On en attendait 30. Ils sont venus à plus de 100. Le colloque sur «Communion et Progrès», le 12 janvier à l’Uni de Fribourg, a fait le plein. Le plein pour un anniversaire, 40 ans, le plein surtout pour évoquer ce texte romain, paru en 1971, qui demeure un défi constant pour les médias catholiques. «Nous n’avons pas pris parti de l’esprit qui inspire ce document», a ainsi confessé André Kolly, président de la Commission des médias de la Conférence des évêques suisses.La démonstration du très romain Mgr Claudio Maria Celli a convaincu. Le président du Conseil pontifical pour les communications sociales a saisi les enjeux d’un monde numérisé: quand un directeur de séminaire peine sur Internet, les séminaristes «chattent» (conversent sur Internet) durant la nuit! Car l’Internet mondial est devenu «conversationnel». De nos jours, la conversation n’est plus de salon ou de bistrot, elle est digitalisée, mondialisée. Voilà ce qu’un officiel romain aux airs de bon grand-père est venu dire à Fribourg.Et quelle leçon! Des chiffres à foison (5 milliards d’humains sur 7 reliés par téléphone portable, 2 milliards d’utilisateurs d’Internet, 2 milliards de vidéos vues quotidiennement sur You Tube), des constats lucides («Nous ne sommes pas dans les dix premiers sites de Google quand on cherche, en anglais, une réponse à `Qui est Jésus?´», «Nous avons à construire une diaconie de la culture sur le continent numérique») et une mise à distance des blocs catholiques adversaires de la culture du dialogue.Pour André Kolly, «Communion et Progrès» reste «un modèle d’ecclésialité, participatif, professionnel, ouvert au monde». Il y a quarante ans, un document catholique officiel ouvrait des pistes, créait le Dimanche des Médias, réconciliait l’Eglise avec les médias modernes. Il donnait droit de cité à l’opinion publique. Il demandait d’instaurer un courant continuel d’informations entre la hiérarchie et les fidèles.En 1971 «Communion et Progrès» a tracé une voie: son application connaît encore aujourd’hui de rudes montées, tant les métiers de la communication restent difficiles. Aujourd’hui, l’Eglise catholique ne veut pas rater le virage du numérique. Car un monde «conversationnel» sans le Communicateur par excellence – le Christ – aurait un goût d’inachevé. Cath.ch, que vous lisez en ce moment, participe de ce goût à davantage. Il est de la mission des médias chrétiens.Bernard Litzler