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  • Le vice-président américain J.D. Vance a justifié les expulsions de migrants par le concept 'd'ordo amoris'
    Le vice-président américain J.D. Vance a justifié les expulsions de migrants par le concept 'd'ordo amoris' - Gage Skidmore/Flickr/CC BY-SA 2.0

    Blog “Qui est mon prochain?” Quand la théologie s’invite en politique

    Tout le monde aura remarqué que le monde vit des temps particuliers. Tout a l’air de changer très vite et de façon brutale, sous l’impulsion notamment de la nouvelle donne américaine.

    Le basculement politique vers la droite auquel on assiste actuellement n’est pas forcément une nouveauté historique. Ce qui l’est davantage est l’utilisation du christianisme par certaines figures de pointe de ce mouvement pour justifier leurs actions. C’est notamment le cas du vice-président américain J.D. Vance. Ce dernier s’est récemment lancé dans une «joute» théologique indirecte avec le pape François lui-même.

    Le bras droit de Donald Trump s’est converti au catholicisme en 2019. Il possède apparemment des connaissances étendues des écrits de certains docteurs de l’Église, en particulier saint Thomas d’Aquin, qui a joué une part importante dans sa conversion. Pour justifier les expulsions de migrants illégaux lancées par la nouvelle administration, il a ainsi ressorti un concept du dominicain italien du 13e siècle, l’ordo amoris (ordre de l’amour), également présent chez saint Augustin d’Hippone.

    Dans un monde imparfait, ce principe établit une “hiérarchie de l’amour”, considérant comme normal d’aimer d’abord sa famille directe, puis sa famille plus lointaine, sa communauté, son pays..., selon des cercles concentriques.

    “S’il existe un ordo teologicum, celui-ci doit certainement mettre en premier l’Évangile”

    J. D. Vance l’a en fait évoqué en réponse au jésuite américain James Martin, bien connu pour son combat en faveur des LGBT, qui avait critiqué la politique d’expulsion à l’aune du principe chrétien d’amour du prochain.

    Les propos du vice-président ont ensuite été commentés par le pape François, qui a dit en substance: “L’amour chrétien n’est pas une expansion concentrique d’intérêts qui s’étendent progressivement à d’autres personnes et à d’autres groupes. Le véritable ordo amoris est celui que l’on découvre en méditant la Parabole du Samaritain, l’amour qui édifie une fraternité ouverte à tous sans exception.”

    Le débat théologique sur “qui est mon prochain?” s’est ainsi reposé au monde, et principalement au monde catholique, de façon brûlante. On aurait pu penser le débat clos après qu’un enseignant de la Loi ait posé cette question à Jésus. Il y a répondu par la parabole du bon Samaritain, établissant clairement que le “prochain” est tout autre être humain, qu’il soit membre d’un groupe social honni, comme l’étaient les Samaritains pour les juifs de l’époque.

    “Où est l’amour, lorsque l’on traite les plus petits, ceux-là même qui reflètent le visage du Christ, 'd’animaux’ et de 'criminels’?”

    En rapport à ce débat, il faut tout d’abord noter que s’il existe un ordo teologicum, celui-ci doit certainement mettre en premier l’Évangile, et non les opinions de docteurs de l’Église, aussi avisés et sages fussent-ils.

    Augustin et Thomas ont néanmoins eu quelques bonnes raisons d’évoquer l’ordo amoris. Ils avaient bien compris que notre condition humaine ne nous permet pas toujours d’appliquer à la lettre les injonctions de la Bible. Nos peurs, nos incertitudes, nos faiblesses, mais aussi notre nécessité de survivre peuvent nous rendre bien souvent incapables de réaliser l’idéal évangélique. Il est donc bien humain de préférer ses enfants à des inconnus vivant à l’autre bout du monde.

    Au-delà - et cela est en filigrane dans la lettre du pape -, il s’agit de prendre en compte que le terme ordo amoris contient le mot 'amor’.  Si une hiérarchie de l’amour est à respecter, c’est toujours d’amour qu’il s’agit. Un amour qui ne peut se manifester que par l’attention au bien-être, à l’intégrité, au bonheur de l’autre, et cela même s’il s’agit d’un 'lointain’, d’un Samaritain.

    Où sont ces principes, lorsque l’administration Trump-Vance sépare des familles de migrants? lorsque, au travers du démantèlement de l’USAID, elle condamne à la famine des millions de personnes? Où est l’amour, lorsque l’on traite les plus petits, ceux-là même qui reflètent le visage du Christ, “d’animaux” et de “criminels”?

    Chaque chrétien devrait peut-être se demander, quand il agit pour le bien de sa famille, de sa ville, de sa nation, s’il demeure dans cette injonction à aimer, hors de laquelle la foi chrétienne n’a aucune raison d’être.

    Raphaël Zbinden

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