L’un a marché sur la Lune, l’autre a hissé son vélo au sommet de la gloire sportive. Ils portaient le même nom: Armstrong. Strong… comme fort dans la langue de Shakespeare. Fort était Neil, l’astronaute d’Appolo 11 qui a fait rêver la planète Terre en posant le pied sur l’astre lunaire. Fort était Lance, cycliste adulé, roi de la petite reine… Deux hommes, deux destins…Le premier vient de décéder à l’âge de 82 ans. Le second a abandonné son combat contre l’agence antidopage américaine, ouvrant la porte à la perte de ses titres, notamment ses sept Tour de France. Le premier était modeste, souffrait d’une notoriété qui le dépassait. Le second la recherchait, la notoriété: il avait fait trembler le peloton, niant avec férocité le dopage qu’il a fini par reconnaître, a contrario.La gloire planétaire de Neil Armstrong en 1969 avait largement dépassé celle de Lance Armstrong. Neil avait décroché la Lune, au sens propre, tandis que Lance avait, au sens figuré, tenté d’y accrocher son étoile, désormais déclinante et entachée de performances au goût douteux.Belle fable des temps modernes. Le modeste a fini, au moment de son départ définitif de la Terre, à faire pâlir l’étoile de son homonyme, tricheur et menteur à la fois. La morale est sauve. De fait, la fable honore surtout ceux qui n’abandonnent pas le combat contre les non-vérités et les faux semblants. Les dénis de Lance Armstrong n’ont fait avancer ni la cause de l’humanité, ni la justice sportive. En volant la victoire à d’autres, il a bafoué la justice et érigé en système la fausseté. Ces succès usurpés n’ont pas résisté au vent de l’histoire. Au contraire, la victoire de Neil Armstrong est d’être resté à l’écart, sans prétention quant à son aventure lunaire. «Un petit pas pour moi, un grand bond pour l’humanité», aurait-il dit au moment de son exploit. Une phrase qui sonne mieux dans la bouche de Neil que dans celle de Lance…Bernard Litzler