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  • Aujourd'hui, les marchés financiers semblent éternels et inamovibles
    Aujourd'hui, les marchés financiers semblent éternels et inamovibles - Floriane Vita/Unsplash

    Blog Les marchés financiers - chrématistique des temps modernes?

    Il y a des questions qui marquent. Il en va ainsi de celle qui m’a été posée voici plus de 30 ans par le feu professeur Maurice Cosandey (1918-2018) alors qu’il venait de quitter la présidence du Conseil des écoles polytechniques fédérales. Le professeur Cosandey connaissait bien le monde de l’économie et de la finance pour l’avoir pratiqué aussi bien du fait de ses compétences d’ingénieur que dans sa fonction de recteur de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne).

    Il pose une question qui résonne encore aujourd’hui à mes oreilles: «A quoi servent les marchés financiers?». Et de préciser: il ne s’agit pas de l’aspect technique, mais de l’apport sociétal de la finance, de sa contribution au bien commun. Jeune économiste, je n’y avais jamais pensé en ces termes. Cette conversation a ouvert des nouvelles perspectives de recherche mais aussi d’engagement. Trois ou quatre ans et beaucoup d’études et de recherche plus tard, nous prenions avec le professeur Cosandey l’initiative de créer l’Observatoire de la finance à Genève avec l’idée d’engager une conversation sur ces questions avec la communauté financière nationale et internationale. Chemin semé d’embuches; mais c’est une autre histoire.

    Trente ans plus tard, parsemés de secousses et de crises financières, la question initiale reste sans réponse satisfaisante. Les marchés financiers font plus que jamais partie du paysage institutionnel, ils semblent éternels et inamovibles. Cette réponse pragmatique – qui se résume à «il faut apprendre à vivre avec» - a le grand avantage de la simplicité, mais elle ne satisfait pas tout le monde. Il faut l’enrichir de quelques autres considérations récentes, sans jamais prétendre épuiser le débat.

    Durant les dernières décennies, une évolution a marqué la finance. L’activité dite de «gestion du risque» est devenue prééminente; elle a «le risque» pour matière première. Or ce risque, contrairement à l’inconnue ou à l’incertitude, n’est pas un donné naturel, il est une construction mathématico-conceptuelle qui traduit en données numériques l’éventail – par ailleurs infini - des possibles. Une fois apprêté de la sorte, le risque devient un signal d’appel pour inciter les détenteurs d’épargne à se protéger par la vente et/ou l’achat des titres.

    «Aujourd’hui, c’est l’univers de l’illusion sécuritaire qui draine les ressources de l’épargne»

    Là entre en scène l’industrie financière qui propose des techniques, stratégies et produits pour «couvrir le risque», c’est-à-dire pour pérenniser les rendements voire le capital. Paradoxalement, plus il y a de transactions, plus la volatilité augmente, et le risque se décline alors en nouveaux possibles. Ainsi, la machine produit son propre combustible, à l’instar d’un perpetuum mobile, dont – soit dit en passant - la réalisation en mécanique défie toujours les ingénieurs. Oui, mais il faut encore que les produits «anti-risque» trouvent preneur, c’est-à-dire que, vous en moi, soyons convaincus de leur utilité.

    Quelle est la valeur sociétale de cette redistribution permanente des risques qui donne l’impression que l’on maîtrise l’avenir et l’inconnu dont il est porteur. La crise financière d’il y a quinze ans a montré que les vrais incertitudes – existentielles – sont impossibles à assurer. Cela a été oublié depuis. La contribution sociétale de la finance serait donc de proposer une «illusion sécuritaire de la liquidité» à laquelle nous confions sans broncher nos économies et nos retraites. Et s’il s’agissait, au fond, d’une tentation sécuritaire: plutôt que d’engager nos ressources au service de projets concrets nous – collectivement – préférons nous laisser bercer par l’illusion de la liquidité sans risque et des intérêts composés.

    Aristote avait fustigé les dangers de la chrématistique, accumulation de richesses pécuniaires - or et argent au temps de la Grèce antique – qui asphyxie l’économie en la privant des moyens de paiement. Aujourd’hui, c’est l’univers de l’illusion sécuritaire qui draine les ressources de l’épargne qui – sans cette option – devraient irriguer l’économie réelle.

    Vous avez dit «valeur sociétale»?

    Paul H. Dembinski

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