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  • Le silence peut être coupable, mais aussi fécond
    Le silence peut être coupable, mais aussi fécond - Kristina Flour/Unsplash

    Blog Les vertus de l’Église: le silence fécond

    «Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler». La vertu désigne à la fois un comportement désirable parce qu’excellent, mais aussi parce qu’il sait venir au bon moment. Le Carême est le temps du silence, celui-ci sera-t-il stérile ou fécond?

    Mais, est-ce maintenant qu’il faut parler du silence? Ne faudrait-il pas, au contraire, élever la voix pour contrer toutes les paroles de violences, de mensonges, de trahisons et d’accaparements qui prolifèrent? C’est peut-être là, la force des temps liturgiques que nous propose l’Église. Faire silence quand nous ne l’aurions pas fait spontanément. Reste à savoir comment vivre cette injonction.

    Il y a des silences non vertueux qui ne sont que des pauses dans la parole. La bouche se tait, mais tout le reste bouillonne.

    Le discours n’est que mis en suspens. Il est prêt à repartir sans s’être laissé modifier, épurer, émonder par le silence. Ce dernier n’a alors rien produit, il est stérile. Stérile aussi le silence de confort qui se tait et regarde ailleurs pour ne pas être dérangé par l’apparition du mal et de la souffrance qu’il provoque, qui se tait pour ne pas avoir à modifier sa routine, ne pas avoir à s’approcher des blessés ou des méprisés et prendre le risque de la compassion, c’est-à-dire d’une souffrance en soi causée par la souffrance d’autrui.

     “Les Paroles bonnes ne trouveront leur bonté et leur force guérissante que si elles sortent d’un cœur frémissant parce que, dans le silence”

    Il y a, en effet, dans notre monde troublé, tant de paroles à dire au nom de l’Évangile. Mais précisément, pour que ce soit vraiment à ce nom-là qu’elles soient dites, il faut savoir repérer les temps pour se taire. Il faut consentir au silence et non le subir, pour qu’il soit fécond, c’est-à-dire que de lui émergent non pas nos vieilles paroles usées, mais des paroles nouvelles, des paroles inspirées, habitées.

    Le psaume 45 nous donne une indication: «Mon cœur a frémi de paroles bonnes», dit son premier verset. Ces paroles bonnes, le monde les attend pour qu’elles soient «un baume versé sur tant de plaies», selon l’expression d’Etty Hillesum. Mais elles ne trouveront leur bonté et leur force guérissante que si elles sortent d’un coeur frémissant parce que, dans le silence, il aura été remis en connexion avec la Source de toute parole et par là rendu lui-même capable de parler.

    “Il faut faire l’expérience d’entrer dans une église avec un cœur bouillonnant de paroles et d’y trouver un silence apaisant”

    Deux caractéristiques de ce silence fécond sont particulièrement à relever. Premièrement, il est le silence de l’impuissance. Il ne s’agit pas de fourbir ses arguments pour pouvoir les asséner de manière efficace, mais de consentir au non-pouvoir; renoncer à ce qui nous permet une maîtrise sur le monde. C’est le silence à la fragilité consentie duquel sort l’amour, un poème ou l’émerveillement et la louange devant une fleur. Deuxièmement, il est le silence de l’accueil, silence pour recevoir le temps qui nous est donné comme kairos, moment à saisir pour se recevoir de la Source de toute vie, pour nous rendre disponibles à une parole qui résonne en nous, mais qui vient d’au-dessus de nous. Recevoir l’autre aussi, dans une présence silencieuse qui l’accueille, quel qu’il soit, comme un don précieux que Dieu me fait. Recevoir l’autre comme don pour pouvoir nous aussi lui être donné.

    Il faut faire l’expérience d’entrer dans une église avec un cœur bouillonnant de paroles et d’y trouver un silence apaisant. Quand c’est le cas, on n’est soudain pas pressé d’en ressortir, on se remplit de ce qui s’y donne sans bruit, comme une éponge qui absorbe le liquide autour d’elle.

    Un lieu silencieux qui amène ceux qui y pénètrent à trouver ce silence fécond qui les aide à marcher dans le bruit du monde. Belle métaphore pour dire l’Église dans une de ses vertus. Église-silence qui sait taire les paroles vaines qui ferment le Royaume au lieu de l’ouvrir (Mt 23,13). Elle peut alors laisser résonner la Parole première et humblement la transmettre, sans fanfares, avec douceur pour apaiser les plaies du monde et l’amener à recouvrer la vue.

    Thierry Collaud

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