J’ai le grand bonheur de revenir d’un pèlerinage de 10 jours en Terre Sainte. Avec six amis et un minibus nous avons parcouru le désert puis la vallée du Jourdain, les rivages du Lac de Tibériade et enfin Jérusalem. Au-delà de la splendeur des paysages et des sites, plusieurs éléments m’ont particulièrement marqué. D’abord ce combat entre deux peuples pour l’occupation de la même terre. Aujourd’hui ce combat tourne à l’avantage d’Israël qui encercle littéralement le peuple palestinien par la colonisation et le captage des ressources en eau. La mondialisation aide Israël car la Palestine n’a pas d’importance stratégique pour la Russie et les Etats-Unis à la différence de la Syrie. De plus les pèlerins viennent de plus en plus d’Amérique du Sud ou d’Asie, toutes régions qui n’ont pas une sensibilité particulière eu égard au problème palestinien à la différence des pays méditerranéensCe conflit entre palestiniens et israéliens est aussi un conflit entre civilisations. Les seconds sont imprégnés de culture technique et d’efficacité économique occidentales. Cela se traduit par des réalisations spectaculaires tant dans l’agriculture que dans l’industrie et le tourisme. Les premiers sont encore dominés par le commerce et l’agriculture traditionnelles. Faute d’un véritable Etat et d’une culture entrepreneuriale suffisante, ils n’ont pas pu mettre en œuvre une stratégie de développement pour l’ensemble des territoires occupés.Pour un croyant, le contraste est frappant entre le caractère spectaculaire des monuments juifs du temps d’Hérode et la faiblesse des moyens mis en œuvre par Jésus pour évangéliser: son témoignage de vie et sa parole. Notre temple à nous chrétiens c’est le Christ, ce qui n’a rien à voir avec la splendeur du Temple tel que l’a connu Jésus et dont l’Esplanade des Mosquées donne une petite idée. Le Pape François l’a rappelé. Le grand est dans le petit. Toutes les Communions du monde sont contenues en germe dans les cinq pains et les deux poissons récoltés par les disciples au bord du lac de GaliléeNous avons eu la chance de visiter le St Sépulcre un dimanche matin. Toutes les communautés (syrienne, grecque orthodoxe, copte, éthiopienne, arménienne, latine) célébraient chacune leur office dans l’endroit qui leur est attribué. La basilique raisonnait de chants superbes en différentes langues. Une vraie Pentecôte qui nous rappelait combien l’oecuménisme est une urgente nécessité en particulier pour les couples mixtes et les populations vivant dans les régions où plusieurs confessions chrétiennes coexistent.Un dernier moment reste inscrit dans mon esprit. L’empressement des juifs de Jérusalem à aller prier en famille au Mur des Lamentations, la veille du Shabbat. Beaucoup de pères étaient présents avec leur fils adolescent montrant qu’ils avaient gardé le souci de transmettre leur foi. Et j’ai pensé à nos messes dominicales. Combien de pères sont présents avec leur fils pour prier notre Créateur? Les juifs de Jérusalem ont gardé le sens du Shabbat Quel bonheur si les chrétiens occidentaux retrouvaient ce sens du dimanche.