuse dans la salle des conférences. À ses côtés se trouvaient notamment le grand imam d’Al Azhar Ahmed al-Tayyeb et le ‘ministre des affaires étrangères’ du patriarche Cyrille, le métropolite Antoine de Volokolamsk. Le président Kassym-Jomart Tokaïev a ensuite prononcé un discours d’ouverture de l’événement puis a donné la parole au pontife.
«Le monde attend de nous l’exemple d’âmes éveillées et d’esprits lucides, il attend une religiosité authentique», a affirmé le chef de l’Église catholique devant les représentants juifs, musulmans, orthodoxes, bouddhistes ou shintoïstes participant au Congrès.
Le pape François a insisté sur la nécessité de combattre le «fondamentalisme qui pollue et ronge toutes les croyances», soulignant combien les guerres au nom des religions rendaient «impossible» tout dialogue avec ceux qui considèrent que Dieu n’existe pas. Pour éviter cela, il a invité à se libérer des «conceptions réductrices et destructrices» de la foi et condamné les « rigidités, les extrémismes et les fondamentalismes» qui «profanent le nom de Dieu».
L’Ukraine en toile de fond
Le pontife, qui n’a pas évoqué à une seule reprise la guerre en Ukraine, contrairement à son discours de la veille, a clamé que «Dieu est paix et conduit toujours à la paix, jamais à la guerre». Et s’est exclamé: «Que le sacré ne soit pas l’accessoire du pouvoir et que le pouvoir ne soit pas l’accessoire du sacré!»
Cette dernière phrase est proche de celle prononcée par le pape François au patriarche Cyrille – annoncé présent au sommet mais ayant annulé sa participation – peu de temps après l’invasion russe de l’Ukraine. Le pontife a confié dans un entretien au Corriere della Sera qu’il lui avait déclaré: «Frère, nous ne sommes pas des ‘clercs d’État’». «Le patriarche ne peut pas devenir l’enfant de chœur de Poutine», avait-il ensuite expliqué au journal italien.
Une liberté religieuse libérée des suspicions
Le pape François a aussi dénoncé la «mentalité oppressante et étouffante» des athéismes d’État, rappelant celui pratiqué par l’URSS au Kazakhstan. Il a mis en garde contre les discours qui inculquent «suspicion et mépris à l’égard de la religion comme s’il elle visait la déstabilisation de la société moderne», invitant à les «laisser aux livres d’histoire».
Tout en insistant sur le fait que la liberté religieuse ne se limitait pas à la liberté de culte, le pontife a tenu à distinguer «la bonne pratique de l’annonce» à celle du «prosélytisme et de l’endoctrinement». Il a appelé chaque religion à se libérer «des ombres de la suspicion et de la fausseté» à l’égard des autres croyances.
Les religions face à la pandémie
Le Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles qui se rassemble pour la 7e fois depuis son lancement en 2003 a choisi pour thème le développement spirituel et social de l’humanité dans la période post-pandémie. Le pontife a insisté sur la vulnérabilité qu’a montré la pandémie, vulnérabilité que reconnaissent intrinsèquement les religions et qui s’opposent aux «fausses présomptions de toute puissance suscitées par des progrès techniques et économiques» ou à l’indifférence issue «du consumérisme qui étourdit».
Les religions, au regard de la pandémie, peuvent se faire l’écho d’une «solidarité globale» pour les plus pauvres, a insisté le pape, dénonçant le fait qu’une grande partie de la population mondiale n’avait encore aujourd’hui pas accès aux vaccins. «C’est l’indigence qui permet la propagation des pandémies», a-t-il dénoncé.
La crise écologique à la racine de la crise pandémique
Les religions, a continué le pape, doivent défendre l’accueil fraternel. «Chaque jour, des enfants à naître et des enfants, des migrants et des personnes âgées sont rejetés », a-t-il déploré, expliquant qu’ils étaient « sacrifiés sur l’autel du profit, enveloppés par l’encens sacrilège de l’indifférence. Le pontife a mis en garde contre la tendance instinctive à «défendre ses sécurités acquises et de fermer les portes par peur».
Le pontife a enfin considéré que les religions pouvaient unir leurs efforts pour promouvoir la sauvegarde de l’environnement, citant les problèmes que posaient la déforestation, le commerce illégal d’animaux ou l’élevage intensif.
Il a estimé que ce défi se rattachait à celui de la pandémie, affirmant que c’était un «équilibre détérioré, en grande partie à cause de nous, avec la nature qui nous entoure». Face à ce constat, il a rappelé la «vision respectueuse et religieuse du monde voulu par le Créateur». (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Kazakhstan: le pape rencontre le métropolite Antoine de Volokolamsk
Dans le cadre du sommet interreligieux de Nour-Sultan, au Kazakhstan, le pape François a rencontré en privé le métropolite Antoine de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le 14 septembre 2022. Ce dernier a confié à la presse qu’une rencontre entre Kirill et François était encore espérée par les deux parties mais qu’elle devra être «bien préparée».
C’est en marge du sommet que le pape François a pu échanger durant 15 minutes avec le ‘ministre des Affaires étrangères’ du Patriarcat de Moscou, le métropolite Antoine de Volokolamsk. Le successeur du métropolite Hilarion représente à Nour-Sultan le patriarche Cyrille. Fin août, le chef de l’Église orthodoxe russe avait officialisé sa non-participation au Congrès sur fond de tensions avec Rome, après l’annulation d’une rencontre entre les deux chefs religieux prévue à Jérusalem en juin.
Durant cet entretien «très cordial», selon les termes du métropolite russe qui s’est confié à des journalistes, les deux hommes n’ont pas parlé en profondeur de la question d’une deuxième rencontre entre le patriarche de Moscou et François.
Mais le métropolite Antoine a assuré que celle-ci était toujours d’actualité. «Nous sommes absolument convaincus que la rencontre entre le pape et le patriarche est une chose très importante», a-t-il insisté, soulignant le besoin de bien la préparer. «Nous devons voir où, quand. Et la chose la plus importante est d’avoir quelque chose à la fin, quelques appels, dans la lignée de ce que nous avons fait à La Havane», a-t-il détaillé. Et d’ajouter qu’une telle rencontre ne devait pas être un simple moment «où vous prenez un café».
Rencontre historique à Cuba
Cette premier rendez-vous à Cuba en 2016 entre Cyrille et François fut un événement historique à partir duquel les deux parties continuent de bâtir. «Le document final est toujours très important. Et puis chaque année nous avons eu des rencontres pour célébrer cette rencontre de la Havane et réfléchir sur ce document qui est un message très fort», a ainsi souligné le métropolite.
Interrogé sur l’annulation de l’entrevue agendée en juin dernier à Jérusalem, le représentant de l’Église orthodoxe russe a voulu expliquer la position de Moscou: «Nous étions prêts pour cette rencontre mais elle fut annulée par le Saint-Siège. Le pape a fait un entretien […] Il a dit que les choses n’allaient pas pour organiser une rencontre avec le patriarche Cyrille».
Quant à l’utilisation par le pape François des termes «enfant de chœur» dans un entretien dans lequel le pontife mettait en garde le patriarche de devenir le «clerc d’État» du président russe, le métropolite a confié que cette parole du pape «fut une surprise». «Il est clair que les expressions de ce genre ne sont pas utiles pour l’unité des chrétiens», a-t-il insisté.
Le patriarche Kirill au soutien des chrétiens persécutés
Au cours du Congrès, le métropolite Antoine de Volokolamsk, s’est exprimé devant la centaine de leaders religieux présents en lisant une lettre du patriarche Cyrille. Comme le pontife dans son allocution, le patriarche de Moscou n’a pas évoqué directement le conflit ukrainien. Le chef de l’Église orthodoxe russe a cependant déploré le «flot d’informations», le décrivant comme une des caractéristiques de la période «des plus difficiles» que traverse le monde actuellement.
Dénonçant un phénomène de «distorsion» de la réalité et de l’histoire, il a plaidé pour un monde «sans État de première et de seconde classe». Les leaders religieux, a-t-il insisté par l’intermédiaire de son représentant, ont pour devoir «d’éduquer les peuples». Il a critiqué l’absence de traitement médiatique des persécutions que vivent les chrétiens partout dans le monde, mais aussi des guerres qui frappent les pays du Tiers-Monde.
Intervenant personnellement après la lecture du discours de son chef religieux, le métropolite Antoine a encouragé les leaders à adopter « un nouveau regard » sur le monde, invoquant la pandémie, thème choisi pour la 7e édition de la rencontre interreligieuse. Il a appelé à sortir de «l’image de l’ennemi» et mis en garde contre les risques qui pèsent aujourd’hui sur le monde, citant notamment celui d’une «catastrophe nucléaire».
Autres rencontres avec des leaders musulmans, juifs, chrétiens
En marge du sommet, le pape François a aussi entretenu avec le grand imam Ahmed al-Tayyeb, à qui il a tenu à rappeler les débuts de leur collaboration pour rédiger le Document sur la fraternité. Ce texte, qui prône la fraternité interreligieuse et défend la place des religions dans la recherche de la paix, avait été signé en 2019 par les deux hommes à Abou Dabi.
Au grand mufti du Kazakhstan, chef de l’Islam sunnite largement majoritaire dans le pays (70% de la population) qu’il a rencontré ensuite, le pontife a affirmé que les responsables religieux ont une «vocation spéciale à établir la paix».
Le pape François a aussi rencontré une délégation de rabbins israéliens, dirigée par David Lau, grand rabbin ashkénaze d’Israël et par Yitzhak Yozef, grand rabbin séfarade d’Israël. Il a échangé pendant quelque temps avec le chef de l’Église luthérienne d’Estonie, l’archevêque Urmas Viilma.
L’évêque de Rome a enfin rencontré deux représentants d’organismes internationaux: Azza Karam, secrétaire générale de l’association Religions for Peace, une des six femmes à diriger une délégation pendant le Congrès, et Miguel Angel Moratinos, représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Une mosaïque de chrétiens du Kazakhstan célèbrent la venue du pape
Sous un grand soleil illuminant la très futuriste esplanade de l’Expo Grounds, quelques milliers de fidèles appartenant à la petite communauté catholique du Kazakhstan se sont pressés pour assister à la messe du pape François, le 14 septembre 2022. Des religieuses missionnaires, des locaux, une quarantaine de prêtres, mais aussi des membres de la majorité musulmane, majoritaire dans le pays, ont salué le pontife.
«C’est un cadeau pour nous», déclare sœur Bojena Zelewska, religieuse polonaise qui vit au Kazakhstan depuis 13 ans. Membre de la communauté des Béatitudes, elle parle un parfait français, souvenir de ses années de formation en France où elle a passé plusieurs années.
Elle est venue assister à la messe du pape avec une centaine de membres de sa paroisse de Kokchetau, à 300 km au nord de Nour-Sultan. Sa ville a été fondée par des déportés polonais à l’époque où l’URSS déportait en masse les populations non-russes dans cette région, notamment dans des goulags. «Beaucoup de gens ont souffert dans ce pays, et ils comprennent donc l’importance de vivre ensemble et de la solidarité», explique-t-elle.
Alors que des petites filles parlant russes agitent le drapeau blanc et or du Vatican, trois religieuses des Missionnaires de la Charité avancent pour prendre leur place. Parmi elles, deux Indiennes, tout sourire. «Nous ne donnons pas d’interviews mais nous prierons pour vous», déclare celle qui semble être leur supérieure.
Elles sont nombreuses à vivre leur mission au Kazakhstan. Sœur Bojena se réjouit de vivre dans un pays où la foi se développe «très rapidement». «Ce pays a un message de paix, de dialogue d’écoute mutuelle pour le monde», estime-t-elle.
Des fidèles venus d’autres pays
Soulignant la diversité des peuples – allemands, polonais, slovaque, russes – et des religions différentes – orthodoxes, musulmans, catholiques – qui vivent ensemble sur le même territoire, elle vante la capacité de ces populations à coexister. La messe du pontife a même attiré des membres d’autres pays alentour, dont le Turkménistan et l’Ouzbékistan, qui témoignent par de grands sourires de leur joie d’être présents à défaut de pouvoir se faire comprendre dans leur langue.
La Polonaise voit aussi dans la venue du pape François l’héritage de la première visite d’un pontife au Kazakhstan, effectuée par son compatriote Jean-Paul II en 2001. «Il a amené ce message de paix et maintenant c’est le pape François qui confirme ce message».
Maxim, un catholique Kazakh de 31 ans appartenant à Communion et Libération, se souvient un peu de la venue de Jean-Paul II, mais considère que la venue du pape argentin est «pour sa génération». «J’ai toujours espéré qu’un pape vienne, explique-t-il, déclarant que c’est pour lui le jour le plus attendu» de sa vie.
«Ça me touche au fond du cœur», confie encore dans un excellent italien ce photographe qui a été invité à couvrir l’événement. Originaire de Karaganda, une ville où réside une importante population germanophone, il habite désormais à Nour-Sultan.
À l’arrivée du pontife, la foule, prise par l’émotion, l’a un temps timidement salué. Mais, grâce à l’impulsion de quelques religieuses qui ont donné de la voix puis à l’invitation d’un prêtre au micro, l’assemblée à fait entendre sa joie de voir leur pape. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...