Retournerait-on à l’heure «Stanley»? A son «Afrique des Ténèbres»? La corne de ce continent se vide de ses habitants, mais aussi sa côte occidentale, la Gambie, la Guinée et autre Sénégal, s’il faut croire l’origine des rescapés qui échouent sur les plages et les rochers de Sicile. Et l’Italie désireuse de partager ce pactole inattendu avec ses chers alliés et voisins européens.Etonnez-vous que ces derniers fassent grise mine et fine bouche. Albion a déclaré la première ne pas vouloir goûter à ce menu. Et les autres se passent la patate chaude, l’estomac écoeuré, prêt à vomir. De dégoût. Quant à la Suisse? Et bien, on renverra ces indésirables à Matteo Renzi qui n’a pas eu le courage (?) d’abandonner à la mer et même de couler ces misérables radeaux de la Méduse. Que n’a-t-il suivi l’exemple de ses collègues bouddhistes ou musulmans du sud-est asiatiques! Ils lui auraient appris la solution finale, la seule capable de mettre un terme à ce genre d’ennuis.Mais voilà, notre Matteo, sans doute, s’est-il souvenu de ses racines catholiques qui lui rappellent qu’un homme est un homme, quels que soient la couleur de sa peau, sa tribu, sa religion ou l’épaisseur de son portefeuille. Une valeur à sauver quoi qu’il en coûte. Ce scrupule est tout à l’honneur du Président du Conseil italien et honore aussi sa foi chrétienne ridiculisée et vilipendée de nos jours. Mais, entre nous, cette foi a-t-elle quelque chose de commun avec la «Realpolitik» qui refuse de jouer à qui perd gagne ? Non, pas vraiment. Mais les naufragés africains y ont tout à gagner. Et nous aussi.
Guy Musy