Mc 4, 26-34Deux petites paraboles par lesquelles Jésus fait découvrir quelque chose du règne de Dieu. Car le langage adapté au règne de Dieu, c’est la parabole. Dans le royaume de Dieu (en grec, c’est le même mot que règne), on parle en paraboles, comme jadis dans le royaume de France, on parlait français. C’est la langue du pays. Cela en dit déjà beaucoup sur ce mystérieux règne (ou royaume) de Dieu. Impossible de l’enfermer dans une définition. Jésus lui-même, qui pourtant est ‘expert en la question’, n’en parle qu’en paraboles : Il en est du règne de Dieu comme… A quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme…Que disent-elles les deux petites paraboles entendues ce dimanche ? La première met l’accent sur le dynamisme qui habite la semence, qui lui est propre, qui ne doit rien au travail de l’homme. Qu’il dorme ou qu’il se lève, croissance et maturation se font. La seconde parabole attire l’attention sur la disproportion entre le point de départ, la plus petite de toutes les semences, et le point d’arrivée, un arbre qui dépasse toutes les plantes potagères. Les deux disent que le règne de Dieu est porteur d’une formidable énergie qui le pousse à croître et se développer.Il y a autre chose à entendre dans ces deux petits récits. Pour germer, grandir, produire l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi, la semence jetée en terre a dû mourir et pourrir, ainsi que la graine de moutarde pour devenir cette plante potagère qui dépasse toutes les autres. Ce n’est pas tout, dès que le blé est mûr on y met la faucille. La plénitude blonde des champs de blé qui s’offre au regard en juillet n’existe pas pour elle-même. Elle n’a pas vocation à exposer sa beauté mais à être moissonnée, et le grain à être broyé pour donner farine et pain, ou semé en vue d’une nouvelle moisson.Le dynamisme qui porte l’expansion du règne de Dieu est celui de la vie surgissant de la mort. C’est un dynamisme pascal. L’extension de ce règne n’est pas le fruit d’un pouvoir qui s’impose par la force ni le résultat d’une savante planification, elle naît de la vie donnée. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (Jn 12, 24).
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
parlant à la foule, Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.