L’Eglise catholique retient son souffle. Nous sommes entrés dans l’«entre deux». L’interrègne diraient les chroniqueurs mondains. Benoît XVI est parti avec la dignité et la profondeur d’un homme immensément spirituel. Bientôt, un autre sera élevé à la dignité pontificale. L’entre deux est le temps de l’attente, celui des conjectures, celui de la fébrilité aussi. Il est le temps du regard tourné vers le Vatican. Il est le temps de la prière pour une élection sans détour.Les cardinaux électeurs réunis à Rome ont une responsabilité importante. Ils vivent ce moment avec crainte et espérance, en sachant qu’ils engagent l’avenir de l’Eglise. Leur choix sera jaugé, évalué, soupesé dans les moindres détails. La pression est forte. Toutefois, chaque cardinal électeur vivra une expérience passionnante, marquante pour sa foi. Ici, pas de campagne électorale, pas de programme, pas de slogan. Une seule question: qui est le meilleur pour succéder à Benoît XVI? Autrement dit, qui, dans le cœur de Dieu, doit assumer la charge de pape de l’Eglise catholique?Les générations d’anciens se souviennent de ces moments émouvants. La fumée blanche est guettée avec une attention fébrile, à midi et le soir. La nouvelle configuration médiatique augmente le suspense, bien au-delà des rangs des catholiques. Elle l’alimente plus encore, aux limites du supportable. Rumeurs, désinformations, échos frelatés, rien ne nous sera épargné dans les prochains jours. Mais sachons que ce qui se passe en dehors n’a rien à voir avec l’intérieur de la chapelle Sixtine. Entre l’entrée en conclave et le «Habemus papam», le temps est suspendu, à l’intérieur. Il est fébrile à l’extérieur, mais c’est l’intérieur qui prime. Attendons donc avec sérénité l’homme du printemps. Dieu est présent à son Eglise. A l’Eglise d’être présente à Dieu...Bernard Litzler