L’un avait revêtu un costume de croque-mort. L’autre son habit de pasteur. Le tout devant des cercueils vides. Ils sont pasteurs tous deux, Jean Chollet et Daniel Fatzer. Et ils ont fait le spectacle, samedi passé au centre de Lausanne. Un show centré sur l’annonce de la résurrection du Christ, à la veille des Rameaux.Les réactions du public allaient de l’indignation à l’intérêt réel. Les mêmes protagonistes - car ce sont des récidivistes - avaient publié l’an dernier un avis de décès de Jésus dans la presse avec invitation à venir assister aux obsèques, le Vendredi-Saint. La provocation et l’imagination au pouvoir... Nouvelles voies de l’évangélisation...Le cercueil vide évoque l’annonce de l’ange devant le tombeau vide: «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?» (Luc 24, 5). La vie a vaincu la mort. Message inouï et toujours neuf. Les réactions indignées devant les cercueils lausannois disent notre aversion devant la mort qui survient, notre incompréhension de devoir quitter ceux que nous aimons.La Résurrection reste toutefois un mystère. Ressusciter est étrange, étranger à notre monde. Entrer dans une autre dimension du temps et de l’espace, abandonner nos yeux de chair pour plonger dans un face à face ininterrompu avec Celui qui n’est qu’Amour a de quoi déstabiliser. Surtout dans notre monde rationnel. Mais quelle révolution!La mort est morte sur le Golgotha. Mais l’inhumanité, elle, n’est pas morte. Elle continue de faire des ravages, tous les jours. Et Dieu pleure là où la vie devient un enfer, là où l’enfance est bafouée, là où le mensonge règne, là où la torture fait office de justice. Dieu pleure comme Jésus a pleuré sur la croix dans un sentiment d’abandon et de solitude extrêmes. Quand l’homme enferme dans le cercueil de ses vanités son humanité profonde, le monde devient rapidement invivable.Sorti du sépulcre où les hommes l’avaient déposé, le Christ vainqueur de la mort entraîne dans son sillage l’humanité et ses aspirations essentielles: davantage de justice, de vérité, de fraternité. Le cercueil n’est pas notre dernière demeure, non. Même pas notre résidence secondaire. Notre résidence principale et définitive, dans le cœur de Dieu, n’a plus de limites. Elle ne nécessite aucun permis d’établissement ou de concession dans un cimetière.La victoire du Christ sur la mort est sans retour, elle est acquise pour hier, aujourd’hui et demain. Sortie du tombeau, l’espérance embrase la Terre. Elle ne s’éteindra pas.
Joyeuse fête de Pâques!Bernard Litzler