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  • Claude Diday est co-promoteur du Centre de formation agropastoral d’Adjodogou, dans le diocèse d'Aného (Togo)
    Claude Diday est co-promoteur du Centre de formation agropastoral d’Adjodogou, dans le diocèse d'Aného (Togo) - Bernard Litzler

    Blog Fratelli tutti avant la lettre

    Guide d’orientation sur la voie de la solidarité fraternelle, l’encyclique Fratelli tutti nous rappelle que la solidarité renvoie à une attention et à un service de chaque instant. Il est en effet de ces «réalités inversées» qui exigent une connaissance de l’autre en profondeur pour pouvoir tisser une relation.

    Ces réalités, où les points de référence s’inversent (certains jeûnent lorsque d’autres ont faim; certains s’offrent un moment de bien-être dans des bassins pleins à ras bord, alors que d’autres ont soif - pour ne donner que deux exemples), Claude Diday les côtoie les unes comme les autres chaque jour depuis des années.

    Cadre retraité de sociétés internationales de commerce et de transport, Claude Diday est membre fondateur et membre du bureau de la Plateforme Dignité et Développement en tant que délégué de l’évêque Mgr Charles Morerod. Il a également présidé la Fondation de Prévoyance des Paroisses et Institutions catholiques et depuis sa retraite, il met son temps, ses compétences et son expérience au service du diocèse d’Aného, au Togo dont il est membre fondateur et co-promoteur du Centre de formation agropastoral d’Adjodogou. C’est à ce dernier titre qu’il nous livre quelques réflexions fraternelles issues de son engagement dans une conversation à bâtons rompus.

    Évoquer la solidarité avec l’Afrique équivaut souvent à parler de contribution financière, cependant d’autres formes de solidarité existent, quelles sont-elles?
    Claude Diday:
    Le dialogue quotidien est pour moi une autre forme de solidarité. Parler quotidiennement permet de se mettre à la place de l’autre. Dans mon cas, cet échange se fait avec le Centre diocésain de formation agropastoral d’Adjodogou, notamment avec le recteur, le chargé de communication et le vicaire épiscopal. Nous sommes en contact fréquent.

    Quels sont les sujets de discussion principaux?
    Nous parlons essentiellement des besoins quotidiens et techniques du Centre. Mais le plus souvent, il est question de besoins existentiels: comment reconnaitre la volonté de Dieu plus particulièrement en temps de pandémie? Nous remarquons que par la prière et l’écoute de l’autre, subitement les choses prennent sens, la lumière se fait. La connaissance de nos réalités respectives est essentielle pour éviter que la conversation devienne trop éthérée.

    "La problématique récurrente qui se posait au formateur était «comment puis-je enseigner à des ventres qui ont faim?"

    Claude Diday

    La solidarité est donc une voie à double sens?
    Nous partageons de manière réciproque autour de la réalité africaine et occidentale. C’est un échange d’expériences et de vécu quotidien. Ainsi, par exemple, je n’hésite pas à parler de ma santé et de ma maladie et de son traitement par la médecine de pointe à laquelle nous avons accès ici. Ils trouvent que nous avons beaucoup de chance de se faire soigner.

    Peux-tu nous en dire plus sur le Centre de formation agropastoral?
    Le Centre de formation a été créé il y a une dizaine d’années, mais c’est seulement depuis 2021 qu’il fonctionne vraiment car l’évêque du lieu a simplifié les structures décisionnelles. La vocation du Centre est l’accueil des jeunes en formation dès l’âge de 16 ans – garçons et filles. Ils viennent par groupes de douze, pour une période de 6 mois. Ils proviennent de divers endroits, y compris de la ville. L’objectif est de leur apprendre que «toute graine pour germer, doit mourir». C’est donc à la fois une école de vie et une école d’agriculture.

    La formation est très pratique, elle se fait aux champs car elle nécessite la force de la jeunesse. L’école s’ajoute à cela et la vie communautaire se développe. Les jeunes sont encadrés par le directeur du Centre qui est un laïc engagé. Le formateur est un prêtre diocésain diplômé en Leadership du centre de Songhaï. Sa formation a été prise en charge par notre Centre, et une paroisse l’a hébergé pour réduire les coûts. Les jeunes tirent leur subsistance de leurs propres cultures, ce qui signifie que mauvaise récolte ou absence de pluie rime avec petite faim. Cela fait aussi partie de l’école de vie, surtout pour les citadins.

    "La distance n’est pas uniquement négative, car elle donne l’occasion aux locaux de devenir autonomes"

    Claude Diday

    Durant plusieurs années, la problématique récurrente qui se posait au formateur était «comment puis-je enseigner à des ventres qui ont faim? C’est impossible, les jeunes s’endorment.» Il fallait donc faire quelque chose. L’évêque a donné cette mission au prêtre, la Providence s’est chargée de la logistique et voici que le Centre apporte un petit bout de réponse à un problème aux dimensions du continent.

    Que leur apporte cette formation?
    Elle leur apprend la collaboration et la solidarité dans le respect mutuel, dans le soin apporté aux contextes humain et naturel dans lesquels s’inscrit cette activité.

    À la fin de la formation, qu’advient-il des jeunes?
    Ils peuvent rester dans le diocèse qui dispose d’un immense domaine dans lequel sont découpées des parcelles où les jeunes familles peuvent s’établir.

    Quel est ton rôle là-dedans?
    En tant que délégué de l’évêque, je fais partie – malgré la distance et la maladie – de l’équipe opérationnelle. La distance n’est pas uniquement négative car elle donne l’occasion aux locaux de devenir autonomes en assumant de nombreuses tâches et responsabilités aussi financières.

    J’avais l’habitude de me rendre sur place au moins une fois par année. Cela tombait toujours durant la période du Carême. L’évêque répétait souvent cette phrase frappante: «Chez nous le Carême, ce n’est pas moins manger – on ne peut pas le demander aux gens qui ne mangent déjà pas à leur faim – mais le Carême, c’est faire attention à l’autre». Paradoxalement, pendant le Carême, toute l’équipe de l’évêché, évêque en tête, prenait en charge la confection et la distribution des repas pour les prisonniers du district. Un évêque qui apporte à manger à un prisonnier animiste, musulman ou bouddhiste, c’est vraiment Fratelli tutti avant la lettre.

    Voici les dons que nous recevons, et devons partager, dans ce rapport d’amitié solidaire et réciproque qui nous unit depuis bien des années.

    Paul H. Dembinski & Alessandra Maigre

    26 janvier 2022

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moi, je les connais,
et elles me suivent.

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