Le pape François multiplie les gestes symboliques qui appuient son message et qui manifestent la cohérence entre ce qu'il dit, ce qu'il fait et ce qu'il vit.
Au service de la personne humaine, au service des pauvres
Nous l'avons compris dès son élection, le pape François place la personne humaine au centre de ses préoccupations et pour cela il nous invite à contempler le Christ qui nous ouvre le Chemin de l'Homme, du Mystère de notre vie. Il se méfie d'une contemplation éthérée, désincarnée qui "dessèche l'esprit". Il a rappelé à la communauté des soeurs clarisses, les paroles de Ste Thérèse d'Avila qui recommandait de donner un “bifteck“ à une moniale si cette dernière n’était pas assez incarnée.Le pèlerinage du pape François à Assise ne laisse plus aucune ambiguïté: il rêve d'une Église pauvre pour les pauvres. C'est à eux qu'il a donné symboliquement la première place en visitant, très tôt le matin, des enfants et adultes handicapés puis des personnes dans la précarité. Prenant tout son temps, le pape François, avec gravité et attention, a souri, embrassé, caressé, posé les mains sur la tête, dit quelques mots à chacun des quelque quatre-vingt handicapés présents, qui ont entre 5 ans et 45 ans, à l’Institut catholique de soins pour jeunes handicapés physiques et mentaux Serafico, au pied du mont Subiaco.A partir d'une telle démarche, les paroles du pape prennent toute leur force et ne résonnent plus comme une théorie ou comme une doctrine chrétienne à apprendre. Elles sont catéchétiques au sens fort de ce mot, autrement dit, les gestes, les paroles du pape François font résonner la Parole de Dieu dans le coeur des hommes et des femmes, bien au-delà de la famille chrétienne et suscitent de leur part une réponse. En effet, le pape François laisse la Parole de Dieu vibrer dans tout son être, elle est vivante, incarnée, on peut la toucher, la voir, l'entendre... elle est à la portée de tout le monde comme Jésus l'a voulu.
Jésus a emporté ses plaies dans le ciel
"Nous sommes ici parmi les plaies de Jésus... comme il est présent et caché dans la simplicité et la générosité du pain au moment de l'adoration, il est ici présent et caché dans la simplicité de ces enfants et des personnes présentes ici. Sur l'autel, nous adorons la chair de Jésus, en eux nous trouvons les plaies de Jésus. Ils doivent être entendu par ceux qui se prétendent chrétiens. Jésus ressuscité dans sa splendeur a voulu garder les plaies pour les emporter dans le ciel. Les plaies de Jésus sont ici et sont dans le ciel devant le Père."
La salle du dépouillement
Beaucoup attendaient des paroles spectaculaires de la part du pape François pour savoir comment l'Église doit se dépouiller. Le pape va-t-il dépouiller l'Église ?
Oui, c'est une bonne occasion, a-t-il dit, de lancer un appel à l'Église pour qu'elle se dépouille. Il a de suite rappelé que l'Église, c'est nous tous !"Nous devons suivre le Chemin de Jésus qui s'est dépouillé lui-même ! Il a voulu être humilié jusqu'à la croix et si nous voulons être des chrétiens il n'y a pas d'autres chemins. L'Église doit se dépouiller d'un danger énorme qui menace toutes les personnes dans l'Église, le danger de la mondanité. Le chrétien ne peut pas cohabiter avec l'esprit du monde. La mondanité conduit à la vanité, à l'orgueil, c'est une idole, ce n'est pas Dieu... c'est le péché le plus grave, le plus fort." ... Le chemin de la mondanité est une attitude homicide... elle tue les personnes, l'Eglise... c'est le cancer de la société."