Se promener dans les jardins de l’évangile conduit à un dépaysement fascinant. Le Dieu qui se donne à voir et à vivre dans le visage de Jésus est tellement différent des clichés et des images toutes faites, véhiculées par l’histoire et l’imagination.Je m’attends à rencontrer un "Dieu très-haut", perdu dans le ciel de la sainteté et de la perfection et c’est un "Dieu très-bas", selon la belle expression de Christian Bobin, qui s’offre à moi, dans l’humble terreau du quotidien… un Dieu à hauteur d’homme, à hauteur de visage.On le rencontre moins dans les hautes sphères du religieux que dans les «Galilée» et «Capharnaüm» de nos vies mêlées, tiraillées et écartelées entre le plus beau et le plus sordide, entre la grâce et le péché. «C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. Car je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs.»Jésus nous dit que les réalités importantes de la vie ne se jouent pas dans le spectaculaire, dans le sensationnel mais dans la simplicité du cœur. «Notre vie est cachée avec le Christ en Dieu»Regardez et mesurez le beau travail de la vie, qui développe sa fécondité dans la graine semée en terre.Surprise encore quand le Christ nous dit que sa mort, vécue comme suprême expression du don et de l’amour, sera pour ceux et celles qui croient en Lui, chemin et source de Vie. Nous sommes ainsi merveilleusement menacés de résurrection, et appelés à tout âge à naître à notre jeunesse éternelle.
À nous qui cherchons des réponses, le Seigneur nous dit que la foi est davantage l’art de se poser les bonnes questions.Jean-René Fracheboud