Les héros de ce dimanche de la Trinité sont les Pères. Ceux qui ont traversé le déluge en partant de Romont pour rejoindre Pensier. La pluie, m'a-t-on dit, est venue à bout de l'imperméabilité des parapluies, tant elle n'a eu de cesse de pilonner les braves. Mais elle n'a pu qu'effleurer leur courage.Ne faut-il pas en avoir à revendre, du courage, pour occuper son temps de repos à s'interroger sur la manière de transmettre la foi à ses enfants? Il serait pourtant si simple de faire comme tout le monde, de s'en remettre à la liberté: "Mes enfants choisiront quand ils seront grands; je ne veux pas les influencer."Sus au prosélytisme familial! Après tout, on ne va pas imposer un parti politique, une carrière professionnelle ou un conjoint à nos enfants, alors pourquoi leur transmettre la foi? D'ailleurs pourquoi leur enseigner le français ou leur apprendre à marcher; ils choisiront quand ils seront grands.Non, ceux du troisième pèlerinage des pères de famille de Suisse romande ne se préoccupent pas de l'individuelle liberté de leurs enfants, mais de l'amour à leur porter. Transmettre la foi c'est aimer, jusqu'au débordement. Il est un Père qui aima son fils jusqu'à la croix, parce qu'il avait de l'amour en abondance. Il est un fils qui aima son Père jusqu'à la croix... Celle-là, c'est une belle histoire, édifiante, je la raconterai à mes enfants!PF