Boum et re-boum! Elles éclatent à intervalles réguliers, les bombes. A Kaboul, à Beyrouth, à Damas... Elles en deviennent presque routinières, hélas. Une voiture piégée, ou pire un kamikaze. Boum! Et on dénombre les morts et les blessés, on évalue les dégâts. Habituelles, trop, ces bombes éclatent aussi dans nos supports d’information: 15 morts à Kaboul, 30 morts à Bagdad, 8 morts à Beyrouth...Insupportables décomptes de vies brisées, de familles amputées. Et regain de haine contre les auteurs. Insupportable idée que ces attentats appartiennent à notre quotidien médiatique. Que nous nous habituons, malgré nous, à ces sinistres communiqués. Comment peut-on mépriser la vie à ce point? Fait-on progresser une cause à coups de «boums»?J’imagine les auteurs d’attentats préparer leur coup. Affûter leur engin mortel avec un soin méticuleux. Prendre des conseils pour une efficacité maximale. Fixer un déclencheur automatique en ayant déterminé le moment fatidique. Puis déposer le «produit». Et attendre fébrilement... Et «boum»! La panique, l’effroi, le coup mortel... Il faut ensuite revendiquer l’attentat. Pas trop tôt, pas trop tard. D’abord attendre que tous se demandent: qui a pu faire cela? Enfin le but est atteint: faire parler de soi. Quelle «belle» cause! Et surtout quel recul pour l’humanité!Ces explosions dans tous les coins de la planète se multiplient. Elles témoignent de la fascination qu’exercent ces «armes du pauvre». Les «boums» ne quittent pas nos flashs d’information. Et le sang d’un attentat sèche à peine que, déjà, se produit le suivant, ailleurs, plus loin. Terrible engrenage de la terreur, cruelle suite ininterrompue. Résultat: nous ne suivons plus, nous sommes submergés, nous refusons d’obérer nos esprits avec ces morts imposées. Car il est difficile de s’habituer au malheur.Chrétiens, une autre explosion, plus forte, nous tient à cœur. C’est celle de l’Amour. Il est, lui, vainqueur. Le Christ a jailli du tombeau le matin de Pâques. Cette explosion de vie ne cesse de nous habiter. C’est cela le vrai «boum» qui n’a pas fini de retentir. En nous et autour de nous.
Bernard Litzler