Ce billet paraît ce jour mondialement consacré aux femmes. Les chrétiens font mention à Pâques de cette poignée de femmes qui furent les premières messagères de la nouvelle, à vrai dire incroyable, qu’un mort s’était levé de son tombeau. Parmi elles, Marie de Magdala, dénommée à juste tire «apôtre des apôtres».Depuis ces temps mémorables, les femmes se sont tues à l’église. Ou plutôt, des hommes, avec plus ou moins d’élégance, les ont priées de se taire. Je précise que ce silence ne devait avoir cours qu’à l’intérieur d’une église et encore à l’heure de la messe. Hormis cette exception, les femmes n’ont attendu l’autorisation de quiconque pour annoncer à leur manière que le Christ était ressuscité. Pouvons-nous imaginer un seul instant ce que deviendrait sans elles la catéchèse des jeunes et des enfants? Puis, arriva le temps où on les vit prendre place dans les amphis des facultés de théologie et s’asseoir à des chaires jusque là réservées à la gente masculine. Et que dire de leur présence multiforme au sein de la planète médiatique et dans la formation religieuse?
Un dernier bastion restait à conquérir: l’homélie.
Un dernier bastion restait à conquérir: l’homélie qui ne se prononce pas dans un auditoire académique, mais à l’ambon d’une église. La question est désormais discutée par le très officiel et officieux «Osservatore Romano». A vrai dire, il y a belle lurette que les femmes interviennent dans la liturgie de la messe: lectrices, animatrices de chorale ou d’assemblée, organistes, service de l’autel, ministres de l’eucharistie, prière universelle. Et pourquoi pas l’homélie? Quels que soient les obstacles qu’il faille encore franchir pour y parvenir - qui vivra verra! -, je me réjouirais d’assister à cet événement. Non pas pour sacrifier à la mode, ni caresser le fol espoir que les hommes seraient plus nombreux à se rendre à la messe, mais simplement pour respecter la liberté de l’Esprit qui joue sa partition à travers les instruments les plus divers. Les femmes peuvent se faire l’écho de la Parole qui résonne en elles. En ce temps de crise et de pénurie spirituelles il serait suicidaire pour notre Eglise de se priver de leur concours.J’y vois un autre avantage: secouer la routine et la lassitude qui accompagnent hélas trop de prédications dominicales. Des voix plus chaudes, plus chaleureuses, plus convaincues et convaincantes et - qui sait? - plus jeunes aussi, seront d’excellentes messagères de Celui qui vient. Des femmes en chaire? Une abomination? Non. Une bonne nouvelle au service de la Bonne Nouvelle.Guy Musy | 08.03.2016