Au début de son Pontificat, le pape François a plusieurs fois expliqué qu’il fallait sortir, annoncer l’Évangile, aller aux «périphéries» de la société pour y porter l’amour du Christ. Le pape François a aussi précisé que cette annonce n’était pas sans risque, et qu’il préférait une Église blessée, accidentée, qu’une Église enfermée où l’on sent le moisi.
Le pape l’a dit et le pape le fait! Il semble bien qu’il vienne de vivre son «premier accident» dans son désir d’annoncer l’Évangile aux périphéries.
ET C’EST HEUREUX!!Suite à l’échange épistolaire avec Eugenio Scalfari de La Republica (cf. mon post), ce dernier a été reçu au Vatican pour continuer l’échange initié dans la presse. Cette rencontre a donné lieu à un long article publié une fois encore par La Republica, dont une bonne partie en première page du journal.
Photo: Osservatore Romano
"Vatican II, inspiré par le pape Jean XXIII et par Paul VI, a décidé de regarder l’avenir avec un esprit moderne et de s’ouvrir à la culture moderne. Les pères conciliaires savaient qu’ouvrir à la culture moderne voulait dire œcuménisme religieux et dialogue avec les non-croyants. Depuis ce moment-là, très peu a été fait dans cette direction. J’ai l’humilité et l’ambition de vouloir le faire." (extrait)La Republica n’est pas franchement ce que l’on pourrait appeler un «Bulletin Paroissial», ses positions n’ont pas pour habitude de faire la part belle à l’Église Catholique, et Benoît XVI n’a pas été épargné dans ses colonnes. A cela s’ajoute le fait que, dans les propos de pape François rapportés par le journal, certains notent des positions étranges, voire des erreurs manifestes, comme le passage où l’auteur rapporte l’évènement du Conclave. Le P. Lombardi a précisé en conférence de presse que l’article n’avait pas été relu par le Saint Père ou les services de la Curie. Et Scalfari a précisé que cette entrevue n’a pas été enregistrée, mais rapportée selon ses propres souvenirs.Et c’est heureux! Il est peut-être temps que l’on apprenne à faire la différence entre les diverses prises de parole du pape. Tout n’appartient pas au magistère d’enseignement, et il est légitime que le pape puisse lui aussi parler librement avec un interlocuteur sans devoir rappeler l’entier de la théologie (morale et autre) et que ses propos puissent être diffusés librement sans être préalablement inspectés et stérilisés. Ils ont une fraîcheur qu’il serait malheureux de passer sous le fer à repasser du «théologiquement correcte». Le Catéchime de l’Église Catholique est toujours disponible pour ceux qui veulent approfondir une question et suivre le Christ avec une fidélité renouvelée. Ainsi la réaction de Sandro Magister «Les encycliques ont un nouveau format: l'interview» (cf. ci-dessous) est une façon de s’en prendre au Pape en situant ses propos dans un registre qui n’est pas le leur, c’est vouloir donner à sa parole une autorité qu’elle n’a pas dans le cas présent. Mais il est vrai que le vaticaniste n’a pas apprécié la décision du pape François au sujet des Franciscains de l’Immaculée (cf.: Pour défendre les franciscains punis par le pape François), une intervention qui, elle, justement, était revêtue de toute la forme et l’autorité pontificale.
Dans cet entretien le pape ne dit pas tout de l’enseignement de l’Église. Certains le regretteront, d’autres y verront une erreur, une faute, un accident. Sortir des sentiers battus n’est pas sans risque, et le Pape le sait… Et le Pape le fait!
A lire donc : Le pape à Scalfari: voici comment je vais changer l'ÉgliseAbbé Philippe AYMON
Quelques réactions:
Sandro Magister: Le virage de François
Sandro Magister: Les encycliques ont un nouveau format: l'interview et sur cette même page: Un message "liquide" par Pietro De MarcoGuillaume de Tanoüarn: Incroyable, ce pape