L'émission Temps Présent de la Télévision Suisse Romande a traité jeudi soir la question du célibat des prêtres. Dès les premières minutes tout est joué: Pourquoi garder cette "chose" contraire à la nature humaine?Rien à redire quant au reportage, il est bien fait, il laisse aussi entrevoir pourquoi le célibat a du sens. Il est vrai cependant que ce dernier est parfaitement contre-nature. L'homme et la femme sont constitués pour engendrer, alors pourquoi les mortifier dans la continence?Remarquez combien notre religion peine avec les lois naturelles. Mariage, fidélité, famille, à quoi bon ces concepts d'un autre temps. Il est naturel qu'homme et femme s'attirent; ce serait enfreindre à cette loi universelle d'attraction des sexes que d'empêcher la femme mariée d'aimer son amant adultère. Le problème ici ne tient pas dans la relation extra-conjugale, mais dans l'engagement sacré du mariage: supprimons-le et l'adultère disparaîtra du même coup!Et puis, la vie éternelle, voilà encore une infraction à la loi naturelle. La résurrection est tout à fait inadmissible. Pour s'en débarrasser, il suffit de rejeter Dieu hors de l'ordre naturel et de dire qu'il n'existe pas.Si malgré tout vous persistez à être chrétien, il ne vous reste plus qu'à vous affranchir de la loi de la nature, croyez que Dieu est, que la mort conduit à la vie, que l'homme et la femme s'unissent dans la fidélité du mariage et que le prêtre se fait célibataire par amour du Christ. Mais n'attendez surtout pas que la nature vous conforte dans vos convictions.Ponctuons cette cuistrerie par un emprunt fait à Albert Cohen:
(…) hosanna alléluia hosanna ces deux filles de Jérusalem la juive et la chrétienne en son mont d’où il aime à contempler sa chère nature Hitler les hait également car toutes deux sont reines d’humanité ennemies éternelles des lois de nature et qu’elles le sachent ou non qu’elles le veuillent ou non les plus nobles portions de l’humanité sont d’âme juive et se tiennent sur leur roc qui est la Bible ô mes juifs à qui en silence je parle connaissez votre peuple vénérez-le d’avoir voulu le schisme et la séparation d’avoir entrepris la lutte contre la nature et ses lois hélas ils ne voient pas ne verront pas ma vérité et je reste seul et transi avec ma vérité royale hélas toute vérité solitaire et non aimée des hommes est piteuse et devient folle ô ma grande piteuse ô ma folle aimée eh bien soyons fous tous les deux et tenons-nous chaud loin d’eux (…)Belle du Seigneur, Paris, Gallimard, 1968, p. 1006.Pascal Fessard