Le site Benoît et moi vient de mettre en ligne une traduction française de l’interview de Mgr Müller datée du 22 décembre dernier.
Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prend une fois de plus la parole. Celui qui était si discret sous le Pontificat de Benoît XVI, son prédécesseur comme préfet, semble s’affirmer et se rendre plus présent avec le Pape François. Le service de presse du Vatican fait régulièrement mention des audiences accordées par le Pape à celui qu’il a maintenant confirmé dans sa charge de Préfet. Si le Saint-Père a clairement donné un ton pastoral et familier à l’exercice de son Pontificat, chacun sait qu’il ne tergiverse pas sur les principes découlant de la foi. Comme il l’a dit lui-même dans l’avion qui le ramenait de Rio: «Je suis fils de l’Eglise». On peut donc penser que, dans ce nouveau contexte, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi soit appelé à monter plus souvent au créneau. Il lui appartient de donner le «La» de la doctrine et de préciser dans quel cadre doit s’exercer la libre et légitime discussion au sein de l’Eglise. Il me semble que l’on pourrait retrouver, dans une certaine mesure, le duo Jean-Paul II – RatzingerQuestion sur les divorcés remariés exclus des sacrements, Hans Kung a écrit: "Le Pape veut aller de l'avant, le préfet de la foi freine."
R. Regardez, à Mayence, nous avons une grande tradition de Carnaval... Je suis et je serai toujours du côté du Pape. La vérité est que nous ne pouvons pas clarifier ces situations avec une déclaration générale". (extrait de l'interview ci-dessous)Notons aussi la remarque du préfet au sujet des lefebvristes. Ces derniers ne semblent pas apprécier le nouveau Pontife et sa liberté de ton. Pourtant c’est bien à Benoît XVI qu’ils ont dit NON pour une réconciliation avec Rome. C’est la main tendue par le prédécesseur de François qu’ils ont refusé de serrer. Et beaucoup parmi eux se réjouissent aujourd’hui de ne pas avoir signé hier! Mais «l’effet Bergoglio» les a relégués dans l’ombre de l'actualité ecclésiale, où ils ne réussissent plus à faire la «scène de ménage» qui retient l’attention des médias. Les commentaires publiés sur La Porte Latine, les interviews du Supérieur Général ou la prochaine «croisade du rosaire» ne retiennent l’attention que du club des amis de Mgr Lefebvre.
Les exigences posées par Benoît XVI seront celles du Pape François; mais le jeu du court-circuit est maintenant terminé! Ils ne peuvent plus se référer à «un prélat» directement en lien avec le pape, prétexte qui servait à opposer l’administration à la volonté de Benoît XVI. De fait, c’est bien à Benoît XVI lui-même que Mgr Fellay a dit non, l’opposition à un accord était trop forte au sein de la FSSPX. Comme le dit le préfet, la porte est toujours ouverte pour la FSSPX et une réconciliation toujours possible, mais le dossier est désormais dans les mains de Mgr Müller, comme il était dans celles de Ratzinger à l’époque de Jean-Paul II…
Bergolio a été élu avec une grande espérance de réforme pour la Curie Romaine. Mais réforme ne veut pas dire disparition, et, dans le cadre fixé par le Souverain Pontife, les Congrégations continuent et continueront à jouer un rôle central dans le gouvernement de l’Eglise. Ce n'est ni le retour du Saint-Office, ni la disparition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.Cela étant, les visiteurs de la Maison Sainte Marthe sont toujours les bienvenus, Mgr Fellay peut frapper à la porte du pape François, il sera reçu avec simplicité et franchise.
Abbé Philippe AYMONQuestion: Les négociations ayant échoué, quelle est la position des lefebvristes?R. L'excommunication canonique des évêques pour les ordinations illégales a été révoquée, mais il reste celle sacramentelle, de facto, pour le schisme; ils se sont éloignés de la communion avec l'Église. Après quoi nous ne fermons pas la porte, jamais, mais nous les invitons à se réconcilier. Mais eux aussi doivent changer leur attitude, accepter les conditions de l'Église catholique, et le Pontife Suprême comme critère définitif d'appartenance». (Extrait)A lire sur le site Benoît et moi: "Une interview de Mgr Müller"