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  • Passer sur l'autre rive...
    Passer sur l'autre rive... - Guy Luisier

    Blog Le deuil de papa Norbert

    Je poursuis ma réflexion, commencée dans le précédent article,  sur la culture du deuil et de la mort dans ma paroisse congolaise.Il y a eu bien sûr quelques décès et deuils depuis mon arrivée sur la Colline, mais j’avais chaque fois scrupule à y participer de peur de mettre les pieds dans trop de plats, parce que c’est dans ce domaine que je sentais le plus de décalages entre mes références culturelles et celles qui ont cours chez mes paroissiens congolais: les histoires que j’entendais raconter sur les veillées de deuil faisaient me tenir à distance. Mais en même temps je sentais bien que si je ne participais pas aussi à cet aspect de la vie, je resterai en marge de bien des choses...Cette semaine deux octogénaires sont décédés. Dans un pays où l’espérance de vie est désespérément basse (autour de 50 ans, je crois), mourir après 80 ans est un exploit et les deux défunts semblaient attendre ce moment, avec impatience pour la Maman Monique (qui ne mangeait plus depuis 2 mois) et comme un terme normal pour le papa Norbert (qui était malade depuis un an). Je précise ici que l’exploit du long âge a un revers de médaille: les personnes très âgées sont fréquemment accusées d’être des sorciers et d’utiliser leurs pouvoirs occultes pour nuire aux autres et s’approprier leur force de vie afin d’augmenter la leur (on raconte des histoires de cannibalismes et de fétiches assurant longue vie!) Dans le cas de Maman Monique et de Papa Norbert, des bruits ont circulé à ce sujet dans les villages, mais les deux intéressés ont dit au curé au moment du sacrement des malades leur sérénité d’être des catholiques malgré les calomnies!Au cours des 72 heures de deuil ininterrompu de Maman Monique, il y avait eu quelques incidents et désordres: des petits-enfants adultes s’étaient battus au cœur d’une nuit d’ivresse, il y avait eu du sang et la police était même venu embarquer quelques responsables pendant la messe d’enterrement. Mais il paraît que ce sont des péripéties... ordinaires...Je pris donc mon courage d’ethnologue à deux mains et j’ai décidé de participer au deuil du Papa Norbert. C’était d’ailleurs assez normal que j’y sois parce que ce monsieur avait été l’assistant pastoral de la communauté catholique vivante de base (CVB) du quartier «de la Grand-Route et du Pont», au bas de la Colline. L’enterrement devait avoir lieu, en fonction des circonstances et des possibilités climatiques, dans la période du deuil de 72 heures (trois jours depuis 8h le dimanche, moment du décès). Ce serait donc lundi matin 11 novembre, à 8h.Lundi, 7h30, après la prière de la communauté. J’apprends que la messe sera retardée un peu parce qu’un groupe de jeunes «amis» de la famille a enlevé le corps et le cercueil (suivant une désastreuse et nouvelle coutume venant de la Capitale), est parti en cortège avec et réclame une rançon pour le rendre... (et me voilà déjà largué au point de vue des coutumes...)8h30, avec la voiture dans laquelle le clergé est devant et 3 religieuses derrière, nous descendons la colline pour nous rendre au domicile du défunt où aura lieu la messe d’enterrement. En chemin nous croisons les jeunes de la chorale et les servants de messe, et un certain nombre de paroissiens et paroissiennes. Nous embarquons quelques-unes et finissons le voyage à 9...9h. La messe commence sous les arbres devant la case du Papa Norbert. On a placé le cercueil devant l’autel de fortune. D’un côté les dames entourant la veuve sont assises par terre sur des nattes et des bâches, les messieurs derrière sur de petits sièges de bois, de l’autre côté la chorale des jeunes avec les tam-tams et l’orgue électronique (à piles). Et peu à peu l’assemblée gonfle. Environ 300 personnes.Vers 10h30 heures, après les rites funèbres de la fin de la messe, le curé fait un discours d’exhortation à la bonne tenue du deuil. Comme catholiques, il y a des comportements que l’on doit éviter.

    Il insiste sur deux points:

    - Attention au vacarme pendant la nuit «que l’on pourrait entendre jusqu’à Kananga (10 km!). Attention à l’abus d’alcool. (NB: pendant le temps du deuil, tout le monde peut venir, jour et nuit, chez la famille endeuillée qui doit accueillir, sustenter et abreuver les visiteurs).

    - «Soyez respectueux envers la veuve». Ici le propos est intéressant. Il est de coutume (habitude que les catholiques réprouvent et combattent comme ils peuvent) que la famille laisse pendant le deuil la veuve sans nourriture et sans boisson, officiellement pour qu’elle soit encore plus unie à son mari disparu! Il arrive aussi que la famille du mari (ses frères et sœurs, ou les enfants d’un précédent mariage) profite du vacarme du deuil pour dépouiller la veuve de ses biens  et la laisser par la suite sans moyen de subsistance...Après ce discours bien senti, alors qu’on se préparait pour la procession funèbre au cimetière, on annonce qu’on doit attendre un peu parce que le trou n’est pas terminé, la terre à cause de la sécheresse étant trop dure! Donc la chorale des jeunes anime: elle danse frénétiquement autour du cercueil en chantant un chant religieux qui refait toute l’histoire du salut depuis la Genèse jusqu’à la Résurrection des morts. Pendant ce temps les dames bavardent et commentent, pendant que quelques-unes se lamentent comme des pleureuses officielles...11h. La procession s’ébranle, cercueil et clergé en tête. Sur la grand route un mouvement de panique. Un motocycliste passant par hasard par-là, renverse volontairement (par un coup de pied) une enfant du cortège, la foule veut le poursuivre pour le lyncher, mais le chauffard s’échappe et la procession continue, bifurque à travers champs, descend dans la savane et s’arrête au... cimetière... mais je ne vois qu’un trou, une vieille croix et des restes de vieilles croix en bois par terre.

    Le célébrant bénit la terre, les pleureuses crient, le cercueil est descendu. Chacun y verse dans le trou un peu de terre pendant que la chorale chante. Puis on remonte.11h30. On revient à la maison et les gens réclament de l’eau pour se laver les mains. On raconte en effet que si on ne se lave pas les mains après l’enterrement dans la famille du mort, l’âme de celui-ci nous accompagne jusque chez nous.

    Comme j’avais une bonne opinion de papa Norbert, cela ne m’aurait pas géné que son âme vienne avec moi, mais pour les autres il y a sorcellerie là dessous. Le curé d’ailleurs, voulant marquer sa différence catholique, ne se lave pas les mains (les religieuses auraient bien voulu le faire mais, devant le curé, ont obéi).... Et nous sommes rentrés.Et maintenant pendant 2 jours encore, la famille va s’endetter à donner à boire à ses hôtes, jour et nuit. En espérant qu’il n’y aura pas de mauvaises suites à ces agapes très alcoolisées.

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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