Le 5 juin, Mgr Brunner annonçait sa décision de renoncer à la charge d’Evêque de Sion. L’information a été largement reprise par les médias et a donné lieu à de nombreux commentaires. En règle générale, on note les qualités de gouvernement, d’écoute et de discrétion de celui qui prochainement quittera le Palais Episcopal de Sion.
Mgr Brunner a accordé une interview de dix minutes à la TV locale Canal 9, pendant laquelle il explique les raisons de son départ et répond à quelques questions.L'évêque de Sion démissionneLa télévision valaisanne a aussi invité sur son plateau le Vicaire Général du diocèse de Sion pour commenter cette décision, une intervention du chanoine Broccard qui est accompagnée par l’apport des curés Robert Zuber et François Lamon, ainsi que du chef de Service de la culture Jacques Cordonier et, pour l’Eglise Réformée, de Beat Abegglen, président du Conseil Synodal du Valais.Démission de Mgr Brunner : l'interview de Bernard BroccardLes raisons qui ont motivé le départ de Mgr Brunner, ont été mises en parallèles avec celles invoquées par Benoît XVI. Etant donnée la différence de situation, «comparaison n’est pas raison»! Et le choix de l’Evêque valaisan précède de six mois l’annonce surprise de l’ancien pape. Mais il est vrai que tous deux se situent en face de leur mission, plus que de leur personne ou de leurs privilèges. Jugeant qu’ils n’ont plus la force de répondre aux défis de l’heure, ils préfèrent laisser la place à des forces neuves. Nos gouvernants ne sont pas les «bêtes de pouvoir» que l’ont décrit parfois, s’accrochant à leur charge comme à une bouée, mais bien des serviteurs qui, avec humilité, savent remettre leur tablier. Comme certains prêtres de nos diocèses, qui avant même les septante-cinq ans prescrits, choisissent de renoncer à leur charge, pour servir autrement. À la différence près que certains d’entre eux se transforment en consultants indépendants et autoproclamés, porteur de la pensée unique (et parfois médiatique), ou s’accrochent à leur ancienne paroisse en passant de serviteur à boulet, au risque de freiner le ministère de celui qui doit le remplacer. Pas besoin d’être prélat pour s’accrocher à de vaines gloires ou aux restes d’une carrière ecclésiastique…
Abbé Philippe AYMON