3ème Dimanche de Pâques, Lc 24, 13-35Deux hommes sur la route, désabusés, ayant tout risqué sur un être exceptionnel, vaincu lui aussi par ce qu'il y a de plus cynique et cruel dans la personne humaine. Deux pèlerins déçus marchant sur le chemin du désenchantement.Il y en a plus qu'on l'imagine sur les routes d'aujourd'hui, désillusionnés non parce qu'ils ont mis leur confiance dans le Christ comme les disciples d'Emmaüs, mais parce qu'ils ont tout misé sur ces courants mystérieux qui font miroiter le bonheur dans la fuite des problèmes quotidiens, dans le refus de prendre sérieusement des engagements, dans le laxisme face aux dangers mortels qui guettent la jeunesse, dans ce phénomène sournois qui permet d'ériger en valeurs et modèles nos médiocrités les plus sombres.Ce qui m'étonne fortement actuellement c'est que ceux qu'on dit être les plus attentifs à la détresse des autres, ceux qui se nomment ou qu'on désigne comme politiquement corrects, ouverts et tolérants, proposent à ceux qu'ils écoutent et comprennent, des solutions, en matière de drogue et d'avortement par exemple, qui, dans un premier temps, semblent être la solution mais qui, à la longue, les enfoncent encore plus dans une misère irréversible. Il a raison celui qui dit que notre époque manque de perspective, qu'elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez!Mais ce n'est pas tout de dénoncer. Il faut aussi proposer quelque chose. S. Pierre nous donne une possibilité dans l'extrait de sa 1ère lettre lu en ce dimanche : "Ce n'est pas l'or et l'argent qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez, c'est le sang précieux du Christ". Or, le Christ procure un sens à notre vie car il nous invite à donner notre vie à sa suite dans l'humble quotidien. Se donner est exigeant. Le bonheur est dans l'exigence. Dire cela à un monde hédoniste, en mal de sensations et de plaisirs, c'est comme parler à un mur. Heureusement, les murs ont des lézardes…Chne Calixte Dubosson