Comment ? Lire un manga, serait-ce vraiment de la lecture?Mais bien sûr! Pensons simplement au fait que la même polémique avait été engagé dans les années 1960, époque durant laquelle la bande dessinée est devenue un produit culturel de masse (Tintin visait poétiquement la tranche de population entre 7 et 77 ans, comme chacun le sait).Cela dit, il va de soi que l'on ne lit pas un manga, comme on lit Les Misérables de Hugo. Au fond, à mon sens, la lecture n'a pas régressé mais elle s'est démultipliée sur des supports très variés: entre les livres, les articles de journaux et de revues spécialisées, les bandes dessinées, et la lecture électronique – sur un écran d'ordinateur ou sur une tablette de type iPad – la lecture ne se porte pas si mal, vous ne trouvez pas?Les genres du manga sont tout aussi divers que ceux des bandes dessinées, et ne sauraient se réduire à de simplistes et violents Shônen prônant le culte de la force et de l'affrontement. Je suis persuadé qu'il n'est pas du tout catastrophique de voir autant de jeunes, nonchalamment penchés sur un énième épisode de One Piece, Naruto, Full Metal Alchemist et leurs semblables......parce que ce pourraient bien être les mêmes qui seraient attirés par Manga: le Messie, une adaptation des Evangiles qui a connu un succès foudroyant. Intéressés? Vous pouvez consulter librement en ligne les trente premières pages! Dans la foulée, Manga: la métamorphose (adaptation des Actes des Apôtres) et Manga: la mutinerie (adaptation de la Genèse) ont suivi. Deux volumes sont encore prévus: Manga: Melech (qui couvrira l'histoire du Roi David) et Manga: Messengers (sur les prophètes, jusqu'à Malachie), et qui devraient être publiés en français dans le courant de l'année 2011.Cependant, cette série présente trois caractéristiques qui n'en font pas un «pur manga»:a) La taille du manga est plus grande qu'habituellement, et toutes les pages sont en couleur
b) Le sens de lecture est occidental (de gauche à droite)
c) Le style de narration est plus proche des Comics américainMoins connue mais tout aussi intéressante est l’adaptation de l’histoire de Judith: de captive à conquérante (en 2 volumes), par Mangahero (édité et vendu en français par Les Editions de l'Emmanuel). Il s’agit cette-fois-ci d’un manga pur et dur (format du papier, prix modique, en noir et blanc, sens de lecture japonais). Bien que le récit de Judith soit lui-même passablement violent, le manga en arrondit bien les formes pour l’adapter à un public adolescent (dès 12 ans), et l’histoire se lit très agréablement. On attend avec impatience la version française de leur adaptation de l'histoire de Paul de Tarse! Et d'autres projets sont en cours, sur Esther, Noé, ou encore David & Goliath.Bref, plutôt que de se lamenter devant l'explosion du marché du manga et de craindre une acculturation – il faut d'ailleurs plutôt parler de réinvestissement culturel: le manga en Europe n'est pas le même objet qu'au Japon, et n'est pas lu ni appréhendé de la même manière – réjouissons nous de la créativité qui entoure ce marché, et qui montre que les entrées menant au texte bibliques sont, pour ainsi dire, autant de demeures dans la maison du Père!Bien entendu, vous pouvez emprunter gratuitement les mangas présentés (dont vous trouverez les pages de couverture ci-dessous) dans la bibliothèque du CIDOC (mais aussi de nombreux autres documents!).Centre pour l’information et la documentation chrétiennes
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