Maryvonne, fidèle lectrice de Sources, a brisé sa solitude grâce aux médias. Elle est habitée désormais par la prière et la découverte d’autres croyants.
Depuis que je suis seule (mon mari a rejoint le Père en 2008), j'ai ressenti le besoin d'aller plus loin dans la découverte de ce que je voulais pour mon nouveau quotidien. Comment pouvais-je encore être utile ? Bien sûr il y a l'action, mais comment m'investir à mon âge ? C'est très difficile. Alors j'ai pensé que je pouvais toujours aider par la prière. Je voulais un support avec des règles, des rendez-vous pour m'aider dans la régularité et compatibles avec mes activités. Je suis convaincue de la puissance de la prière dans ce monde où l'on se sent si impuissant. Prières de louange, de demande et de remerciement.
Prier au rythme des médias
Le matin, je mets la radio RCF qui m'introduit dans la méditation de l'évangile du jour. C'est court, mais cela donne une couleur à ma journée. Ensuite, je vais sur KTO et je rejoins les Fraternités monastiques de Jérusalem pour les Laudes. Je m'intéresse à divers reportages proposés par cette chaîne : les Eglises du Monde, la foi prise au mot, le chapelet de Lourdes etc... Le soir, à la maison, je suis les vêpres à Notre-Dame de Paris.
Sur Internet, je reçois, selon les temps liturgiques, des Dominicains de Lille, les diverses propositions de « Retraite dans la ville ». J'y ai découvert les psaumes et des méditations de grande qualité. Ce sont des liens très forts. J'aime aussi les nombreuses catéchèses avec le Pape François, ce grand Pape.
Le dimanche matin, je reçois la newsletter d' « Evangile et peinture » avec la méditation qui l’accompagne. Ensuite, je vais sur France 2 qui diffuse les « Chemins de la Foi ». Cette émission me permet de découvrir d'autres religions que je ne connais pas : le bouddhisme, l'islam, le judaïsme.
Et s’ouvrir à l’autre
J'ai connu l'Eglise avant le Concile. Il n'était pas alors important de connaître les autres puisque la règle était « Hors de l'Eglise, point de salut ». Ce qui m'a valu bien des discussions avec mon mari qui était Arménien de l'Eglise Apostolique. Il était plus ouvert que moi. J'étais un peu sectaire. Heureusement, nous avions fait du scoutisme tous les deux et cela nous a beaucoup rapprochés. Je crois qu'on a beaucoup à apprendre des autres.
Cette ouverture à l'autre m'a permis de nourrir et d'affirmer ma foi en Christ avec cette certitude qu'il faut tout faire pour rapprocher les hommes et espérer établir une paix durable. Je suis sûre que le fait de se connaître permet de dépasser nos peurs et notre suffisance. Ouvrir la porte de nos églises et de nos cœurs et aller vers Celui qui nous rassemble. L'unité ne veut pas dire uniformité. Nous nous acceptons dans nos différences.
Je peux dire que toutes ces recherches sur les autres religions m'ont appris à tolérer celui qui ne pense pas comme moi. Je crois que ce qui nous élève permet de développer l'amour du frère en Christ. J'ai découvert qu'il y avait tellement plus de choses qui nous rapprochent que ce qui nous sépare. Ce qui est le plus important pour moi, c'est la prière sous toutes ses formes, qu'elle soit personnelle ou communautaire. Je suis curieuse de tout ce que je ne connais pas et développe mon esprit critique pour aller plus loin dans l'affirmation de ma foi en mon Eglise.
Au bord du bassin d’Arcachon
J'ai donc transformé ma solitude imposée par l'absence de mon époux par un silence accepté propice à la prière et à la méditation. C'est la même chose quand je jardine ou me promène au bord du Bassin d'Arcachon. Prière de louange ou de remerciement, avec des rendez-vous ponctuels à travers tous ces moyens de communication à ma portée. De cette manière je ne suis jamais seule et je me sens portée par la prière de tous.
"Continent numérique", tel est le titre du dernier numéro de la revue Sources (avril-juin 2014). Cette deuxième livraison de l'année cherche à approcher l'enjeu du numérique dans la mission de l'Eglise. Au sommaire de ce dossier: des articles de fond, mais aussi des témoignages dont celui, plein de bon sens, d'une religieuse domincaine sur l'impact du web quant à la clôture monastique.Plus d'informations: www.revue-sources.org