Il était monté sur cette montagne, en pleine nuit, la tronçonneuse sur l’épaule, pour abattre cette croix qui trônait fièrement au sommet.Le lendemain, toute une population était en émoi. Scandale !L’homme est trouvé, interpellé. Il explique son geste : il ne supportait plus de voir partout ces croix, symboles de la torture. La religion pour lui est autre chose.Il a raison, sur le fond. Oui, la croix était un outil de mort, à l’époque des romains. Et le Christ est cloué sur le bois de cette croix, parce qu’il est venu pour nous parler d’amour, celui qui le relie au Père dans l’Esprit.Mais pourquoi cet homme s’est-il arrêté au Vendredi, sur le Golgotha ? Pourquoi n’a-t-il pas franchi le seuil du dimanche de la Vie, celle offerte par le Christ ressuscité ? Sa réponse est certainement enfouie au plus profond de son cœur, peut-être meurtri par une Institution ecclésiale trop exigeante et trop peu miséricordieuse ?La population a largement condamné cet homme. Tous ont parlé d’un geste blessant la culture chrétienne de tout un pays. Juste, sur le fond !Mais là encore, il manque un seuil, celui qui conduit de la culture chrétienne à la foi.Car le geste de cet homme est un cri du cœur. A ce cri il faut répondre par un élan du cœur et non par une apologie culturelle.Dans quelques jours nous serons au bas de cette montagne, nommée Golgotha. Nous regarderons la croix et l’Homme de Vérité.A nous de faire cette fois le pas, de la culture à la foi.Tout un défi, mais c’est bien cela aussi la fête de Pâques !Abbé Nicolas Betticher